Mauvais sangs

15 juil. 2018


« La jeune femme garde les yeux rivés sur le revolver. La brillance du métal, qui accroche un rayon de lune, l’éblouit. Allez-y, supplie-t-elle, faites-le tout de suite ! Appuyez ! »

7 nouvelles pour explorer notre part d’ombre.

• • • • •
Mauvais sangs de Sarah Cohen-Scali
Editions Flammarion, 2018 - 155 pages - 8,50


✖ : /

 : Des nouvelles sans goût de trop peu.
Des personnages dérangeants, perturbants et, parfois, attachants.
Des chutes efficaces et qui marquent l'esprit.




Merci aux Éditions Flammarion pour cet envoi. Sarah Cohen-Scali est l'autrice du très marquant Max. Comme souvent, lorsque j'apprécie un roman, je cherche à en découvrir d'autres de l'auteur et, pourquoi pas, dans des genres différents. C'est l'occasion qui s'est présentée avec cette nouvelle édition de Mauvais sangs. Ce recueil de nouvelles policières m'a permis de retrouver Sarah Cohen-Scali sous un nouveau jour, dans un univers complètement différent.

Que nous la voyons venir ou non, l'autrice nous réserve une chute efficace à chaque fin nouvelle. De quoi s'arrêter pile au moment où nous restons bouche bée, à se demander si tel personnage a vraiment fait ça. Des personnages dérangeants, perturbants et, parfois, attachants. Ils ne sont pas simplement décrits comme gentils ou méchants, il n'est pas impossible de ressentir de la compassion pour celui ou celle qui finira par tenir l'arme et commettre l'irréparable.

L'amour, la haine, la vengeance, etc. Des situations variées - des personnages hantés par leur passé. Des nouvelles courtes et efficaces, percutantes pour la plupart. Bref, même si la nouvelle est loin d'être mon format favori, je n'ai pas ressenti de manque, aucun goût de trop peu. Entre deux romans, ce recueil est pas mal du tout !


En quelques mots...
Recueil | Nouvelles policières | Vengeances & co | Chutes

Les Étoiles de Noss Head, tome 1 : Vertige

13 juil. 2018


À presque 18 ans, Hannah enrage de devoir subir un nouvel été à Wick, petite ville portuaire écossaise. Il n'y a pas plus ennuyeux que cet endroit pour une citadine de son âge. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Leith. Il est bâti comme un roc et possède les plus beaux yeux qu'elle ait jamais vus. Qu'importent les rumeurs qui courent au sujet du jeune homme... l'attirance est immédiate, réciproque et irrépressible.

Puis tout bascule. Le conte de fées se transforme en cauchemar et le destin d'Hannah est scellé. Leur relation résistera-t-elle à l'inimaginable ? Sauront-ils vaincre le pire ? Car les légendes sont parfois plus réelles que l'on croit.

• • • • •
Les Étoiles de Noss Head, tome 1 : Vertige de Sophie Jomain
Illustrations de Marie-Laure Barbey-Granvaud
Editions Pygmalion, 2016 - 338 pages - 18,90
Fait partie de la saga Les Étoiles de Noss Head



✖ : Un premier tome qui souffre de quelques clichés...

 : La plume de l'autrice. Son humour et sa modernité.
Des personnages attachants et qui sont agréables à suivre.
Un univers intéressant, mystérieux, surnaturel.
Un bel objet-livre. Les illustrations.


En mars dernier, j'ai lu et beaucoup aimé Fais-moi taire si tu peux !, une romance pleine d'humour de Sophie Jomain. Depuis, j'étais curieuse de la découvrir dans un style différent. J'ai hésité... et puis craqué pour cette édition illustrée des Étoiles de Noss Head. Saga qui m'a été beaucoup conseillée.

Comme chaque année, Hannah et ses parents partent à Wick, en Écosse, pour passer les deux mois d'été chez sa grand-mère. Entre les questionnements de savoir si cette dernière peut continuer à vivre seule et ses dix-huit ans qui approchent, Hannah est de plus en plus intriguée par le beau et mystérieux Leith qu'elle ne cesse de croiser.

Durant les cinquante premières pages, j'ai craint un triangle amoureux prenant trop de place, tout ce qu'il y a de plus cliché - une Bella coincée entre Edward et Jacob (si j'ai aimé Twilight, je ne souhaite pas pour autant retrouver ce schéma tout le temps). Finalement, le caractère d'Hannah, qui a du répondant, m'a donné envie de voir au-delà de ça, de découvrir ce que l'autrice allait nous réserver. Et, malgré plusieurs choses qui ne sont pas follement nouvelles, Sophie Jomain nous sert un univers prenant, mystérieux, fantastique, ainsi que des personnages attachants qu'on apprécie découvrir tout au long de l'histoire. Il faut dire que situer l'intrigue en Écosse est idéal. Niveau décor et folklore, il n'y a pas mieux. Concernant les personnages, outre Hannah dont le caractère m'a plu, je n'ai pas résisté au beau Leith, je l'avoue. Même s'il m'a parfois tapé sur les nerfs. Et, j'ai apprécié que les parents ne soient pas mis à l'écart.

Quelques mots sur les belles illustrations de Marie-Laure Barbey-Granvaud. D'abord, j'ai apprécié qu'elle nous raconte comment elle en est venue à travailler sur ce projet. Son enthousiaste et sa passion se ressentent. Lire cela au tout début ne donne que davantage envie de tourner les pages suivantes pour se plonger dans l'histoire d'Hannah. Et, franchement, quels beaux traits, pour tous les personnages. Quelle belle mise en valeur de l'univers - forcément, je n'aurai pas été contre si les illustrations avaient été encore plus nombreuses. Un magnifique objet-livre.

Au final, la seule chose que je regrette est ce sentiment de déjà-vu. J'espère que l'autrice a su se détacher de cela dans les prochains tomes, car c'est réellement un univers dans lequel on se sent bien. Avec des personnages attachants et sympathiques à suivre, même lorsque certains de leurs comportements nous hérissent le poil !


En quelques mots...
Écosse | Rencontre | Surnaturel | Danger | Romance

[Relecture] La bibliothécaire

11 juil. 2018








Pourquoi la vieille dame qui habite en face de chez Guillaume écrit-elle très tard la nuit ? Quelle est cette jeune fille qui ne sort de chez elle qu'à la nuit tombée ? Pour résoudre ces mystères, Guillaume se lance dans un fantastique voyage au pays des livres et de l'écriture...



• • • • •
La bibliothécaire de Gudule
Éditions Le Livre de Poche (Jeunesse), 2002 - 187 pages




✖ : /

 : L'amour des livres, des mots, de l'aventure.
Une plongée dans des classiques, comme Alice au pays des Merveilles.
La plume de l'autrice et l'univers qu'elle nous offre.


La bibliothécaire est un roman qui a marqué mon début collège. Ma prof de français (la même qui, quelques années plus tard, nous a passé le film La Ligne verte) nous l'a fait lire en cours. Finalement, c'est un peu grâce à elle que j'aime la lecture et Stephen King ! Une histoire qui est restée presque intacte dans ma mémoire, pas loin de quinze ans après.

Guillaume a du mal à garder les yeux ouverts en cours. Son professeur lui demande alors de raconter ses rêves devant toute la classe. Le jeune garçon confie que, chaque soir, il observe sa vieille voisine jusqu'à ce qu'elle éteigne la lampe, puis qu'il guette l'étrange jeune fille qui s'enfuit dans la nuit peu après. Si ses camarades et son prof sont impressionnés par cette histoire... Guillaume ne dit pourtant que la vérité. Et, cette fois, il est bien décidé à découvrir où va la fille.
"Un instant Guillaume reste pensif. Aimer lire, comme c'est curieux ! Il y en a  qui ont vraiment de drôles de goûts..."
Une relecture qui fut un vrai régal, un réel plaisir. D'abord, c'est génial de voir qu'un roman qui m'a plu à onze ou douze ans, me plaît encore à vingt-six. Ensuite, la plume et l'imagination de Gudule sont beaucoup trop cool, surtout quand l'histoire est autant liée aux livres. Le seul bémol que j'y trouve est qu'Ida se confie sans doute trop rapidement à Guillaume, alors qu'ils viennent à peine de faire connaissance. Chose que je n'avais probablement pas relevée lors de ma première lecture, hein. À part ça, que du bon. Les personnages sont attachants et il y a une vraie quête à mener.

Un joli roman jeunesse qui n'a pas pris une ride ! Plein d'imagination, de passion, d'aventure... et de livres.
À faire lire aux enfants de votre entourage et aux plus grands qui ont gardé leur fraîcheur d'âme.


En quelques mots...
Roman lu au collège | Gudule | Mystère | Écriture | Livres

Mrs Dalloway

9 juil. 2018

Clarissa Dalloway est sortie acheter des fleurs. En chemin, elle repense à son mariage. Eût-elle épousé Peter Walsh, il lui aurait fallu renoncer à son confort et se mettre en péril. Mais, si son couple dure depuis trente ans, c'est qu'elle la protège derrière une digue de non-dits, de silences et de rêves sacrifiés.

Épouse, mère, hôtesse : comme cette Londonienne de la haute société semble conventionnelle... Son existence se borne à la sphère domestique. Or quel être peut se résumer à la simplicité d'une apparence, d'un milieu, ou aux mœurs de son temps ? Et que dire de la multitude d'émotions et d'intuitions à jamais informulées ? C'est cette autre Clarissa que révèle chacun des petits événements dont sa journée est tissée, chacune des pensées dont ce roman s'attache à restituer les moindres inflexions.

Virginia Woolf, qui a lu Proust et Joyce, démontre que rien - une course en ville, l'organisation d'un dîner - n'est trop ordinaire aux yeux d'un écrivain. En fouillant la conscience et l'inconscient de Clarissa, en exposant la richesse de sa vie intérieure, elle nous invite à mieux considérer la femme superficielle qu'elle paraît être.

• • • • •
Mrs Dalloway de Virginia Woolf
Titre original :  Mrs Dalloway - Traduit par Simone David
Éditions Archi Poche, 2017 - 239 pages - 6,80€


✖ : L'absence de chapitres.
Des personnages peu attachants.

 : L'idée de base ; nous faire voir au-delà des apparences.
L'écriture de l'autrice.


Il y a plusieurs mois, j'ai craqué pour le superbe Orgueil et préjugés de chez Tibert éditions - qui me permettra de relire cet excellent Jane Austen. Cette fois-ci, ils nous concoctent une belle version illustrée du classique de Virginia Woolf (cliquez ICI pour voir la campagne Ulule)... Comme j'hésitai à craquer, j'ai décidé de le lire en poche d'abord.
"Mrs Dalloway dit qu'elle irait acheter les fleurs elle-même."
Malgré une moyenne plutôt... moyenne sur Livraddict, c'est assez confiante que j'ai commencé cette lecture. D'autant plus que Virginia Woolf est une autrice que je voulais découvrir depuis un bout de temps. Au final, mon avis est très partagé, mitigé. J'ai aimé l'idée de base - découvrir des personnages, la manière dont ils sont vus et qui ils sont vraiment, grâce à leurs pensées - ainsi que la plume de l'autrice - spéciale, presque solennelle, malgré les choses "basiques" évoqués, un récit introspectif., calme, rêveur, triste, des tranches de vie, des émotions, des regrets, des "et si".

En revanche, je me suis perdue dans les idées de tous ses personnages, auxquels on ne s'attache d'ailleurs pas (ce qui est le problème), sans toujours être sûre de qui était mis en avant. Peu de passages m'ont passionné. De plus, j'aurais aimé que ça soit plus centré sur Mrs Dalloway, justement. Et, le fait qu'il n'y ait pas de chapitres est parfois épuisant. Difficile de reprendre son souffle dans ce flot de sentiments. Difficile de savoir où s'arrêter. Bref... Si j'ai aimé les idées de l'autrice, le fait de ne pas m'être attachée aux personnages a fait que je me suis ennuyée une bonne partie du roman.
"Dans les yeux des hommes, dans leurs pas, leurs piétinements, leur tumulte, dans le fracas, dans le vacarme, voitures, autos, omnibus, camions, hommes-sandwichs traînant et oscillant, orchestres, orgues de Barbarie, dans le triomphe et dans le tintement et dans le chant étrange d'un aéroplane au-dessus de sa tête, il y avait ce qu'elle aimait : la vie, Londres, ce moment de juin."
Alors, non, je ne vais pas craquer pour la belle édition illustrée par Nathalie Novi. Je n'ai clairement pas suffisamment aimé l'histoire pour vouloir avoir différentes éditions. Mais, si ce classique vous plaît, n'hésitez pas !

Je reste par contre très curieuse de lire d'autres romans de l'autrice. Si vous en avez à me conseiller, je suis preneuse !


En quelques mots...
Classique | Mrs Dalloway | Soirée | Souvenirs | Pensées

Clean

6 juil. 2018

Clean de Juno Dawson
Titre original : Clean - Traduit par Alice Delarbre
Éditions Hachette, 2018 - 380 pages - 18€


«  Visage écrasé contre le cuir. Odeur de voiture neuve.
Je ne peux pas bouger. J’ai été kidnappée. Je ne peux pas bouger.
J’ouvre les yeux. Ça fait mal. Mais j’aperçois mon frère, Nikolai.
—  Nik  ?
—  Tout va bien, Lexi, je vais te trouver de l’aide.
Oh, putain, cette fois, il l’a fait. Il a décidé de me sauver.  »

Voilà comment je me suis retrouvée coincée au Clarity Centre, un hôtel de luxe pour les accros en tout genre. Pour moi, c’est un peu Alcatraz avec un spa. Chacun son poison. Pour Ruby, c’est la bouffe. Pour Kendall, c’est l’excès inverse. Pour Saif, c’est la drogue (aucune originalité), comme moi. Et Brady… Brady, le beau gosse de service, c’est un grand mystère.

Bref, on forme une belle bande de déglingués. Et la nouvelle venue, Sasha, semble encore plus tarée que les autres. La grande question  : sommes-nous prêts à être clean  ?


✖ : L'impression que la drogue se trouve à chaque coin de rue.

 : Un personnage principal imparfait et attachant.
Le ton donné par l'autrice pour aborder ces différents sujets.
Ça parle autant d'addictions que d'amitié et d'avenir.


Merci aux Éditions Hachette pour cet envoi. Clean est un livre qui m'a tenté pour ses sujets abordés et pour le ton que semblait prendre l'autrice pour en parler, vu le résumé. Il faut dite aussi que le roman est très bien noté sur Goodreads.

Lexi Volkov, it girl et héritière d'un empire hôtelier, s'est peu à peu perdue au contact de son petit-ami Kurt, des fêtes et de la drogue. Dire que la séparation de ses parents est responsable serait réducteur... Mais pourquoi essaie-t-elle de ne plus penser, de ne plus ressentir ? Que fuit-elle ? Après une fois de trop, son frère prend les choses en main et l'amène de force dans un centre de désintoxication. Le Clarity Centre, un manoir sur une île. Qu'elle l'admette ou non, Lexi va être confrontée à son addiction. En dix étapes, elle et les autres jeunes vont devoir faire un travail sur eux-mêmes.

Avec CleanJuno Dawson aborde le sujet des addictions, des maladies. C'est parfois très violent. Le lecteur se prend en pleine face les difficiles moments que traversent Lexi, du sevrage, à la thérapie de groupe, en passant par la rencontre des autres patients. C'est aussi très entraînant et addictif (ok, jeu de mots pas malin). Lexi est attachante et imparfaite, cynique et fragile. Bref, un personnage qu'on apprécie voir évoluer. Elle se rebiffe, se trouve des excuses, se répète qu'elle n'est pas accro. Le fait d'accepter d'avoir un problème n'est pourtant que la première étape...
"À nous tous, on a assez de problèmes pour animer un cursus de psychologie... D'un autre côté, on est comme un cercle de miroirs qui se réfléchissent mutuellement : on ne peut pas se cacher les uns des autres."
Rien n'est précipité, l'autrice prenant le temps de faire avancer, et parfois reculer, les personnages. Ça ne rend leurs parcours que plus réalistes. Elle les pousse à la réflexion, qu'ils essaient de s'accepter, de comprendre. Elle parle sérieusement de sujets compliqués, sans minimiser leurs côtés sombres et destructeurs. Elle n'en oublie pas pour autant de parler de moments plus... légers, qui aident à avancer, à prendre conscience de la réalité. Ne vous attendez pas à un monde de bisounours où tout le monde est guéri et heureux à la fin. Et, c'est peut-être ça le plus réaliste, finalement.

Un roman à lire, pour les sujets abordés et l'écriture de l'autrice. Il ne raconte pas seulement l'histoire d'adolescents en perdition ou essayant de se reconstruire, c'est aussi plein de petits moments réconfortants, des hauts et des bas, de quoi souffler, espérer. L'autrice y parle d'addictions, de la peur, de la colère, de la famille, d'amour et d'amitié, de l'avenir.


En quelques mots...
Angleterre | Addictions | Centre | Étapes | Apprendre | Vivre