
Chloé et Maxence se rencontrent au lycée. C’est le printemps, la fin des années 2000, il y a les après-midis étirées par la weed, ce corps de l’autre qu’on découvre. Les parents essaient, échouent, Maxence se débat avec les injonctions à devenir un homme, Chloé s’affame ou raconte dans ses carnets. Bientôt ils profiteront de leurs vingt ans, le chaos planétaire enflera cet été-là, certaines colères aussi – Internet aura rendu le monde assourdissant. Alors viendra la trentaine, ce sera l’automne, quelques rêves s’égratigneront au tranchant du réel. Déjà, on collectionnera les souvenirs.
En trois temps, trois virgules à la langue fiévreuse, Joanne Richoux dépeint une génération étourdie de bruits et d’images, qui veut croire encore aux histoires d’amour, à une petite musique ou à un parfum familier, pour se consoler du reste.
Virgules de Joanne Richoux • Actes Sud (Domaine français), 2026 • 240 pages • 21 €
• service presse / merci à l'autrice •
Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
⇾ anxiété - cancer - hôpital - mort - suicide - trouble du comportement alimentaire

Actes Sud & Joanne Richoux
Les éditions Actes Sud ont été créées en 1978. Le dernier roman de Joanne Richoux est publié dans leur collection Domaine français. Qu'elle s'essaie aux romans jeunesse (Cass crépuscule), qu'elle parle aux ados que nous étions et/ou aux adultes que nous sommes (La peau des filles, Sillage, Les collisions & co), qu'elle nous emporte dans un univers fantastique (Désaccordée et Orageuse, Virgile & Bloom) ou nous garde dans les affres du nôtre, c'est un grand OUI à chaque fois. De la même génération, enfants des années 90, je pense que ça explique en partie pourquoi ses mots résonnent autant en moi, roman après roman.
Virgules
2008, 2013 & 2023. Chloé et Maxence, de la fin de l'adolescence à l'âge adulte, oscillant entre évidence et doute, entre attirance et besoin de prendre le large. Le temps qui s'égrène, les ami•es, la famille, le mal-être, les études. Virgules, c'est une bouffée de nostalgie parce que les Vans aux pieds et BB Brunes dans les écouteurs. Parce que l'adolescence à la fin des années 2000. C'est retrouver le bruit ambiant du lycée, grouillant de notre urgence de vivre. Et comme c'est Joanne Richoux, ce sont les parfums, les odeurs, les ardeurs, la soif de ressentir, la santé mentale, la société. Ce sont des personnages à la vulnérabilité qui touche au cœur. Deux personnages en particulier, elle et lui, Chloé et Maxence, que nous voyons grandir, essayer d'avancer malgré tout.
Ça me fout toujours un peu en vrac quand je lis un roman de l'autrice, parce que ses mots, les doutes et questionnements de ses personnages sont loin de me laisser indifférente. Forcément, c'est ce genre de roman qui marque, qui reste en tête.
"Les adultes sont des hypocrites. Qu'ils bâtissent un monde meilleur pour leurs enfants, au lieu de feindre ces mines éplorées lorsque ceux-ci chutent. Sinon, qu'ils se taisent."



