L'océan au bout du chemin

18 juil. 2019

L'océan au bout du chemin de Neil Gaiman
Titre original : The Ocean at the End of the Lane Traduit par Patrick Marcel
Éditions J'ai Lu (Fantastique), 2018 - 252 pages - 6

De retour dans la maison où il a passé son enfance, le narrateur se retrouve submergé par le souvenir des événements étranges et tragiques qui ont marqué l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée ; Lettie Hempstock, cette petite voisine qui lui affirmait que l’étang au bout du chemin était un océan; les monstres qui rôdaient dans les ténèbres... Pourquoi les a-t-il enfouis dans sa mémoire ? Qu’est-il réellement arrivé cette année-là ?


: Un "déclenchement" des choses un peu rapide.

 : Un conte prenant et plaisant à lire.
Se laisser porter par les souvenirs du narrateur.
L'histoire, les dangers, la famille Hempstock, etc.
L'épilogue.


Fin avril, j'ai lu - et apprécié - Coraline, du même auteur. Aimant son univers, qui n'est pas sans rappeler celui de Burton ou de King, c'est avec plaisir que j'ai découvert que mon livre mystère acheté chez Cultura n'était autre que L'océan au bout du chemin. Par contre, il faudrait faire en sorte que le titre du livre n'apparaisse pas sur le ticket de caisse, hein...
"Les souvenirs d'enfance sont parfois enfouis et masqués sous ce qui advient par la suite, comme des jouets d'enfance oubliés au fond d'un placard encombré d'adulte, mais on ne les perd jamais pour de bon."
Un univers qui mêle l'imaginaire et le fantastique à notre réalité. Revenant sur les lieux de son enfance, les souvenirs du narrateur refont surface. Et, ce sont des éléments marquants de ses sept ans qu'il nous conte. Sa rencontre avec Lettie Hempstock, une fillette plus âgée que lui, et son étrange famille, pour commencer. Et puis, les événements fantastiques et terrifiants qui se sont produits par la suite. S’immisçant dans sa vie de famille, mettant en péril son équilibre.

Si je dois chipoter et soulever un bémol, ce serait la rapidité du début, de ce qui a déclenché l'arrivée de la gouvernante. Lettie et le jeune garçon combattent une étrange créature et ce qu'il en ramène, malgré lui, se révèle être cette Ursula Monkton. Impossible pour lui d'échapper à l'omniscience de cette dernière. Impossible d'appeler Lettie à l'aide.

L'étrangeté de la famille Hempstock m'a beaucoup plu. Le narrateur également. Il nous rappelle parfois, grâce à une phrase ou deux, que ce dont il nous parle fait justement partie de ses souvenirs et du passé, sans pour autant édulcorer ses frayeurs et perceptions d'enfant. Quant à l'épilogue, nous y retrouvons cette réalité, ses réminiscences à portée de main, sans jamais réussir à les saisir vraiment. J'ai beaucoup aimé. L'océan au bout du chemin est un conte puissant. On se laisse porter par les souvenirs, sans forcément y trouver des choses rationnelles... et sans jamais s'en formaliser. Sûrement grâce à notre âme de rêveur, comme le dit Maxime Chattam au début d'Autre-Monde.


En quelques mots...
Enfants | Passé | Souvenirs | Créatures | Océan

Ton dernier mensonge

16 juil. 2019




Le monde de Clara Solberg vole en éclats quand son mari, Nick, décède dans un accident de voiture. Leur fille Maisie, quatre ans, en sort indemne. La cause de l'accident semble claire, mais les terreurs nocturnes de Maisie conduisent Clara à s'interroger sur ce qui s'est vraiment passé en ce tragique après-midi. Rongée par la douleur, obsédée par l'idée que la mort de Nick n'est peut-être pas accidentelle, Clara s'engage dans une quête désespérée pour découvrir la vérité. Qui aurait pu vouloir du mal à Nick ? Et surtout, pourquoi ?



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Ton dernier mensonge de Mary Kubica
Titre original : Every Last Lie - Traduit par Laure Manceau
Editions HarperCollins (Poche), 2019 - 344 pages - 7,90



: L'histoire est trop répétitive.
Clara est un personnage avec lequel j'ai eu du mal.

 : Des chapitres au présent et au passé.
Suivre les chapitres au passé et retracer tout ce qui s'est passé.
Un bon page tuner.


Merci aux Éditions HarperCollins pour cet envoi. Début juin, j'ai eu l'occasion de découvrir A la tombée du jour, premier roman que je lisais de Mary Kubica. Même si ce fut moins intense que je l'espérai, j'ai apprécié l'aspect psychologique et la manière dont l'histoire nous est racontée. Ton dernier mensonge est donc le deuxième roman que je lis de l'autrice.

- Madame, il y a eu un accident.
Son nouveau-né dans les bras, Clara apprend qu'elle ne reverra plus son mari, mort dans un accident de voiture alors qu'il roulait trop vite. Heureusement, leur petite fille a survécu. Les jours suivants sont très difficiles pour Clara... En plus de devoir faire son deuil, les cauchemars et les terreurs de sa fille la font de plus en plus douter que ce soit un simple accident. Et puis, elle découvre que Nick lui a caché des problèmes financiers et d'autres choses, ces derniers mois.

Encore une fois, je ne suis pas totalement convaincue par un roman de l'autrice, mais j'en ressors plutôt satisfaite. Grâce aux chapitres sur Nick, avant sa mort, nous assistons à sa descente aux enfers. À ce qui est arrivé jusqu'au moment où il est retrouvé mort. Ce sont les chapitres que j'ai préférés, car ils nous lancent sur différentes pistes. Nous faisant douter, suspecter plusieurs personnes. J'ai eu plus de mal avec les chapitres sur Clara, au présent. Du mal à la comprendre, à la suivre. Elle part dans tous les sens, se répète beaucoup. C'est d'ailleurs un des principaux bémols de ce roman ; l'histoire est répétitive. On tourne en rond durant les cent premières pages, puis de temps en temps dans la suite également.
"Jamais je n'aurais pu savoir, en déposant un baiser sur son front, qu'à l'extérieur un orage se préparait, une véritable tornade sur le point de dévaster notre existence, et que toute cette masse d'air instable nous attendait juste derrière la porte. 
Jamais je n'aurais pu savoir que le temps me filait entre les doigts." - Nick
Même si le côté thriller n'est pas très intense ou haletant (je devrais m'y faire, c'était déjà le cas avec A la tombée du jour), ça n'en est pas moins un bon page turner. L'autrice maîtrise le suspense jusqu'à la fin. Bon, par contre, il faudrait arrêter de soudoyer les enfants avec des promesses de gâteaux et de jeux. Et arrêter de les laisser sans cesse seuls, en plein cagnard, dans la voiture... Bref, même si tout n'est pas parfait, il y a un je-ne-sais-quoi qui me rend curieuse de relire cette autrice ! Peut-être la surprise qu'elle nous réserve à chaque fois en retournement de situation finale.


En quelques mots...
Couple | Enfants | Accident de voiture ? | Meurtre ? | Secrets | Présent | Passé

Ouvrir les yeux

14 juil. 2019




Après avoir brûlé la chandelle par les deux bouts, Paul a décidé de reprendre sa vie en main. Aujourd’hui de retour dans sa ville natale, il jongle entre une formation d’instituteur, un stage et des heures de ménage dans des bureaux. Tout aurait été pour le mieux s’il n’avait pas la fâcheuse habitude de réarranger la décoration des employés.

Mais voilà que l’un d’entre eux remarque son petit manège et laisse un message à son intention. Commence alors une étrange correspondance entre Paul et le mystérieux comptable.



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Ouvrir les yeux de Marc Gardner
Éditions MxM Bookmark (Romance), 2017 - ebook - 5,99


: /

 : Un flirt, une romance, qui naît sous nos yeux.
Le côté épistolaire, avec les messages échangés entre Paul et F.
Des messages simples et importants sur le coming-out et l'homosexualité.
Des passages légers et drôles, d'autres plus touchants.


J'ai craqué pour cet ebook un peu au hasard, au détour de l'opération OP All Stars 2019. Heureux hasard, j'ai beaucoup aimé cette lecture. La première romance de chez les Éditions MxM Bookmark - éditeur d'homoromance et de romans MM -, que je lis. Sûrement pas la dernière ! Ça m'a plu d'y trouver des personnages adultes. De changer du young adult.

Paul est en train de remettre les compteurs à zéro. Formation pour devenir enseignant, retour dans la ville où vit sa famille, désormais prêt à trouver l'amour et la stabilité, etc. Pour cela, il prend un petit boulot et se retrouve à faire le ménage dans des bureaux. Sa curiosité est largement satisfaite, puisqu'il peut tranquillement observer les différents espaces de travail et en déduire quelle sorte de personnes y bosse. Alors, quand surgit, sur un bureau toujours bien rangé, une figure, puis deux, Paul s'amuse... Jusqu'à y trouver un post-it avec un message lui étant adressé.
"J'ai vingt-six ans, je suis majeur et vacciné, je vis seul, je mène ma barque, je m'en sors tant bien que mal et j'ai l'impression d'apercevoir la lumière au bout de ce tunnel de galère."
Ce roman devrait être lu rien que pour son message sur le coming-out et l'homosexualité. Message que nous trouvons également dans le roman young-adult Love, Simon de Becky Albertalli. Quel que soit l'âge du lecteur, vous avez de quoi lui mettre un bon bouquin entre les mains ! Et puis, c'est intéressant aussi, quand le titre prend tout son (ses) sens.
"J'aime ses lettres et nos jeux, mais je veux plus de lui, je veux l'entendre, je veux le voir. Je veux pouvoir l'approcher, le toucher, caresser ses lèvres du bout des doigts, couvrir sa bouche de la mienne, murmurer à son oreille et le faire mien."
Une lecture très plaisante, car on peut, plus ou moins, facilement comprendre ce que vit et ressent Paul. Ce besoin d'autres choses, de se poser, de trouver la bonne personne, de se tourner vers l'avenir. Sa curiosité et son envie d'en savoir plus sur le mystérieux employé aux figurines, aussi. Le côté épistolaire m'a beaucoup plu, ainsi que toutes les références à la culture geek et populaire. Ça donne lieu à de chouettes échanges, à un flirt qui prend vie sous nos yeux. Et, non dénuée d'humour. Bien sûr, tout n'est pas romance et sourire. Les moments où Paul doute, se trompe, est perdu, se prend la tête en famille, sont aussi "plaisants" à lire. Ils donnent du réalisme aux personnages et aux situations. La vie est malheureusement rarement rose pour tout le monde, tout le temps. Bref, Paul est humain et attachant. Il y a aussi quelques passages touchants, qui m'ont fait avoir une petite larmichette au coin de l’œil, je l'avoue volontiers.

J'ai envie de regarder Firefly, maintenant...


En quelques mots...
Province | Enseignant | Homme de ménage | Bureaux | Romance

La loi du plus fort

12 juil. 2019




Léna voue une admiration sans faille à son grand frère, Martin. Or cet été, Martin rentre à la maison et ne va vraiment pas bien : il vient de quitter le boulot auquel il croyait tant. Sur un coup de tête, une rencontre imprévue, le frère et la sœur partent tous les deux au fin fond de l'Hérault avec une jolie inconnue, Zoé, dans la maison de son oncle mort récemment. Histoire de se remonter mutuellement le moral, et de vivre des vacances un tant soit peu excitantes... Mais passé l'excitation du départ, Léna ressent un profond malaise : quelles étaient les intentions de Zoé en les embarquant dans sa vie ? Quel secret abrite le maset de son oncle ? Et qui est cet homme qui rôde dans la forêt depuis leur arrivée ?



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La loi du plus fort de Luc Blanvillain
Éditions Casterman, 2019 - 379 pages - 16


: La prévisibilité d'un ou deux points.

 : Les pensées incessantes de Léna.
L'ambiance qui se fait de plus en plus pesante, menaçante.
Des émotions et sentiments qui évoluent au fil des révélations.


Merci aux Éditions Casterman pour cet envoi. Il y a deux ans, j'ai lu L’incroyable voyage de M. Fogg (chez Hachette), également écrit par Luc Blanvillain. Un road trip que je vous conseille grandement. Alors, c'est avec curiosité que je me suis penchée sur La loi du plus fort - et quel plaisir d'y trouver un clin d'oeil au livre précédemment cité 😊

Devant tirer un trait sur des vacances au Royaume-Uni avec sa meilleure amie, Léna se morfond dans les rues de Châtellerault. Jusqu'à l'arrivée surprise de son frère. Ce frère qu'elle admire tant et à qui tout réussi, revient à la maison familiale dans un état déplorable. Pour changer d'air, ce dernier décide que Léna et lui tiennent compagnie à Zoé - jeune femme que Léna vient à peine de rencontrer. Zoé, qui a décidé de rendre hommage à son oncle, récemment décédé, en allant passer quelques jours dans son maset en pleine forêt, près de Lodève. Une fois sur place, les choses se gâtent...
"Bien plus tard, Léna se dira qu'elle aurait dû se méfier. Interpréter les présages. On ne voit qu'une infime partie de la réalité, celle qui nous arrange, qui nous rassure."
La loi du plus fort est un thriller young adult, de la collection ici/maintenant, dirigée par Vincent Villeminot ! Une collection qui entraîne les auteurs et autrices hors de leur "monde" habituel. Eh bien, Luc Blanvillain s'en sort haut la main, en nous entrainant dans une histoire sombre sans pour autant mettre de côté l'humanité de ses personnages. L'imperfection des gens, la dualité des sentiments, les décisions et actions aux lourdes conséquences, etc. 

Même si je ne sais pas si la personnalité de Léna plaira à tous, j'ai apprécié sa manière de réfléchir assez bouillonnante et incessante, son imagination et même sa parano. Ça donne l'impression d'être impliqué dans l'histoire. Quant à Martin et Zoé, ce sont leurs non-dits qui les rendent intéressants. Ensuite, l'ambiance est bien sûr importante. Souvent isolé en pleine forêt, le tout oscille entre moments de détente et promenades, et suspicions sur cet oncle et les mystères que Zoé fait. Léna est sans doute celle qui ressent le plus cela. Cette atmosphère qui change parfois, à cause d'un mot, d'une phrase. Ce changement dans l'attitude de Zoé. Si le début reste assez léger, cela monte en puissance au fil des jours.

Un premier thriller réussi pour l'auteur, même si certaines pièces du puzzle sont peut-être un brin évidentes. Il a su nous donner des personnages complexes et imparfaits, des sentiments et émotions qui évoluent tout au long de l'histoire et une intrigue de plus en plus prenante qui se ressent dans l'ambiance qui se fait davantage pesante, menaçante. 


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Frère | Sœur | Amie ? | Lodève | Masset | Forêt

Les orages de l'été

10 juil. 2019

1947. Accompagnée d’un ami d’enfance secrètement amoureux d’elle, Olivia Hamilton retourne en Australie, sa terre natale, où sa mère Eva vient de mourir. Avant de disparaître, cette dernière lui a transmis des documents qui ont ébranlé ses certitudes concernant ses origines.

Sur place, Olivia retrouve sa sœur aînée, qui cultive à son égard une franche hostilité. Les archives léguées par leur mère seraient-elles à l’origine d’une telle animosité ?

Aidée par Maggie, la gérante de la pension où elle loge, Olivia tentera de percer un à un les secrets qui nimbent son enfance.

Avec cette saga, dans la lignée de ses grands succès, Tamara McKinley signe son roman le plus personnel, celui qui lui tient le plus à cœur.

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Les orages de l'été de Tamara McKinley
Titre original : Undercurrents - Traduit par Danièle Momont
Éditions ArchiPoche, 2017 - 472 pages - 8,80


: Une surenchère de catastrophes, révélations & co.

 : Des personnages attachants et touchants.
Des secrets à découvrir, des mensonges à démêler.
Un roman très prenant.


Au mois de février dernier, j'ai découvert Tamara McKinley avec le roman La dernière valse de Mathilda.
Un très bon roman, qui m'a touché, malgré quelques bémols. Forcément, ça m'a donné envie de relire l'autrice...

Olivia retourne en Australie, bien décidée à affronter les fantômes du passé. Accompagnée par son dévoué ami Gilles, amoureux d'elle sans qu'elle semble s'en rendre compte, elle lui confie l'histoire de sa mère, Eva, et du périple qui l'a elle-même, jeune anglaise, amené à débarquer en Australie. C'est en découvrant ce que cette femme a vécu que nous comprenons, au fil de pages, pourquoi Olivia a tant besoin de réponses. En arrivant, elle et Gilles décident de séjourner à l'hôtel que gère la dynamique et sympathique Maggie. Qui doit également gérer des sentiments, pour son patron...
"Olivia huma de nouveau ce parfum indissociable de son enfance. Elle regardait les pélicans frôler avec élégance la surface des eaux, écoutait les cris des courlis et des pluviers. Elle était chez elle. Chez elle. Et tant pis pour les souvenirs poignants, tant pis pour les secrets qu'il lui restait à mettre au jour. À l'échelle de l'univers, elle ne s'était absentée que le temps d'un battement de cils, et quant à son âme, elle n'avait jamais quitté la région. Pareilles à celles des arbres qu'elle contemplait, ses racines à elle plongeaient au cœur de cette terre noire. Pourvu, se dit-elle néanmoins, et c'était là comme une prière, que ces racines soient assez profondément ancrées dans le sol natal pour me permettre de résister à la tempête qui menace."
Australie, secrets de famille, Seconde Guerre mondiale et histoires d'amour sont au rendez-vous dans Les orages de l'été. En plus du passé d'Olivia, celui de Maggie nous est aussi raconté. L'autrice n'a pas son pareil pour nous décrire les décors, nous faire sentir la chaleur étouffante et le mode de vie à Trinity. Le genre de récit qui, une fois commencé, nous met dans une bulle. Il est difficile de reposer le roman. Mais... Oui, il y a un mais. Si j'ai un seul vrai bémol à pointer du doigt, c'est que l'autrice est souvent dans la surenchère. Surenchère de catastrophes et de drames, de secrets qui s'imbriquent les uns dans les autres, de retournements de situation. Ça fait un brin too much. Bizarrement, ça n'enlève rien au côté addictif de l'intrigue. Un roman très prenant, où la curiosité nous pousse à vouloir tout mettre au clair.


En quelques mots...
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