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[Livre audio] Les nuits que l'on choisit : Chroniques judiciaires en France d'Elise Costa

14 août 2025


Élise Costa, chroniqueuse judiciaire, dévoile comment elle s’est prise de passion pour les procès et son intérêt croissant pour les victimes et leurs proches, ce chemin l’a menée à renouveler le genre de la chronique judiciaire. Un témoignage sincère sur les coulisses des audiences et de l’écriture.


Titre : Les nuits que l'on choisit : Chroniques judiciaires en France - Autrice : Elise Costa
Lu par Elise Costa - Durée : 5 h 34 min
Éditeur : Audiolib - Date de sortie : février 2024

#lesnuitsquelonchoisit #chroniquesjudiciairesenfrance #essai
#elisecosta #audiolib #livreaudio #nextory


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
alcool - arme à feu - drogue - mort - suicide - viol - violence conjugale
Chroniqueuse judiciaire.
Je dois aux chroniques de Caroline et d'Anaïs mon envie de découvrir cet essai et j'ai opté pour le format audio, lu par l'autrice elle-même. La subjectivité d'écrire, son éthique et ses valeurs, Elise Costa, qui a notamment écrit pour le magazine Slate et a qui nous devons le podcast Fenêtre sur course livre sur son métier et apporte sa propre vérité sur les affaires qu'elle évoque. Comme elle l'explique, ce livre est là pour explorer l'humanité en chacun de nous davantage que le crime en lui-même.

"Observer, archiver, trier les informations. Chaque reportage est une réponse à l'énigme ; un arbre fait-il du bruit quand il tombe si personne n'est là pour l'entendre. [...] Je suis là pour raconter le bruit des autres."

L'affaire Eva Bourseau, tuée en 2015, a une grande place tout au long du livre, comme un fil rouge. Elise Costa s'intéresse aux proches de la jeune femme, a un entretien avec son père et nous parle du procès. La chroniqueuse judiciaire met aussi en avant l'affaire Patricia Bouchon, "la joggeuse de Bouloc" tuée en 2011. Parmi toutes les autres affaires évoquées, j'ai, pour ma part, été particulièrement touchée par celle concernant Carmen Bois. Une jeune femme coupable d'avoir tué son père violent (et prêt à tuer les membres de sa famille). Une jeune femme condamnée à huit ans de prison et qui s'est suicidée dans sa cellule.

C'était intéressant de (re)découvrir ces affaires au-delà des gros titres de la presse et des journaux télévisés.  Drame, violence, vengeance... Il est parfois très compliqué de trouver de l'humanité dans l'horreur, mais j'ai aimé écouter la vision d'Elise Costa sur les personnes impliquées dans les différentes affaires - les proches des victimes comme les suspect•es et coupables. Voir aussi comment son travail impact son quotidien, son rapport aux autres et écouter ses quelques confessions personnelles.

"Le temps de l'instruction ne m'intéresse pas. Je ne cours jamais après des bribes d'information. Je veux des affaires où rien n'est ce qu'il paraît. Je veux comprendre comment les gens comme lui et moi peuvent basculer. Je veux savoir de quel bois nous sommes faits."

Autres formats disponibles :
Grand format chez Marchialy (2023)
Poche chez Folio (2023)

Hermione Granger : Lectrice de Harry Potter de Tanguy Habrand

9 juil. 2024


Depuis son apparition remarquée dans le Poudlard Express, où elle disait déjà « tout savoir » de Harry Potter, Hermione Granger s’est imposée comme un des personnages les plus complexes et emblématiques de J. K. Rowling. Suscitant l’agacement par son perfectionnisme et son tempérament moralisateur, Hermione est dans le même temps d’une fidélité infaillible en amitié, pour laquelle elle est prête à réviser ses principes.

Figure de l’esprit critique, celle qui maîtrise les sortilèges comme personne (Wingardium Leviosa) interroge cette autre forme de magie qu’est le pouvoir de la connaissance. Qu’elle soit attablée dans une bibliothèque, transporte une pile de livres ou épluche le journal, Hermione Granger collecte, compare et questionne des informations. Peut-être est-ce cela qui nous la rend si proche, lecteurs et lectrices de Harry Potter, occupés comme elle à lire et à découvrir les faits. Mais la jeune sorcière va plus loin. Hermione est une incarnation de la persévérance alliée au courage. Et c’est assurément ce qui en fait une icône accomplie de la rébellion dans la littérature mondiale de ces dernières décennies.

Hermione Granger : Lectrice de Harry Potter de Tanguy Habrand
Éditions Les Impressions nouvelles (La fabrique des héros), 2022 – 128 pages - 13 €



Voilà un court essai, découvert chez Redbluemoon, qu'il me tardait de lire ! Aussitôt reçu, aussitôt lu... Et j'avoue que j'aurais aimé continuer cette lecture, explorer encore davantage l'univers à travers Hermione, tant l'écriture de Tanguy Habrand nous rend cet essai abordable et tant les angles choisis sont intéressants.

"Lectrice de Harry Potter non pas pour la faire dépendre d'une figure tutélaire dont elle serait l'adjuvante. Lectrice de Harry Potter en tant que double de celles et ceux qui ont lu la saga et qui se sont émancipés avec elle."

En l'espace d'un peu plus de 120 pages, nous faisons le tour de la personnalité et du caractère de ce personnage phare de la saga : Hermione Granger. Une miss je-sais-tout aussi altruiste qu'attachante - sorcière née de parents moldus, qui se fait une joie d'entrer à Poudlard. Ses combats, ses inimitiés, le trio qu'elle forme avec Harry et Ron, etc. Sa soif de connaissance aussi, bien sûr, pour mieux se rendre compte que les livres, en général, ont une grande place dans tous les tomes de la saga. Bref, une belle mise en avant de ce personnage si important de la culture populaire sans pour autant passer sous silence les quelques interrogations que nous pourrions avoir sur les choix de l'autrice concernant certains points la concernant.

Dans cet essai, Tanguy Habrand y parle aussi bien des livres que de leurs adaptations cinématographiques.

"Les interventions d'Hermione sont avant tout redoutées pour leur exactitude. Hermione parle droit, mais juste, que ce soit pour mettre en garde, tirer les bretelles, demander conseil ou prononcer des formules magiques."

Et à la fin, ils meurent - La sale vérité sur les contes de fées de Lou Lubie

14 janv. 2024


Quels terribles secrets cachent les contes de fées ?
Derrière leur réputation d'histoires un peu naïves, les contes ont des racines sombres et anciennes ! Aujourd'hui édulcorées, les versions originelles osaient le meilleur comme le pire : des princes pas si charmants, Raiponce vendue contre une botte de persil et Cendrillon qui décapite sa belle-mère ! En décapant avec humour ces récits d'autrefois, Lou Lubie pose une question d'éthique : violence, sexisme, racisme... Les contes sont-ils encore adaptés à notre époque ?


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Et à la fin, ils meurent - La sale vérité sur les contes de fées de Lou Lubie
Éditions Delcourt, 2023 - 248 pages - 24,95 €

Pour lire un extrait : ici

Ce n'est pas un livre de contes à mettre dans les mains de jeunes enfants.

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Lou Lubie.
Goupil ou face (2016), BD autobiographique, de l'autrice me tente depuis des années. Mais je ne vais pas me plaindre d'avoir découvert son univers avec Et à la fin, ils meurent, qui est une lecture vraiment très très cool pour celles et ceux qui aiment les contes. De plus, c'est un très bel objet livre avec couverture cartonnée et jaspage doré.

"L'oralité aurait-elle pu tuer les contes ? Après tout, il suffit d'une mémoire défaillante ou d'une réinterprétation pour altérer, voire oublier un conte... Au contraire, la parole humaine leur a fait traverser les millénaires !"

Grimm, Perrault, Disney & co.
Certains Disney ont marqué mon enfance (comme la vôtre sans doute) et j'ai tenu à lire les versions, des contes les plus connus, des frères Grimm et de Perrault, il y a quelques années. Je prends également beaucoup de plaisir à découvrir les réécritures modernes que des auteurs•rices nous proposent (Les chroniques lunaires de Marissa Meyer, Le pays des contes de Chris Colfer, etc.) Bref, cette BD de Lou Lubie ne pouvait que me plaire.

Difficile de s'arrêter une fois la première page tournée ! L'humour délicieusement sarcastique, mordant et sanglant, qui transparaît à la fois par le texte et les illustrations, m'a complètement embarqué. L'autrice évoque les origines des contes et leurs différentes versions au fil des époques et des conteurs•ses, la place des femmes (autrices & personnages), etc. Elle explore le tout via suffisamment d'angles différents pour en faire un bon tour d'horizon. Sans oublier les choses qui fâchent, sexisme et racisme entre autres. Alors, faut-il condamner ? Oublier ? Expliquer ? 


En bref...
J'ai adoré cette lecture et que Lou Lubie illustre certains contes pour donner des exemples concrets de ce dont elle parle - du très connu Cendrillon (Basile, Perrault & Grimm) aux moins connus La Vieille écorchée (de Basile) et Le Prince Bajaja (Nemcová). C'est d'ailleurs avec curiosité que je me pencherai davantage sur les contes de Mme d'Aulnoy (pionnière du genre), Giambattista Basile ou encore Bozena Nemcová. En revanche, je n'ai pas eu l'occasion de tester l'application Delcourt Soleil +, car elle ne fonctionne pas sur mon téléphone. Apparemment toutes les pages où figure une grenouille peuvent être scannées pour accéder à des détails et anecdotes supplémentaires.


Un retour qui m'a particulièrement donné envie de découvrir cette BD ?
Celui de Pauline - merci ♥

Vénère de Taous Merakchi

25 avr. 2023



« Parce que je suis une femme, j’ai peur de sortir seule la nuit, de porter des vêtements qui me plaisent, d’exprimer mon opinion ou mes émotions. Ces peurs sont à l’origine d’une immense colère que j’essaie de contenir tant bien que mal. Cette colère, ça fait désormais trente-quatre ans que je vis avec et qu’elle me ronge les tripes, au point de se retourner régulièrement contre moi. Lassée d’être seule à en subir les conséquences, j’ai donc cherché à comprendre quels en étaient les origines et les éléments déclencheurs, afin de l’assainir et de la diriger non plus contre moi-même, mais contre ceux qui la méritent. »


Vénère de Taous Merakchi
Éditions HarperCollins (Poche), 2023 - 216 pages - 7,90 €

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Avertissement (Trigger Warning):
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez.
anxiété sociale - dépression - violence - Cancer


Merci aux Éditions HarperCollins pour cette lecture.

"Ma fierté me hurle qu'en pensant encore si régulièrement à tous ces événements, en berçant ma rancune chaque soir dans le noir, je les fais gagner. Parce qu'ils s'en sont lavé les mains et que moi je ressasse encore, ils ont triomphé et prouvé ma faiblesse, prouvé qu'ils avaient tapé juste. Mais même mon ego ne suffit pas à calmer ma fureur. Ma colère est titanesque, mais elle est surtout adolescente - et c'est ce que je lui reproche, plus que tout. Parce que ma colère n'est pas littéraire, poétique, politique et bien formulée. Elle est immature, illustrée par des clichés terribles, elle suinte la fin de l'enfance et les blockbusters. J'aurais rêvé qu'elle soit de celles qui reçoivent des prix, qui galvanisent, qui élèvent l'émotion au rang divin - mais non, moi j'aimerais être un loup-garou et dévorer mes ennemis, j'aimerais cracher du feu ou du venin, j'aimerais chauffer si fort que je finirais par imploser et tout ravager sur mon passage. Et ça, ça n'aide pas à rapporter le Goncourt à la maison." 


Taous Merakchi.
L'autrice, aussi connue sous le pseudo Jack Parker, nous prévient dès les premières pages, elle est une "femme cisgenre hétérosexuelle" et c'est son ressenti en tant que telle qu'elle nous partage à travers cet essai/ce témoignage. Un texte intime, mais qui parlera forcément à d'autres. J'en fais partie. Ayant même eu les larmes aux yeux - de colère, oui -, face à certaines situations racontées. Les citations auraient pu être bien plus nombreuses, tant les mots qu'elle a posé ont fait écho en moi, mes questionnements, mon cheminement. 

"[...] Alors j'y vais à mon rythme, et chaque jour je lutte pour ne pas culpabiliser, pour ne pas me juger, pour ne pas me mépriser, et je me nourris des autres plutôt que de me comparer à eux, et un jour, peut-être, viendra l'équilibre. Et ma colère trouvera mieux à faire ailleurs, je l'espère."

Essai féministe.
C'est souvent un sujet touchy, qui a toujours ses détracteurs•rices... Pour ma part, j'ai dévoré cet essai que j'ai trouvé extrêmement accessible et "facile" à lire. Taous Merakchi nous parle du sexisme et du patriarcat, de la misogynie et de la misandrie, dans le quotidien et dans la société. Elle y jette sur le papier ; ses pensées, sa colère, ses incertitudes, ses expériences. Il y a un côté spontané qui transmet très bien la sincérité de la démarche - grinçant par moment, juste ce qu'il faut pour faire passer son point de vue. Elle y explore le pourquoi de cette colère ressentie et comment essayer de vivre avec, elle y évoque son adolescence, sa famille, sa féminité, la maternité, etc. Et son rapport aux hommes, en tant que groupe et individu, bien sûr. Le sous-titre "être une femme en colère dans un monde d'hommes" n'est pas là pour rien. Un exutoire nécessaire.

"[...] Il faut tout reprendre, tout analyser, tout trier, c'est un travail sans fin, parce que même ce que j'avais mis dans la case « non problématique » il y a cinq ans, le devient aujourd'hui, alors que les consciences s'éveillent et que d'autres voix trouvent enfin le moyen de s'exprimer et de donner leur point de vue. Alors oui, ça force l'humilité. Je n'ai pas la science infuse, je ne suis pas née déconstruite, je n'aurai sans doute jamais fini ce boulot, alors j'essaye de ne pas trop me positionner en porte-parole de qui ou de quoi que ce soit, parce que je ne suis personne, je suis tout le monde, et je suis encore en travaux. Mon chantier est juste plus public que d'autres, et il est donc plus facile d'en apercevoir les ratés et les évolutions"

En quelques mots...
Essai | Féminisme | Émotions | Quotidien | Société

La véritable histoire des contes de fées : Ce que Walt ne nous a jamais dit

24 sept. 2021

La véritable histoire des contes de fées de Julie Grêde
Éditions Jourdan, 2016 - 252 pages - 17,90€

Autre livre de l'autrice sur le blog :

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Et si Walt (de là-haut) avait décidé de passer en revue ses longs métrages inspirés de contes et de les comparer aux œuvres originales... Serait-il obligé de conclure que les contes cruels écrits à l’origine pour préparer les enfants à un monde difficile sont devenus, sous son regard, des contes de fées pour endormir nos enfants ?

Dans les « vrais contes », ceux dont s’inspirent régulièrement Walt et ses successeurs, les happy ends ne sont pas du tout légion. Les morales sont sans concession, cruelles.



Saviez-vous que...
– Chez Andersen, la petite sirène n’épouse pas le prince Éric ? Délaissée, elle devient écume plutôt que de sacrifier celui qu’elle aime.

– La Blanche-Neige du conte n’a que 7 ans et que si sa belle-mère désire ses poumons, et non son coeur, c’est pour s’en goinfrer ?

– La Belle au Bois dormant n’est pas embrassée, mais violée par son prince dans son sommeil ? De cette « union » naîtront des jumeaux... que sa belle-mère cannibale tentera de dévorer.

– Les belles-soeurs de Cendrillon n’hésitent pas à se mutiler les pieds à l’aide d’un couteau de boucher afin de les faire entrer dans la pantoufle de vair ?

– Pinocchio est loin d’être un gentil petit garçon ? Il laisse Gepetto se faire emprisonner pour maltraitance et écrabouille Jiminy Cricket à l’aide d’un maillet...

Et non, désolé, ils ne vécurent pas heureux jusqu’à la fin des temps !


 : /

 : Un essai très complet, un plaisir à lire.
Le bon comme le moins bon sont évoqués, les succès et les échecs.
Se rendre compte de l'évolution des détails des contes à travers les versions et les époques.
Ressentir la passion de Walt pour les projets qu'il porte, que ce soient ses films ou ses parcs.


Après ma lecture du très bon roman jeunesse Les étincelles invisibles d'Elle McNicoll, je n'avais pas envie d'enchaîner avec un autre. J'ai préféré sortir de ma pile à lire La véritable histoire des contes de fées, un essai signé Julie Grêde. Fut un temps, je lisais beaucoup de réécriture de contes. J'en avais aussi profité pour lire les contes originaux, des frères Grimm et de Perrault notamment. Et, bien sûr, lorsque j'étais gamine, j'ai vu bon nombre de Disney inspirés de ces contes. C'est avec ce bagage que j'ai commencé à lire cet essai.


D'emblée l'idée de base est quand même très très cool ! L'autrice nous propose d'assister à un séminaire sur les contes... « avant, pendant, après Walt », by Walt lui-même. Le tout est fait avec beaucoup d'humour, c'est original, documenté, et plutôt passionnant à lire. L'essai est vraiment complet. Walt nous parle de ses inspirations, de sa vie et de son travail, et même des choses qui ont pu lui être reproché ; Mes « princesses » répondent à l'idéal féminin d'une époque. Un idéal passéiste et conservateur, oui, mea culpa. L'autrice évoque régulièrement, à travers Walt lui-même, le côté très manichéen de certaines histoires, ainsi que le machisme récurrent et la diversité culturelle qui arrive sur le tard. Il était important de ne pas occulter ses sujets.
"Mes films sont pour beaucoup inspirés de ma passion pour les vieux contes européens, je n'en suis pas moins américain, cela laisse aussi des traces dans mes films ; une tendance à l'optimisme et à la pétulance en plus de références populaires issues du Nouveau continent."
De ses premiers courts-métrages aux succès, ou non, de ses longs-métrages d'animation, Walt parle aussi des prises de risque du Studio. Nous suivons tout ça de façon chronologique. Il revient sur les contes originaux (souvent divers car oraux), sur les versions de Perrault et des frères Grimm, en passant par ses propres interprétations pour le Studio - sans oublier les adaptations plus récentes qui diffèrent des siennes, tout en gardant souvent ce qu'il a apporté de symbolique à l'histoire ou à certains personnages. Sont évoqués aussi les films non tirés de contes, comme Les 101 Dalmatiens, Rox et Rouky, etc. Bref, un très bon tour d'horizon ! 

Pour conclure, je pense que vous avez compris que cet essai m'a beaucoup plu et que je l'ai trouvé très intéressant à lire. Parmi les clins d'œil cool fait par Julie Grêde, nous pouvons noter quelques guests connu.e.s qui assistent au séminaire, ainsi qu'une référence à la saga littéraire Les Chroniques lunaires de Marissa Meyer ♡ - dont le troisième tome, réécriture de RaiponceMaintenant, au vu de mes résultats à l'examen final du séminaire, le verdict est implacable ; il est temps pour moi de me remettre aux films Disney de mon enfance - ce qui sera d'autant plus intéressant en ayant en tête toutes les informations glanées dans ce livre !


En quelques mots...
Films d'animation | Contes | Transmission | Analyse | Enfance | Imaginaire

King Kong théorie

19 juil. 2021





J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n'échangerais ma place contre aucune autre, parce qu'être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n'importe quelle autre affaire. 

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King Kong théorie de Virginie Despentes
Éditions Le Livre de Poche, 2020 - 160 pages - 6,10€

King Kong théorie est un essai autobiographique (première parution en 2006), écrit par Virginie Despentes, qu'il me tardait de lire. Quand bien même l'écriture de l'autrice peut heurter par le choix des mots qu'elle emploie - justement pour cela finalement -, il faut savoir entendre son discours. Écouter et être interpellé•e par ce qu'elle nous dit. Dans cet essai, il est question de la place des femmes dans la société, de ce qu'on attend de nous... Il est également question de viol, de prostitution et de pornographie, de féminité et de masculinité. Elle nous y parle aussi de la sortie de son premier livre - Baise-moi, et de sa sortie controversée en film.
"Tout ce que j'aime de ma vie, tout ce qui m'a sauvée, je le dois à ma virilité. C'est donc ici en tant que femme inapte à attirer l'attention masculine, à satisfaire le désir masculin, et à me satisfaire d'une place à l'ombre que j'écris. C'est d'ici que j'écris, en tant que femme non séduisante, mais ambitieuse, attirée par l'argent que je gagne moi-même, attirée par le pouvoir, de faire et de refuser, attirée par la ville plutôt que par l'intérieur, toujours excitée par les expériences et incapable de me satisfaire du récit qu'on m'en fera."
Le ton est cash, comme je m'y attendais et le redoutais un peu... Au final, j'ai apprécié cela. Cette écriture semble parfaitement retranscrire son ressenti profond et personnel sur ce qu'elle a vécu/ce qu'elle vit, sur sa manière de voir le monde. C'est tout ce que j'attendais de cette lecture. Un truc sincère et brut, sans langue de bois et qui fait réfléchir. Ce qui ne m'empêche pas de ne pas être toujours 100% ok avec ses conclusions. Nous n'avons pas la même histoire, mais cela ne m'a pas empêché de comprendre beaucoup de la sienne.


En quelques mots...
Essai | Féministe | Autobiographique | Société | Homme•Femme

Féminismes et pop culture

9 avr. 2021

Le féminisme se porte-t-il sur un t-shirt ?
Kim Kardashian est-elle un objet sexuel ou une femme puissante ?
La série Grey’s anatomy peut-elle changer la vie des femmes ?

Dans un essai à la première personne documenté, passionné et engagé, Jennifer Padjemi, journaliste spécialiste questions de société, explore l’alliance, pour le meilleur et pour le pire, du féminisme et de la pop culture. En reprenant le fil des mouvements féministes modernes, de l’émergence d’un féminisme intersectionnel au mouvement « body positive » en passant par Me too et en se basant sur son expérience de femme noire, elle décortique le rapport que nous entretenons avec les objets culturels les plus populaires. Biberonnée aux clips vidéo, chansons grand public et maintenant aux séries TV, notre consommation de divertissement façonne, accompagne, et parfois challenge notre vision du monde. En utilisant la pop culture comme un miroir de notre société mondialisée, l’auteure questionne à travers elle le féminisme, le genre, la sexualité, l’intersectionnalité.

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Féminsimes & pop culture de Jennifer Padjemi
Éditions Stock (Essais - Documents), 2021 - lu en eBook - 14,99€


: /

 : L'angle choisi est très contemporain et parlera au plus grand nombre.
De Beyoncé à Shonda Rhimes, en passant par Elliot Page, Ryan Murphy, bell hooks et d'autres.
Se questionner, écouter, entendre, comprendre.


Merci à NetGalley et aux Éditions Stock pour cette lecture. L'autrice de cet essai, intitulé Féminismes et pop culture, est Jennifer Padjemi - journaliste ayant créé le podcast Miroir Miroir et co-créatrice de la What's Good Newsletter, avec Mélody Thomas. Aborder le sujet du féminisme en prenant appui sur la pop culture et ce qu'elle nous apporte, je dis clairement oui. Quel meilleur moyen pour parler de cela avec des codes, des supports, qui nous sont connus et accessibles ? Les réseaux sociaux, les artistes, la mode, les séries TV, etc. 
"Il sera surtout question de réflexions, d'interrogations et de conclusions tirées de la décennie qui vient de s'écouler, les années 2010, moment charnière qui a propulsé le féminisme dans la culture populaire."
Avec la première personne du singulier, cet essai prend forcément une dimension personnelle à l'autrice - Mon féminisme à moi se veut intersectionnel, au croisement de mes origines sociales, de ma couleur de peau et de mon genre. C'est justement cela qui m'a paru intéressant. En tant que femme blanche, je n'ai pas été confrontée aux mêmes choses que Jennifer Padjemi qui est une femme noire. En tant que femme, j'ai aussi eu mon lot de réflexions déplacées et qui m'ont/me font réagir au quart de tour... ou parfois par esprit d'escalier malheureusement. J'analyse ce qui me dérange, en fonction de mon vécu. Et je trouve essentiel et enrichissant d'écouter/lire d'autres personnes se livrer sur leur histoire et la manière dont elle influe sur leur ressenti et combat. C'est nécessaire pour prendre conscience de certaines choses, se remettre en question et apprendre.
"La représentation compte parce qu'elle permet de grandir avec l'idée qu'on existe et que sa couleur de peau, son orientation sexuelle, son milieu social, sa religion, son genre, ne sont pas des obstacles pour se créer un imaginaire. Elle est loin de tout régler, mais son absence fait qu'on se sent moins que rien : nos vies n'existent pas, nos expériences n'ont pas eu lieu. Elle compte et ce n'est pas un mythe."
Jennifer Padjemi nous y parle de l'importance et de l'influence de la pop culture dans sa manière de voir le monde. Elle se base sur sa propre expérience, sur ses recherches, sur de nombreuses sources et cite régulièrement des personnalités et des séries pour appuyer ses dires. C'est ce dont j'aimerais vous faire part dans ce livre : partager mes pensées, mes analyses et ma passion au sujet de ce lien fort qu'entretiennent cette culture qu'on dit populaire et les questions de société. Sachez qu'il n'existe pas de moins bonne culture, et aucune dont on devrait avoir honte. La pop culture me fascine, m'aide à comprendre le monde qui m'entoure, et moi-même au passage, et elle en dit parfois davantage que de longues tirades philosophiques. L'écriture est fluide et permet de suivre sans problème son cheminement. Le tout est intéressant à lire, je vous le garantis !

J'aime ressortir de ce genre de lecture avec une liste de supports à explorer à mon tour pour approfondir certains points. Et j'ai de quoi faire ici ! Plusieurs séries et autres ont attiré mon attention, pas parce qu'iels sont parfait.e.s, mais parce qu'iels interrogent, ou parlent simplement, de sujets importants pour comprendre telle ou telle communauté qui n'est pas forcément la mienne ou des combats à mener, des choses à surmonter que je n'ai pas forcément vécu. Les séries Fleabag, Insecure, Master of None, Shrill, I May Destroy You, Unbelievable, Pose et tellement d'autres ; le film Mignonnes de Maïmouna Doucouré ; le livre Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie ; le documentaire Ouvrir la voix d'Amandine Gay, etc.
"On associe souvent l'idée d'une femme forte à celle qui se bat contre quelque chose, mais très peu au fait qu'elle se bat avant tout pour elle-même."
La pop culture n'est pas parfaite et n'est pas exempt de stéréotypes, mais certain.e.s œuvres/artistes sortent du lot, apportent leur pierre à l'édifice pour plus d'ouverture d'esprit, de compréhension, de respect et de place pour faire entendre les minorités. Une bonne façon de montrer davantage la pluralité des femmes, tout ce que nous sommes capables d'accomplir, celles que nous pouvons être. Faire entendre sa voix et être respecté.e pour qui nous sommes, ne pas être réduit.e à notre couleur de peau, notre poids, notre sexualité, notre genre... Permettre de mettre tout cela en avant naturellement dans les médias et les séries en évitant les stéréotypes. 
"[...] tout ne peut pas reposer sur une série fictionnelle, mais une fois de plus, la pop culture et ses images qui nous parviennent ont plus d'impact que n'importe quel vecteur de communication. Elles peuvent questionner, surprendre, mais aussi hanter."
En bref cet essai parle de féminisme, des femmes noires et des minorités, de sexualité, de l'importance de la représentation, de la cancel culture, du consentement et de la masculinité. De comment la pop culture peut faire du bien ou non. En vrai, je pourrai écrire encore longtemps tant j'ai trouvé cet essai intéressant et parlant...

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Dans la même idée de parler des représentations féminines dans la pop culture, sans que cela soit un essai, je suis curieuse de lire Héroînes : Les figures féminines de la pop culture que Ludivine a chroniqué il y a quelques jours sur son blog. Des auteurices y dressent le portrait de plus de 70 personnalités fictives telles que Buffy Summers, Hermione Granger, Michonne, etc. Des héroïnes fortes et différentes, qui en imposent.


En quelques mots...
Essai | Militantisme | Féminisme | Artiste | Série TV | Représentation | Société

La vérité vous libérera, mais d'abord elle vous mettra en rage

2 nov. 2020

 

Depuis ses jeunes années en tant que journaliste activiste, Gloria Steinem a toujours su manier la langue pour forger des slogans : ceux qui disent tout en peu de choses, qui inspirent, qui réconfortent, qui rassemblent. Pendant des décennies, les bons mots de Gloria ont aidé des générations de femmes à prendre leur vie en main. Tirées de ses écrits de ses discours mais aussi de ses amies, ce florilège rassemble ainsi ses meilleurs citations sur les sujets qui comptent : le patriarcat et l’importance de se libérer des conventions mais aussi la vieillesse, le travail, le bonheur... Entre réflexion, et poésie, La Vérité vous libérera, mais d’abord elle vous mettra en rage vous fera rire et vous donnera envie de soulever des montagnes !
Un livre atemporel, à partager sans modération.

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La vérité vous libérera, mais d'abord elle vous mettra en rage
de Gloria Steinem - Traduit par Karine Lalechère
Titre original : The Truth Will Set You Free, But First It Will Piss You Off!
Éditions HarperCollins, 2020 - 192 pages - 13,50€
・Sortie prévue pour le 04 novembre ・


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 : Découvrir une partie du parcours de Gloria Steinem.
Un regard sur le féminisme (et l'égalité, en général) qui me parle.
Des citations et slogans inspirant.e.s.

"Quelque part entre la poésie et le journalisme se trouve le pays magique des citations. Elles peuvent être factuelles ou fantaisistes, personnelles ou politiques, venir de l'université ou de la rue, mais elles sont toujours assez courtes et pertinentes pour s'imprimer dans nos têtes. 
On pourrait parler de poésie du quotidien."

Merci aux Éditions HarperCollins pour cet envoi. Je dois bien avouer que je ne connaissais pas Gloria Steinem avant de tomber sur ce livre qui regroupe bon nombre d'extraits de ses discours, discussions et autres. Quand on me parle "icône du féminisme", ça me donne forcément envie de connaître cette journaliste activiste !

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Gloria Steinem est une journaliste, militante politique et féministe, née en 1934 aux États-Unis. Également chez HarperCollins, elle a publié Ma vie sur la route : Mémoires d'une icône féministe, qui peut être intéressant pour mieux découvrir son parcours. Elle a, entre autres, fait de nombreuses conférences pour l'égalité, co-fondée le magazine Ms., reçu la médaille de la Liberté par Barack Obama, dénoncé les dérives de Trump, etc.

Un biopic sur sa vie est également sorti cette année ; The Glorias, basé sur le livre Ma vie sur la route.

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"On ne gagne pas en imitant ceux que l'on combat. Nous avons aussi appris qu'il faut redoubler de vigilance après une victoire. [...] De même, les mouvements de défense des droits civiques, des femmes, des gays, des lesbiennes, des transgenres et de l'environnement ont profondément modifié les consciences. Si la majorité des citoyens les considère comme un progrès, ces bouleversements ont laissé un goût amer à un tiers des habitants de ce pays. Ils ont le sentiment d'avoir été dépossédés des hiérarchies sur lesquelles se fondait le monde dans lequel ils ont grandi : la supériorité des Blancs sur les Noirs, des hommes sur les femmes, de l'être humain sur la nature, du monothéisme sur la spiritualité, de l'hétérosexualité sur toutes les autres formes d'amour."

La construction de ce livre est, en gros, comme ceci ; un texte de quelques pages débute chaque chapitre, dans lequel Gloria Steinem fait le point sur le sujet abordé, en le remettant dans son contexte et en parlant de ses expériences personnelles / des citations suivent / puis d'autres, regroupées dans "Paroles d'ami.e.s". Une construction qui permet d'éviter une simple succession de citations et de slogans qui aurait pu être rébarbatif sans les mots de l'autrice pour liés les différents chapitresFamilles de naissance et Familles de cœur, Vieillir autrement, Le travail n'est pas un gros mot, etc. Gloria Steinem étant américaine, l'histoire (politique ou non) des États-Unis est mise en exergue. Mais, la plupart des faits et citations sont clairement universel.le.s.

"Pour nous faire une idée de la personne que nous serons après cinquante ans, il suffit de regarder celle que nous étions à dix."

J'adhère à la vision du féminisme et de l'égalité, mise en avant par Gloria Steinem (et les autres féministes dont elles parlent et citent certaines paroles). Dans l'évolution que prennent ses pensées face aux libertés acquises... qui semblent pourtant si précaires ces derniers temps. J'ai apprécié que le ton ne soit pas pour autant "défaitiste".  Loin de là, d'ailleurs. Oui, il y a du mieux sur certains points. Et, oui, beaucoup d'autres méritent d'évoluer encore. Les citations de ce livre donnent du courage, l'envie de faire bouger les choses positivement. Certaines citations, plus que d'autres, feront sens en nous, en fonction de notre histoire et nos convictions.

 


En quelques mots...
Féminisme | Égalité | Militantisme | Citations & slogans

Comme un roman

20 août 2020

  

Enseignant, auteur, père et lecteur, Daniel Pennac livre ici ses réflexions

et ses observations sur la lecture et sur la place des livres dans notre vie.

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Comme un roman de Daniel Pennac
Illustrations de Quentin Blake - Préface d'Yves Nadon
Éditions D'eux, 2020 -lu en PDF - 17,20€ en format papier en France



: Principalement des classiques cités en exemple.

 : L'écriture de l'auteur.
Un essai qui parle du rapport à la lecture qui évolue au fil de notre vie.


Merci aux Éditions D'eux pour cette lecture. J'ai été contente de lire cet essai de Daniel Pennac - dont la première parution date de 1992 (ce qui est finalement très récent... oui, c'est mon année de naissance 😛). Un essai qui nous place autant du côté des parents, des profs, de celleux qui font partager ou non la lecture que du côté des jeunes lecteur.rice.s.

"Sans lui, leur monde [aux personnages] n'existait pas. Sans eux, il restait pris dans l'épaisseur du sien. Ainsi découvrit-il la vertu paradoxale de la lecture qui est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens."

Découverte, obligation, plaisir, envie, partage... À travers différentes situations et divers exemples, l'auteur nous parle de la lecture. De comment elle accompagne notre petite enfance, bercée par les mots de nos parents avant de dormir. Comment le rapport à la lecture évolue parfois en un je-t'aime-moi-non-plus à l'école, en fonction des lectures qui nous sont imposées et du/de la prof qui nous en parle. Comment nous pouvons nous approprier chaque lecture, lire ou ne pas lire, sauter un chapitre si ça nous chante,... Bref, vivre notre lecture de mille et une manières.

"On était fermé, face au livre clos. On nage à présent, déployé dans ses pages."

Un essai qui nous replonge dans notre propre vie de lecteur.rice, avec une pensée pour celleux qui y ont contribué d'une façon ou d'une autre. Mes parents qui nous ont abonnées à J'aime lire. Ma grand-mère et ma tante, toujours un livre à la main. Ma prof de français au collège, qui nous a fait la lecture à voix haute d'Oscar et la dame rose et m'a fait découvrir La bibliothécaire de Gudule. Les suivants, qui m'ont fait aimer - lire, parler et décortiquer - La parure et Candide. Et puis, la copine qui m'a offert mon premier Club des Cinq et celle qui, quelques années plus tard, m'a parlé de Pierre Bottero. Encore mes parents qui, même sans beaucoup lire eux-mêmes, n'ont jamais rechigné à nous laisser assouvir nos envies aux rayons livres des grandes surfaces. Enfin, un merci à vous, lecteurs et lectrices, blogueurs et blogueuses, auteurs et autrices pour les découvertes faites et encore à faire ♥ Quel qu'en soit le genre ou le "sérieux".

"Le devoir d’éduquer, lui, consiste au fond, en apprenant à lire aux enfants, en les initiant à la Littérature, à leur donner les moyens de juger librement s’ils éprouvent ou non le « besoin des livres ». Parce que, si l’on peut parfaitement admettre qu’un particulier rejette la lecture, il est intolérable qu’il soit — ou qu’il se croie — rejeté par elle."



En quelques mots...
Essai | Lecture | Partage | Liberté

Sorcières - La puissance invaincue des femmes

5 juil. 2020

Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?

Ce livre en explore trois et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante — puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant — puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur.

Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.


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Sorcières - La puissance invaincue des femmes de Mona Chollet
Éditions Zones, 2018 - 240 pages - 18€


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 : Un texte clair et compréhensible, avec de nombreuses sources et références citées.
Histoire, égalité, indépendance, maternité, féminité, vieillissement, médecine, etc.
Un coup de cœur pour cet essai qui nous pousse toujours plus à la réflexion.


Sorcières - La puissance invaincue des femmes est un essai qui a été très présent sur la blogo ces derniers mois. Un ouvrage qui m'a rendu très curieuse et que j'ai été ravie pouvoir lire à mon tour ! Il est très intéressant et instructif.
"À vrai dire, c'est précisément parce que les chasses aux sorcières nous parlent de notre monde que nous avons d'excellentes raisons de ne pas les regarder en face. S'y risquer, c'est se confronter au visage le plus désespérant de l'humanité. Elles illustrent d'abord l'entêtement des sociétés à désigner régulièrement un bouc émissaire à leurs malheurs, et à s'enfermer dans une spirale d’irrationalité, inaccessibles à toute argumentation sensée, jusqu'à ce que l'accumulation des discours de haine et une hostilité devenue obsessionnelle justifient le passage à la violence physique, perçue comme une légitime défense du corps social."
Mona Chollet commence par remettre l'histoire des sorcières/femmes dans son contexte historique et social. Elle y parle des répercussions qu'ont eu ces chasses aux sorcières sur l'évolution de nos droits et du poids de la société. J'ai apprécié la manière dont elle partage ses recherches à travers l'Histoire, mais aussi avec des faits et œuvres plus modernes. Cet essai est, évidemment, bourré de références à d'autres ouvrages/articles/films - dont certains que j'espère bien découvrir pour mieux y réfléchir, tels que Femmes, magie et politique de Starhawk, N'appelez plus les féministes mademoiselle de Claire SchneiderMa brillante carrière réalisé par Gillian ArmstrongLes Sorcières d'Eastwick réalisé par George Miller, Le complexe d'Icare d'Erica Jong, La force de l'âge de Simone de Beauvoir, Notre corps, nous-mêmes, etc.
"En s'emparant de l'histoire des femmes accusées de sorcellerie, les féministes occidentales ont à la fois perpétué leur subversion - qu'elle ait été délibérée ou pas -  et revendiqué, par défi, la puissance terrifiante que leur prêtaient les juges. « Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n'avez pas réussi à brûler », dit un slogan célèbre ; ou, en Italie, dans les années 1970 : « Tremblez, tremblez, les sorcières sont revenues ! » [...]."
Un texte qui nous fait passer par de nombreuses phases/émotions. Effarée face à tant de misogynie, boostée par celles et ceux qui se battent depuis toujours pour faire avancer les choses. Voir expliquer noir sur blanc et de manière aussi claire le lien entre les chasses aux sorcières et l'état actuel de la société pour les femmes est... instructif et flippant.
"Il ne faut pas sous-estimer le besoin que nous avons de représentations - partagées par la majorité ou issues d'une contre-culture - qui, même sans que nous en soyons clairement conscients, nous soutiennent, donnent sens, élan, écho et profondeur à nos choix de vie. Nous avons besoin de calques sous le tracé de notre existence, pour l'animer, la soutenir et la valider, pour y entremêler l'existence des autres et y manifester leur présence, leur approbation."
Un essai qui nous pousse aussi à nous remettre en question, à réfléchir à nos propres convictions et envies. C'est pourquoi j'ai aimé prendre le temps de le lire, d'y penser. Un exemple parmi d'autres, je me souviens avoir été choquée, au décès d'Anémone, de lire qu'elle a regretté être mère. Le prenant davantage comme une "attaque" envers ses enfants que comme le recul qu'elle avait sur elle-même et ce à quoi elle aspirait dans la vie. Mona Chollet parle de la comédienne et de ses déclarations dans la partie Le désir de la stérilité et m'a permis de voir les choses différemment. 
"Il serait temps que les femmes - souvent si peu sûres d'elles, de leurs capacités, de la pertinence de ce qu'elles ont à apporter, de leur droit à une vie pour elles-mêmes - apprennent à se défendre face à la culpabilisation et à l'intimidation, qu'elles prennent au sérieux leurs aspirations et qu'elles les préservent avec une inflexibilité totale face aux figures d'autorité masculines qui tentent de détourner leur énergie à leur profit."
Me battre pour des "petites" choses, parfois avec moi-même, est mon quotidien. Celui de bon nombre de jeunes filles et femmes. Non, mon but ultime dans la vie n'est pas de me marier et d'avoir des enfants. Je le sais et le dis depuis que je suis adolescente et je n'ai pas échappé aux "tu changeras d'avis plus tard" et autres phrases du genre. Cela me semble parfait de pouvoir chouchouter mes futur.e.s neveux/nièces quand ma sœur, qui souhaite être mère, le deviendra. Chacun ses choix. Oui papa, je peux monter sur les hautes branches du cerisier aussi bien que tonton et sans être surveillée (j'ai 28 ans, hein). Le maquillage/les robes/le sourire, c'est si je veux. Et puis, vous ai-je déjà parlé de mes cheveux bouclés qui commencent à se parsemer de gris ? J'ai hâte de voir ce mélange qui sera de plus en plus marquant entre le brun et le gris, au fil des années, sans teinture. Là encore, ma sœur n'a pas la même approche et c'est très bien comme cela, vu que ça lui convient. Bref, prendre ces petites décisions, ces libertés, peut paraître anodin. Néanmoins, le fait que je sois une femme entre toujours en considération et me rend "obligé" de me justifier. Ce sont pourtant des affirmations de ma personnalité, pas simplement de mon sexe. Trouver un écho à cela à travers les mots de Mona Chollet m'a fait du bien.
"[...] je m'efforce ici de mettre en évidence ce que la société attend de nous et ce qu'elle nous défend d'être, sans prétendre pour autant qu'il faudrait systématiquement en prendre le contre-pied. Être une femme n'a rien de simple et chacune de nous effectue ses arbitrages - toujours susceptibles d'évoluer, dans un sens ou dans un autre - comme elle le peut et comme elle le souhaite."

En quelques mots...
Féminisme | Chasse aux sorcières | Discriminations | Société

Livre coup de ♥