Manderley for ever

15 févr. 2019

« J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. » C’est par cette phrase que commence Rebecca, le roman de Daphné du Maurier porté à l’écran par Alfred Hitchcock.

Depuis l’âge de douze ans, Tatiana de Rosnay, passionnée par la célèbre romancière anglaise, fait de Daphné du Maurier un véritable personnage de roman. Loin d’avoir la vie lisse d’une mère de famille, qu’elle adorait pourtant, elle fut une femme secrète dont l’œuvre torturée reflétait les tourments.

Retrouvant l’écriture ardente qui fit le succès d’Elle s’appelait Sarah, vendu à plus de neuf millions d’exemplaires à travers le monde, Tatiana de Rosnay met ses pas dans ceux de Daphné du Maurier le long des côtes escarpées de Cornouailles, s’aventure dans ses vieux manoirs chargés d’histoire qu’elle aimait tant, partage ses moments de tristesse, ses coups de cœur, ses amours secrètes.

Le livre refermé, le lecteur reste ébloui par le portrait de cette femme libre, bien certaine que le bonheur n’est pas un objet à posséder mais un état d’âme.
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Manderley for ever de Tatiana de Rosnay
Éditions Albin Michel・Héloïse d'Ormesson, 2015 - 458 pages - 22€

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 : Découvrir la vie d'autrice et de femme, de Daphné du Maurier.
Comprendre les conditions, les inspirations, de ses écrits.
Avoir envie de lire beaucoup de ses livres.


Manderley for ever est un livre que j'ai trouvé chez Emmaüs. Ayant aimé, à la fois l'écriture de Tatiana de Rosnay et l'univers de Daphné du Maurier, il m'a tout de suite intrigué. Une biographie romancée de l'autrice à qui nous devons le classique Rebecca, mais également La Maison sur le rivage (le seul que j'ai lu d'elle, pour le moment).

Tatiana de Rosnay nous embarque avec elle dans les pas de Daphné du Maurier. De sa tendre jeunesse, à Cumberland Terrace, où la petite fille rêveuse grandit entourée de ses parents et de ses sœurs, à leur déménagement à Cannon Hall, où elle commence à trouver sa voie. Toujours en vouant une admiration à son père. Daphné n'a que sept ans, mais elle constate pour la première fois à quel point son père est célèbre, et que le nom de son père, ce patronyme aux consonances françaises, l'est aussi. Avec les grands faits historiques de l'époque en toile de fond - les deux guerres mondiales, droit de vote des femmes, crise boursière, etc. - la vie de la future grande autrice se dévoile à nous.

Il fut passionnant de découvrir ce qui l'a inspiré, fait vibrer, pour écrire ses nouvelles, romans et pièces. Les réactions lors des premières parutions, aussi. Elle préfère heurter les consciences que de laisser indifférent. Son mal-être de ne pas être un garçon, son amour de Paris et de la Cornouailles, les pièces qu'ils jouaient en famille, ses premiers émois amoureux, son père qui a du mal à voir grandir ses filles. Tout cela a forgé la jeune femme. Son besoin de liberté, de s'éloigner de ses parents aussi. Daphné le sait, son Peter Pan de père l'aimait plus que tout, d'un amour puissant, étouffant, et dévorant. Sa jeunesse, ses rêves et espoirs, ses voyages. Et puis, sa vie d'autrice, de femme, de mère.
"Daphné fait partie de ses écrivains qui préfèrent regarder en arrière, pas de l'avant, qui sont capables de noircir des pages entières sur ce qui fut, un lieu, une trace, mettre des mots sur la fugacité de l'instant, la fragilité du souvenir qu'il faut embouteiller comme un parfum."
Les passages qui ont eu ma préférence sont ceux sur Menabilly, demeure qui fascine Daphné. Ils illustrent bien ses envies et son tempérament, je trouve. Son univers. Tout au long de la soirée, Daphné ne parvient pas à chasser de son esprit les images de la maison. Pourquoi est-elle possédée à ce point par un passé qui n'est pas le sien, hantée par la mémoire des murs d'un manoir abandonné ? Les différents passages présentant ses écrits, au fil des ans, m'ont donné très envie d'en lire certains.  À commencer par RebeccaL'auberge de la Jamaïque, Ma cousine Rachel, etc. Et puis, j'avoue être curieuse de lire Le Monde infernal de Branwell Brontë - le frère des célèbres sœurs Brontë.

Les courts intermèdes, où nous retrouvons Tatiana de Rosnay se rendant sur les lieux qui ont marqué la vie de Daphné du Maurier, m'ont bien plu aussi. Elle assouvit ainsi la curiosité du lecteur sur ce qui reste de tout cela. En bref, un livre qui m'a beaucoup plu et donné très envie de mieux découvrir la bibliographie de Daphné du Maurier.

Si vous avez des romans ou nouvelles à me conseiller, n'hésitez pas.
Moi, je vous conseille grandement ce livre-ci !


En quelques mots...
Londres | Paris | Cornouailles | Famille | Autrice | Œuvres | Vie

Dix battements de cœur

13 févr. 2019





Isabella White est à l’abri de tout. À bientôt treize ans, elle vit dans les beaux quartiers de Londres. Elle est la fille unique d’un avocat prospère. Surtout, elle a Andrew Chapel, le fils de l’assistant de son père. Qu’ils le veuillent ou non, un lien ancien et mystérieux unit les White et les Chapel. Un lien que rien, jusqu’à présent, n’a pu dissoudre. Mais c’est 1939, la guerre arrive et les bombardements allemands menacent Londres. Pendant que leurs pères partent au combat, Isabella et Andrew doivent fuir. Que restera-t-il quand ils reviendront ?



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Dix battements de cœur de N.M Zimmermann
Éditions L'école des loisirs (Médium), 2019 - 350 pages - 17


:  Aucun chapitre du point de vue d'Andrew.

 : Les personnages. Isabella, Andrew et les autres.
L'histoire, mêlant Histoire, amitié, famille et une touche de fantastique.
L'écriture agréable et entraînante de l'autrice.


Merci aux Éditions L'école des loisirs pour cet envoi. Si la couverture et le résumé m'ont donné envie de découvrir ce roman, les premières pages m'ont très vite convaincue qu'il allait me plaire. Une aura de mystère, concernant le lien entre la famille d'Isabella et celle d'Andrew, vient s'ajouter à ce récit sur la Seconde Guerre mondiale, en Angleterre. Un lien, une particularité, qui laisse tout de même de la place au reste de l'histoire. Il faut le découvrir au fil de la lecture...

Nous suivons les personnages sur plusieurs années. En 1932, lorsque Isabella, six ans, se rend compte ce qui rapproche sa famille de celle d'Andrew, huit ans. Pour la première fois, Isabella entrevit qu'une chose terrible liait les occupants de l'appartement de Fleet Street. Puis, en 1939, avec l'entrée en guerre contre l'Allemagne, devant quitter leur foyer pour aller vivre chez la tante de la jeune fille. Dans l'attente de l'attaque, des bombardements. Londres ressemblait à la fin du monde. Descendre à la cave devenait un réflexe. On s'habitue à tout, songeait Isabella. Même à la terreur.

J'ai aimé ce roman pour sa touche d'originalité, pour son côté historique, pour ses personnages. Isabella est une jeune personne attachante, devant se débattre, survivre, comme elle le peut, avec sa conscience. Andrew est aussi intéressant. Voilà pourquoi j'aurais encore plus apprécié cette lecture en ayant quelques chapitres de son point de vue.

Une plume très agréable, qui nous entraîne dans ces années sombres, durant le Blitz, aux côtés de deux adolescents inséparables malgré eux. Des moments difficiles, des séparations, des clins d’œil plus léger (bonjour, C.S. Lewis). Un livre qui se lit quasiment d'une traite. Outre parler de la Seconde Guerre mondiale, de la conséquence pour les enfants qui sont envoyés loin de leur famille, etc., le mystère qui entoure les familles White et Chapel m'a tenu jusqu'au bout. 
"L'espoir est une chose terrible, mais elle était incapable d'y renoncer."

En quelques mots...
Londres | Seconde Guerre mondiale | Enfants | Familles | Lien

L'archipel, tome 3 : Altitude

11 févr. 2019


Risque de spoiler, si vous n'avez pas lu les tomes précédents.


Nul n'est au-dessus des lois... Cette maxime est en train de se retourner contre les chefs d'Etat du monde entier : un trio anonyme, CTRL/ALT/DEL, diffuse des vidéos les liants directement au réseau frauduleux d'Anton Pavlovitch. Et le signal provient des ruines de l'Archipel, là où Argo, l'ancienne détenue insoumise, mène sa guérilla. La course est lancée, du plus haut fleuve tibétain aux sommets vertigineux du Pérou, pour retrouver les trois lanceurs d'alerte. Sacha, Yann et Nouria y jouent leur destin et le dernier acte d'une guerre entre frères, celle de Marc-Antoine et Anton Pavlovitch.

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L'archipel, tome 3 : Altitude de Bertrand Puard
Éditions Casterman, 2019 - 303 pages - 16€
Fait partie de la saga L'archipel : tome 1 - tome 2


: Dommage qu'il n'y ait pas de résumé des tomes précédents.
Certains points sont mis de côté ou manquent de développement.

 : Un univers original et intéressant à parcourir.
Des personnages qui évoluent, cherchent, luttent.
Un troisième tome qui ne manque pas d'action.


Merci aux Éditions Casterman pour cet envoi.

Alors que Yann se trouve en très mauvaise posture, Marc-Antoine semble toujours mener son petit monde d'une main de maître, plaçant Nouria, Sacha et Isabel là où ils lui seront le plus utile. À côté de cela, nous suivons également les dirigeants de différents pays, qui se révèlent être liés aux magouilles qui entourent l'Archipel & co.

Dans l'ensemble, un bon page-turner, grâce au rythme que l'auteur nous impose en passant d'un personnage à l'autre. Tout comme les clins d’œil à l'actualité et à des politiciens connus apportent du poids à l'histoire. Mais, il y a des bémols, un manque d'approfondissement de certains points - concernant le passé des frères Pavlovitch notamment. De plus, Sacha est beaucoup mis de côté. Et, finalement, même la romance qui ne me plaisait pas dans le deuxième tome, est absente de ce tome-ci. Bref, du bon et du moins bon, je suis mitigée. L'originalité de l'ensemble et les personnages qui évoluent ne font pas oublier toutes les questions qu'on se pose encore et les informations qu'on aimerait avoir sur certaines choses mises en place par l'auteur depuis le premier tome, puis laissées de côté pour d'autres choses.

"La vérité en marche. 
CTRL/ALT/DEL"
Une trilogie qui se termine... tout en nous réservant encore des surprises, pour le printemps 2019 !


En quelques mots...
Archipel | Lutte | CTRL/ALT/DEL | Frères | Politiciens | Monde

La Liste de mes envies

9 févr. 2019




Les femmes pressentent toujours ces choses-là.

Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir tout ce qu’elle veut, elle se pose la question : n’y a-t-il pas beaucoup plus à perdre ? 

Grégoire Delacourt déroule ici une histoire forte d’amour et de hasard. Une histoire lumineuse aussi, qui nous invite à revisiter la liste de nos envies. Bientôt au cinéma, La Liste de mes envies a connu un succès international.



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La Liste de mes envies de Grégoire Delacourt
Éditions Le Livre de Poche, 2013 - 184 pages - 6,90


:  Un texte un peu court ?

 : Beau, banal, triste, simple.
Un récit à l'image de son personnage principal.
Une jolie découverte.


Comme la quatrième de couverture l'indique, La Liste de mes envies a eu droit à son adaptation ciné (avec Mathilde Seigner et Marc Lavoine). Ce sont les quelques extraits que j'en ai vu qui m'ont rendu curieuse de découvrir l'histoire. Alors, j'ai été contente de trouver ce roman dans la box commandée chez Bouquins-Occaz, la semaine dernière.

Des rêves de bonheurs et d'argent, l'entourage de Jocelyne en a plein la tête. Pour elle qui aime la simplicité de sa vie, la grosse somme qu'elle gagne soudain, risque de tout bouleverser. Alors, elle cache le chèque, n'en parle pas, de peur que les choses changent, que les gens changent. Un récit qui peut paraître un peu plat, la narratrice nous racontant sa vie et son quotidien, sans emphase. Les déceptions et désillusions, les petites joies qui viennent égayer la vie, les doutes, les peurs et les envies. C'est un roman que j'ai trouvé beau et simple, grâce au personnage de Jocelyne, justement, à son caractère et sa vision de la vie. Et, finalement, le "manque de passion", que j'aurais pu reprocher à certains passages reflète son état d'esprit, les passages de sa vie qu'elle nous raconte, son besoin de calme et de ce qu'elle a déjà.
"Je pense à moi, à tout ce qui me serait possible maintenant et je n'ai envie de rien. Rien que tout l'or du monde puisse offrir. Mais est-ce le cas de tout le monde ?"

En quelques mots...
Arras | Mercière | Mari | Amies | Argent | Quotidien

La Brigade des chasseurs d’ombres – Wendigo

7 févr. 2019

Des noires demeures de Londres aux terres glacées du Québec, embarquez pour une aventure dynamitée, mêlant trappeurs, shamans, lycanthropes, wendigos, monstres et autres « gentlemen extraordinaires » !

Dans le Parc de la Mauricie, au Québec, Hugues et Lazare, deux gardes forestiers, sont attaqués par des bêtes qui pourraient passer pour un ours et un loup... s’ils ne se tenaient pas sur leurs pattes arrière – sans parler de leur état de décomposition avancée !

Menant l’enquête, ils se tournent vers le vieux Jack, le grand-père de Hugues, descendant du peuple indien metiikamek. Par son entremise, ils vont découvrir que le monde moderne n’est pas aussi lisse qu’il y paraît, et que la Terre est l’enjeu d’une foule d’abominations qui rêvent d’en prendre le contrôle...

L’un d’eux, le Wendigo, Celui qui marche sur le vent, est d’ailleurs tout près d’y parvenir.

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La Brigade des chasseurs d’ombres – Wendigo de Chrysostome Gourio
Éditions Sarbacane, 2019 - 330 pages - 17


:  Un dénouement un brin trop rapide.

 : Les décors et l'ambiance sont une réussite.
Les personnages que nous rencontrons au fil de l'intrigue.
Le cheminement d'Hugues et Lazare.


Merci aux Éditions Sarbacane pour cet envoi. Plusieurs choses m'ont donné envie de lire ce roman. Pour commencer, c'est une nouveauté d'une maison d'édition dont j'apprécie beaucoup les parutions - impossible d'être déçue, toujours prête à être surprise par leurs livres ! Ensuite, le résumé, qui nous promet une histoire fantastique, se déroulant, entre autres, au Québec. Enfin, lié à cela, le Wendigo, qui me fait penser au début de la série télé Supernatural.
"Plus hautes qu'un homme, émaciées, le dos voûté comme si elles peinaient à porter le poids de leur corps, elles avaient les jambes arquées et leurs interminables mains aux doigts griffus frôlaient le sol. Leur gueule laissait saillir des crocs sous des lèvres déchirées. Profondément enfoncés dans des orbites qui semblaient des cavernes, les yeux jaunes et perçants étaient bordés de pus séché et de croûtes. Si certains de ces montres pouvaient s'apparenter au loup, d'autres rappelaient l'orignal, le bison ou encore l'ours. Il émanait d'eux une impression de puissance terrifiante."
L'auteur nous conte l'histoire d'une lutte de plusieurs siècles, à travers le monde, ici et ailleurs. Pour nous, elle commence aux côtés de deux gardes forestiers, Hugues et Lazare. Deux amis qui vont être confrontés à des êtres étranges, à la violence et à quelque chose de bien plus phénoménal et dangereux. Avant cela, ils vont devoir, chacun à leur manière, apprendre à se connaître, à se contrôler, trouver un équilibre entre le corps et l'esprit.
"- Yit'hakw'a arrive, grince la main noire des Très Anciens. Tenez-vous prêts."
Un univers où le folklore prend vie pour le meilleur ou pour le pire. Un groupe de personnages hétéroclite, des wendigowak et autres créatures, des chasseurs, veilleurs et chamans, etc. Le rythme est le seul point qui fait parfois défaut à l'intrigue. Même s'il est intéressant de suivre le cheminement des deux amis, ça prend du temps et le dénouement semble un brin rapide comparé à cela. Bref, La Brigade des chasseurs d’ombres est un roman intéressant, qui change et nous amène dans des décors assez originaux. Vous savez quoi ? Je ne serais pas contre une suite...


En quelques mots...
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