L'enfant et le monde de Pierre Joly & Virapheuille

25 juin 2026


 



Lisse et blanc, il est apparu à la porte de ma cabane un matin d’automne. Dans ma petite vie ordonnée, au milieu de mon jardin absolument parfait, cet étrange caillou détonnait ! J’allais devoir découvrir d’où il venait.

C’est ainsi qu’a débuté le grand voyage.


L'enfant et le monde de Pierre Joly & Virapheuille
Margot, 2023 • 32 pages • 13,90 €



Éditions Margot, Pierre Joly & Virapheuille
Créée en 2012 par Thibault Prugne et Anne-Fleur Drillon, la ME publie notamment les albums de Thibault Prugne, lui-même, avec son emblématique Renard (albums qu'il faut absolument que je lise !) et certains albums de Benjamin Lacombe & Sébastien Perez, dont le très tentant L'enfance des méchants, des vilaines et des affreuxL'auteur Pierre Joly et l'illustrateur Virapheuille ont publié deux albums dans cette ME ; La jeune fille et l'oiseau (2022) et L'enfant et le monde (2023). Un troisième semble être en préparation ! Et en septembre sortira un autre album du duo ; Le Vœu chez Les éditions de la Gouttière.


L'enfant et le monde
Dans sa maison et dans son jardin, tout est à sa place, rassurant et joli. Lorsqu'il trouve un étrange caillou devant chez lui, l'aventure commence pour essayer de lui trouver une place. Exploration, aventure, curiosité, nature. Il arrive de faire de belles trouvailles en boîte à livres et en voici l'exemple parfait. Un magnifique album, aussi bien côté texte qu'illustrations. Le premier est joliment poétique, quand les secondes sont joliment colorées. Le tout met en avant un minuscule personnage aux cheveux bleus et aux traits très expressifs qui va faire face au joyeux désordre de ce qui se cache au-delà de son jardin. C'est à la fois original et universel. En bref, un joli album, mignon et poétique, à lire avec les tout-petits ou pour émerveiller les grands.

Pour voir un extrait, c'est par ICI.

Journal d'Anne Frank (BD) • 1984 (BD)

21 juin 2026


L'adaptation fidèle du journal intime d'Anne Frank, un best-seller mondial. Un roman graphique tout en émotion. Le jour de ses 13 ans, Anne reçoit en cadeau un cahier dont elle fait aussitôt son journal intime. Jeune juive allemande exilée au Pays-Bas, la jeune fille va raconter son quotidien, ses émois d'adolescente, la fuite, la cache, la peur... Publié par son père Otto deux ans après la fin de la guerre, Le Journal d'Anne Frank sera traduit en plus de 70 langues et vendu à plus de 30 millions d'exemplaires.


Journal d'Anne Frank : L'Annexe : Notes du journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944
Antoine Ozanam & Nadji • Soleil, 2016 • 144 pages • 18,50 €  


Qui ne connaît pas ce témoignage, devenu un incontournable lorsqu'on évoque la Seconde Guerre mondiale ? Pour ma part, ma lecture du témoignage d'Anne, dans sa version classique, remonte à 2013. Et je n'ai pas résisté à emprunter cette adaptation en BD, en la trouvant à la bibliothèque, pour m'y replonger. Antoine Ozanam au scénario, Nadji aux dessins et couleurs, et une volonté de respecter le vécu d'Anne - Entre l'insouciance de l'adolescence et la terreur quotidienne de ceux qui se cachent. Entre la joie et l'indicible dixit Ozanam. Elle qui a connu l'antisémitisme, la clandestinité et la déportation.

Ses questionnements, les rares nouvelles qui leur viennent du dehors, l'ennui, les discordes, la peur... Anne écrit tout dans son journal qu'elle nomme Kitty. Une jeune adolescente pleine de caractère, obligée de se cacher avec sa famille et des proches pour espérer échapper à l'horreur. L'histoire a beau être connue, les dernières pages m'ont donné des frissons. C'est un témoignage important, chargé d'histoires (avec un grand H aussi, forcément) et d'émotions. Le duo Ozanam & Nadji a très bien retransmis cela. C'est une adaptation qui vaut le coup d'œil, avec une palette de couleurs assez intéressante - comme vous pouvez vous en rendre compte à la lecture de l'extrait ICI. Bref, une BD et un témoignage à lire au moins une fois dans sa vie.



Londres, 1984. Smith est un employé du Parti chargé de réviser l'Histoire. Dans un monde où toute sentimentalité est interdite, il est attiré par Julia, une femme peut-être dangereuse pour lui. Ensemble, ils vont tenter d'échapper à l'emprise du gouvernement et de Big Brother, le chef omnipotent du gouvernement. Mais est-ce possible dans un monde où tout fait et geste est surveillé et enregistré ?


1984 de Rémi Torregrossa & Jean-Christophe Derrien
Soleil, 2021 • 120 pages • 18,50 € 

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
guerre - scènes de sexe - torture - violence

C'est totalement fortuit, mais les deux BD que je vous présente ici ont finalement de nombreux points communs. Publiées chez Soleil, les deux parlent de guerre, de résistance, de personnages tenant un journal. La différence étant qu'Anne Frank, bien sûr, a réellement existé et qu'elle nous livre son témoignage, alors que 1984 est de la science-fiction (ô combien réaliste par les temps qui courent, cela dit). Paru en 1949, le classique de George Orwell est lui aussi un incontournable. Ma lecture du roman remonte à 2021 et j'étais curieuse de découvrir les différentes adaptations en BD qui existent. Celle-ci étant disponible à la bibliothèque, je n'ai pas hésité, mais il me tarde aussi de voir ce que donne celle publiée chez Sarbacane, par Xavier Coste.

Big Brother is watching you. Jean-Christophe Derrien au scénario et Rémi Torregrossa aux dessins et couleurs nous livrent une adaptation très efficace de ce classique. Avec des dessins, la majeure partie du temps, en noir et blanc, nous découvrons Océania, un univers où Big Brother est partout, où la police de la pensée menace et sévit. Un endoctrinement contre lequel Winston Smith résiste, d'abord, discrètement, en tenant un journal. Mais même cet acte, qui pourrait paraître anodin, pourrait lui coûter cher. Travaillant au ministère de la vérité, il connaît plus que jamais les risques et la manière de faire. Un jour, il le sait, il pourrait tout simplement se faire effacer, comme s'il n'avait jamais existé. Lorsqu'il rencontre Julia, il se méfie. Peuvent-iels réellement résister ensemble et y survivre ? Peuvent-iels réellement envisager avoir un avenir ensemble ?

Alors oui, nous sommes face à une dystopie, mais un peu comme pour La Servante écarlate de Margaret Atwood, certaines choses dans le récit font encore plus froid dans le dos lorsqu'on voit où nous en sommes en 2026... C'est un classique que je trouve important à lire, même si certaines planches sont difficiles et que la fin est d'une tristesse sans nom.

Petit conseil : musophobes, certaines planches risquent de ne pas vous plaire.

Le Bureau des affaires occultes d'Eric Fouassier

17 juin 2026


Automne 1830, dans un Paris fiévreux encore sous le choc des Journées révolutionnaires de juillet, le gouvernement de Louis-Philippe, nouveau roi des Français, tente de juguler une opposition divisée mais virulente. Valentin Verne, jeune inspecteur du service des mœurs, est muté à la brigade de Sûreté fondée quelques années plus tôt par le fameux Vidocq. Il doit élucider une série de morts étranges susceptible de déstabiliser le régime. Car la science qui progresse, mêlée à l’ésotérisme alors en vogue, inspire un nouveau type de criminalité. Féru de chimie et de médecine, cultivant un goût pour le mystérieux et l’irrationnel, Valentin Verne sait en décrypter les codes. Nommé par le préfet à la tête du « bureau des affaires occultes », un service spécial chargé de traquer ces malfaiteurs modernes, il va donner la preuve de ses extraordinaires compétences.

Mais qui est vraiment ce policier solitaire, obsédé par la traque d’un criminel insaisissable connu sous le seul surnom du Vicaire ? Qui se cache derrière ce visage angélique où perce parfois une férocité déroutante ? Qui est le chasseur, qui est le gibier ?

Le Bureau des affaires occultes d'Eric Fouassier
Albin Michel, 2021 • 368 pages • 20,90 €


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
arme blanche et à feu - mort - séquestration - suicide - violence

Albin Michel & Eric Fouassier
Créée au début des années 1900, cette maison d'édition française est devenue incontournable ! Pour ma part, leur collection Wiz a fait mon bonheur à l'adolescence avec les sagas Peau de pêche de Jodi Lynn Anderson ou encore Bleu cauchemar de Laurie Faria Stolarz. Parmi des parutions plus récentes, j'ai adoré les tomes que j'ai lus de la collection L'Encyclopédie du merveilleux et ceux de Litt' Destins, par exemple. En 2021, l'auteur français Eric Fouassier y publie le premier tome de ce qui deviendra rapidement une saga policière et historique culte ; Le Bureau des affaires occultesCinq tomes ont déjà été publiés et est également sortie une BD spin-off avec pour perso principal Aglaé ; Bas les masques de Thomas Mosdi et Olivier Brazao.


Le Bureau des affaires occultes
L'étrange suicide d'un jeune homme jette le trouble et l'enquête est confiée au discret Valentin Verne. Celui-ci va aller de découverte en découverte et créer quelques remous qui pourraient bien mettre sa vie en danger... À côté de cela, Valentin poursuit la quête entreprise par son père décédé - sortir le malheureux Damien, orphelin, des griffes du Vicaire.

La couverture sombre et énigmatique, l'envie de savoir ce qui se cache derrière les "affaires occultes" annoncées dans le titre et les excellents retours sur la saga me rendaient très curieuse d'avoir enfin ce premier tome entre les mains. Et ça m'a plu ! Les côtés historique et ésotérique sont ultra riches et intéressants (avec de vraies anecdotes et certains personnages ayant réellement existés), une formidable plongée dans les rues du Paris des années 1830 (la monarchie de Juillet).

Valentin Verne est un personnage principal à la fois complexe et accessible - à la détermination aussi aiguisée que le fil d'une épée. On s'y attache sans difficulté, à cet enquêteur solitaire qui se dévoile peu à peu ! Et puis, l'intrigue de fond et celle du premier tome sont toutes deux prenantes (et parfois terrifiantes et révoltantes), apportant leur lot de rebondissements. Enfin, au-delà de tout l'aspect historique et scientifique, qui a forcément une belle place dans ce tome, j'ai apprécié qu'il soit aussi question de féminisme (même si ça reste vraiment très léger) grâce à Aglaé, personnage féminin qui aura probablement une plus grande place dans les tomes suivants. Bref, un univers qu'il me tarde déjà de continuer à explorer ! 

Miao Miao Magic School, tome 1 : Leçons de ronrons de Guillaume Bianco et Miss Paty

8 juin 2026




UNE PETITE SORCIÈRE ET SES COURS DE RATTRAPAGE POUR ÉLÈVES POILUS : UNE CLASSE DE TERRIBLES CHATS OBSTINÉS !

La jeune maîtresse Miao Miao s’efforce avec beaucoup de patience de transformer ses élèves félins en véritables chats magiques, en leur enseignant le secret de pouvoirs spéciaux réservés aux humains, comme parler, chanter, marcher sur deux pattes, réaliser des recettes de cuisine... mais Capitaine, Monsieur Poil et Pyjama, les chatons indisciplinés et turbulents de la Miao Miao Magic School, lui donnent vraiment du fil à retordre au quotidien ! Et son assistant, le chat magique Purule, est loin d’être d’un grand secours...






Miao Miao Magic School, tome 1 : Leçons de ronrons de Guillaume Bianco & Miss Paty
Oxymore (Magica), 2026 • 56 pages • 15,50 €
- service presse -


Oxymore (Magica), Guillaume Bianco & Miss Paty
La nouvelle collection Magicacréée et dirigée par Barbara Canepa et Katja Centomo, coproduction d'Oxymore et Tunué,  met à l'honneur les sorcières. S'il y en aura pour tous les âges, les deux premières parutions sont destinées aux lecteurices dès 7 ans. Je vous présente ici Miao Miao Magic School, tome 1 : Leçons de ronrons de Guillaume Bianco & Miss Paty, mais pour les curieux•ses, l'autre livre a pour titre Bribiss, avec Katja Centomo au scénario et Martina Naldi pour les dessins et couleurs.

Guillaume Bianco est un dessinateur et scénariste français dont j'apprécie beaucoup le travail. Il a déjà une petite sorcière à son actif ; Comment Mélissandre la petite sorcière découvrit le secret du bonheur (Little Urban, 2021). Pour Miao Miao Magic School, il est au scénario. Quant à l'autrice et illustratrice française, Miss Paty, à qui nous devons les dessins et couleurs ici, ce fut une découverte heureuse. Et lorsque j'ai été farfouiller dans sa bibliographie, j'ai constaté qu'elle n'en était pas à son coup d'essai non plus, question sorcières ! Le Noël de Clara la petite sorcière (écrit par Natacha Godeau, Auzou, 2023) et Waki, le chaton de la sorcière (écrit par Fabien Clavel, Fleurus, 2024) n'en sont que quelques exemples.


Miao Miao Magic School - Leçons de ronrons
Direction l'école enchantée pour Monsieur Poil, Capitaine & co. L'objectif ? Apprendre à devenir un bon chat de sorcière. Le premier tome de cette BD jeunesse a pour personnage principal maîtresse Miao Miao. Une petite sorcière bienveillante à souhait, qui essaie d'être à l'écoute de chacun de ses élèves particuliers pour les pousser à apprendre et à s'améliorer.

Derrière cette couverture aux couleurs flashy (en vrai bien plus qu'à l'écran) se cache un univers magiquement adorable, avec juste ce qu'il faut d'humour pour fondre devant la galerie de personnages. Miss Paty les rend attachants et joliment expressifs. Les émotions ressenties par eux sont compréhensibles en un clin d'œil. Les pages défilent, dans les tons rose orangé avec des touches de vert. Elle a vraiment un style reconnaissable, que je serai ravie de retrouver dans la suite.

En bref, une bande dessinée petit format (un peu plus de 17 x 24 cm), parfaitement maniable pour les mains des plus jeunes lecteurices, qui plaira également aux plus grand•es aimant les sorcières et les chats, la magie, l'humour et la bienveillance.

Nous traverserons des orages d'Anne-Laure Bondoux

6 juin 2026



« Voici l'histoire que je dois te raconter, Saule. C'est l'histoire d'une famille, d'une maison et d'un pays. Elle commence à la veille d'une guerre planétaire, dans une ferme de hameau qu'on appelle les Chaumes. Elle s'achèvera un siècle plus tard, au même endroit. Entre ces deux époques, tu verras vivre ici quatre générations hantées par des secrets et des fantômes. »

Nous traverserons des orages • Gallimard Pôle Fiction, 2025
576 pages • 9,50 €



Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
⇾ alcoolisme - arme blanche et à feu - guerre - homophobie - mort - suicide - violence conjugale

Pôle fiction & Anne-Laure Bondoux
Pôle Fiction est une des collections poche de chez Gallimard, destinée aux ados et aux jeunes adultes. Si Nous traverserons des orages est sorti dans cette collection, le roman est aussi sorti dans la collection Folio - avec une couverture plus "adulte". L'aube sera grandiose, un autre roman d'Anne-Laure Bondoux, a également eu droit à cette double parution en poche. Quelque soit le format ou la collection, ce sont deux romans que je vous recommande chaudement, tout comme Tant que nous sommes vivants. De mon côté, je compte bien continuer ma découverte de la bibliographie de cette autrice française !
 

Nous traverserons des orages
Un roman, plusieurs fois récompensé, qu'il me tardait de lire suite aux nombreux bons retours dessus. Il fait d'ailleurs partir des incontournables de la litté jeunesse dans En Quête d'un Grand Peut-Être, tome 2 : A-t-on encore besoin de la littérature ado ? de Tom et Nathan Lévêque. Et il a été largement à la hauteur de mes attentes. J'ai adoré plonger dans ce récit terriblement humain. Cette histoire qui semble se répéter, entre pères et fils, entre guerres, drames et secrets, entre colère et violence. 

L'histoire des hommes de la famille Balaguère, comme une confession - une transmission - à Saule. L'autrice dépeint les années qui passent - le monde et la société qui évoluent, de 1914 à 2022. Chacun se construit à sa façon, avec ses manques, les secrets du passé et la violence du présent. Les histoires de cœur se mêlent aux mouvements sociaux, au monde qui tremble, à la musique. Avec ces guerres qui changent les hommes, les drames familiaux qui se succèdent, et les enfants confrontés aux choix et silences des parents.  J'ai eu le cœur serré, j'ai souri, j'ai espéré que les choses changent. Qu'enfin, un des hommes de la famille arrive à briser cette chaîne de malheur. Entre Paris et le Morvan, c'est un roman qui m'a complètement embarquée.

Bref, j'ai beaucoup aimé l'écriture de l'autrice et ses personnages imparfaits.

"- Les vieux mensonges tourmentent nos consciences, Aloès. Plus on s'évertue à enfouir la vérité, plus elle nous déborde."