Virgile & Bloom

29 juil. 2021


"– Virgile, est-ce que t’es un foutu vampire ?
– Bloom..."


Bloom, c’est moi, étudiante en psycho, cinglée probable. Virgile, c’est mon prof de violoncelle. Il a presque trois siècles, il est sexy et dépressif. Problème : la mélancolie fait geler le sang des vampires, ce qui les tue. Donc je vais voler la voiture de ma sœur pour l’emmener à Brocéliande. Il paraît que là-bas, une communauté de monstres s’ébat joyeusement sous terre.

Est-ce que je me lance dans ce voyage parce que la fin du monde approche ? Parce que je n’ai rien à perdre ? Ou à cause de la longueur de ses cils ? Aucune idée.
En tout cas, ça sent le plan foireux.

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Virgile & Bloom de Joanne Richoux
Éditions Actes Sud junior
2021 - 304 pages - 16€
・Sortie prévue le 18 août・

Autres livres de Joanne Richoux sur le blog :

: Euh. La représentation des personnages sur la première de couverture,
qui ne correspond pas tellement à leurs descriptions dans le roman.

 : L'écriture de Joanne Richoux. Ses personnages ♡
Créatures surnaturelles, romance, conscience du monde actuel.
Les clins d'œil de Bloom à la culture populaire.


Merci aux Éditions Actes Sud et à l'autrice pour cette lecture. Que dire à part que je suis toujours ravie de trouver un nouveau roman de Joanne Richoux dans ma boîte aux lettres ? Comme il ne sort que dans quelques semaines, j'ai freiné mon envie de me jeter dessus trop tôt, mais j'ai fini par craquer... Et je ne m'en veux pas du tout 😆 Ça vous laisse le temps de bien noter cette sortie dans vos agendas, pour ne pas passer à côté !
"J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé." - Alfred de Musset
Vampire, road trip et musique. Voilà à quoi se résume le début du roman. Bloom et Virgile ont tou.te.s les deux besoin de changer d'air. Direction Brocéliande pour la jeune fille hypersensible et le mélancolique prof de violoncelle qui a plusieurs siècles au compteur. Créatures surnaturelles, romance, histoire et nature se mêlent à une conscience sensible du monde actuel pour nous donner un final surprenant. J'ai aimé me laisser porter par la tournure des événements, même lorsque cela devient un peu compliqué pour les humains !
"La Bretagne est une terre de magie. Il y a toujours eu, ici, une frontière mince entre les mondes mystérieux et le nôtre."
Pour moi, l'atout majeur de Joanne Richoux est indéniablement son écriture. Originale et percutante. Et, surtout, sensorielle. Elle attise tous nos sens, nous embarque entièrement au côté des personnages. Voir Virgile et Bloom se tourner autour, avec l'attraction qui existe entre elleux, est très plaisant - même si cela pourrait leur faire aussi très mal... Deux personnages attachants, qui se dévoilent au fil des chapitres.

Bref, un vrai plaisir à lire. L'écriture, les personnages, l'impression d'être là (avec elleux) grâce aux sons, aux odeurs, etc. m'a beaucoup plu ♡


En quelques mots...
Créatures surnaturelles | Brocéliande | Amour | Musique | Nature

Qu'à jamais j'oublie

26 juil. 2021

Et si votre famille n'était pas celle qu'elle prétendait être ?

Nina Kircher, une sexagénaire, veuve d’un photographe mondialement célèbre, passe quelques jours dans un hôtel de luxe dans le sud de la France. Soudain, elle quitte la piscine où elle vient de se baigner pour suivre un homme jusqu’à son bungalow puis, sans raisons apparentes, elle le poignarde dans un enchaînement inouï de violence, avant de s’enfermer dans un mutisme complet.

Pour tenter de comprendre cet acte insensé, son fils Théo, avec lequel elle a toujours entretenu des relations difficiles, n’a d’autre choix que de plonger dans le passé d’une mère dont il ne sait presque rien.

De Paris à la Suisse en passant par la Côte d’Azur, il va mener sa propre enquête, jusqu’à découvrir des secrets inavouables et voir toute sa vie remise en question...

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Qu'à jamais j'oublie de Valentin Musso
Éditions Seuil, 2021 - lu en ebook - 13,99€


: L'écriture parfois très descriptive de l'auteur.
Pas aussi investie dans l'histoire que je l'aurais voulu.

 : Une histoire basée sur des faits réels.
Entre passé et présent, les réponses nous sont données petit à petit.


Merci aux Éditions Seuil et à NetGalley pour cette lecture. Je gardais un bon souvenir du premier et seul roman que j'ai lu de Valentin Musso jusqu'ici et j'étais curieuse de voir ce que pouvait donner un de ces plus récent.
"Elle a l'impression de sauter par-dessus un gouffre, d'annihiler le temps. Quarante années... En une seconde la distance est couverte." 
Si les toutes premières pages nous font entrer directement dans le vif du sujet, à savoir l'agression dont Nina se rend coupable, les chapitres suivants nous place du point de vue de son fils Théo. Ce dernier va devoir fouiller le passé de sa mère pour essayer de comprendre son acte. Nina étant en état de choc post-traumatique, elle ne peut fournir aucune réponse à la justice pour se défendre de cette tentative d'homicide. Cependant, de fréquents retours en arrière viennent éclairer l'affaire pour en connaître son point de départ.
"Le mensonge n'a jamais guéri personne... Il permet de gagner du temps, de nous faire croire que les choses s'amélioreront, mais il ne guérit pas."

Malgré une histoire basée sur des faits réels qui m'a plutôt bien intéressé (certaines scènes sont cependant difficiles à lire tant ce qui est subi est abject) et des secrets de famille à découvrir, je ne ressors pas aussi convaincue que je l'escomptai. Je m'attendais à être davantage happée par l'histoire, qui oscille entre présent et passé. Et nous laisse, de plus, sur une fin ouverte... L'écriture de l'auteur a été un poil trop descriptive pour moi. Et la "romance", certes au second plan, ne m'a fait ni chaud ni froid... Bref, je ne ferme pas la porte à la possibilité de lire d'autres romans de Valentin Musso, mais celui-ci m'a laissé sur ma faim.


En quelques mots...
France | Suisse | Secrets de famille | Détention administrative | Passé | Adolescente | Présent | Famille


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez.
Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
abus sexuel sur mineure - viol - maltraitance - tentative de suicide

1984

24 juil. 2021

 

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

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1984 de George Orwell
Traduit par Amélie Audiberti - Titre original : Nineteen Eighty-Four
Éditions Folio - 2000 - 439 pages - 8,60€ pour l'édition récente


Cela arrive peu, mais j'ai lu des parties en diagonale - notamment les extraits du livre de Goldstein.

 : La manière dont l'auteur expose le fond de son histoire - même si ça en devient effrayant.
La fin de la deuxième partie est très efficace pour nous obliger à nous plonger derechef dans la troisième.
Un classique incontournable, de ceux qu'il faudrait lire au moins une fois.


Winston, comme ses camarades, évolue sous l'œil permanent de Big Brother. Son télécran toujours allumé et qui peut surveiller le moindre de ses faits et gestes ; les enfants prompts à dénoncer leurs propres parents ; les épurations pour se débarrasser des gens qui dérangent le Parti ; un langage nouveau, mis en place pour éviter la pensée individuelle... Quand même votre propre mémoire peut vous nuire, il faut veiller au grain et ne rien laisser transparaître à l'ère de Big Brother - société totalitaire capable de réécrire le passé comme ça lui chante. La seule résistance connue est la Fraternité, et Winston y pense.
"Si tous les autres acceptaient le mensonge imposé par le Parti - si tous les rapports racontaient la même chose -, le mensonge passait dans l'histoire et devenait vérité."
La première partie pose les bases de l'univers et nous présente Winston - personnage principal qui essaie de remettre en question les manipulations et mensonges du Parti, sans jamais être sûr de leur profondeur, à cause du manque de preuves concrètes. La deuxième partie sert de transition, en nous informant encore un peu plus des détails de la société façon Big Brother en état totalitaire. Et la troisième et dernière partie montre que Winston n'échappe pas à la confrontation, rendant certaines scènes assez éprouvantes à lire. 

S'il n'y a pas de gros bémols, j'aurais aimé que les extraits du journal de Winston soient plus nombreux car dans la première partie ça semble être un déclic important pour lui que de le commencer ; et puis j'ai survolé certains passages, ce que je ne fais d'ordinaire jamais - les extraits du livre de Goldstein ont eu raison de moi.


Classique de la science-fiction, paru en 1949, ce roman d'anticipation de George Orwell est un incontournable
que j'avais envie de lire depuis longtemps. À la fois original et glaçant, quand nous voyons l'univers pensé par l'auteur au milieu du 20e siècle et que nous comparons avec la manière dont les choses ont évolué. Intéressant à lire, il ne peut laisser indifférent.e. La double pensée est un concept assez effrayant... Je crois que c'est tout ce que ça implique, et le pouvoir "donné" à Big Brother grâce à cela, qui me donne le plus froid dans le dos.


Ce classique étant ce qu'il est, de nombreuses adaptations (ciné, tv, théâtre) ont vu le jour depuis.
Dont une signée Xavier Coste, en BD, aux éditions Sarbacane.


En quelques mots...
Londres | 1984 | Big Brother | Police de la Pensée | Océania | Guerre | Pouvoir

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez.
Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
violence physique et morale - torture - malnutrition

La Vie est un roman

21 juil. 2021



Un jour d’avril, ma fille de trois ans, Carrie, a disparu alors que nous jouions toutes les deux à cache-cache dans mon appartement de Brooklyn.

Ainsi débute le récit de Flora Conway, romancière renommée à la discrétion légendaire. La disparition de Carrie n’a aucune explication. L’enquête de police n’a rien donné.

Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, un écrivain au cœur broyé se terre dans une maison délabrée.

Lui seul détient la clé du mystère. Et Flora va le débusquer.


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La Vie est un roman de Guillaume Musso
Éditions Le Livre de Poche, 2021 - 352 pages - 8,40€


: Pas un gros attachement aux personnages.

 : La structure du roman tend à maintenir le suspense, à nous garder concentré•e.
Je me suis prise au jeu de suivre l'intrigue, de tout remettre en place, encore et encore.
Des références régulières à d'autres auteurices et œuvres - Musso est coutumier du fait.


Comme souvent, quand je lis le roman de Marc Levy sorti en poche l'année en cours (C'est arrivé la nuit), j'enchaîne avec le Musso dans le même format. Comme Stephen King, Guillaume Musso semble se plaire à explorer "l'écrivain" (ce qu'il a déjà fait par le passé) - ses ressources, ses personnages, ses ambitions, etc. Il y mêle histoire de cœur et de famille, y apporte du suspense et des retournements de situation.

A Brooklyn, la fille de Flora, écrivaine, disparaît. Les mois passent, les interrogatoires de la police font place aux encouragements de son éditrice pour qu'elle se remette à écrire rapidement... Tandis qu'à Paris, le fils de Romain risque de lui être enlevé par son ex-femme, bien décidée à le mettre plus bas que terre suite au divorce.
"Quand vous passez l'essentiel de la journée à divaguer dans un monde imaginaire, il n'est parfois pas évident de faire le chemin dans l'autre sens. Et vous êtes saisi de vertige lorsque les frontières s'estompent."
Malgré des personnages auxquels je ne me suis pas spécialement attachée, ce fut une lecture plaisante. Le sentiment de rester dans le flou nous pousse à une gymnastique de l'esprit permanente pour (essayer de) remettre en place tous les éléments de l'intrigue qui nous est proposée. L'auteur se plaît à embrouiller le•la lecteurice, qui s'échine à voir au-delà de ce qui est dit, pour tout lier. La réalité... La fiction... 


En quelques mots...
Brooklyn | Paris | Auteurice | Famille | Enfant | Existence


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez.
Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
évocation de suicide, d'overdose et de dépression

King Kong théorie

19 juil. 2021





J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n'échangerais ma place contre aucune autre, parce qu'être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n'importe quelle autre affaire. 

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King Kong théorie de Virginie Despentes
Éditions Le Livre de Poche, 2020 - 160 pages - 6,10€

King Kong théorie est un essai autobiographique (première parution en 2006), écrit par Virginie Despentes, qu'il me tardait de lire. Quand bien même l'écriture de l'autrice peut heurter par le choix des mots qu'elle emploie - justement pour cela finalement -, il faut savoir entendre son discours. Écouter et être interpellé•e par ce qu'elle nous dit. Dans cet essai, il est question de la place des femmes dans la société, de ce qu'on attend de nous... Il est également question de viol, de prostitution et de pornographie, de féminité et de masculinité. Elle nous y parle aussi de la sortie de son premier livre - Baise-moi, et de sa sortie controversée en film.
"Tout ce que j'aime de ma vie, tout ce qui m'a sauvée, je le dois à ma virilité. C'est donc ici en tant que femme inapte à attirer l'attention masculine, à satisfaire le désir masculin, et à me satisfaire d'une place à l'ombre que j'écris. C'est d'ici que j'écris, en tant que femme non séduisante, mais ambitieuse, attirée par l'argent que je gagne moi-même, attirée par le pouvoir, de faire et de refuser, attirée par la ville plutôt que par l'intérieur, toujours excitée par les expériences et incapable de me satisfaire du récit qu'on m'en fera."
Le ton est cash, comme je m'y attendais et le redoutais un peu... Au final, j'ai apprécié cela. Cette écriture semble parfaitement retranscrire son ressenti profond et personnel sur ce qu'elle a vécu/ce qu'elle vit, sur sa manière de voir le monde. C'est tout ce que j'attendais de cette lecture. Un truc sincère et brut, sans langue de bois et qui fait réfléchir. Ce qui ne m'empêche pas de ne pas être toujours 100% ok avec ses conclusions. Nous n'avons pas la même histoire, mais cela ne m'a pas empêché de comprendre beaucoup de la sienne.


En quelques mots...
Essai | Féministe | Autobiographique | Société | Homme•Femme