La Correspondante de Virginia Evans

19 janv. 2026


« Je me suis mise à écrire des lettres, et c’est devenu une obsession. Le plus souvent, quand j’en écrivais une, j’en recevais une en retour. Cela surprend, mais j’ai découvert que la plupart des gens répondent. La première lettre de ma vie remonte à 1948, et je l’avais adressée à P. L. Travers, au sujet de son livre Mary Poppins. »

Mère puis grand-mère, femme divorcée, retraitée d’une brillante carrière dans le droit, Sybil Van Antwerp vit seule et n’aspire qu’à une existence paisible, aiguisant chaque jour sa plume pour rédiger des courriers avec un franc-parler capable de désarmer avocats de renom et grands écrivains. Mais tandis que sa vue baisse inexorablement, des lettres anonymes toujours plus menaçantes sont déposées une à une dans sa boîte, la forçant à replonger dans un passé douloureux.

Greffière au chignon strict passant la porte du tribunal ; vieille dame longeant le fleuve avec une canne ; adolescente dévorant Tolkien et C.S. Lewis ; correspondante cherchant le mot juste : lettre après lettre, Virginia Evans compose le portrait d’une femme multiple, dans un premier roman mordant.



Titre : La Correspondante - Autrice : Virginia Evans
Titre original : The Correspondent (2025) - Traductrice : Leïla Colombier
Éditeur : La Table Ronde - Collection : Quai Voltaire
 Date de sortie : janvier 2026 - Nombre de pages : 336 - Prix : 22,50 €

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Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
évocation de maladie mentale, de la Seconde Guerre mondiale, du suicide - maladie (cancer) - mort

La Table Ronde & Virginia Evans
Créée en 1944, La Table Ronde prône "la liberté de ton" depuis ses débuts. Littérature française et étrangère, essais et documents, beaux livres, mais également théâtres & co. Pour ma part, ma première découverte de la maison d'édition s'est faite avec un titre de la rentrée littéraire d'hiver, dans la collection Quai Voltaire ; La Correspondante de Virginia Evans. Une autrice américaine qui marque les esprits dès sa première publication !


La Correspondante
Dans sa maison proche d'Annapolis, aux Etats-Unis, Sybil a ses habitudes, et l'une des plus importantes est le temps qu'elle consacre à sa correspondance. La septuagénaire écrit et envoie des lettres à ses proches, aux auteurs et autrices qu'elle lit, à celles et ceux qui la marquent, comme elle le dit. Elle écrit aussi à une personne dont l'identité reste mystérieuse longtemps - et à qui elle n'envoie jamais les lettres, cette fois. On soupçonne peu à peu à qui elle adresse ces mots et cela ajoute encore un peu plus d'émotions. Pleine de répondant et avec une franchise assumée, elle choisit la bonne tournure de phrase, le bon mot.

Je ne sais pas vous, mais ma curiosité est vite piquée lorsqu'il s'agit de roman épistolaire. La curiosité de fouiner dans l'intime, certes. Une façon idéale de vraiment connaître une personne. C'est à travers ces échanges que se dessine peu à peu la personnalité de Sybil, à travers ses relations aux autres. Ses réponses très brèves au voisin qui a toujours une petite attention pour elle, ses mécontentements, ses questionnements et conseils plus ou moins avisés, les drames de sa vie, ses regrets, ses chagrins, sa carrière, sa famille, ses amitiés... Et la curiosité est encore davantage attisée lorsque les menaces commencent à arriver. Qui est cette personne qui semble tant en vouloir à Sybil - qui lui souhaite le pire en estimant qu'elle le mérite ? J'avais peur que cela tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, trop en décalage avec le reste de l'histoire, avec les correspondances. Mais il n'en est rien. C'est une partie de l'histoire qui fait intégralement partie de celle de Sybil.

Le seul bémol que je soulignerai finalement, c'est le tâtonnement du début pour comprendre les liens qu'elle entretient avec tel ou tel correspondant - vu que le livre est exclusivement fait de ces échanges, que ce soit par lettres (majoritairement) ou par mails. Bref, un très bon premier roman, parfois doux-amer, qui m'a rappelé le charme et le caractère de ceux de Fannie Flagg.

"On me voyait comme une enfant un peu étrange, j'imagine. Je n'étais pas une petite fille joyeuse et frivole qui s'intéressait aux poupées et au dessin. J'étais sérieuse, voire grave. Observatrice, méfiante. J'étais une sceptique. J'avais peu d'amis. Je lisais beaucoup de livres. Tout le temps. Ça, je m'en souviens. Et j'ai écrit plein de lettres quand j'étais enfant. Je trouvais ça plus facile que de parler ; ce qui est toujours le cas." - des mots pour un jeune garçon avec qui Sybil correspond

Commentaires

  1. Oh un roman épistolaire ! Je dois t'avouer que je ne connaissais pas du tout cette maison d'édition alors qu'en plus, visiblement, elle date d'il y a fort longtemps. Je suis surprise, je vais me pencher sur leur catalogue !

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  2. Cela fait bien longtemps que je n'ai pas lu de roman épistolaire. Je note ce premier roman !

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Merci beaucoup pour votre passage par ici et votre commentaire ♥