Une fille comme elle

20 sept. 2019

« Il y a tellement de gens qui se ratent
pour de mauvaises raisons.
Quel risque y a-t-il à voler un peu de bonheur ? »

À New York, sur la 5e Avenue, s'élève un petit immeuble pas tout à fait comme les autres...
Ses habitants sont très attachés à leur liftier, Deepak, chargé de faire fonctionner l'ascenseur mécanique, une véritable antiquité. Mais la vie de la joyeuse communauté se trouve chamboulée lorsque son collègue de nuit tombe dans l'escalier. Quand Sanji, le mystérieux neveu de Deepak, débarque en sauveur et endosse le costume de liftier, personne ne peut imaginer qu'il est à la tête d'une immense fortune à Bombay... Encore moins Chloé, l'habitante du dernier étage...

Entrez au n°12, 5e Avenue, traversez le hall, montez à bord de son antique ascenseur et demandez au liftier de vous embarquer... dans la plus délicieuse des comédies new-yorkaises !

• • • • •
Une fille comme elle de Marc Levy
Éditions Pocket, 2019 - 368 pages - 7,90€


: Parfois un peu rapide. Un peu trop court.

 : Un bon roman contemporain.
Touchant, moderne et ne manquant pas d'humour.
Des personnages très sympathiques.


Une fille comme elle est le roman de Marc Levy sorti cette année en poche. Même si je ne me jette plus dessus avec autant d'impatience que lors de ses premières sorties, c'est toujours avec curiosité que je me plonge dans ses romans.

Fraîchement débarqué... et accueilli, Sanji se voit un peu forcé de donner un coup de main à son oncle, Deepak, liftier dans un immeuble depuis près de quarante ans. Lui qui est venu pour développer sa société à New York, va passer ses nuits à s'occuper des habitants du n°12, 5e Avenue, pour remplacer M. Rivera, le liftier de nuit, qui a eu un accident. Dans cet immeuble, s'y trouve Chloé, jeune femme bien décidée à contrecarrer les plans de ceux qui veulent profiter de cet accident pour installer un mécanisme plus moderne à l'ascenseur. Mécanisme qui rendrait l'emploi de Deepak superflu.

Le livre m'a paru finalement assez court et j'aurai apprécié voir certains moments s'étirer davantage. Histoire de passer plus de temps avec les personnages, apprendre à mieux les connaître. Pour ne pas simplement les trouver sympathiques et pouvoir dire que je me suis réellement attachée à eux. Le caractère un brin bougon de Deepak, la fougue de Lali, la détermination de Chloé, le naturel de Sanji. etc. Le cadre de l'histoire est, de plus, original. Même si nous ne restons pas enfermés dans l'ascenseur ou l'immeuble, des scènes essentielles s'y passent et apportent du charme à l'histoire.
"Imaginez le devenir d'une société où les gens s'écouteraient au lieu de s'invectiver. Nous voulons apprendre aux gens à se connaître, à se comprendre, à se respecter, élargir les horizons, éteindre les feux de la haine qui se nourrissent de l'ignorance."
Des moments touchants, de la pudeur, de l'humour. Quelques leçons de vie et de beaux sentiments et combats. Tout ce dont j'avais besoin à ce moment-là, donc je ressors contente de cette lecture... qui m'a semblé tout de même bien rapide.


En quelques mots...
New York | Inde | Immeuble | Liftiers | Ascenseur | Famille | Rencontres

L'école du Bien et du Mal, tome 1

18 sept. 2019

Prenez des gentils, des méchants, un ou deux princes charmants, mélangez, inversez tous les rôles et vous obtiendrez un conte de fées revisité, drôle, rythmé, qui vous rendra heureux pour toujours !

Kidnappées par une sombre nuit d’orage, Sophie et Agatha intègrent l’École du Bien et du Mal… Un lieu très spécial, où l’on forme les personnages de contes de fées. Pantoufles de verre et chevelure blonde, Sophie est sûre de devenir princesse. Tandis qu’Agatha, cynique et solitaire, toute de noir vêtue, se voit déjà en sorcière. Pourtant, rien ne se passe comme prévu...

Et si l’erreur de casting révélait leur vraie nature ?

• • • • •
L'école du Bien et du Mal, tome 1 de Soman Chainani
Illustrations de Iacopo Bruno
Titre original : The School for Good and Evil #1
Traduit par Leslie Boitelle-Tessier
Éditions PKJ, 2015 - 478 pages - 17,90€
Fait partie de la saga L'école du Bien et du Mal


: Trop "jeunesse" pour mes envies du moment.

 : Une amitié mise à rude épreuve.
Des messages intéressants sont passés tout au long de l'histoire.
Les passages avec Agatha. Voir son évolution.


"Dans la forêt ancestrale,
une école du bien et du mal.
Deux tours se ressemblant,
l'une pour les purs d'esprit,
l'autre pour les méchants.
Si vous essayez de vous enfuir,
vous échouerez,
car le seul moyen d'en sortir
est d'intégrer un conte de fées."

Alors que tout le monde appréhende l'arrivée du Grand Maître, qui kidnappe deux jeunes ados tous les quatre ans, Sophie, elle, l'attend avec impatience. Elle n'a quand même pas fait autant d'effort pour être gentille ces derniers mois, pour qu'il choisisse quelqu'un d'autre ! Son destin est d'être princesse de conte de fées, elle le sait ! Pour bien faire les choses, elle compte sur sa meilleure amie Agatha pour être la moche et méchante qu'il kidnappera aussi. Ce que Sophie n'avait absolument pas prévu, c'est l'erreur monumentale qui a été faite ; elle a été lâchée du côté des méchants...

L'école du Bien et du Mal est une saga régulièrement présente sur la blogo depuis la sortie de ce premier tome et, étant friande de réécritures de conte, j'étais très curieuse d'enfin la découvrir à mon tour. Le côté méchant et gentil de contes, n'est pas sans rappeler la série de films Descendants. C'est une idée que j'apprécie bien, cette dualité entre ceux et celles qui sont censés devenir de grands méchants et les autres, destinés à devenir des princes et des princesses. Ça bouscule un peu (et gentiment) les codes des beaux et gentils VS moches et méchants. Les passages avec Agatha m'ont d'ailleurs davantage plus que ceux avec Sophie. Sans doute parce qu'elle est critique par rapport à la passivité attendue des princesses dans les contes. Et puis, Sophie est souvent imbuvable. Ce qui n'est pas forcément un bémol hein, c'est cool de trouver des personnages antipathiques, ça change. De plus, il y a beaucoup d'humour tout au long du roman.

Pour être franche, je ne suis pas certaine de lire la suite un jour. Si ce premier tome m'a paru sympathique, autant pour ses personnages que son univers et les messages passés, le tout reste trop jeunesse pour mes envies du moment. Bon, je trouve quand même ça super cool que l'autrice ait rédigé une thèse sur les femmes maléfiques dans les contes de fées !


En quelques mots...
Gavaldon | Grand Maître | Bois de l'Infini | École | Gentils | Méchants | Adolescent.e.s

Combien de pas jusqu'à la lune

16 sept. 2019



L'Amérique où grandit Katherine Johnson n'est pas tendre envers les femmes noires. Mais la fillette aime compter, tout compter, et rêve de devenir mathématicienne. Alors, elle brave un à un les préjugés et les obstacles... jusqu'à intégrer la NASA. En 1962, l'astronaute John Glenn refuse de décoller avant qu'elle ait vérifié en personne les calculs des ordinateurs. En 1969, c'est elle qui détermine les trajectoires de la mission Apollo 11, au cours de laquelle Neil Armstrong marchera sur la Lune. La légende Katherine Johnson est en route...

Katherine Johnson a eu 100 ans en 2018. Le film Les Figures de l'ombre, sorti au cinéma en 2016, retrace son parcours à la NASA.


• • • • •
Combien de pas jusqu'à la lune de Carole Trébor
Éditions Albin Michel (litt'), 2019 - 443 pages - 15,90€



: J'aurais aimé que la partie sur ses années à la NASA soit plus conséquente. 

 : Les mots de Carole Trébor concernant cet ouvrage.
Un roman biographique passionnant, sur une femme impressionnante !
De l'été 1918 à ses accomplissements à la NASA !


Merci aux Éditions Albin Michel pour cet envoi. Comme le dit la quatrième de couverture, le film Les Figures de l'ombre retrace le parcours de Katherine Johnson à la NASA. Comme je n'ai pas encore eu l'occasion de le voir, cette partie-là, autant que sa vie personnelle fut une découverte totale pour moi. En fait, excepté son nom et le fait qu'elle ait travaillé à la NASA dans les années 60, je ne connaissais rien sur cette femme. Grâce à Carole Trébor, j'y ai désormais remédié ! 

• • • • •

Les mots de l'autrice :
Combien de pas jusqu'à la lune est un roman biographique dont l'autrice parle comme cela, dans la préface ; Cette rencontre entre mon regard et son histoire est au cœur de la vibration particulière de ce livre. Avouez-vous que ça donne envie, non ? Et puis, les mots de l'autrice, dans les remerciements, sont aussi à souligner ; Après des siècles de fabrication de héros masculins, il est grand temps que l'Histoire rende hommage aux figures héroïques féminines. 

• • • • •

Carole Trébor commence le récit avant même la naissance de Katherine, puis continue en nous contant son enfance, son adolescence, etc. La vie de famille, avec ses frères et sa sœur. Avec leur parent, Joshua et Joylette, qui ont essayé de les mettre en garde, sans les effrayer. Qui les ont encouragé à s'affirmer, à prendre confiance en eux, en évitant que la colère due à la situation de l'époque pour les Noirs finisse par les freiner. Une belle éducation, faite de beaucoup d'amour... et de mathématique. Très jeune, Katherine est déjà curieuse de tout et adore les calculs que son père lui fait faire.
"Ce qu'elle voulait, c'était que ses enfants prennent conscience de leur propre valeur grâce à ce qu'ils vivaient, grâce à ce qu'ils apprenaient à l'école, grâce à ce qu'ils partageaient avec Joshua et elle. Il fallait qu'ils ressentent la liberté dans chaque instant, qu'ils apprennent à la savourer autant que possible, puisqu'ils vivaient dans un pays où la loi limitait leurs droits, et où ils risquaient à tout moment de se faire injustement emprisonner, condamner, voir exécuter. Et ça, c'était une triste réalité avec laquelle ils devraient composer."
La ségrégation, l'injustice, l'arrêt forcé des études supérieures faute d'accès pour les Noirs, etc. Katherine et ses frères et sœur ont dû surmonter tout cela. Sa persévérance, sa soif de connaissances, son calme, lui permettront de se faire une place, un nom. Ce roman est plus centré sur ses jeunes années, un peu moins longuement sur sa vie adulte et son parcours à la NASA - qui est, bien sûr, évoqué pendant une partie du roman. En toile de fond, le cadre Historique, social et politique de l'époque. En lumière, une famille attachante et encourageante, et une jeune femme impressionnante !

Ce n'est ni la première fois que je lis un livre de Carole Trébor, ni la première fois que je lis un roman de cette collection Litt' Destins de chez Albin Michel. Une collection qui rend hommage à des personnalités au destin exceptionnel. Trois autres titres sont disponibles (je n'ai pas lu celui sur Mohamed Ali) et d'autres sortiront dans les mois à venir.


En quelques mots...
Biographie romancée | Femme scientifique | Virginie-Occidentale | Ségrégation | Langley | Apollo 11

L'attrape-cœurs

14 sept. 2019




Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, " L'attrape-coeurs ", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

• • • • •
L'attrape-cœurs de J.D. Salinger
Titre original : The Catcher in the Rye
Traduit par Annie Saumont
Éditions Pocket, 2013 - 253 pages


: Un récit parfois un peu plat. Sans grand remous.

 : Avoir la signification du titre.
Un anti-héros touchant dans ses questionnements et errances.
L'écriture, le ton du narrateur.


L'attrape-cœurs est un classique que j'étais curieuse de lire, les avis étant assez partagés dessus. Les premières pages sont relativement déroutantes, à cause de l'écriture assez "orale" d'Holden. Finalement, c'est un des points marquants de ce roman. Cette narration fait partie intégrante de l'expérience. Elle permet de mieux cerner l'adolescent, aussi.

Un récit unique, qui m'a fait penser (non, je ne me contredis pas !) à ce que dégage Sa Majesté des mouchesLe Maître des illusions ou encore Le Cercle des poètes disparus. Des moments charnières nous sont racontés. Des passages parfois tristes et un peu dérangeants, humains. Holden est quelquefois proche du point de rupture, à cogiter sur le temps qui passe, son enfance, sa famille, la mort, sa vie actuelle. Mais, le tout reste assez calme, sans trop de remous.

On apprend à connaître le narrateur aussi par les descriptions qu'il fait des personnes qui l'entourent ; ses camarades, ses frères et sœur, etc. Je ne peux pas dire que c'est un protagoniste spécialement attachant - il a d'ailleurs tout de l'anti-héros, mais j'ai apprécié lire ce qu'il avait à raconter. Il m'a touché par ses introspections, ses inquiétudes, son errance dans les rues de New-York et son besoin de compagnie. Il passe souvent du coq à l'âne et c'est de cette façon que sa vie nous est dévoilée dans son ensemble. Si vous avez du mal avec les digressions, ce classique n'est pas pour vous !
"Bien des hommes ont été tout aussi troublés moralement et spirituellement que tu l'es en ce moment. Par chance, quelques-uns ont écrit le récit de leurs troubles. Si tu le veux, tu apprendras beaucoup en les lisant. De même que d'autres, un jour, si tu as quelque chose à offrir, d'autres apprendront en te lisant. C'est un merveilleux arrangement réciproque. Et ce n'est pas de l'éducation. C'est de l'histoire. C'est de la poésie."
Renvoyé d'un énième collège, Holden décide, sur un coup de tête, de partir plus tôt que prévu et de ne pas se pointer chez lui tout de suite. Ses parents ne l'attendant que quelques jours plus tard, il part pour New-York et dort à l'hôtel, revoit d'anciennes connaissances, etc. Je voulais plus continuer à traîner là. Je me sentais trop cafardeux, trop seul. 

Un classique qui m'a plu et dont j'ai aimé la manière qu'a le narrateur de nous raconter ses errances. Bien sûr, ce n'est pas toujours follement passionnant, mais le voir essayer de se dépatouiller avec ses pensées qu'il n'arrive pas à poser, ses envies qu'il n'arrive pas à définir, ça le rend très humain et compréhensible. Ce sont des questionnements universels et qui parleront à plus d'une personne. L'enfance à Sa Majesté des mouches, l'adolescence a L'attrape-cœurs.


En quelques mots...
New-York | Collège | Hiver | Adolescent | Errances | Questionnements

[Relecture] Les aigles de Vishan Lour

12 sept. 2019

Les aigles de Vishan Lour de Pierre Bottero
Illustration de la couverture : François Roca
Éditions Rageot, 2019 - 91 pages - 11,90


Plume est une Ombre.
Grâce à ses talents d'acrobate,
elle se glisse discrètement dans la nuit.

Jeune écuyer des Chevaliers du Vent,
Estéblan accompagne la délégation chargée
de rappeler au nouveau roi ses devoirs.
Quand la délégation est assassinée,
il est menacé à son tour.

Plume sera-t-elle son alliée ?



: Triste qu'il n'y ait pas de suite.

 : L'écriture de Pierre Bottero ♥
De beaux personnages et une bonne histoire fantasy.
Un très bon petit moment de lecture.


Merci aux Éditions Rageot pour cet envoi. Quel plaisir de voir cette histoire publiée en librairie ! Elle est initialement parue dans le magazine Je bouquine, de novembre 2005. C'est par ce biais que je l'ai découverte pour la première fois et c'est avec beaucoup de joie que la version roman va rejoindre le reste des œuvres de Pierre Bottero dans ma bibliothèque. La photo ci-dessus en montre une bonne partie, mais certains romans (la trilogie L'Autre, Zouck, etc.) se cachent derrière le magazine, justement. En fait, de l'auteur, il ne me manque plus que Le voleur de chouchous.

Bref, concentrons-nous sur ce court roman qu'est Les aigles de Vishan Lour ! Nous y retrouvons tous les points forts de l'auteur ; une écriture magique, un univers intéressant et des personnages attachants. Et, surtout, toujours de belles valeurs mises en avant. Pas le vol, ok, mais l'entraide, l'amitié. Ça fait un bien fou de retrouver cela. Une fois de plus, Plume m'a rappelé Ellana, personnage phare de la trilogie Le Pacte des Marchombres. Un personnage féminin qui ne lâche rien. Un fort caractère qui ne l'empêche pas de venir en aide à Estéblan. La jeune et agile voleuse Ombre ne peut s'empêcher de secourir le jeune écuyer, dont elle admire l'autour. Les Chevaliers du Vent ayant été trahis, Estéblan doit trouver de l'aide. Leur différence de morale s'entrechoque et les deux jeunes gens vont devoir apprendre l'un de l'autre.

Pierre Bottero est un auteur qui a marqué ma vie de lectrice depuis ma lecture, au collège, du premier tome de L'Autre. Un auteur qui n'a jamais cessé de m'impressionner au fil de ses écrits, ses livres-mondesLa littérature jeunesse ne serait pas la même sans ses romans ♥ Des moments de lectures particuliers, qui nous portent et nous emportent.


En quelques mots...
AnÓcour | Confrérie | Chevaliers du Vent | Ombres | Trahison | Autour | Effraie