Noctance d'Anthoine Delahaye

31 août 2026

service presse (en librairie le 02 septembre)

Paris, la nuit, lors d'une fête Lise rencontre Moshir. Elle est entrée par la porte, il est tombé dans le jardin depuis un toit. Elle est engluée dans son désespoir, il est aussi fantasque que poète. Lise vient d'une famille très aisée. Moshir vit dans la roulotte de ses parents. Entre eux, le coup de foudre est immédiat. Sauf que Lise ne sait pas que Moshir appartient au monde de la nuit, que ses oreilles pointues ne sont pas un déguisement et qu'il est condamné à être dévoré par le Retors. Car Moshir est un noctambule, un noctard sublime, il appartient au petit peuple de Noctance dont les règles et les magies sont étrangères aux hommes. Ils n'auraient jamais dû se rencontrer, encore moins s'aimer, pourtant Lise et Moshir vont écrire ensemble une histoire d'amour inoubliable.


Noctance d'Anthoine Delahaye - Rouergue (Epik), 2026 - 480 pages - 19,50 €

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
Evocation de harcèlement de rue, de racisme, du suicide - scène de sexe - violence policière
« ー Opa ?
ー Quoi ?!
ー C'est quoi exactement le Retors ?
ー Est-ce que je te demande ce qu'est un cauchemar. Humgr ?
ー Bah...
ー C'est impossible à décrire ! Impossible ! Eh bien c'est pareil pour Retors. Il va et vient, il ondule et serpente, et quand il a faim, marf, il becte. Et ce qu'il préfère, c'est le noctambule ! [...]  »

Noctance est annoncé comme la première romantasy de la collection épik ー dédiée à l'imaginaire, et c'est à Anthoine Delahaye que nous la devons. Je prends le soin de souligner que je ne suis pas familière avec ce genre ; j'y suis allée par curiosité. Et c'est peut-être ce qui explique mes attentes déçues. Mes attentes de plus de noirceur et de plus d'intensité dans la romance ー deux points qui trouvent leur place dans l'intrigue de Noctance, bien entendu, mais à un degré moindre.

J'ai aimé les chapitres courts et entraînants, qui nous dévoilent un imaginaire qui côtoie le réel, mais je pense que l'originalité de l'univers m'est restée trop insaisissable pour que j'y adhère. Le langage employé lorsque nous sommes du point de vue de Moshir est assez déconcertant ; un français passé à la moulinette, comme le pensera Lise. Mais je suis pleinement consciente que si j'ai trouvé cela déstabilisant, c'est ce qui fait, en partie, l'originalité du roman. De même pour l'univers en lui-même, avec ce peuple de la nuit que je n'ai pas réussi à assez bien appréhender pour me sentir happée dans leur monde. Quant aux personnages, c'est à l'image du reste. Je les ai trouvés intéressants, sans m'y attacher particulièrement. Lise ー sa relation conflictuelle avec ses parents, ses copines et leur engagement politique et féministe. Moshir ー la menace du Monster, la quête de son pouvoir et son envie de liberté chez les humains. « Son déguisement de démon est plutôt bien réussi. Des lentilles de chat resplendissent dans ses yeux et ses oreilles dépassent de ses mèches brunes, avec un réalisme effrayant... » En rencontrant Moshir lors d'une soirée déguisée, Lise ne pouvait pas réaliser sa vraie nature ni à quel point sa vie allait changer...

Six sirènes d'Agnès Maupré

25 août 2026

Service presse

Sensible et profonde, captivante et poétique : l’histoire d’Irène, l’adolescente qui se découvre sirène.
Irène habite Marseille et n’a jamais vu la mer. Sa mère lui répète qu’elle est trop fragile. Sa mère l’aime. Un jour, sa vie bascule : Irène découvre qu’elle est une sirène. La queue, les écailles... toute la panoplie. Sa mère lui a menti. Dans les profondeurs de la Méditerranée, ses sœurs grandissent avec son absence. Entre deux mondes, le destin croisé de six adolescentes qui tentent de trouver leur voie. Une ode puissante à la sororité.

Six sirènes d'Agnès Maupré - Sarbacane (Exprim'), 2026 - 240 pages - 16 €

« Dans une mer plus très sereine
Ont un jour éclos six sirènes.
Six six sirènes se souviennent,
Six six sirènes se soutiennent,
Si six sirènes se comprennent,
La mer, de nouveau, sera pleine. »

Six sirènes est le premier roman d'Agnès Maupré. L'autrice a précédemment publié des bandes dessinées, qui sont parfois des adaptations de romans (comme Au bonheur des dames de Zola, Casterman, 2020). J'ai eu envie de lire cet Exprim' parce que c'est toujours un plaisir de découvrir les nouveautés de cette collection, d'autant plus lorsqu'il est question de sororité !

Irène s'est toujours sentie à l'écart, surtout à l'école. Il faut dire que sa mère veille au grain et lui laisse peu de liberté. L'adolescente a interdiction d'approcher la mer, mais une simple baignoire va lui révéler un secret bien gardé. Elle est une sirène et sa "mère" lui a menti toute sa vie. Tenaillée par des rêves étranges, elle va essayer de comprendre qui elle est. 

Si j'ai indéniablement aimé les messages passés (quête de soi, écologie, sororité) et ai apprécié le côté fantastique du récit, je dois admettre  et regretter  être restée trop hermétique aux émotions ressenties par les personnages. Et ce, malgré l'alternance des points de vue qui permet d'avoir un œil sur les ressentis d'Irène et de sa mère, mais aussi ceux de la famille d'Irène au fond de la mer. J'aurais aimé avoir quelques pages supplémentaires, histoire d'approfondir certains points, comme la relation entre Irène et sa mère, ou encore prendre plus le temps lorsque l'adolescente se confie à une de ses camarades de classe... Bref, être davantage immergée pour être davantage happée par les émotions - colère, inquiétude, espoir, joie.

« ー L'infini n'existe pas mais l'infini est partout. Tu peux rester toute ta vie le nez dans une flaque sans jamais faire le tour de ce qui s'y cache comme tu peux parcourir le monde et ne jamais trouver ce que tu cherches. »

Pumpkin Autumn Challenge - La mélodie des mots

23 août 2026

Si le challenge fête ses dix ans cette année, j'y participe, pour ma part, depuis cinq ans. Chaque année, c'est un plaisir de découvrir ce que Guimause nous réserve. Et j'aime énormément partager autour des lectures & co sur le Discord du challenge. On s'y retrouve ?

Le challenge se déroule du 1er septembre au 30 novembre 2026 et voici le programme que je me suis concocté :


Pour voir l'article de présentation, avec toutes les explications, c'est par ICI
#PumpkinAutumnChallenge  #PALduPAC

Son Lac de Marine Carteron

21 août 2026

service presse (en librairie le 26 août)

« Ils sont toujours tellement sûrs d'eux que ça la fait presque rire. Presque. On aurait pu croire que les siècles leur auraient appris la prudence mais c'est le contraire : jamais il n'a été aussi facile de les convaincre de la suivre... »

Son histoire se confond avec celle du monde. Elle est une rescapée des temps obscurs et les millénaires se sont enchaînés sans qu'Elle vieillisse. Dernière représentante de son espèce, Elle est prête à tout pour tromper sa solitude. Puis, un jour, Elle l'a trouvé. Lui. Et tout a changé. Dans sa demeure, son Lac, Elle ne sera plus jamais seule.

Son Lac de Marine Carteron - Rouergue (Epik), 2026 - 416 pages - 19 € *

Avertissement (Trigger Warning) :
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arme blanche - cadavre - coma - hôpital - maltraitance - mort - mutilation - sang - violence

Son Lac fait partie de la rentrée littéraire 2026 et est l'occasion pour la collection Epik de mettre en avant son nouveau logo. J'ai adoré ce roman qui tient ses promesses, présenté comme une « réécriture gothique et féministe de la légende de la dame du Lac ». Marine Carteron prouve une nouvelle fois son talent pour nous proposer des récits aussi prenants que différents. 

De nos jours, Léo a disparu, laissant ses ami•es, Clara et Zian, et son frère, Mo, en plein désarroi. Les mois passent et toujours aucune nouvelle de l'adolescent. Comment la mystérieuse et inquiétante dame du Lac entre en collision avec elleux, comment son histoire entre-t-elle en résonance avec la leur ? Il va falloir démêler ce qui est vrai parmi toutes les légendes la concernant, pour le comprendre ! L'autrice nous amène doucement vers la fin, implacable... De quoi trembler pour les personnages !

Une « vibe » Blackwater (Michael McDowell, Monsieur Toussaint Louverture) façon Marine Carteron, voilà comment le mieux expliquer mon ressenti tout au long de la lecture. L'autrice n'a cessé de me surprendre avec ce récit prenant à souhait. J'ai adoré passer d'une époque à l'autre pour découvrir les légendes liées à la dame du Lac (2027, XIIIe siècle et fin du XIXe siècle). Il y a un bel équilibre entre les personnages qui font l'intrigue au fil des époques. Trahison et vengeance, fascination et crainte, trouble et désir, traitement du mythe, personnage féminin et pouvoir. Le lac est craint, dit habité par le Malin au XIIIe siècle, tandis qu'à notre époque, on se méfie de la vieille conteuse qui en sait long. Un livre de la rentrée littéraire à ne pas louper !

Celleux qui connaissent bien Angon et le lac d'Annecy pourront encore mieux s'imprégner du récit.

« Ça fait longtemps que la déesse est devenue démone, sorcière, vermine à exterminer, l'obligeant à vivre dans l'ombre, à attendre. »


* Une version collector (couverture cartonnée & jaspage), au tirage limité, est également disponible, au prix de 22 €.

Tokyo Survivors, tome 1 & tome 2 d'Edogawa Edogawa

16 août 2026

 

« Mais bon sang, disparaissez tous ! »
Suspicion, distance sociale, contrôle des masques, l'entreprise de son père en crise financière... Makoto Hamada, lycéen, en a assez de ce monde où les liens sociaux se délitent. Un jour, son professeur principal lui demande de rester dans la salle de classe avec trois de ses camarades : Teruo Yasui, Yasushi Tabata et Ayaka Matsuoka. Mais quand ils sortent, c'est la stupeur ! Ils sont seuls à Tokyo... et doivent survivre !*

*résumé du premier tome

Tokyo Survivors, tome 1 & tome 2 d'Edogawa Edogawa
Omaké Books, 2024 - 176 et 160 pages - 7,90 €
Ningen Shôshitsu, book 1 & book 2 (2022), traduit par Guillaume Mistrot

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
arme blanche - misogynie - violence

N'étant pas très calée en mangas, je ne connaissais pas le travail d'Edogawa Edogawa. J'ai simplement trouvé les deux premiers volumes chez Noz et ai été attirée par le côté survivaliste de l'histoire. Mais le tout n'a pas été à la hauteur de mes attentes. En toute honnêteté, c'est un manga qui souffre de la comparaison avec la série à laquelle il m'a tout de suite fait penser : Alice in Borderland. Des lycéens en mode survie dans une ville soudainement déserte... Autant les enjeux sont grands dans la série Netflix (je n'ai pas lu le manga éponyme), autant il ne se passe quasiment rien dans le premier tome de Tokyo Survivors. Un premier tome est censé être suffisamment accrocheur pour donner envie de lire la suite, non ?

De plus, les personnages manquent cruellement de charisme. Sans compter que le seul perso féminin est sexualisé par un de ses camarades gros pervers caractériel au possible. Obsédé, imbuvable, misogyne, autant vous dire que je n'ai pas spécialement apprécié Teruo... Le problème étant, aussi, que les autres restent bien trop passifs face à lui. Ayaka, quant à elle, lui répond tant bien que mal pour se défendre. Et il faut attendre la fin du tome 2 pour avoir un peu d'action et une tension tout juste palpable durant quelques pages... Bref, c'est une histoire complète en 5 volumes, alors il n'est pas impossible que je lise quand même les suivants pour en connaître le fin mot. D'après les avis, j'ai l'impression que le troisième tome est plus intense. À voir...