La dernière valse de Mathilda

20 févr. 2019

Dans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, fait ses adieux à sa mère. Quelques voisins sont rassemblés autour de la tombe, pour rendre un dernier hommage à cette femme courageuse.

Un peu à l'écart, le père de Mathilda n'a qu'une hâte : que tout cela se termine afin qu'il puisse vendre le domaine de Churinga. Mathilda, elle, comprend que les choses ne seront jamais plus comme avant...

Cinquante ans plus tard, Jenny découvre le journal intime de Mathilda. À mesure que progresse sa lecture, l'angoisse l'assaille... A-t-elle bien fait de venir s'installer à Churinga?

Par son atmosphère envoûtante, la force de ses personnages, cette saga australienne s'inscrit dans la lignée des chefs-d'œuvre de Colleen McCullough.

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La dernière valse de Mathilda de Tamara McKinley
Titre original : Matilda's Last Waltz - Traduit par Catherine Ludet
Éditions ArchiPoche, 2007 - 567 pages - 8,50


:  La romance ne m'a pas emporté (elle n'est pas le sujet principal).
Des révélations peu surprenantes et des coïncidences un peu forcées.

 : Deux époques, deux femmes, deux destinées.
Découvrir la place des femmes dans le bush australien du XXe siècle.
Des secrets à découvrir et un récit très prenant, malgré des bémols.


Les boîtes à livres regorgent de jolies découvertes à faire. Ce roman m'a attiré par son titre et son résumé. Et puis, je me suis également laissé tenter par un autre roman de l'autrice ; Les orages de l'été, que je lirai sûrement à cette saison.

Le prologue, qui fait presque cinquante pages, nous permet d'apprendre à connaître Mathilda. Sa jeunesse, l’enterrement de sa mère, le comportement ignoble de son père, etc. Puis, nous faisons un bond dans le temps et rencontrons Jenny. Deux époques, deux femmes, deux destinées, un même lieu ; Churinga. Des deuils à faire, des épreuves à surmonter.

Suite au décès de son mari et de leur enfant, Jenny essaie d'avancer et découvre qu'il lui avait réservé une surprise pour son anniversaire. Étrangement, Peter lui offrait, par-delà la mort, la possibilité de vivre un autre rêve, qu'il ne pourrait partager avec elle, mais qui lui indiquait peut-être un chemin vers une nouvelle vie. En allant voir cet héritage inattendu sur place, direction le bush australien, Jenny y découvre un lieu qui la fascine, des secrets qui semblent bien gardés et des journaux intimes qui vont l'éclairer là-dessus. Au fil des pages, elle y découvre une jeune adolescente prête à se battre bec et ongles pour sauver les terres que sa mère aimait tant. Et, ce qui lui est arrivé. [...] il l'observa en silence. Un peu trop petite et maigre à son goût, mais dotée d'un sacré caractère. Avec moins de feu que sa mère, peut-être, mais avec la même arrogance. Ces damnés O'Connor, ils avaient ça dans le sang.
"À ses oreilles résonnait la mélodie d'une valse lointaine, qui l'entraînait peu à peu dans les brumes du passé."
Le décor, Churinga, est un personnage à lui seul. Le principal, même. L'édifice de bois blanc, couvert d'un toit de tôle ondulée et juché sur des pilotis de brique, était abrité au sud par de grands poivriers accablés de chaleur, aux frondaisons vert pâle. Sur toute la longueur de la maison, parée de moustiquaires peintes en rouge, s'étirait une véranda dont la balustrade s'ornait de lierre et de bougainvillées. Le paddock familial, d'un vert acide, se détachait sur l'ocre de la cour. Découvrir l'Australie, au cœur du XXe siècle, avec autant de beaux paysages que de dangers à craindre m'a beaucoup plu. De plus, nous avons un aperçu de ce que le pays a vécu durant la Seconde Guerre mondiale - à l'époque de Mathilda. L'occasion, aussi, de voir la place des femmes dans tout cela. Bref, des choses intéressantes !

Même si j'ai beaucoup aimé cette lecture, prenante (et poignante, aussi, à certains moments), il y a deux bémols principaux. Le premier étant la romance qui manque de subtilité et de charme, concernant Jenny. Et puis, les révélations qui sont faites sont trop prévisibles et/ou reposent sur trop de coïncidences. Pourtant, malgré cela, je le redis, ce fut une très bonne lecture, un récit qui a su me toucher. Je ne pensais pas me passionner autant pour une station d'élevage !

Ce roman est aussi connu sous le titre L'Héritière de Churinga, chez France Loisirs.


En quelques mots...
XXe siècle | Australie | Nouvelle-Galles du Sud | Station d'élevage | Journaux intimes

[Concours] Dix battements de cœur - du 18 au 24 février 2019

18 févr. 2019

Hello,
Ayant reçu un deuxième exemplaire de Dix battements de cœur de N.M Zimmermann, un est à gagner ci-dessous 😊
Un roman qui m'a beaucoup plu. Si vous voulez en savoir plus, ma chronique est ICI. Bonne chance !

[Relecture] Persuasion - illustré par Margaux Motin

17 févr. 2019

Persuasion de Jane Austen - Illustré par Margaux Motin
Titre original : Persuasion
Traduction de 1882, revue et complétée par l'éditeur
Éditions Tibert, 2018 - 300 pages - 28€

Depuis quand une jeune fille a-t-elle besoin qu'on lui dicte sa conduite ? Si elle s'est laissé persuader trop jeune de rompre ses fiançailles, Anne Eliott n'est plus dupe. Et lorsque son ancien amant réapparaît, auréolé de gloire, l'heure n'est pas à l'indécision. Pour Anne, il est temps de faire fi des convenances et de la vanité de son entourage ! - résumé 10/18


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 : Romance, famille, société, mariage, etc.
Le rythme assez paisible de l'histoire, à l'image d'Anne
L'écriture de Jane Austen. Son œil sur la société, son humour.
Le superbe objet-livre ♥


Même si Persuasion n'est pas le plus connu des romans de l'autrice, Anne est une héroïne que j'apprécie bien (moins de mordant qu'Elizabeth Bennet, certes, mais de la bienveillance) et son histoire était encore claire dans ma mémoire (ma première lecture remonte à 2017). Bien entendu, je n'ai pas pu résister à la campagne Ulule de Tibert Editions pour la sortie de ce superbe ouvrage illustré par Margaux Motin ! Il a rejoint le non moins superbe Orgueil & préjugés.


Dire qu'à une époque, lire du Jane Austen me faisait peur. Depuis, c'est un régal. Aussi bien pour sa plume, que pour ses personnages. Toujours beaucoup d'humour, un œil critique sur les us et coutumes de son époque. Et puis, des héroïnes qui ne sont pas toujours gâtées par leur entourage, il faut bien le dire. La pauvre Anne est quelque peu mise de côté par son père et ses sœurs. Heureusement, Lady Russell, grande amie de feu sa mère, l'a prise sous son aile. Mais, Anne semble un peu trop malléable et renonce à épouser celui qu'elle aime suite au conseil de cette dernière. Près de huit ans plus tard, les circonstances font qu'ils se retrouvent et se rencontrent souvent. S'éviter ? Provoquer les rencontres ? Anne ne sait que faire, ni ce que lui souhaite. Une chose est certaine, le Capitaine Wentworth lui fait toujours de l'effet !
"Presque huit années s'étaient écoulées depuis que tout était rompu. Comme il était absurde de ressentir encore une telle agitation que le temps aurait dû effacer ! Que de changements huit ans pouvaient apporter ! Tous résumés en un mot : l'oubli du passé ! C'était presque le tiers de sa propre vie. 
Hélas, il fallait bien le reconnaître, pour des sentiments fidèles, le temps n'est que peu de choses."
La relecture fut excellente et l'objet livre une réussite. Croisons les doigts pour voir tous les autres romans de l'autrice illustrés par la très douée Margaux Motin. Elle ajoute merveilleusement bien sa touche à ses classiques, sachant saisir l'occasion d'y ajouter une note d'humour supplémentaire. De plus, nous avons même droit au carnet de croquis, à la fin.


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 XIXe siècle | Kellynch | Uppercross | Bath | Famille | Amour | Sentiments | Caractère

Manderley for ever

15 févr. 2019

« J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. » C’est par cette phrase que commence Rebecca, le roman de Daphné du Maurier porté à l’écran par Alfred Hitchcock.

Depuis l’âge de douze ans, Tatiana de Rosnay, passionnée par la célèbre romancière anglaise, fait de Daphné du Maurier un véritable personnage de roman. Loin d’avoir la vie lisse d’une mère de famille, qu’elle adorait pourtant, elle fut une femme secrète dont l’œuvre torturée reflétait les tourments.

Retrouvant l’écriture ardente qui fit le succès d’Elle s’appelait Sarah, vendu à plus de neuf millions d’exemplaires à travers le monde, Tatiana de Rosnay met ses pas dans ceux de Daphné du Maurier le long des côtes escarpées de Cornouailles, s’aventure dans ses vieux manoirs chargés d’histoire qu’elle aimait tant, partage ses moments de tristesse, ses coups de cœur, ses amours secrètes.

Le livre refermé, le lecteur reste ébloui par le portrait de cette femme libre, bien certaine que le bonheur n’est pas un objet à posséder mais un état d’âme.
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Manderley for ever de Tatiana de Rosnay
Éditions Albin Michel・Héloïse d'Ormesson, 2015 - 458 pages - 22€

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 : Découvrir la vie d'autrice et de femme, de Daphné du Maurier.
Comprendre les conditions, les inspirations, de ses écrits.
Avoir envie de lire beaucoup de ses livres.


Manderley for ever est un livre que j'ai trouvé chez Emmaüs. Ayant aimé, à la fois l'écriture de Tatiana de Rosnay et l'univers de Daphné du Maurier, il m'a tout de suite intrigué. Une biographie romancée de l'autrice à qui nous devons le classique Rebecca, mais également La Maison sur le rivage (le seul que j'ai lu d'elle, pour le moment).

Tatiana de Rosnay nous embarque avec elle dans les pas de Daphné du Maurier. De sa tendre jeunesse, à Cumberland Terrace, où la petite fille rêveuse grandit entourée de ses parents et de ses sœurs, à leur déménagement à Cannon Hall, où elle commence à trouver sa voie. Toujours en vouant une admiration à son père. Daphné n'a que sept ans, mais elle constate pour la première fois à quel point son père est célèbre, et que le nom de son père, ce patronyme aux consonances françaises, l'est aussi. Avec les grands faits historiques de l'époque en toile de fond - les deux guerres mondiales, droit de vote des femmes, crise boursière, etc. - la vie de la future grande autrice se dévoile à nous.

Il fut passionnant de découvrir ce qui l'a inspiré, fait vibrer, pour écrire ses nouvelles, romans et pièces. Les réactions lors des premières parutions, aussi. Elle préfère heurter les consciences que de laisser indifférent. Son mal-être de ne pas être un garçon, son amour de Paris et de la Cornouailles, les pièces qu'ils jouaient en famille, ses premiers émois amoureux, son père qui a du mal à voir grandir ses filles. Tout cela a forgé la jeune femme. Son besoin de liberté, de s'éloigner de ses parents aussi. Daphné le sait, son Peter Pan de père l'aimait plus que tout, d'un amour puissant, étouffant, et dévorant. Sa jeunesse, ses rêves et espoirs, ses voyages. Et puis, sa vie d'autrice, de femme, de mère.
"Daphné fait partie de ses écrivains qui préfèrent regarder en arrière, pas de l'avant, qui sont capables de noircir des pages entières sur ce qui fut, un lieu, une trace, mettre des mots sur la fugacité de l'instant, la fragilité du souvenir qu'il faut embouteiller comme un parfum."
Les passages qui ont eu ma préférence sont ceux sur Menabilly, demeure qui fascine Daphné. Ils illustrent bien ses envies et son tempérament, je trouve. Son univers. Tout au long de la soirée, Daphné ne parvient pas à chasser de son esprit les images de la maison. Pourquoi est-elle possédée à ce point par un passé qui n'est pas le sien, hantée par la mémoire des murs d'un manoir abandonné ? Les différents passages présentant ses écrits, au fil des ans, m'ont donné très envie d'en lire certains.  À commencer par RebeccaL'auberge de la Jamaïque, Ma cousine Rachel, etc. Et puis, j'avoue être curieuse de lire Le Monde infernal de Branwell Brontë - le frère des célèbres sœurs Brontë.

Les courts intermèdes, où nous retrouvons Tatiana de Rosnay se rendant sur les lieux qui ont marqué la vie de Daphné du Maurier, m'ont bien plu aussi. Elle assouvit ainsi la curiosité du lecteur sur ce qui reste de tout cela. En bref, un livre qui m'a beaucoup plu et donné très envie de mieux découvrir la bibliographie de Daphné du Maurier.

Si vous avez des romans ou nouvelles à me conseiller, n'hésitez pas.
Moi, je vous conseille grandement ce livre-ci !


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Dix battements de cœur

13 févr. 2019





Isabella White est à l’abri de tout. À bientôt treize ans, elle vit dans les beaux quartiers de Londres. Elle est la fille unique d’un avocat prospère. Surtout, elle a Andrew Chapel, le fils de l’assistant de son père. Qu’ils le veuillent ou non, un lien ancien et mystérieux unit les White et les Chapel. Un lien que rien, jusqu’à présent, n’a pu dissoudre. Mais c’est 1939, la guerre arrive et les bombardements allemands menacent Londres. Pendant que leurs pères partent au combat, Isabella et Andrew doivent fuir. Que restera-t-il quand ils reviendront ?



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Dix battements de cœur de N.M Zimmermann
Éditions L'école des loisirs (Médium), 2019 - 350 pages - 17


:  Aucun chapitre du point de vue d'Andrew.

 : Les personnages. Isabella, Andrew et les autres.
L'histoire, mêlant Histoire, amitié, famille et une touche de fantastique.
L'écriture agréable et entraînante de l'autrice.


Merci aux Éditions L'école des loisirs pour cet envoi. Si la couverture et le résumé m'ont donné envie de découvrir ce roman, les premières pages m'ont très vite convaincue qu'il allait me plaire. Une aura de mystère, concernant le lien entre la famille d'Isabella et celle d'Andrew, vient s'ajouter à ce récit sur la Seconde Guerre mondiale, en Angleterre. Un lien, une particularité, qui laisse tout de même de la place au reste de l'histoire. Il faut le découvrir au fil de la lecture...

Nous suivons les personnages sur plusieurs années. En 1932, lorsque Isabella, six ans, se rend compte ce qui rapproche sa famille de celle d'Andrew, huit ans. Pour la première fois, Isabella entrevit qu'une chose terrible liait les occupants de l'appartement de Fleet Street. Puis, en 1939, avec l'entrée en guerre contre l'Allemagne, devant quitter leur foyer pour aller vivre chez la tante de la jeune fille. Dans l'attente de l'attaque, des bombardements. Londres ressemblait à la fin du monde. Descendre à la cave devenait un réflexe. On s'habitue à tout, songeait Isabella. Même à la terreur.

J'ai aimé ce roman pour sa touche d'originalité, pour son côté historique, pour ses personnages. Isabella est une jeune personne attachante, devant se débattre, survivre, comme elle le peut, avec sa conscience. Andrew est aussi intéressant. Voilà pourquoi j'aurais encore plus apprécié cette lecture en ayant quelques chapitres de son point de vue.

Une plume très agréable, qui nous entraîne dans ces années sombres, durant le Blitz, aux côtés de deux adolescents inséparables malgré eux. Des moments difficiles, des séparations, des clins d’œil plus léger (bonjour, C.S. Lewis). Un livre qui se lit quasiment d'une traite. Outre parler de la Seconde Guerre mondiale, de la conséquence pour les enfants qui sont envoyés loin de leur famille, etc., le mystère qui entoure les familles White et Chapel m'a tenu jusqu'au bout. 
"L'espoir est une chose terrible, mais elle était incapable d'y renoncer."

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