La Bibliothèque des Souvenirs de Barbara Perez Marquez & Lissy Marlin

26 oct. 2026

 
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Dans un monde bien loin du nôtre existe une bibliothèque intemporelle - une bibliothèque qui abrite des souvenirs.
Copenhague est arrivée un jour à la bibliothèque sans presque aucun souvenir de qui elle était, et elle y est coincée depuis lors. Elle s'est mise à aider les sages créatures mécaniques qui assurent la préservation de ce lieu, mais plus le temps passe, plus elle oublie. Si elle ne parvient pas à retrouver ses souvenirs, tout ce qui la définit se sera envolé. Mais la bibliothèque perd de sa magie depuis longtemps déjà, mettant en danger tous les souvenirs qu'elle renferme. Pour sauver ce lieu merveilleux de la ruine, Copenhague devra s'aventurer dans ses rayons les plus profonds, même si ce qu'elle y découvre pourrait briser tout ce qu'elle pensait savoir.

La Bibliothèque des Souvenirs de Barbara Perez Marquez & Lissy Marlin • Bliss, 2026 • 328 pages • 19 €
The Library of Memories (2026) • Traduit par Florent Degletagne


Ce roman graphique explore différents thèmes, dont la quête de soi et le deuil. A l'instar d'Ophélie dans La Passe-miroir de Christelle Dabos (Gallimard Jeunesse), Copenhague a la capacité d'interagir avec les souvenirs de la bibliothèque dans laquelle elle se trouve et porte des gants pour ne pas tout dérégler. Des souvenirs qui semblent lui échapper et lui valoir une remise à zéro de sa mémoire de plus en plus fréquente... La jeune fille est aussi curieuse qu'enthousiaste et courageuse. Sous la protection de Lawrence, elle ne cesse d'arpenter les couloirs et les pièces de la bibliothèque à la recherche de ses souvenirs avant de les perdre complètement. Et elle s'interroge, bien consciente de l'importance qu'ils ont pour définir qui elle est.

Les premières pages m'ont un peu perdue, puis j'ai apprécié plonger doucement dans le quotidien particulier de Copenhague et j'ai été touchée par la révélation finale et la réflexion derrière. Bref, malgré un début un brin compliqué (même si le mot est trop fort), c'est un roman graphique qui m'a plu. J'aurais adoré qu'il se prolonge en plusieurs volumes, car il y avait matière à approfondir l'univers, à explorer encore un peu plus les émotions des personnages. Le sujet n'est pas facile, certains passages peuvent paraître plus sombres, mais le personnage de Copenhague permet d'apporter une belle luminosité malgré tout. Les dessins et les couleurs fonctionnent très bien pour laisser transparaître les détails de l'univers et le caractère des personnages.

D'après la quatrième de couverture, le récit est conseillé dès 9 ans. En toute honnêteté, lorsque j'avais cet âge, je pense que le message passé via l'histoire de Copenhague n'aurait pas été très clair pour moi. Mais, comme souvent, cela dépend de la maturité émotionnelle de chaque enfant qui lit et j'espère que ce récit saura trouver celleux qui en ont besoin ♥




Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge - Automne des troubadours - Les marches vertes de Dullahan
(chevaleresque, quête initiatique, défi, voyage, épée, honneur, vertu, désir, tentation, manipulation, temps, classique)

Songe à la douceur de Clémentine Beauvais (édition augmentée 2026)

18 oct. 2026

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Une nouvelle édition avec un chapitre supplémentaire et une postface inédite !
Tatiana et Eugène, c’est un amour en deux temps, un amour à contre-temps… l’un adolescent, l’autre jeune adulte. Un amour absolu et déphasé, qui révèle ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer.

Songe à la douceur de Clémentine Beauvais • Sarbacane (Exprim'), 2026 • 272 pages • 16,50 €

Suis-je la seule à halluciner en réalisant que cela fait déjà dix ans que cette pépite a été publiée pour la première fois ?! Depuis cette première lecture, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai eu envie de relire ce livre, de retrouver les Tatiana et Eugène de Clémentine Beauvais. Ce fut un grand plaisir de le faire en profitant de quelques pages supplémentaires grâce à cette édition augmentée. Et finir sur la postface inédite de l'autrice ー où elle se livre sur les questionnements autour du livre (l'idée de la réécriture, l'originalité de la narration, etc.) ー a été la cerise sur le gâteau !

« Regardez comme ils chancellent de se revoir.
Regardez un peu leurs regards... »

Est-ce que l'histoire d'amour de Tatiana et Eugène m'a autant marquée à 34 ans qu'à 24 ? Oui. Sûrement différemment, mais oui. C'est, une nouvelle fois, un coup de cœur. J'aime toujours autant Tatiana, personnage ô combien intéressant, aussi bien à l'adolescence (un appareil dentaire et des rêveries amoureuses plein la tête en 2006) qu'à l'âge adulte (passionnée plus réfléchie en 2016). Dans sa façon de ressentir, d'avancer dans la vie. De faire face à Eugène aussi, ado désabusé et adulte un peu perdu.

Passion amoureuse, désespoir, culpabilité, désillusion, attente, chagrin d'amour, espoir, accomplissement, absence. Écrit en vers, on se laisse emporter par la rythmique du texte, des mots. Passé et présent se mêlent pour conter l'histoire de Tatiana et Eugène, où l'équilibre de la passion amoureuse oscille de l'un à l'autre. C'est aussi l'histoire, la perception de l'amour, de Lensky, meilleur ami d'Eugène (après Tatiana, c'est sûrement mon personnage préféré), et Olga, sœur de Tatiana. Des personnages qui émeuvent aussi, par leur destinée. Un roman dont j'aime toujours autant le chapitre final. Et que dire de la narratrice... Omnisciente, elle intervient en questionnant et bousculant les personnages et en interpellant le•a lecteur•ice. J'aime beaucoup.

Comme une envie de relire le classique de Pouchkine, que j'avais découvert suite à ma première lecture de Songe à la douceur...

Pour lire mes chroniques d'il y a dix ans, c'est par ici :

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge - Automne des troubadours - Aniron le Lai de Beren et Luthien
(poésie, amour, courtois, héroïne, courage, elfe, loyauté, idéalisation, chèvrefeuille, historique)

Falling Like Leaves de Misty Wilson

14 oct. 2026


Ellis n'avait pas prévu de quitter Manhattan pour Bramble Falls, Connecticut. Adieu New York, les sorties entre copains, le stage de journalisme et la candidature à Columbia. À la place, Ellis commence une nouvelle vie dans la petite ville où sa mère a grandi et tombe sur Cooper Barnett, un irrésistible barista... mais surtout le garçon avec qui elle a tout partagé le temps d'un été. Balades à vélo, ciné en plein air, jusqu'à leur premier baiser... ils étaient inséparables. Alors pourquoi Cooper est-il si distant aujourd'hui ?

Une délicieuse romance d'automne au goût de pumpkin spice latte, dans la veine de Gilmore Girls.

Falling Like Leaves de Misty Wilson • Gallimard (Elégy), 2025 • 320 pages • 15,90 €
Falling Like Leaves (2025) • Traduit par Alison Jacquet-Robert


Ellis est abasourdie lorsque sa mère lui annonce qu'elles quittent New York pour aller s'installer quelque temps à Bramble Falls, petite ville du Connecticut. Elle a beau apprécier sa tante et sa cousine, chez qui elles s'installent, cela remet en question toutes ses ambitions et tous ses choix pour l'avenir. Pourtant, elle est bien obligée de faire contre mauvaise fortune bon cœur et se fait, petit à petit, une place parmi les élèves du lycée et les habitant•es de la ville, si investi•es dans la préparation des festivités d'automne. Ne lui reste plus qu'à comprendre pourquoi le beau Cooper lui en veut autant...

Oui, je suis faible. Je lis « dans la veine de Gilmore Girls » sur la quatrième de couverture et je ne résiste pas à ajouter le roman dans ma pile à lire du Pumpkin Autumn Challenge. En même temps, c'est le moment ou jamais de craquer pour les romances YA automnales. La couverture (illustrée par Amber Day) me paraissait chaleureuse à souhait, le côté « small town » me bottait bien, tout comme les festivités d'automne au cœur de l'histoire. Et, oui, j'ai clairement eu l'impression de déambuler dans Stars Hollow (ville fictive de la série TV Gilmore Girls) durant la lecture.

« On vient pour les cueillettes de pommes et les champs de citrouilles, et on reste pour l'ambiance cosy. »

Au final, une lecture agréable, sans être mémorable. Cela a manqué de peps et d'émotions. De plus, j'aurais aimé que certaines relations soient davantage développées, particulièrement celle entre Ellis et sa mère. Elles ont l'occasion de se redécouvrir, d'apprendre à avancer différemment ensemble... Les moments au lycée, ceux passés à la préparation des festivités d'automne et la relation en dents de scie entre Ellis et Cooper (son love interest), bien que sympathiques, étouffent cet aspect de l'histoire qui aurait mérité d'être approfondi. Les tergiversations d'Ellis, autant sur ses études que sur Cooper, ont aussi fini par m'agacer un peu. Cela dit, il y a une belle brochette de personnages secondaires autour d'Ellis et Cooper, notamment la cousine Sloane*. J'ai moins aimé que l'autrice nous serve un triangle amoureux (deux, même), parce que c'est un trope que je trouve agaçant. Mais elle a fait en sorte que les personnages jouant la cinquième roue du carrosse ne soient pas détestables et ça, c'était sympa. Bref, les bémols se mêlent aux points plus positifs, mais l'ambiance cosy et le côté gourmand étaient bien là.

* un tome centré sur ce personnage a été traduit en français et a été publié début octobre : Falling Like Snow


Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge - Automne ensorcelant
Rommelbootzennaat la nuit des betteraves grimaçantes
(samhain, halloween, automne, moisson, citrouille, festin, feu, foyer, réconfort, jeu, farce, déguisement)

Crains que l’ombre ne te croque de Myriam Dahman

9 oct. 2026

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Il parait qu’il y a très, très longtemps, vampires et sorcières concluaient régulièrement de petits arrangements ensemble. Sauf que depuis quelques siècles, plus rien : les sorcières ont tiré leur révérence. Jusqu’à aujourd’hui...

Crains que l'ombre ne te croque de Myriam Dahman • Little Urban, 2026 • 512 pages • 21,90 €

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
⇾ deuil - évocation du suicide et de santé mentale - mort

Ma première découverte du travail de Myriam Dahman date d'à peine quelques jours. Juste avant de plonger dans son premier roman, aka Crains que l'ombre ne te croque, j'ai lu l'album jeunesse À la recherche de la potion magique (avec Clément Lefèvre).

Derrière cette belle couverture cartonnée, illustrée par Laure Maurer (qui illustre également l'intérieur), se cache un très bon roman d'Urban fantasy. On pourrait se dire, encore un livre de vampires, sorcières et loups-garous, mais quel kiffe ! À chaque pause (faut bien dormir, manger, sociabiliser), j'avais une hâte folle de me replonger dedans. Parce que si l'autrice part de mythes bien connus, elle a su, aussi, se les approprier pour nous proposer une intrigue et des personnages bien à elle. Cela ne manque pas d'humour et d'émotions, de magie, prophétie et sortilège, de sororité et de combats à mener.

« On ne peut pas empêcher une tempête de passer, par contre, on peut faire en sorte que la maison tienne encore debout après... »

La sorcière Najwa Ben Mesloub tient à s'associer à Max Blackwood, détective nocturne et vampire, pour enquêter sur la disparition du Sang primordial. Max a beau se poser des questions ーaprès tout, les sorcières sont aux abonnées absentes depuis plusieurs siècles ー il se lance à ses côtés pour retrouver le sang de la première créature vampirique, calice connu pour être impossible à voler... Une intrigue en plusieurs parties et avec plusieurs points de vue, ce qui nous permet d'avoir une vue d'ensemble pour comprendre les enjeux, et de rebattre les cartes aussi parfois. Les personnages sont attachants ー l'ironie de Max et la détermination de Najwa matchent très bien et j'aurais aimé voir encore plus de scènes en duo. Et il y a aussi de bons personnages secondaires. Pas toujours « bons » dans le sens « gentils », hein. Bref, j'ai passé un très bon moment de lecture et n'aurais pas été contre approfondir encore davantage l'univers ou apprendre qu'une suite est prévue...


Pour mes petites broderies du PAC : une fougère + Violette, c'était obligé !

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge - Automne profane - Siegfried et l'alchimie du sang
(transmutation, or, trésor, corruption, élixir, immortalité, vampirisme, invincibilité, brume, âme, transidentité)

À la recherche de la potion magique de Myriam Dahman & Clément Lefèvre

6 oct. 2026

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Nom d’un balai ! Une puissante potion magique a été dérobée ! Mais qui est donc le voleur ? Il faut vite le démasquer et prévenir toutes les sorcières du monde entier. Pouf ! Grâce à la poudre d’escampette, voyage de page en page à la rencontre de la sorcière d’Hansel et Gretel, de la mystérieuse Lechuza ou encore de la redoutable Manbo, et rassemble les indices aux côtés des petits-enfants de la célèbre Baba Yaga.

À la recherche de la potion magique de Myriam Dahman & Clément Lefèvre • Little Urban, 2026 • 28 pages • 23 €
Si je connaissais déjà le travail de l'illustrateur français Clément Lefèvre, cet album m'a permis de découvrir celui de l'autrice belgo-marocaine Myriam Dahman. Découverte que je poursuis, à l'heure où j'écris ces lignes, en lisant son roman Crains que l'ombre ne te croque, chez Little Urban également. Roman que j'adore, on en reparlera dans quelques jours !

À la recherche de la potion magique est un cherche et trouve version XXL (33,70 x 43,50 x 1,20 cm), véritable terrain de jeux pour petit•es et grand•es dans lequel nous menons l'enquête. Quelqu'un a osé voler une potion magique à Baba Yaga, la grand-mère de Sacha et Vassia. Les enfants se pressent pour prévenir les autres sorcières, mais le voleur les devance à chaque fois...

Le cherche et trouve est plus ou moins ardu en fonction des pages, et le reste de la famille s'est aussi prêté au jeu avec moi ー avec plus ou moins de succès ! 😅 Le format généreux de l'album permet d'avoir de grandes pages d'illustrations aux nombreux détails auxquels il nous faut être attentif•ve pour mener à bien nos missions ー le cherche et trouve bien sûr, et découvrir l'identité du voleur. De belles couleurs et plein de créatures aux faciès très expressifs font également notre bonheur. Le duo Dahman-Lefèvre n'en est pas à son coup d'essai* et ça ne m'étonne pas, tant cet album est une jolie réussite, un plaisir visuel et un régal à lire. J'ai adoré tourner les pages et croiser les sorcières de différents contes/mythes/folklores.

Reste à savoir où je vais bien pouvoir ranger ce bel et gigantesque album... 

*iels ont déjà publié des albums ensemble chez Glénat, Oxymore et Gallimard