Running man

26 janv. 2020

Ben est désespéré de voir son bébé s'éteindre à petit feu. Chômeur, il n'a plus rien pour acheter les médicaments susceptibles de le sauver. Alors il décide, lui, l'anticonformiste, de participer au symbole même de cette société qu'il abhorre : La Grande Traque, le jeu vedette de la télévision. Pendant un mois, il va être la proie d'un groupe d'impitoyables Chasseurs surentraînés, qui n'auront pour seul but que sa mise à mort. La course-poursuite sera retransmise en direct, et suivie par des millions de téléspectateurs prêts à lui mettre des bâtons dans les roues pour pimenter le spectacle. S'il survit cependant, il touchera un milliard de dollars. Le jeu existe depuis six ans maintenant. Et aucun candidat n'a encore gagné...

Sous couvert d'une histoire d'anticipation qui fait froid dans le dos, Stephen King, avec son talent et son sens inégalé du suspense, dénonce férocement la violence barbare dont notre société est capable.

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Running man de Richard Bachman/Stephen King
Titre original : The Running Man - Traduit par Frank Staschitz
Éditions J'ai Lu, 2003 - 250 pages


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 : Un roman qui se lit d'une traite, emporté.e.s par le compte à rebours en guise de chapitres.
Explorer 2025, à travers les yeux de Stephen King et la révolte de son personnage principal.
Les sujets abordés, les personnes rencontrées, la fin.


C'est avec un roman du fils (Joe Hill) que 2020 a commencé pour moi. Il fallait bien que j'en sorte un du papa aussi, pour bien démarrer l'année ! Mon choix s'est porté sur Running man, que Stephen King a sorti, en 1982, sous son pseudo Richard Bachman. Pas loin d'une quarantaine de romans lus, de ce monsieur, et je ne m'en lasse pas !

Si Running man est sorti en 1982, l'histoire se déroule en 2025. Il est intéressant de faire des parallèles entre ce que Stephen King envisageait et notre époque actuelle. Dites bonjour à la pollution atmosphérique, aux pilules alimentaires, aux air-cars, etc. Le ton est clairement cynique, lorsqu'il s'agit d'expliquer les différents jeux qui passent sur le Libertel, mettant en compétition des personnes malades ou dans le besoin. Une fois de plus, l'auteur met en avant le pire de ce que les humains peuvent s'infliger entre eux. "[...] personne ne peut survivre à une chasse à l'homme qui mobilise la nation entière, sans oublier l'entraînement et le matériel incroyablement sophistiqué des Chasseurs. [...]"
"- Cette émission est l'un des meilleurs moyens dont le Réseau dispose pour se débarrasser de personnes potentiellement dangereuses. Telles que vous-même, monsieur Richards. Elle existe depuis six ans. A ce jour, il n'y a pas eu de survivant. Pour parler franchement, nous sommes certains qu'il n'y en aura jamais."
Un compte à rebours, de 100 à 0, nous sert de chapitres. Un roman qui se lit facilement d'une traite. Le début est assez calme, nous permettant d'assister aux tests de sélection auprès de Ben, qui veut participer aux Jeux pour gagner de l'argent et sauver sa fille malade. Ce qui n'empêche pas l'histoire de poser ses enjeux principaux, en commençant par les inégalités sociales et les manipulations du Réseau. Des sujets davantage explorés quand Ben est sélectionné et que La Grande Traque commence. Il va les faire suer tant qu'il peut ! Sur son chemin, poursuivi par les Chasseurs, certaines personnes vont lui tendre la main, l'aider à déjouer les plans des puissants, convaincus de pouvoir l'arrêter. D'autres prendront un malin plaisir à le dénoncer... La fin est cohérente et chargée de tout ce qui est dit durant la traque.

Une adaptation (pas très fidèle, apparemment) existe, avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle de Ben.



En quelques mots...
2025 | Fédération des Jeux | La Grande Traque | Réseau | Inégalités sociales

Et le désert disparaîtra

24 janv. 2020




Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre bientôt. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre. Le sable a tout dévoré.

Son peuple, nomade, traque les derniers arbres et vend leur bois pour survivre. Samaa aimerait être chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’homme. Un jour, elle désobéit et suit les chasseurs.

Mais le désert a mille visages. Samaa se perd, et fera une rencontre qui changera le destin de sa tribu à jamais.



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Et le désert disparaîtra de Marie Pavlenko
Éditions Flammarion (Jeunesse), 2020 - 226 pages - 14€



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 : Un récit initiatique, qui parle de nature, d'humanité, de la Terre.
Suivre l'évolution et les prises de conscience de Samaa.
La plume de l'autrice. La manière dont le récit nous est raconté.


Merci aux Éditions Flammarion pour cet envoi. Différent des précédents romans de l'autrice (Je suis ton soleil et Un si petit oiseauque j'avais adorés), Et le désert disparaîtra n'en est pas moins marquant et vecteur d'émotions. Un récit d'apprentissage, qui interroge sur l'écologie, la nature et la survie de l'humanité. Et, même, sur le féminisme.

Je n'y ai trouvé aucun point négatif. Le récit initiatique de Samaa, douze ans, est, tour à tour, beau et dangereux, plein d'espoir, de calme, de découvertes, d'incertitudes, de prises de conscience, etc. La plume de Marie Pavlenko n'aura jamais été aussi "brute", allant à l'essentiel, en nous faisant partager et ressentir l'évolution de Samaa. Et, pour ne rien gâcher, le message a été porté jusqu'à l'édition du roman ; papiers certifiés PEFC, encre végétale, imprimé en France, etc.
"- Le désert a gagné. Les arbres se terrent dans les trouées, à l'abri des hommes avides. Ceux de la grande ville s'en servent pour décorer leurs maisons, si spacieuses que toute la tribu pourrait tenir à l'intérieur. Mort, un arbre ne vaut rien. Vivant, il est la vie. Ceux de la ville ne savent pas voir. Pas plus que les chasseurs. Des imbéciles." - l'Ancienne
La jeune fille ne comprend pas le discours de l'Ancienne, qui affirme qu'abattre des arbres réduit leur chance de survie, à eux et aux autres tribus. Le père de Samaa a été chasseur, il a cherché, abattu et vendu des arbres en échange de provisions pour éviter une énième famine. Pourquoi remettrait-elle cela en question ? Pourtant, et malgré elle, Samaa va prendre conscience de l'importance de la nature, la contempler et apprendre à la comprendre. Elle va observer, celui sous lequel elle va trouver un abri, ainsi que la vie qui grouille autour. La jeune fille n'a pas dit son dernier mot...
"Le désert a rampé et envahi le monde."

En quelques mots...
Désert | Nomade | Survivre | Ressource | Arbres | Vie

La servante écarlate

22 janv. 2020



Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.


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La servante écarlate de Margaret Atwood
Titre original : The Handmaid's Tale - Traduit par Sylvianne Rué
Éditions Robert Laffont (Pavillons Poche), 2019 - 560 pages - 11,50€
Fait partie de la saga La servante écarlate



: À éviter pour celles et ceux qui n'aiment pas les fins ouvertes.

 : La force de ce roman, sorti en 1985.
Le discours de l'autrice, en préface. Ainsi que ses mots dans la postface.
Un récit à la fois alarmant et glaçant. Et, inspirant, pour la résistance présente.
La manière qu'a la narratrice de raconter son quotidien.


Ma première découverte de l'autrice ne fut pas une réussite (C'est le cœur qui lâche en dernier ne m'a fait ressentir que peu d'émotions). Résultat, j'ai beaucoup hésité à lire son classique ; La servante écarlate. L'adaptation en série, avec Elisabeth Moss, me plaît beaucoup pour ce qu'elle dénonce, la complexité des personnages, la résistance, etc. Et, j'avais peur de ne pas retrouver la même intensité dans le roman... Finalement, si l'impertinence et l'esprit de révolte du personnage me paraissent plus francs dans la série, la subtilité amenée dans le roman n'est pas mal non plus. La narratrice observe et raconte son quotidien, l'évolution de la société en théocratie, les souvenirs de sa famille. Elle avance dans l'appréhension de ne pas savoir à qui elle peut se fier. Accepter ce qui lui est demandé en tant que Servante, pour survivre et garder un maigre espoir... Ou se rebeller et souffrir. Espérer retrouver les siens, malgré tout.
"Il vous faudra me pardonner. Je suis une réfugiée du passé, et comme les autres réfugiés, je passe en revue les coutumes et les façons d'être que j'ai quittées ou que j'ai été forcée de laisser derrière moi, et tout semble tout aussi bizarre, vu d'ici, et j'en reste tout autant obsédée. Comme un Russe blanc qui boit du thé à Paris, égaré dans le XXe siècle, je vagabonde vers le passé, je tente de regagner ces sentiers lointains. Je deviens trop sentimentale, je me perds. Je larmoie. Larmoyer, c'est cela, et non pas pleurer. Je reste dans mon fauteuil et dégouline comme une éponge." - la narratrice
Les termes qui classent désormais les gens, nous sont expliqués avec fluidité au fil du récit et des personnages croisés par la narratrice. Celle-ci est une Servante, placée chez le Commandant et son Épouse. Des Marthas et un Gardien travaillant pour eux. Comme dans la série télévisée, Tante Lydia est un des personnages qui me fait le plus flipper !

Je me suis installée, pensant lire quelques lignes, voir si le style allait me plaire ou non. Une centaine de pages y est passée sans que je ne m'en sois rendu compte. Le livre commence avec, en guise de préface, un discours de Margaret Atwood lors de la réception d'un prix en 2017. Un discours à la fois alarmant et inspirant. Hier encore, nous étions remplis d'une telle bienveillance et d'une telle espérance... Mais aujourd'hui ? Alarmant pour tout ce que cela montre de notre époque, qui ne semble plus si éloignée de celle décrite dans le roman. Pour la condition féminine et la liberté, qui sont, sans cesse, remis en question. Inspirant car l'espoir et la lutte sont là. Parfois ténus, mais présents. 
"Je m'étais fixé une règle : je n'inclurais rien que l'humanité n'ait pas déjà fait ailleurs ou à une autre époque, ou pour lequel la technologie n'existerait pas déjà. Je ne voulais pas me voir accusée de sombres inventions tordues, ou d'exagérer l'aptitude humaine à se comporter de façon déplorable." - Margaret Atwood
Je n'ai pas réussi à m'éloigner de la représentation des personnages de l'adaptation en série télévisée (bien que les descriptions ne correspondent pas toujours à cent pour cent du livre à la série), mais ça ne m'a finalement pas dérangé. 

L'année dernière, l'autrice a sorti une suite, se déroulant quinze ans après ; Les testaments.


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République de Gilead | Taux de natalité | Femmes | Cérémonie | Politique | Religion

Caraval, tome 2 : Legendary

20 janv. 2020

Risque de spoiler, si vous n'avez pas lu le tome précédent.

Après avoir sauvé sa sœur, Scarlett, d’un mariage désastreux, Donatella reçoit la lettre d’un mystérieux ami avec qui elle passe un marché. Si elle lui livre le vrai nom de Légende, le maître du jeu Caraval, il l’aidera à retrouver Paloma, leur mère, qu’elles n’ont pas vue depuis huit ans. Mais si elle ne respecte pas son engagement, la jeune fille perdra tout ce qui compte pour elle, peut-être même sa vie… Quand une nouvelle édition du jeu est organisée à Valenda pour les soixante-dix ans de l’impératrice Élantine, Donatella doit y participer pour remplir sa mission. Dès son arrivée, les ennuis commencent. Elle devra faire preuve de ruse et de courage afin de gagner cette nouvelle partie...

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Caraval, tome 2 : Legendary de Stephanie Garber
Titre original : Legendary - Traduit par Éric Moreau
Éditions Le Livre de Poche, 2020 - 544 pages - 7,90€
Fait partie de la saga Caraval : tome 1


: Le manque de communication entre les deux sœurs.

 : Le changement de narratrice nous permet de mieux cerner Tella.
L'univers gagne en profondeur, grâce au jeu de la Destinée et aux Fatalités.
Des révélations et une fin qui donne envie de vite lire le dernier tome !


Merci aux Éditions Hachette et Le Livre de Poche pour cet envoi. Deux ans que j'attends ce tome 2 en poche et, ouf, il fut à la hauteur de mes attentes ! L'intrigue prend encore davantage de profondeur, avec toutes les révélations faites à Tella et les décisions difficiles qu'elle doit prendre. Un personnage dont j'ai aimé le caractère, à la fois fonceur et protecteur.
"Légende méritait vraiment le surnom qu'il s'était attribué. Tella se demanda si ses mises en scène avaient jamais une fin, ou si son univers était un labyrinthe infini mêlant fiction et réalité, où ceux qui s'y aventuraient finissaient perdus à tout jamais entre les deux."
Pour obtenir plus d'informations sur l'endroit où trouver sa mère disparue il y a sept ans, Tella doit découvrir le vrai nom de Légende. Pour cela, il lui faut participer au prochain Caraval, ne pas se laisser tromper par la magie et gagner. Elle va essayer d'avancer en protégeant sa sœur, en se méfiant d'un héritier assassin, en flirtant avec Dante, en découvrant les indices au fil des nuits, etc. Si le lien entre Tella et Scarlett est fort, le manque de communication franche est frustrant pour l'avancée de l'intrigue. Probablement le seul bémol que j'ai trouvé à Legendary... Le reste est très entraînant.

Si dans le premier tome nous suivons Scarlett, dans cette suite, c'est la cadette qui reprend les rênes. Une très bonne manière de mieux connaître ce personnage. Et puis, nous avons toujours droit à une flopée de personnages secondaires qui cachent bien leur jeu et nous surprennent sans cesse ! Dans la continuité du premier tome, l'univers est enchanteur... et incertain. Ce qui touche aux jeux de la Destinée et aux Fatalités est original et passionnant. Selon les mythes, Valenda avait naguère été la cité antique d'Alcara, habitée par les Fatalités représentées dans les jeux de la Destinée. Ces êtres puissants avaient bâti la ville grâce à leur magie. Une magie si ancienne et si pure que, même des siècles après la disparition des Fatalités, il subsistait des traces de leurs enchantements scintillants, qui, la nuit, faisaient briller les collines de Valenda d'une clarté assez vive pour illuminer la moitié de l'Empire méridien.

Certaines questions trouvent des réponses et la fin nous promet du très bon pour la suite. Bayard Jeunesse ayant décidé de ne pas traduire le dernier tome en français, il faudra se tourner vers la VO pour avoir la conclusion de la saga...


En quelques mots...
Sœurs | Légende | Jeu de la Destinée | Magie | Fatalités | Manipulation

Lucy Valentine, tome 2 : Désespérement

17 janv. 2020

Risque de spoiler, si vous n'avez pas lu le tome précédent.

Lucy Valentine n’a pas hérité du don familial pour former des couples mais du talent de retrouver des objets égarés. Alors, au sein de l'agence matrimoniale bien connue, elle a créé une antenne, « Amours perdues ». Elle y met à profit son talent pour reconstituer des couples séparés par les hasards de la vie. Elle donne aussi régulièrement des coups de main à la police.

Et elle a du pain sur la planche. Elle doit aider un vieux monsieur à retrouver sa bien-aimée de jadis et enquête également sur la disparition inquiétante d'une jeune mère famille. Pour résoudre cette énigme, l'aide de Sean, le privé le plus sexy de Boston lui est indispensable. Sean, qu’elle aime désespérément. Mais qui doit soutenir son ex, gravement malade. C'est alors que bientôt, au sein de sa propre famille, Lucy découvre un incroyable secret...

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Lucy Valentine, tome 2 : Désespérement de Heather Webber
Titre original : Deeply, Desperately (Lucy Valentine #2) - Traduit par Elisabeth Luc
Editions J'ai Lu (Pour elle - Promesses), 2014 - 286 pages - 6,60
Fait partie de la saga Lucy Valentine : tome 1


: L'autrice se répète beaucoup.
L'histoire a trop tendance à s'éparpiller.

 : Les détails sur la vie des personnages nous sont redonnés (de manière trop répétitive).
Le mélange de romance, de policier et de surnaturel.


Désespérément est le deuxième tome de la saga Lucy Valentine, que j'ai découverte par le plus grand des hasards en achetant un livre mystère chez Cultura. Le premier tome, se déroulant en automne, m'avait bien plu et j'étais curieuse de lire la suite. La saga comporte cinq tomes en VO (pour le moment ?), dont quatre sont sortis aux Éditions J'ai Lu.
"Mon rôle était de réunir les amants séparés par la vie, de retrouver un amoureux perdu de vue. Parfois, quelques recherches sur le Net suffisaient pour localiser un être cher. Parfois encore... je devais faire appel à mes dons de médium, qui me permettaient de retrouver des objets disparus, mais uniquement les objets inanimés."
Les multiples petites intrigues nous font nous disperser un peu trop. L'agence matrimoniale de ses parents, les secrets de famille et la malédiction qui plane sur les couples, l'enquête de Lucy pour retrouver l'amour de jeunesse d'un vieil homme, son don de médium qui est aussi utile pour aider la police... Sans oublier les lettres anonymes qu'elle reçoit et les histoires de cœur de ses meilleures amies. Ça s'éparpille beaucoup ! Et puis, continuons sur la lancée des bémols ; la romance manque de modernisme, me faisant lever les yeux au ciel durant les échanges entre Sean et Lucy.

Moins emballée que pour le premier tome... Probablement parce que les différentes intrigues sont trop nombreuses. Et puis, certains aspects de cette saga ne sont pas sans rappeler celle de Julia Chapman ; Les détectives du Yorkshire, que je trouve bien plus moderne, avec le charme anglais en plus. Oui cela reste agréable à lire et certaines scènes donnent le sourire mais j'en attendais plus. Peut-être n'étais-je pas dans le bon mood pour ce genre de livre...


En quelques mots...
Massachusetts | Famille | Agence matrimoniale | Détective | Médium