La maison Rozenbaum

29 avr. 2018

La maison Rozenbaum de Evelyne Lagardet
Editions Plon Romans, 2018 - ebook - 14,99

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La Résistance s'organise à la La maison Rozenbaum ! Une histoire d’amour et d’amitié éblouissante, le combat de deux résistants de toujours pour se réapproprier leur vie.

Unis par un amour et un bonheur de vivre hors du commun, Sarah et Albert forment un couple merveilleux. Pour ces deux rescapés de l’enfer des camps de concentration, chaque minute est un pied de nez à la mort. Elle philosophe, lui pédagogue, musiciens, épris de culture, ils sont imprégnés d’humanisme. Lorsque le couperet Alzheimer tombe sur Sarah, ses fils décident, contre la volonté du couple, de placer leur mère à La Maison Rozenbaum, établissement jouissant d’une honorable réputation. Malgré leurs longues années de vie commune, les vieux amoureux n’ont jamais voulu se marier et les enfants de Sarah ont beau jeu d’exercer leur pouvoir sur elle tout en se débarrassant du beau-père.


Pour retrouver l’amour de sa vie, Albert n’a d’autre choix que de se faire admettre à son tour dans cette bonne résidence où les déportés ont leur place. Pourtant, la respectabilité de façade cache une tout autre réalité. Dans ce lieu de nulle part où le personnel brutalise plus souvent qu’à son tour, les Anciens sont broyés. Les familles, complices ou révoltées sont réduites au silence. Par sa diversité culturelle, sociale et communautaire, la maison de retraite représente un microcosme où de la joie à l’horreur, tout bascule d’une minute à l’autre. Luttes, intrigues, prérogatives, sur ce terrain miné, les résidents sont les grands perdants.

Ce deuxième enfermement, ravive le douloureux passé de Sarah et Albert, mais aussi leur résilience. Pour rester humains, ils ont jadis opposé à la barbarie la solidarité et la folie de l’espoir. Sarah et Albert se lient d’amitié avec Pierre et Charles, un couple amoureux de toujours, ainsi qu’Henri, médecin et résistant de la première heure. Ensemble, dans le plus grand secret, ils vont créer un noyau de résistance. Animés par l’esprit du Conseil National de la Résistance, ils veulent mettre en place le programme, « Les jours heureux », au sein des La Maison Rozenbaum. Avec une vitalité espiègle, ils sèment un vent de révolte qui réveille leurs compagnons d’infortune. Par la grâce de la musique et de l’éveil des sens, les autres pensionnaires renouent avec leur vie.

Le mouvement prend de l’ampleur au grand dam de la direction...


✖ : Le résumé, ci-dessus, en raconte beaucoup sur l'histoire.

 : Sarah et Albert. Ainsi que bon nombre de personnages secondaires.
Un récit très touchant où, malgré la guerre et la maladie, l'amour et l'amitié sont là.
Le fond de l'histoire ; ce souffle de résistance, cette soif de liberté.


Merci à NetGalley et aux éditions Plon pour cette lecture. Je me suis dit qu'avec un tel résumé, ça ne pouvait qu'être original ! Ce n'est pas la première fois que je lis sur la guerre, mais le fait est que ce n'est pas seulement cela qui est mis en avant, c'est aussi le placement en maison de retraite, la maladie, la famille, l'amour, la liberté, l'amitié, la résistance.

Pour Jean-Robert et Bobby, il est temps de placer leur mère, Sarah. Lassés de voir son compagnon de longue date, Albert, avoir autant de place dans sa vie et la maladie d'Alzheimer lui ayant été diagnostiquée, ils lui dénichent une place à la maison Rozenbaum. Mais, Albert n'a pas dit son dernier mot et n'hésitera pas à tout faire pour retrouver sa belle, même si, pour cela, il doit lui-même aller vivre dans cette maison de retraite où tant ont connu la guerre...
"Aujourd'hui, son avenir allait basculer, on lui arracherait l'amour de sa vie comme son indépendance. Demain, sa maladie la priverait de son identité, puis - qui sait - de sa lucidité. Que lui resterait-il ? Les déchirures anciennes envahirent sa mémoire. N'être rien, elle savait trop ce que cela signifiait. Elle n'entendait plus, ne voyait plus, dessaisie d'elle-même. Que pouvait-elle faire ? Animal piégé pour la seconde fois de son existence." - Sarah
Deux bémols, qui n'ont pas de lien direct avec l'histoire de Sarah et Albert. D'une part, le résumé en révèle beaucoup et c'est dommage. D'autre part, le prix du ebook. Pas loin de 15€ en numérique, alors qu'il est à moins de 20€ en papier...

Malgré quelques longueurs, c'est une ode à l'amour, à la liberté. Un récit aussi beau et fort que déchirant. On ne va pas se mentir, il y a plus joyeux que la guerre et la maladie comme sujet. Mais, merde ! qu'est-ce que ce roman fait du bien grâce à l'amour de Sarah et Albert, grâce aux personnes qu'ils rencontrent, grâce à leur résistance, à leur soif de s'entraider, de discuter, de vivre. Entre nouveaux ami(e)s et questionnements pour savoir sur quels membres du personnel ils peuvent vraiment compter et ceux dont il faut se méfier, le bras de fer entre Albert et ses beaux-fils, les rendez-vous secrets, les pratiques cauchemardesques et inhumaines de certains soignants, les souvenirs du passé, etc.
"Certains, comme lui, ne cessaient d'en parler ; d'autres, comme Sarah, affichaient un mutisme obstiné. Mais tous déchiffraient le monde à travers ces grilles-là, imperceptibles aux autres, aveuglantes pour eux." - Albert
Peut-on vraiment détester les enfants de Sarah ? Bon, ok, disons que nous ne les portons pas dans notre cœur. Mais, l'autrice a fait en sorte de ne pas simplement en faire des monstres d’égoïsme. Il y a une réelle complexité dans les sentiments de Jean-Robert, particulièrement. Lui, l'enfant caché. Lui qui a vécu l’absence de sa mère durant la guerre.
"Tant qu'il y aurait en elle cette petite flamme, la conscience, capable d'analyser, de penser, de résister, elle lutterait." - Sarah
Je crois que c'est réellement grâce à ce roman que je prends conscience de ce qu'ont vécu beaucoup trop de personnes. Pas ce qu'ils ont subi durant la guerre. Ça, de nombreux livres l'évoque déjà. Là, c'est une prise de conscience, une claque, sur ce passé qui les hante encore chaque jour, des décennies après. En vieillissant, ses années d'horreur ne sont pas mises de côté ou oubliées. Elles dictent leurs sentiments vis-à-vis de tout ; lieux, personnes, manière de voir la vie.


En quelques mots...
Seconde Guerre mondiale | Rescapés | Famille | Maison de retraite | Juifs | Résistance

Commentaires

  1. ça a quand même l'air d'une histoire originale. C'est vrai que le résumé est très long !

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  2. Merci pour cette découverte qui semble bouleversante... Une belle chronique !!

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  3. Un livre qui pourrait plaire à ma mère, je note pour elle

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  4. Olala, tu en parles très bien ! J'avoue que je n'ai pas lu tout le résumé, en me disant 'mais bon saang, il est looong !', finalement j'étais plutôt contente quand j'ai vu ta petite note à ce sujet^^
    Je le note du coup ! Et en effet, ça fait râler de payer si cher un ebook !

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    1. Surtout que, s'il sort en poche, il sera largement moins cher qu'en ebook...

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  5. Pouah le résumé est effectivement trop long... J'avoue, j'ai préféré lire ton avis plutôt que ce dernier ! Il a l'air vraiment ce roman !!!

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    1. C'est aussi bien, je pense, pour garder un peu de surprise :)

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  6. Je ne l'avais pas vu passer, donc je te remercie de cette découverte ! En plus, comme j'ai pour habitude de ne plus lire les résumés, ton premier point négatif ne me concerne pas ! 😊

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    1. Avec plaisir ;) Et, pour le résumé, c'est peut-être ce que je devrais faire aussi ^^

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  7. Il a l'air très sympa ce bouquin ! Merci beaucoup pour cette chronique =)

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  8. J'ai bien veillé à ne pas lire le résumé, comme toujours, afin de garder intact le plaisir de cette découverte, si je décide de lui faire une petite place lorsque ma PAL aura retrouvé une taille décente ;-) Merci !

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Merci beaucoup pour votre passage par ici et votre commentaire ♥