L’odeur du jour

17 mars 2019

Je m’appelle Lili et je suis une flaireuse. Au réveil, je sens l’odeur du jour. Celle qui me dit si je vais passer une bonne ou une mauvaise journée.

Ce matin, une puanteur de cauchemar m’assaille. Quelque chose d’horrible s’est produit, c’est sûr. Je ne tarde pas à comprendre quoi : ma prof préférée a été tuée.

Et là, surprise : Angie, le « démon » du lycée, prend ma défense quand je fonds en larmes. Elle me dit combien elle aimait notre prof elle aussi. Qu’elle non plus n’accepte pas les explications qu’on nous donne. Que toute cette affaire est louche.

Alors on va mener notre enquête. Quitte à suivre les indices laissés par ces deux garçons étranges que nous semblons être les seules à voir...

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L'odeur du jour de Danielle Martinigol
Éditions Hachette, 2019 - 218 pages - 13,90



: De bonnes idées, mais le tout reste rapide et peu développé.
Un personnage principal auquel j'ai peu accroché.

 : De bonnes idées, surtout la touche de fantastique.


Merci aux Éditions Hachette pour cet envoi.

Ce roman m'a, tout simplement, intrigué grâce à son résumé. Ce mélange de fantastique/thriller m'a rendu curieuse d'en savoir plus sur Lili et son don. Un don que l'adolescente n'a que depuis quelques mois et qui lui permet de savoir si la journée sera bonne ou non. Un don qui lui permet de flairer l'anormal. Et, en cette journée de mai, elle sent que cela sera un jour noir. Force est de constater qu'elle a vue juste. Sa prof préférée, madame Blanche, est décédée.

Finalement, je ressors plutôt mitigée de cette lecture. Principalement parce qu'elle n'a pas assez répondu à mes attentes par rapport à la quatrième de couverture. Autant le côté thriller que le côté fantastique restent trop rapides et peu développés, parfois même confus (les liens entre les personnages). Malgré les bonnes idées de départ, avec cette touche de fantastique originale. De plus, Lili m'a, de temps en temps, agacé par ses réflexions et son comportement.

Lili et Angie, une de ses camarades, cherche à savoir ce qui est réellement arrivé à leur prof et font des découvertes étranges sur sa vie privée. En passant du temps ensemble, les deux adolescentes vont apprendre à se connaître et se rendre compte qu'elles ont quelques points communs. Bien entendu, cela pourrait bien les aider avec tout ce qui arrive.

Une lecture qui ne m'aura pas totalement convaincu, donc. J'aurais vraiment aimé que le tout - la partie thriller autant que cette histoire d'odeur du jour - soit beaucoup plus développé. Bref, même si je suis passée à côté de cette lecture, il y a des idées intéressantes et les pages se tournent facilement. À vous de vous faire votre propre opinion, bien sûr...


En quelques mots...
Institut | Adolescentes | Don | Odeur | Prof | Mort

[Relecture] Sœurs Sorcières, tome 3

15 mars 2019

Risque de spoiler, si vous n'avez pas lu les tomes précédents.

Filles, sœurs et sorcières. Trois raisons de mourir...

Cate et Maura, les deux sœurs aînées, ne se comprennent plus. Maura semble désormais prête à tout pour que les sorcières accèdent au pouvoir. Même à commettre les plus viles atrocités. Cate en est horrifiée et, par-dessus tout, elle ne lui pardonne pas d’avoir effacé la mémoire de Finn, son grand amour. Même Tess, submergée par des visions funestes, ne semble plus en mesure de les réconcilier. Les deux sœurs doivent faire des choix radicaux, quitte à s’opposer l'une à l'autre... et à risquer de voir la prophétie - selon laquelle une sœur mourra de la main d'une autre - se réaliser ?

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Sœurs Sorcières, tome 3 de Jessica Spotswood
Titre original : Sisters' fate (The Cahill Witch Chronicles #3)
Traduit par Rose-Marie Vassallo et Papillon
Éditions Nathan, 2015 - 439 pages - 15,90€
Fait partie de la saga Sœurs Sorcières : tome 1 - tome 2


: Ne pas avoir les points de vue de Maura et Tess.

 : Un excellent dernier tome, avec des émotions, de la tension et de l'action.
Le trio principal et beaucoup d'autres personnages secondaires.
Un univers très intéressant !


Sœurs sorcières est une saga que je suis ravie d'avoir relue. Si à la première lecture, j'avais déjà apprécié bon nombre de choses, ces relectures m'ont permis d'encore mieux apprécier cette histoire. Cela confirme aussi qu'elle fait partie de mes sagas préférées. Pour son trio principal et pour les personnages secondaires, pour les idées combattues et l'univers.

Voilà un tome essentiel. Forcément, c'est le dernier. C'est aussi celui où les tensions entre les sœurs Cahill sont à leur paroxysme. Des tensions, d'ailleurs, il y en a du début à la fin de ce tome. À égalité avec l'action. Sans oublier pas mal d'émotions, aussi. La jalousie aveuglante de Maura, la combativité de Cate, Tess qui doit s'affirmer en tant que sibylle. La benjamine va avoir bien du mal à gérer ses émotions, à cause de ses visions et du conflit entre ses sœurs.

"Si c'est la guerre que veulent les Frères, que veut Maura, ils l'auront : je les combattrai, eux comme elle."

La douce romance présente tout au long de cette trilogie est appréciable - surtout que Finn est adorable. Elle n'empiète pas sur ce qui fait la richesse de l'univers, avec l'histoire tournant autour des sorcières et des Frères, mais apporte juste ce qu'il faut de tension supplémentaire ou de douceur, en fonction des moments. Finalement, le seul petit regret que j'ai est le fait de ne pas avoir quelques chapitres des points de vue de Maura et Tess. Autrement, les idées de l'autrice sont fortes et elle les fait bien passer par le combat mener par Cate et d'autres. C'est le moment de tout donner !

Je crois l'avoir déjà dit, mais cette saga mériterait vraiment d'être plus connue. Une trilogie féministe, avec des sorcières. Que peut-on demander de plus ? Une saga riche avec une touche de fantastique, forcément, mais il y est aussi question de politique, du statut des femmes et des hommes, des pauvres et des riches, des informations qui circulent, etc.


En quelques mots...
XIXe siècle | Nouvelle-Angleterre | Prophétie | Sœurs | Sorcières | Résistance

Home Sweet Home

13 mars 2019

Pendant longtemps, Cleveland a été un berceau du rêve américain. Elle a attiré les plus grandes industries, et tous ceux qui espéraient la prospérité, ou une vie meilleure. Dans le quartier du Slavic Village se regroupaient ceux qui venaient d’Europe de l’Est.

Mais en 2008, le rêve a fait long feu. La pollution, le chômage, la faillite et surtout la crise du logement se sont installés à Cleveland. Le Vaste Bordel a débuté. Ceux qui en avaient les moyens sont partis ; ceux qui restent n’ont pas eu le choix.

Anna, Elijah et d’autres ont toutes les raisons de fuir ces ruines de l’argent et de la compétition. Ils trouvent refuge dans un lycée à l’abandon. Quand tout s’écroule autour d’eux, quand tout se ligue contre eux, ils doivent reconstruire sur de nouvelles bases le monde qui sera le leur.

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Home Sweet Home de Alice Zeniter & Antoine Philias
Éditions l'école des loisirs, 2019 - 296 pages - 15,50


: /

 : Un roman à quatre mains dont la narration se partage entre les personnages.
Beaucoup d'émotions, quelques sourires, des amitiés, un avenir à construire.
Un roman à lire, difficile et beau à la fois.


Merci aux Éditions l'école des loisirs pour cet envoi. Reçu dans la box hivernale, je ne savais rien de ce titre avant d'en lire le résumé et de le commencer. Un texte écrit à quatre mains qui s'est révélé plein d'émotion, malgré tout.
"En 1970, les jeunes de Cleveland en ont eu marre. Ils ont marché du campus à la rivière pour dire stop à la pollution. La pollution a continué. 
Mais il y a toujours des jeunes. Cette année, les jeunes c'était nous. On en a eu marre. On a marché. La merde a continué. Mais de toutes nos forces on a marché. 
Et je sais pas toi mais moi, je marche toujours."
La manière de raconter est intéressante, une sorte de réponse permanente entre les personnages principaux, qui permet de reconstituer leur rencontre, leur histoire et les événements qui ont suivi. La débrouillarde Anna, qui s'occupe de ses petits frères. Le privilégié Elijah qui doit s'adapter. Et, les autres, ayant fui leur maison aussi, sur lesquels il faut veiller.
"L'audace, c'est bien, c'est nous, c'est l'enfance, c'est descendre en rollers les escaliers du hall, sauter dans la fontaine gelée, allumer une cigarette dans les toilettes du collège. L'avidité, c'est par là que tout pourrit. C'est le royaume des adultes. Ils le savent bien eux-mêmes, d'ailleurs, que l'avidité est une saloperie. C'est pour ça qu'ils essaient sans arrêt de nous faire croire qu'ils sont audacieux."
La crise. Une sorte de rejet, de trop plein des conneries faites par les adultes, dans la plus pauvre des grandes villes américaines. Des adolescents et enfants trouvent refuge dans un lycée à l'abandon, Winston High. Fuir la société, prôner la liberté, mais devoir établir des règles pour leur sécurité. Les plus grands vont devoir jongler avec cela. Parlant du présent et de la logistique, de religion, du passé et des souvenirs, de la crainte d'être découvert. Parlant aussi des liens que se sont créés entre tous ces enfants/adolescents. Nous sommes en Amérique, terre des éternels optimistes où rien n'est plus beau qu'une deuxième chance, même si c'est la cinquième. Même si c'est la dernière.

C'est un roman dur, beau, avec des désillusions et de l'espoir. Beaucoup d'émotions et quelques sourires aussi. On prend de plein fouet les malheurs et causes qui les ont amené à quitter leur famille. Ils doivent gérer des trucs d'adultes, car ces derniers n'ont pas été capables de le faire, justement. Essayer de faire différemment, mieux, pour eux et leur avenir. Bref, un gros serrement au cœur de voir ces enfances chamboulées, mais aussi de voir leur entraide, les liens entre eux.


En quelques mots...
Cleveland | Slavic Village | Crise | Rejet | Adolescents | Vivre

Dans la maison

11 mars 2019




Huit lycéens d’une section Arts Appliqués ont l’habitude de faire la fête le samedi soir dans une maison de campagne isolée. Pour changer, l’un d’eux propose d’organiser une soirée frissons. Le but du jeu  : effrayer les autres, et les faire boire. Mais avec des ados aussi créatifs, les bonnes blagues laissent bientôt la place à des mises en scène angoissantes. L’ambiance devient pesante. Et quand un orage éclate, le groupe se retrouve coupé du monde. Bientôt, des bruits étranges retentissent dans la maison, des pierres surgissent de nulle part, un garçon disparaît, puis une fille... La soirée bascule dans un huis clos horrifique.



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Dans la maison de Philip Le Roy
Éditions Rageot, 2019 - 345 pages - 15,90


: La consommation d'alcool.

 : Un huis clos, pour une soirée de la peur.
Les références à différents films d'horreur.
La manière dont est racontée l'histoire.


Merci aux Éditions Rageot pour cet envoi. Un thriller YA qui me tentait au vu de son résumé. Premier roman que je lis de Philip Le Roy, il me rend curieuse de découvrir certains de ses autres livres. La saga La Brigade des fous, en particulier.

Les Huit, adorés ou détestés, qui ne laissent pas indifférents. Le gang swag, disaient ceux qui les enviaient. Des bouffons qui se la pétaient, disaient ceux qu'ils horripilaient. Une bande de lycéen.ne.s décidée à faire la fête, en organisant une nuit de l'horreur. Chacun va devoir essayer de faire peur aux autres. S'ils sont effrayés, ils doivent boire.

Le prologue est intéressant, nous amenant à après la soirée. Sur les lieux de la fête, les adolescents sont introuvables et la maison ravagée - traces de sang, bris de verre, chaises et meubles renversés [...]. Et puis, l'auteur nous laisse sur cette phrase ; Pour bien comprendre ce que les gendarmes allaient découvrir, il faut expliquer comment on en est arrivés là. Et, il n'y a qu'une personne qui puisse le faire, celle qui a écrit les pages suivantes. 

Même si j'aime ce genre d'histoire, les livres ont tendance à peu m'effrayer, en comparaison à certains films d'horreur. Dans la maison a réussi à me faire avoir quelques frissons au fil des pages, l'auteur se jouant des codes et clichés des grands classiques qui fonctionnent toujours bien. Les personnages ne sont pas forcément attachants, ils sont parfois même agaçants, mais c'est ce qui fait fonctionner la dynamique de groupe. J'attendais particulièrement le retournement final, savoir ce qui s'était réellement passé, comment ces huit adolescents ont fini par disparaître et... je n'ai pas été déçue, bien que ce ne soit pas une totale surprise. Une fin intéressante, pour ses côtés psychologique et sociologique.

Un reproche à faire ; la facilité avec laquelle ils boivent toute la soirée. J'aurais apprécié qu'il y ait plus d'avertissements sur ce qui est considéré comme une simple règle de jeu. Si t'as peur, tu bois. La consommation d'alcool, encore plus dans les soirées adolescentes, n'est tout de même pas à prendre avec autant de légèreté, même dans un roman.

Les classiques sont bien évidemment cités, ainsi que des films plus récents. Allant de L'Exorciste à Massacre à la tronçonneuse, en passant par Halloween, La colline a des yeux, Scream, La Maison de cire ou encore La Cabane dans les bois. Bref, totalement le genre d'histoire qui me plaît et me fait penser aux séances DVD de mon adolescence !


En quelques mots...
Col de Vence | Soirée | Huis clos | Adolescent.e.s | Alcool | Peur

En librairie le 13 mars !

L'affaire Protheroe & Jeux de glaces

9 mars 2019


"Il est bien difficile en vérité de savoir quand débuta cette histoire. Pour moi, ce fut au cours d'un déjeuner, un certain mercredi, au presbytère. Ce jour-là, la conversation - par ailleurs sans rapport avec notre sujet - roula sur un ou deux points qui ne sont pas sans importance pour la suite de l'affaire.
Je venais de découper une pièce de bœuf bouilli - des plus coriaces, soit dit en passant - quand, tout en me rasseyant, je fis remarque, dans un esprit convenant bien peu à mon habit, que quiconque tuerait le colonel Protheroe rendrait au monde un fier service."


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L'affaire Protheroe & Jeux de glaces de Agatha Christie
Titres originaux : The Murder at the Vicarage / They do it with Mirrors
Traduit par Raymonde Coudert & Clarine Frémiet
Editions France Loisirs, 1997 - 468 pages



: Pourquoi avoir regroupé les tomes 1 et 5 sur miss Marple ?

 : L'affaire Protheroe m'a beaucoup plu. Un bon page-turner, prenant et complet.
Jeux de glaces fut bien sympathique. Efficace et prenant également.


Je râle souvent sur la manière dont ont été éditée les romans d'Agatha Christie en France. Ce livre regroupant deux titres est le parfait exemple de ce qui m'agace. Pourquoi avoir mis le premier tome de miss Marple avec le cinquième ?

L'affaire Protheroe - Le narrateur de l'histoire est le pasteur Mr Clement. Un personnage sympathique, qui prend le temps d'écouter tout le monde, même les commérages des vieilles filles du village. Comme une certaine miss Marple. Il faut dire que l'affaire Protheroe le touche de près. Ledit Protheroe ayant été retrouvé mort dans son bureau, au presbytère. Alors, qui a pu tuer cet homme ? Bon nombre de personnes semblaient souhaiter sa mort...
"Miss Marple voit toujours tout. Sous prétexte de jardiner et d'observer les oiseaux à la jumelle, elle surveille son monde."
Vu le nombre de crimes et délits commis dans ce roman, impossible de s'ennuyer. Et, surtout, impossible de ne pas soupçonner un peu tout le monde ! Bien entendu, cette chère miss Marple, elle, prend le temps et le recul nécessaire et finit par faire la lumière sur tous ces mystères. C'est un personnage que j'aime beaucoup, qui prend la parole aux bons moments et a de l'humour. Un bon classique, avec ce que nous retrouvons habituellement dans les romans de l'autrice.

Jeux de glaces - Inquiète pour sa sœur Carrie-Louise, sans bien savoir pourquoi, Ruth fait appel à leur amie d'enfance, miss Marple et lui demande d'aller voir sur place ce qu'elle en pense. Carrie-Louise s'étant mariée plusieurs fois, elle est très entourée par les membres de sa famille. Sans oublier tous ces jeunes délinquants que son mari actuel essaie d'aider... Alors, que dire du meurtre qui a lieu pendant, qu'au même moment, une grosse dispute éclate ?

Si le mystère à résoudre est intéressant, avec tous les personnages qui gravitent autour de Carrie-Louise (même si ce n'est pas elle qui est retrouvée morte), il est aussi très sympathique d'en savoir un peu plus sur le passé de cette chère miss Marple. Ça reste léger, mais c'est toujours ça de pris pour un peu mieux la connaître.


En quelques mots...
St Mary Mead | Miss Marple | Commérages | Meurtre
Angleterre | Amies d'enfance | Miss Marple | Mauvais pressentiment | Meurtre