Ash Princess, tome 1

23 oct. 2018


Ils ont tué ma mère. Ils ont volé mon nom.
À moi de les réduire en cendres.

Quand j'avais six ans, le Kaiser a tué ma mère. Pendant dix ans, j'ai vécu comme une morte, l'ombre de moi-même, à la merci de mes tortionnaires. On m'a volé mon nom. Mais je ne serai jamais Lady Thora. Je m'appelle Theodosia Eirene Houzzara. Comme ma mère avant moi et toutes mes aïeules, je suis reine du feu, et le sang du dieu coule dans mes veines.

Quoi qu'il m'en coûte, je reprendrai ce qui m'a été volé.


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Ash Princess, tome 1 de Laura Sebastian
Titre original : Ash Princess - Traduit par Anne-Sylvie Homassel
Editions Albin Michel (Wiz), 2018 - 525 pages - 19
Fait partie de la saga Ash Princess


: Triangle amoureux et tergiversations sentimentales de Theo.
J'aurais aimé que les intrigues au palais soient plus mises en avant.

✓ : La première de couverture ♥️ Des cartes de l'univers, au début.
Un univers intéressant. Magies des quatre éléments, complots, etc.
Des personnages attachants et/ou surprenants.
Les derniers chapitres, intenses et prenants.


Merci aux Éditions Albin Michel pour cet envoi.

Quelle belle couverture, magnifiquement sombre, de roman fantasy ! Ash Princess est un premier tome que j'étais très curieuse de découvrir, le résumé promettant de bonnes choses ; royauté, vengeance, trahison, pouvoir, résistance.

Dix ans après la conquête d'Astrée par les Kalovaxiens, dix ans après que Theo ait vu son monde s'effondrer et sa mère, la reine du Feu, mourir, l'adolescente subit les humeurs de Corbinian, le Kaiser, qui est déterminé à arrêter le moindre des résistants astréens. Même son amitié avec Cress ne peut totalement l'apaiser, son père étant à la solde du Kaiser.
"Quelque chose change au plus profond de mon être. Theodosia. C'est ainsi que m'a appelé Ampelio. Un nom puissant. Celui que ma mère m'a donné. Le nom d'une reine. Je n'ai pas le sentiment de le mériter, mais me voici à présent seule. Si je dois survivre, je dois retrouver des forces, être à sa hauteur. 
Désormais, je dois être Theodosia."
Un bon premier tome malgré tout, car je veux bien admettre qu'une partie de ma "déception" vient du fait que j'en attendais autre chose. Un univers plus sombre et une héroïne plus badass. Finalement, nous avons un personnage enclin à la digression et qui tergiverse autant sur ses sentiments pour deux garçons que sur le destin de son peuple.

Malgré cela, les personnages, principaux comme secondaires, sont intéressants et, certains, se révèlent même plus surprenants qu'ils n'en ont l'air. Et, en dépit des bémols cités plus haut, Theo fait partie des personnages attachants. L'adolescente doit jongler entre ses différents rôles, imposés ou non ; la princesse destituée, Theodosia Eirene Houzzara ; la princesse de Cendres, Lady Thora ; et Theo, la "simple" adolescente. Sans compter que le Kaiser est un vrai méchant, cruel et dangereux. C'est important dans ce genre littéraire. De plus, l'univers, quand il est mis en avant, est clairement un beau plus. Dieux et déesses, gemmes sacrées, temples, magies basées sur les quatre éléments, etc.

Pour la suite, j'espère une héroïne plus sûre d'elle et un univers qui ne se fait pas engloutir par des longueurs inutiles. Parce que ce roman est prenant, que la base est désormais posée et que j'ai envie de voir ce que la suite donnera, comment les personnages vont évoluer. En fait, j'aurais adoré trouver l'intensité des derniers chapitres tout au long de l'intrigue. Il y avait tout ce que j'espérais en commençant cette saga,  donc je croise les doigts pour la suite.


En quelques mots...
Astrée | Palais | Conquête | Princesse | Kaiser | Vengeance | Magies

Riquet à la houppe

21 oct. 2018









"L'art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire."






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Riquet à la houppe d'Amélie Nothomb
Éditions France Loisirs, 2016 - 188 pages - 16,90€


: Quelques petites longueurs.

✓ : Une bonne réécriture contemporaine du conte.
La plume de l'autrice et le regard qu'elle porte sur le monde.
Des personnages intéressants.


Cela fait un bout de temps que je n'avais pas lu l'autrice. Contente d'avoir retrouvé sa plume avec cette réécriture du conte de Charles Perrault. Je l'ai d'ailleurs relu juste avant de lire ce roman, pour mieux apprécier le travail d'Amélie Nothomb pour le transposer dans un univers contemporain. Ce point est une réussite, pour moi.

Devenant enfin parents, Honorat et Énide ne s'attendaient pas à avoir un petit garçon aussi laid, fripé et maigre. Au point que les gens le comparent à l'arrière-grand-père sur son lit de mort... Ce qui n'empêche pas ses parents de l'aimer. Dans une autre famille, vient au monde la jolie Trémière, mais considérée comme stupide à en pleurer.
"Il semblerait que la nature ait décidé de me parer de toutes les horreurs. Son projet me fascine, je ne veux pas le contrarier."
L'aspect social du récit est intéressant. La naissance de ses enfants, comment ils ont été accueilli et élevé. Comment ils se sont adaptés au monde. La manière dont les autres les voient et comment ils se voient eux-mêmes. Il observe, réfléchit, teste. Conscient de ne pas appréhender le monde comme ses camarades. Quant à elle, belle mais considérée comme bête, seule sa grand-mère semble comprendre son rythme, sa particularité. Tous deux doivent composer avec ce qui semble les différencier des autres. Ce qui fait qu'ils sont eux. Malgré quelques longueurs, une lecture agréable.


En quelques mots...
Paris | Esprit | Beauté | Intelligence | Famille | Ornithologie | Apprentissage | Vie

Les Étoiles de Noss Head, tome 2 : Rivalités

19 oct. 2018


Risque de spoiler, si vous n'avez pas lu le tome précédent.


Pour moi, une nouvelle vie commençait : l'université à St Andrews avec Leith. J'avais espéré que le calme était revenu, que je vivrais ma première année de fac comme n'importe quelle jeune femme, ou presque. Douce utopie, rien ne se déroule jamais comme prévu.

Il fallait qu'ils se fassent la guerre, c'était plus fort qu'eux. Leur haine ancestrale allait les pousser à bout. J'étais dépassée, mais j'étais sûre d'une chose : tôt ou tard, je paierais les pots cassés...

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Les Étoiles de Noss Head, tome 2 : Rivalités de Sophie Jomain
Illustrations de Marie-Laure Barbey-Granvaud
Editions Pygmalion, 2018 - 350 pages - 24
Fait partie de la saga Les Étoiles de Noss Head : tome 1



: J'aimerais que l'histoire se détache un peu plus de celle de Twilight.
Le comportement de Leith et Hannah a tendance à m'agacer.

: De belles illustrations, nombreuses et mettant en valeur les personnages.
Une histoire agréable à suivre, avec des moments paisibles et, d'autres, avec beaucoup d'action.
Une fin qui laisse présager des choses intéressantes pour la suite.


Merci aux Éditions Pygmalion pour cet envoi.

Le paysage, les personnages, l'écriture et les illustrations sont un combo gagnant qui nous fait presque oublier les clichés présents. Je dis presque, car l'histoire reste encore trop proche de celle de Twilight. Que cela soit dans le premier tome ou celui-ci. Pour continuer dans les quelques points qui s'amélioreront par la suite (je l'espère), je pourrais citer le comportement de Leith, qui a tendance à m'exaspérer. Lui qui veut qu'Hannah se confie à lui si elle doute, lui cache de nombreuses choses et s'étonne qu'elle en soit fâchée par la suite. Et, quand je dis "fâchée", voilà un autre point qui m'agace, elle se laisse encore beaucoup trop faire. Baissant rapidement les bras au lieu de lui tenir tête...
"Perdus au milieu de l'immensité de la nuit, installés au sommet de la Terre, nous étions seuls au monde. Et ce soir-là, j'acquis la conviction que personne ne pourrait nous séparer. 
Jamais."
La majeure partie de l'histoire se déroule à l'université St Andrews (et à Wick, parfois) où Hannah entre en première année. La jeune femme va rencontrer du beau monde... dont certains qui ne plaisent pas forcément à Leith. D'ailleurs, elle-même doute des bonnes intentions de Minah, qui semble vouloir l'intégrer à un étrange Cercle. Entre les cours, les devoirs à préparer, sa colocation et sa vie amoureuse, Hannah va devoir gérer de nouveaux désagréments.

Les points soulevés plus haut pourraient laisser croire que je n'ai pas apprécié cette lecture, mais ce n'est pas le cas. Malgré certaines choses qui ont tendance à me faire lever les yeux au ciel, j'apprécie les personnages, la plume de l'autrice et ses idées. Tout comme l'univers qui continue à s'étoffer grâce aux nouvelles révélations faites à Hannah. St Andrews, la Meute, les Lupi, les Exploiteurs, etc. Les nouveaux personnages apportent un bon plus, qu'ils soient attachants ou non. Et, je me sens toujours aussi bien dans cet univers. Le genre de saga à lire au coin du feu, sous un plaid avec un chocolat chaud ou un thé. De plus, la fin de ce tome promet une suite intéressante. J'ai hâte ! 


En quelques mots...
Écosse | Université | St Andrews | Surnaturel | Danger | Romance

Le Visiteur de minuit

17 oct. 2018




Monsieur Anderson entendit frapper à sa porte.
- Que me voulez-vous ? Qui êtes-vous ? s'écria-t-il ?

Qui pouvait le visiter à une heure pareille,
en cette nuit de l'hiver 1854 ?
Qui, à Londres, osait déranger cet homme riche
et puissant, accablé par la mauvaise santé de sa fille,
la petite Béatrix ?




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Le Visiteur de minuit de Marie-Aude Murail & Christel Espié
Editions Albin Michel (Jeunesse), 2018 - 32 pages - 18€



✗: Clairement un goût de trop peu.

✓ : Un grand format qui met en valeur les illustrations...
... des illustrations qui mettent en valeur le texte.


Merci aux Éditions Albin Michel pour cet envoi. Après avoir dévoré bon nombre des romans de Marie-Aude Murail (Oh, boy !, Miss Charity, Sauveur & fils, etc.), je n'ai pas résisté à ce (très) grand album décrit comme dickensien et haletant en diable.

S'inquiétant de la mauvaise santé de sa fille unique, Jason Anderson se pose des questions sur son jardinier et ses quinze enfants en excellente santé. Dont son petit dernier, du même âge que Béatrix...

Le Visiteur de minuit a été publié en 1988 dans le J'aime lire n°134, puis en 93 chez Bayard Poche. Il est désormais disponible sous forme d'album, qui donne la part belle aux illustrations. Ces dernières collent parfaitement bien avec le texte. Elles apportent beaucoup à l'ambiance hivernale qui se dégage de l'histoire. Ajoutez à cela une écriture agréable, avec quelques beaux jeux de mots. Le texte n'est pas très long. Un petit regret de quitter cette histoire aussi rapidement, d'avoir l'impression de survoler une intrigue qui aurait gagné à être un peu plus étoffée.


En quelques mots...
Londres | Hiver | Père | Enfant | Rencontre | Amitié

Carnets noirs

15 oct. 2018

En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s'emparer de sa fortune, mais, surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C'est compter sans les mauvais tours du destin... et la perspicacité du détective Bill Hodges.

Après Misery, King renoue avec un de ses thèmes de prédilection : l'obsession d'un fan. Dans ce formidable roman noir, où l'on retrouve les protagonistes de Mr. Mercedes (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur... ou le pire.

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Carnets noirs de Stephen King
Titre original : Finders Keepers
Traduit par Océane Bies & Nadine Gassie
Éditions France Loisirs, 2017 - 432 pages - 22,50€
Fait partie de la saga Bill Hodges : Mr Mercedes


: J'en attendais plus concernant l'intrigue. Plus de surprises.

: Retrouver les personnages de Mr Mercedes.
Suivre de nouveaux personnages intéressants.
Voir leurs différents (ou non) rapports à une même œuvre.


Encore une fois, mais différemment, Stephen King aborde, entre autres, le sujet d'auteur et celui de lecteur et de fan. Ce qui est le métier de nombre de ses personnages (dont Paul dans Misery, bien entendu) est aussi celui de John Rothstein qui obsède nos protagonistes avec sa trilogie sur Jimmy Gold.

Un vieil écrivain vivant dans une maison isolée (ce n'est pas drôle, sinon) et qui se fait cambrioler. Pas seulement pour l'argent qu'il gardait, mais aussi pour les écrits qu'il n'a jamais publiés. Un fan qui lui reproche la manière dont son personnage principal a évolué. Ça, c'est en 1978. En 2009, c'est plutôt l'histoire d'un jeune garçon, Pete, bien conscient des problèmes financiers de ses parents et qui, par un concours de circonstances, va avoir la possibilité de les aider...

Dans la première partie, tout se joue en deux temps. Deux époques, deux personnages bien différents. Et puis, peu à peu, leur histoire se rejoint. À commencer par leur passion pour Jimmy Gold de John Rothstein. Et, bien d'autres choses, que King se plaît à mettre en comparaison. J'ai beau avoir trouvé le début assez lent, l'auteur réussit encore une fois à nous faire entrer dans son récit sans même qu'on s'en rende compte. On commence par se demander quand est-ce que l'histoire va décoller, pour ne plus y penser et se rendre compte qu'on y est bel et bien. Que tout est posé. Ne reste plus qu'à tourner les pages pour découvrir ce qu'il réserve à Pete et comment Bill Hodges va s'intégrer à tout cela.

J'ai été ravie de retrouver les personnages auxquels je m'étais attachée en lisant Mr Mercedes et ai été contente d'en découvrir d'autres intéressants également. Ce fut une lecture sympathique, mais qui manquait de tension. Un bon roman. Mais trop... ou pas assez... je ne sais pas exactement quoi, pour être plus qu'un simple bon roman. Disons que j'en attendais plus de l'intrigue, qui se révèle finalement sans grandes surprises. Prenante, mais pas inoubliable.

Même si ce roman peut se lire indépendamment de Mr Mercedes, de nombreuses révélations sont faites sur l'intrigue de ce dernier. Sachant cela, je vous conseille plutôt de les lire dans l'ordre, pour ne pas vous spoiler certains moments clés. Me concernant, il ne me reste plus qu'à lire Fin de ronde, qui conclut cette saga...


En quelques mots...
Écrivain | Fan | Cambriolage | Personnage | Famille | Chantage