Les quatre fils du Dr March de Brigitte Aubert

18 sept. 2026


La jeune Jeanie, récemment sortie de prison, est engagée comme bonne par la très respectable famille du Dr March. Un soir, elle découvre, caché dans une penderie, un journal intime où est consignée une série de meurtres atroces. Pour Jeanie, l'auteur n'est autre que l'un des fils March. Se sentant démasqué, l'assassin la provoque, la menace. Le jeu morbide du chat et de la souris commence alors.

Les quatre filles du Dr March de Brigitte Aubert - France Loisirs, 2018 - 240 pages

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
alcool - arme blanche et à feu - évocation du suicide - meurtre - mort

Je n'avais jamais entendu parler du roman, mais j'ai été intriguée par le titre lorsque je l'ai trouvé en boîte à livres. Un titre qui fait, forcément, penser au classique de Louisa May Alcott ; Les Quatre Filles du docteur March. Cela dit, les clins d'œil à l'histoire s'arrêtent vite. Quatre frères dont le père est docteur. Voilà, voilà. J'en attendais quand même autre chose sur ce point, je l'admets. Exit le foyer chaleureux, place à un roman policier et épistolaire qui se rapproche davantage de La femme de ménage que du classique ! Toute l'intrigue nous est dévoilée via les journaux intimes de Jeanie et du meurtrier mystère. Celle-ci tombe sur le journal de l'assassin, il la soupçonne rapidement et un échange commence à s'installer entre elleux.

L'instabilité et la folie de l'assassin se ressentent dès les premières lignes. Pour autant, il est compliqué de comprendre qui il peut être parmi les quatre frères March, tant ceux-ci sont toujours décrits avec les mêmes termes. Leur personnalité est très peu fouillée (tout comme celle de Jeanie, malheureusement), sans doute pour que l'assassin ne lâche pas d'indice compromettant sur son identité, qui permettrait à la jeune femme de le démasquer. Jeanie qui entend des bruits derrière la porte fermée de sa chambre. Jeanie qui se sent épiée, en danger. Jeanie qui ne veut pas lâcher l'affaire et essaie de garder un œil sur chacun. Car l'assassin lui annonce ses crimes à l'avance ! Le rapport de force oscille continuellement entre les deux.


« J'ose plus regarder les garçons dans les yeux,
j'ai peur que le fou devine à mon regard que je sais quelque chose. »


Lorsqu'on y pense, une fois le livre refermé, on se rend compte qu'on tourne finalement beaucoup en rond, que pas grand chose ne s'est passé durant ce jeu du chat et de la souris entre Jeanie et l'assassin mystère. Et pourtant, les pages ont défilé aisément, avec l'avidité de connaître le fin mot de l'histoire, et l'épilogue a le mérite de rabattre les cartes ー même si la solution proposée ne serait sans doute pas au goût du Pierre Bayard de Clémentine Beauvais...

Pour celleux que ça intéresse, j'ai beau avoir lu ce roman pour le PAC, l'histoire se déroule aux alentours de Noël 😉


Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge - Automne profane - Bisclavret mangera son nez
(loup-garou, lune, métamorphose, fantastique, songe, secret, mystère, royaume, rejet, moral, traque, vengeance, enquête)

Pierre Bayard détextive privé, tome 4 : Le dossier Pinocchio de Clémentine Beauvais

16 sept. 2026

service presse


Risque de spoiler si vous n'avez pas lu les tomes précédents.
Pierre Bayard et Édith sont confrontés à l’étrange disparition d’un prototype de Burby, une peluche intelligente, avec pour tout indice un exemplaire de Pinocchio retrouvé sur les lieux du vol.
Pendant ce temps, Bas-de-Casse et Minuit-Pile mettent la main sur la couverture d’un ouvrage intitulé L’Affaire Petit Prince, qui semble parler d’eux ! Mais l’intérieur du livre s’est volatilisé...
Entre Pantin et l’Italie, leurs enquêtes se rejoindront-elles à temps pour résoudre le dossier Pinocchio ?

Pierre Bayard détextive privé, tome 4 : Le dossier Pinocchio de Clémentine Beauvais
Sarbacane, 2026 - 363 pages - 14,90 €

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
drogue - maltraitance - manipulation

Actuellement en train d'essayer de démêler les nœuds au cerveau que chaque tome de cette saga provoque... Une mise en abîme absolument géniale ! C'est prenant et original. Et, surtout, j'adore les personnages. Même lorsqu'iels se font malmené•es. Pauvre Bayard ! J'ai déjà tellement hâte d'avoir la suite sous la main, alors qu'il faudra patienter jusqu'en avril 2027.

Alors, que dire ? On se laisse embarquer en essayant de ne pas se faire berner... Mais ça ne fonctionne pas toujours. Pourtant, on commence à avoir de l'expérience, après trois tomes lus. L'affaire autour de Pinocchio commence lorsque Bayard et Edith* sont amené•es à enquêter sur la disparition d'une peluche ultra évoluée. Dans la pièce, un seul indice ; un exemplaire de Pinocchio. Forcément, iels leur faut décortiquer ce classique italien de Carlo Collodi, pour essayer de comprendre le lien avec cette disparition. Et d'autres mystères viennent s'ajouter à cela, dont certains sur lesquels enquêtent Bas-de-Casse et Minuit-Pile.

Comme toujours, ça me donne envie de relire le classique**, persuadée de le voir d'un autre œil après les points soulevés par Bayard et ses acolytes. Ç'a été un régal de retrouver les personnages. Et si j'ai toujours une préférence pour Bas-de-Casse et sa folle répartie, Roman Noir commence doucement à grappiller du terrain pour devenir un personnage des plus intéressants aussi. De toute façon, chacun•e apporte vraiment sa touche dans cette saga. Une saga loin d'être dépourvue d'humour et, là encore, c'est un plaisir tout au long de l'intrigue. Ladite intrigue qui évoque certains sujets faisant écho à des questionnements sur les avancées technologiques qui nous sont bien contemporains... Rappelons que la saga se passe en 1999.

Bref, une lecture riche et intéressante. J'en retiens aussi quelques scènes mémorables (notamment une vers la fin), un grand intérêt à glaner des informations sur les mystères qui jalonnent les différents tomes de la saga et la vie de Bayard, et une joie de ne jamais avoir croisé le chemin de la redoutable version enfant de Clémentine Beauvais 😂

* On remarquera mon dévouement pour cette saga et ses personnages en regardant quelle Sainte est fêtée en ce jour de publication de chronique ! 

** Comme pour les tomes précédents, il n'est pas obligatoire d'avoir lu les classiques concernés avant,
mais vous risquez de vous divulgâcher l'entièreté de l'histoire en lisant directement Le dossier Pinocchio.

Rose Tombal d'Alice Brière-Haquet

13 sept. 2026

service presse

Rose en a marre. De tout. De sa mère qui la calcule à peine. Du collège si déprimant. Des élèves qui acceptent tout et n'importe quoi. Sans parler du stage en entreprise… Alors Rose envoie tout valdinguer à sa manière, son stage, elle le fera au « Dormeur du Val », les pompes funèbres de son quartier ! Mais ce que Rose n’avait pas prévu, c’est que ce stage ne peut pas être comme les autres. Les émotions y sont trop fortes, trop intenses. Impossible d’être indifférente, impossible d’en avoir marre. Car la mort est une histoire de vivants.

Rose Tombal d'Alice Brière-Haquet - Rouergue (doado), 2026 - 304 pages - 17 €

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
cadavre - cimetière - évocation de dépression, du suicide - mort


Si l'autrice Alice Brière-Haquet a déjà publié des romans chez Rouergue précédemment, c'est avec Rose Tombal que j'ai découvert son travail. Une écriture et une sensibilité qui m'ont parfois rappelé celles de Joanne Richoux 一 et c'est un compliment, tant j'aime l'univers de Joanne !

C'est plaisant de voir Rose évoluer petit à petit, se révéler être bien moins blasée et lassée par la vie qu'elle le laisse paraître au début, du haut de ses quatorze ans. Déterminée à faire son stage aux pompes funèbres, n'en déplaise à sa mère, l'adolescente va être confrontée à un univers assez particulier et être amenée à côtoyer des adultes — l'humour de Patrick et les lubies de Josette l'accompagneront durant toute la semaine. Ce qui ne mettra pas de côté l'inquiétude qu'elle ressent pour sa mère.

« Papy, je ne t'en veux pas. Mais ça aurait été chouette que tu restes quand même un peu plus longtemps. Le temps de l'adolescence, par exemple. Je me serais sentie moins seule. Et Maman aurait pu rester encore un peu une enfant.
Je t'embrasse Papy, passe le bonjour au ciel,
Fillette »

Même si c'est l'un des sujets principaux du roman (qui parle aussi d'écologie, de la cause animale, d'amitié et de la famille), je ne m'attendais pas à en apprendre autant sur la mort et les pompes funèbres. L'autrice nous fait part de ces sujets parfois touchy à travers les expériences de Rose durant son stage, mais aussi parce que la jeune fille a perdu son grand-père et que ses pensées la ramènent souvent à lui. Ce n'est jamais morbide, les émotions et le respect sont toujours là. Et c'est le cœur serré que nous lisons certains passages. J'ai été particulièrement touchée de lire les chapitres concernant le journal de son Papy — y découvrir ses sentiments et ses combats. J'ai aimé, aussi, les quelques rebondissements qui jalonnent ce roman aux chapitres courts — si certains se devinent facilement, ils font aussi le charme de ce roman jeunesse/YA (dès 13 ans) qui mérite vraiment le coup d'œil. Un roman enrichissant jusqu'au bout, avec les annexes au rapport de stage de Rose, dispo à la fin !

« Les vivants comme les morts récoltent l'amour qu'ils ont distribué autour d'eux.
Et c'est la monnaie la plus équitable qui soit. »

La Maison Saphir de Marissa Meyer

9 sept. 2026


IL ÉTAIT UNE FOIS UN HOMME À LA BARBE BLEUE QUI AVAIT ASSASSINÉ SES ÉPOUSES...

Descendante d'une lignée de sorcières mais dépourvue de véritable magie, Mallory Fontaine gagne sa vie en vendant de faux sorts et en organisant des visites guidées du célèbre manoir Saphir. On y aurait retrouvé les os de la première femme disparue de Bastien Saphir, dit Monsieur Le Bleu, accusé d'avoir assassiné trois de ses épouses avant d'être arrêté.

Approchée par Armand, le charmant héritier des Saphir, qui lui offre une importante somme d'argent pour débarrasser sa demeure du fantôme de son ancêtre, Mallory voit là l'occasion de se remplir les poches. Lorsqu'un meurtre est commis, Mallory se retrouve mêlée à l'enquête malgré elle. Si la jeune femme espère toucher la récompense qui lui a été promise, elle devra percer tous les mystères qui entourent la famille Saphir. Mais rien ne la préparait à ce que le plus grand obstacle à sa réussite soit l'homme qui l'a précipitée dans cette aventure.


La Maison Saphir de Marissa Meyer - Nexa, 2026 - 416 pages - 19 €
The House Saphir (2025), traduit par Gaspard Houi

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
arnaque - attaque animale - empalement - empoisonnement - fantôme - féminicide - meurtre - mort - mutilation - sacrifice - sang - violence
avertissement de contenu noté en début de livre


Si je ne suis pas une grande adepte de fantasy, j'adore les réécritures de contes, qui plus est la saga Chroniques Lunaires que l'autrice a publiée il y a de cela quelques années déjà. J'ai moins adhéré à Heartless, mais n'ai pas su résister à La Maison Saphir et c'est tant mieux, car c'est une lecture qui m'a beaucoup plu. Une réécriture du conte Barbe bleue, décrit comme ceci sur Goodreads ; This is the tale of Bluebeard as it's never been told before--a romantasy murder mystery.

Magie, fantômes, manoir hanté, malédiction, meurtres... J'ai aimé Mallory, un personnage principal féminin au fort caractère 一 aussi débrouillarde que téméraire, surtout lorsqu'il s'agit de filouter ! Mallory, la fille bizarre avec son humour noir, ses dessins sombres et ses curiosités malsaines. Connaissant la sanglante histoire de Monsieur Le Bleu et ses femmes sur le bout des doigts, elle ne résiste pas lorsque son héritier, Armand, lui demande de l'aide pour débarrasser le manoir familial de sa sinistre présence. Il faut dire que le jeune homme les croit sorcières, elle et sa sœur Anaïs... Mais pour elles, c'est surtout l'occasion d'être logées et de gagner de quoi refaire leur vie ailleurs plus tard. J'ai aimé découvrir l'histoire et le passé des différents personnages, j'ai aimé l'univers et l'intrigue, les touches d'humour et la romance, la relation entre les deux sœurs, la présence des fantômes, les scènes un brin flippantes et sanglantes. J'aurais quand même aimé que certains de ces points soient davantage fouillés ou que l'autrice prenne plus son temps par moment 一 une lecture qui aurait pu frôler le coup de cœur.

Annoncé comme un tome 1 sur certains sites, je n'ai pas trouvé d'info concrète sur une possible suite. Cela dit, je serais au rendez-vous si suite il y a, malgré une fin qui est tout à fait correcte concernant l'intrigue de Barbe bleue. L'univers a plein de potentiel (chute du voile, sept dieux, etc.), tout comme il serait intéressant de développer l'histoire de certains personnages secondaires 一 notamment Anaïs. En attendant, je m'attaquerai peut-être à la duologie Gilded (revisite de Rumplestiltskin) !


Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge - Automne profane - L'errance de la chevaleresse Diaphane
(gothique, évanescence, ruine, architecture, château, donjon, gargouille, malédiction, héritage, fantôme, viscère, body horror)

Brume : Le Réveil du dragon & La Forêt des âmes perdues de J. Pélissier et C. Hinder

4 sept. 2026

  

« ー Prépare nos affaires, Hugo, on part botter les fesses du dragon.
ー Mais c'est interdit de sortir du village tellement on peut mourir !
ー Sauf si tu es une sorcière, petit têtard, et c'est l'occasion rêvée de devenir aussi célèbre que Naïa ! »*
* résumé du premier tome

Brume, tome 1 : Le Réveil du dragon (2023) & Brume, tome 2 : La Forêt des âmes perdues (2024)
de Jérôme Pelissier (scénario et couleur) & Carine Hinder (dessin)
Glénat (Tchô !) - 64 pages - 12,50 €

Brume est une série de BD, parue chez Glénat, devenue un incontournable des piles à lire du Pumpkin Autumn Challenge.
Et je ne déroge pas à la règle cette année, ayant emprunté les deux premiers volumes à la bibliothèque. 

Brume souhaite, plus que tout, être une sorcière comme la célèbre Naïa, disparue depuis longtemps, mais dont la légende perdure dans le village. Lorsque les choses tournent mal et que ledit village est menacé par un étrange brouillard, la jeune fille se convainc d'aller vaincre un dragon — rien que ça ! — pour sauver tout le monde.

Quel régal de plonger dans cette BD pleine de peps, bourrée de magie, d'humour et d'aventure ! J'ai a-do-ré Brume, personnage ô combien charismatique, téméraire et un rien soupe au lait. Le trio qu'elle forme avec le fidèle Hugo (un garçon) et le surprenant Hubert (un cochon) est tout bonnement génial. Iels se complètent très bien les un•es les autres. Cela a été un plaisir de pouvoir enchaîner les deux premiers volumes et j'espère bien que la bibliothèque proposera rapidement les suivants — quatre tomes ont déjà paru et le cinquième est prévu pour octobre (ainsi qu'un puzzle et le calendrier 2027).

La rencontre avec les personnages, les questionnements de Brume sur qui elle est (quête qui se poursuit dans le volume 2), la présence à ses côtés d'Hubert et Hugo, les très belles illustrations et couleurs, les différents lieux (village, forêt, etc.) ainsi que les bonus proposés à la fin (informations sur la création de la BD, etc.) font de Brume une jolie pépite jeunesse à découvrir.


Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge - Automne ensorcelant
De rose et de poussière (sorcière, magie, croyance, inquisition, oppression, désillusion, paria, résistance, diversité)