La Sirène et la Licorne

21 juin 2018


Tout les oppose, pourtant elles s’attirent, et vont vivre une très belle histoire d'amour au cœur de l'été.

La licorne, c’est Lili. 17 ans, cheveux longs couleur arc-en-ciel, ballerines pailletées. Elle est passionnée par les effets spéciaux et le maquillage au cinéma. Elle a été harcelée sur le Net par les élèves de sa classe. Pour oublier, elle quitte la banlieue parisienne et part en vacances chez sa tante près de l’océan. En apparence, tout va bien et elle assume. La réalité est moins facile.

La sirène, c’est Cris. Cheveux courts, baskets défoncées, vieux jean trop large. Passionnée de voile et de natation, elle est plus à l'aise sur l'océan qu'au milieu de la foule. En vacances dans la maison de vacances familiale, elle tente de guérir d’une blessure. Fragile en apparence, elle possède une vraie force intérieure.

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La Sirène et la Licorne d'Erin Mosta
Editions Rageot, 2018 - 272 - 15,50


✖ : /

 : Une jolie couverture par Diglee.
Des personnages attachants. L'histoire, les lieux.
Un premier roman idéal pour l'été.


Merci aux Éditions Rageot pour ce joli envoi.

Décrit, entre autres, comme un texte fort qui permet d'aborder l'homosexualité en toute simplicité, j'ai très vite eu envie de le lire. Il faut dire qu'il est plus rare de trouver des romances young adult F/F que H/H. Forcément, j'avais envie de mettre cela en avant (tout en espérant que ça devienne un jour complètement naturel et que nous n'ayons plus besoin de le souligner). La couverture illustrée par Diglee et le titre ont également joué dans mon envie de le lire.

Avec une plume qui peut sembler trop enfantine au début et qui se révèle pleine de douceur, de fragilité et de passion, l'autrice nous fait rencontrer deux adolescentes qui doivent affronter leur propre fantôme. Il y est question de trouver sa place, de s'affirmer, de se lier, de se confier, se lâcher, vivre. Lili, la Licorne, débarque chez sa tante Julia, qu'elle connaît peu, pour les vacances. Elle va y faire la connaissance de Cris, la Sirène. Ces trois-là, car Julia est aussi concernée, vont devoir surmonter leurs doutes et peurs. Même si j'aurais aimé trouver des chapitres du point de vue de Cris, la découvrir à travers les yeux de Lili est plutôt beau. Et, découvrir l'univers de Lili, son originalité, justement, m'a beaucoup plu.
"Elle me déstabilise sans cesse depuis qu'on s'est rencontrées. Elle est timide et courageuse. Elle ne laisse pas de numéro de téléphone mais des mots sur les arbres. Elle aime aller à la plage quand il pleut. Elle n'aime pas parler mais on discute depuis hier. Elle est un garçon manqué et une sirène."
Outre l'écriture, les personnages et l'histoire, le décor joue également un beau rôle. Que cela soit la ferme que rénove Julia ou l'océan. Ce sont des endroits qui, finalement, reflètent bien le caractère de nos héroïnes. Une agréable lecture, parfaite pour l'été qui arrive. Bravo à l'autrice pour ce très chouette premier roman et curieuse de lire les suivants !


En quelques mots...
Charente | Ferme | Océan | Vacances | Sirène | Licorne | LGBT

La Dernière des Stanfield

19 juin 2018

Eleanor-Rigby est journaliste au magazine National Geographic, elle vit à Londres. Un matin, en rentrant de voyage, elle reçoit une lettre anonyme lui apprenant que sa mère a eu un passé criminel.

George-Harrison est ébéniste, il vit dans les Cantons-de-l'Est au Québec. Lui aussi reçoit un message accusant sa mère des mêmes faits.

Eleanor-Rigby et George-Harrison ne se connaissent pas.
L'auteur des lettres leur donne rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore. Quel est le lien qui les unit ? Quel crime leurs mères ont-elles commis ? Qui est le corbeau et quelles sont ses intentions ?

Au cœur d'un mystère qui hante trois générations, La Dernière des Stanfield nous entraîne de la France occupée de l'été 1944, à Baltimore dans la liberté des années 1980, jusqu'à Londres et Montréal de nos jours.

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La Dernière des Stanfield de Marc Levy
Editions Pocket, 2018 - 445 - 7,90



✖ : J'ai été moins passionnée que je m'y attendais, au vu des sujets abordés.
Un début assez laborieux. Beaucoup de personnages et des difficultés à se repérer.

 : Une belle galerie de personnages.
La plume de l'auteur est toujours agréable.
Trois générations. Secrets de famille.



Comme chaque année, mon père m'achète le dernier Levy sorti en poche. Malgré un roman dans lequel nous retrouvons tout ce que j'aime - secrets de famille, mystères, sauts entre passé et présent - le début de lecture fut assez laborieux. Du mal avec les nombreux personnages - qui ont pourtant leur charme - et à comprendre qui est qui. Cela étant sans nul doute le but de l'auteur, j'ai persévéré et ai finalement passé un agréable moment. Les parents ont eu une vie avant de nous avoir, Eleanor-Rigby et George-Harrison vont plus que jamais sans rendre compte ! Après la réception d'une lettre les mettant sur la piste du passé de leurs mères, ils vont faire des recherches et finir par se rencontrer...

Cela ne va pas au-delà d'une lecture plaisante, car j'aurais aimé en apprendre plus sur certains points et, surtout, sur certains personnages - je suis curieuse, que voulez-vous. J'y ai trouvé quelques longueurs, là où j'aurais aimé que cela soit plus concis et, inversement. Et, comme dit plus haut, le début m'a donné du fil à retordre. Éternelle insatisfaite... Malgré cela, nous avons droit à une belle galerie de personnages, qu'il faut apprendre à connaître. La plume de l'auteur est entraînante. Et, les parties se déroulant en 1980 sont intéressantes, mettant en lumière les conditions de la femme dans la société à cette époque. En revanche, j'ai été moins prise dans l'histoire quand nous étions plongés en 1944, alors que c'est une époque sur laquelle "j'aime" lire. Bref, du bon bon et du moins "passionnant", mais ce fut agréable.


En quelques mots...
Lettres anonymes | Secrets de famille | 1944 | 1980 | 2016

À la nuit je mens

17 juin 2018

« Les remords, les regrets, les "si j'avais su" peuvent nous briser à jamais... »

Tessa, dix-sept ans, revient après huit ans d’absence à Fayette, la petite ville de Pennsylvanie où elle a grandi. Elle en est partie quand sa famille a éclaté, après qu’elle et sa meilleure amie Callie ont témoigné contre Wyatt Stokes, le tueur en série surnommé « le Monstre de l’Ohio River ».

Mais revenir dans sa ville natale force Tessa à affronter les doutes qu’elle a tus pendant toutes ces années : que s’est-il réellement passé la nuit du dernier meurtre ?

En cherchant à répondre à cette question, Tessa va exhumer bien des secrets, sur Callie, sur sa famille et sur les meurtres. Or plus elle se rapproche de la vérité, plus elle se rapproche d’un danger mortel auquel elle ne pourra pas échapper...

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À la nuit je mens de Kara Thomas
Titre original : The Darkest Corners - Traduit par Cécile Chartres
Editions Castelmore, 2018 - ebook - 9,99


✖ : Une bonne fin, mais des explications finales un brin trop rapides.

 : L'autrice maîtrise bien tous les éléments de l'histoire et où elle veut nous mener.
Du suspense, des rebondissements, des révélations, du danger, des recherches.
Des derniers chapitres très très très prenants.


Merci à NetGalley et aux éditions Castelmore pour cette lecture. Au mois d'avril dernier, j'ai lu Little Monsters, de Kara Thomas également. Un bon thriller young adult dans lequel l'autrice a su nous mener par le bout du nez. Toujours se méfier des apparences ! Bref, en voyant qu'un de ses autres romans sortait, je n'ai pas résisté, curieuse que je suis.

Tessa retourne dans sa ville natale pour aller voir son père mourant. Elle arrive malheureusement trop tard, mais découvre que sa sœur aînée, qu'elle n'a pas vue depuis dix ans, est venue le voir. Elle se rend également compte que, le Monstre de l'Ohio River, l'homme qu'elle a contribué à mettre en prison, avec Callie, son ex-meilleure amie, a fait appel... Malgré ses mauvaises relations avec cette dernière, c'est chez elle qu'elle est hébergée le temps de son séjour.


Après un nouveau drame, Tessa doute de plus en plus de l'identité du Monstre de l'Ohio River. Elle est autant en quête de la vérité qu'en quête de sa famille. L'autrice s'éparpille parfois un peu, probablement dû aux nombreux pans de l'histoire. Je ne dis pas que c'est un mal, juste que je me suis parfois demandée jusqu'où ça allait aller. Bien entendu, tout concorde à la fin, nous avons les réponses à nos questions. Et quelle fin ! Les derniers chapitres sont très prenants. Impossible de lâcher le livre. Même si j'aurais aimé que certains points soient un peu plus développés. 

L'autrice maîtrise le suspense et notre intérêt pour les personnages. Elle donne les informations aux bons moments, pour que la tension monte, pour que le lecteur se sente impliqué sans pour autant deviner la suite. Entre vie de famille chaotique, possible erreur judiciaire, mensonges et secrets, Tessa va essayer d'y voir clair.


En quelques mots...
Pennsylvanie | Familles | Drames | Passé | Ami(e)s | Erreur judiciaire ?

[Relecture] Marina

15 juin 2018





Interne au pensionnat, Óscar aime faire le mur, errer dans les rues désertes, les pinèdes, les villas d’un quartier laissé à l’abandon. Il suffira d’un chat et d’une montre en or pour qu’il bascule au pays des merveilles. Un royaume hanté par des amours mortes, un savant fou et les fantômes de Gaudí. Une Barcelone de rêve et de cauchemar, de théâtre et de cimetière, souterraine et baroque, d’où seul s’évadera le souvenir de son guide : l’inoubliable Marina…



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Marina de Carlos Ruiz Zafón
Titre original : Marina
Traduit par François Maspero
Editions Robert Laffont, 2011 - 304 - 19



✖ : /

 : Une histoire sombre et fascinante.
Un récit où l'amour à son importance.
Se promener dans les rues de Barcelone.
Des personnages très attachants.


Carlos Ruiz Zafón est un de mes auteurs préférés. Découvert par hasard avec Le jeu de l'ange - deuxième tome de sa saga Le cimetière des livres oubliés -, j'ai, depuis, dévoré tous ses autres romans traduits en français (excepté Le Labyrinthe des esprits, sorti récemment). Ma préférence a rapidement été à Marina (un one shot), que j'avais très envie de relire. Et quel plaisir de retrouver cette ambiance, sa plume (grâce à une belle traduction) et ses personnages ! L'ayant lu pour la première fois avant de créer le blog, c'était aussi l'occasion de vous en faire une chronique.
"Un lien fait de silence et de regards les unissait dans l'ombre de cette maison, au bout d'une rue oubliée, où ils s'occupaient l'un de l'autre, loin du monde." - Óscar, à propos de Marina et Germán
Il y a plusieurs éléments forts, dans ce roman. Premièrement, l'histoire de base, qui reste très terre à terre, si je puis dire. Quand Óscar rencontre Marina et Germán (son père), sa vie bascule. Il se sent rapidement proche d'eux, profite de chaque moment libre à l'internat pour les voir. Le lien qui se crée entre eux trois, celui qu'on découvre entre Marina et Germán, celui qui se dessine entre Óscar et Marina... Un trio de personnages très attachants, qui nous touchent par tous ces moments "normaux" (repas, promenade, discussion, etc.) passés ensemble. Vient ensuite la part de mystère ! Marina entraîne Óscar dans un cimetière où une étrange femme en noir vient régulièrement déposer une rose sur une tombe sans nom. En la suivant, c'est une vieille histoire, sombre et dangereuse, fantastique et mortelle, qu'ils vont découvrir...

C'est un coup de cœur pour la capacité qu'a l'auteur à nous entraîner dans les rues de Barcelone. Un coup de cœur pour ses personnages, aussi bien ceux qui sont attachants que ceux qui nous font frissonner. Un coup de cœur pour cette ambiance, cette impression d'être hors du temps. Et, une envie, d'un jour, réussir à le redécouvrir en espagnol !


En quelques mots...
Barcelone | 1979-1980 | Internat | Promenade | Maison | Cimetière | Passé


Roman coup de cœur ♥

Orgueil et Destinées

13 juin 2018

Dans cette romance dont vous êtes l’héroïne, vous incarnez une jeune londonienne de 28 ans dans la haute société anglaise de l’époque pré victorienne. Vos parents sont morts vous laissant sans le sou et sous la coupe d’une vieille tante acariâtre. La saison des bals vient de débuter, et le champ des possibles s’ouvre devant vous. Allez-vous…

- suivre Sir Benedict Granville dans une curieuse et rocambolesque histoire de succession ?
- vous tourner vers le Capitaine Angus MacTaggart, un beau highlander au cœur d’or, mais au passé trouble ?
- aider Lord Garraway Craven à faire toute la lumière sur les activités surnaturelles ayant lieu dans son manoir ?
- embarquer pour Le Caire avec Lady Evangeline Youngblood dans une course contre la montre pour trouver le Temple perdu d’Hator ?

Orphelins, amours perdues (et retrouvées), loup garous, artefacts égyptiens, duels à l’épée et bien d’autres péripéties vous attendent, mais peut-être aussi, qui sait, le grand amour ? Allez, l’avenir vous appartient, alors à vous de jouer !

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Orgueil et Destinées de Larissa Zageris & Kitty Curran
Titre original : My Lady's Choosing: An Interactive Romance Novel
Traduit par Anne-Sylvie Homassel
Editions Albin Michel, 2018 - 499 pages - 19


 : Parfois, un petit manque de fluidité entre les différents passages.

 : Être l'héroïne du roman et pouvoir faire des choix.
De l'aventure, de la romance, de l'humour, du mystère.
La perspective de pouvoir relire le livre en faisant des choix différents.


Merci aux Éditions Albin Michel et à Audrey pour cet envoi.

Premier roman "interactif" que je lis, je ne pouvais rêver mieux qu'une intrigue se déroulant au dix-neuvième siècle en Angleterre. Le concept du livre étant original, les autrices nous donnent des instructions claires quant aux choix que nous aurons à faire au fil de l'histoire. Ainsi, une fois que nous arrivons à certains moment-clés, plusieurs possibilités s'offrent à nous. Et, en fonction de notre choix, nous devons aller à la page indiquée. Et ainsi de suite, jusqu'au mot fin.


Nous avons aussi droit à la présentation des personnages, dont nous-même, vu que nous incarnons la jeune héroïne du roman. Sans le sou, notre but est de nous trouver un bon parti pour ne pas finir vieille fille. Trois hommes semblent à notre portée. Le joli garçon, plein d'esprit, qui jouit d'une rente annuelle de dix mille livres, Sir Benedict Granville. Le rude Écossais, avec un cœur en or et un caractère soupe au lait, capitaine Angus MacTaggart. Ou Lord Garraway Craven, grand amateur de chemise déboutonnées, ce qui permet d'admirer ses frémissants pectoraux. Comme vous le voyez, rien qu'à la présentation des personnages, le second degré est de mise ! Et, cela se retrouve tout au long du roman - sans oublier les jolies métaphores pour tout ce qui concerne la vie sexuelle des personnages...

Pour cette première lecture (parce que je compte bien le relire en tentant des choix différents pour découvrir d'autres histoires), c'est le beau Mac qui a fait chavirer mon cœur. Je l'ai donc suivi de Londres aux Highlands, pour m'occuper d'orphelins et enquêter sur un mystère qui va me tomber dessus - quitte à être maudite sur sept générations !

J'ai pris plaisir à faire ces choix, à être autant impliquée dans l'histoire. Un concept sympathique, de l'humour, de l'aventure. Bref, je me suis amusée et ça m'a beaucoup plu. Un roman conseillé à partir de 16 ans, sur le site de l'éditeur.


En quelques mots...
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