Six sirènes d'Agnès Maupré

25 août 2026

Service presse

Sensible et profonde, captivante et poétique : l’histoire d’Irène, l’adolescente qui se découvre sirène.
Irène habite Marseille et n’a jamais vu la mer. Sa mère lui répète qu’elle est trop fragile. Sa mère l’aime. Un jour, sa vie bascule : Irène découvre qu’elle est une sirène. La queue, les écailles... toute la panoplie. Sa mère lui a menti. Dans les profondeurs de la Méditerranée, ses sœurs grandissent avec son absence. Entre deux mondes, le destin croisé de six adolescentes qui tentent de trouver leur voie. Une ode puissante à la sororité.

Six sirènes d'Agnès Maupré - Sarbacane (Exprim'), 2026 - 240 pages - 16 €

« Dans une mer plus très sereine
Ont un jour éclos six sirènes.
Six six sirènes se souviennent,
Six six sirènes se soutiennent,
Si six sirènes se comprennent,
La mer, de nouveau, sera pleine. »

Six sirènes est le premier roman d'Agnès Maupré. L'autrice a précédemment publié des bandes dessinées, qui sont parfois des adaptations de romans (comme Au bonheur des dames de Zola, Casterman, 2020). J'ai eu envie de lire cet Exprim' parce que c'est toujours un plaisir de découvrir les nouveautés de cette collection, d'autant plus lorsqu'il est question de sororité !

Irène s'est toujours sentie à l'écart, surtout à l'école. Il faut dire que sa mère veille au grain et lui laisse peu de liberté. L'adolescente a interdiction d'approcher la mer, mais une simple baignoire va lui révéler un secret bien gardé. Elle est une sirène et sa "mère" lui a menti toute sa vie. Tenaillée par des rêves étranges, elle va essayer de comprendre qui elle est. 

Si j'ai indéniablement aimé les messages passés (quête de soi, écologie, sororité) et ai apprécié le côté fantastique du récit, je dois admettre  et regretter  être restée trop hermétique aux émotions ressenties par les personnages. Et ce, malgré l'alternance des points de vue qui permet d'avoir un œil sur les ressentis d'Irène et de sa mère, mais aussi ceux de la famille d'Irène au fond de la mer. J'aurais aimé avoir quelques pages supplémentaires, histoire d'approfondir certains points, comme la relation entre Irène et sa mère, ou encore prendre plus le temps lorsque l'adolescente se confie à une de ses camarades de classe... Bref, être davantage immergée pour être davantage happée par les émotions - colère, inquiétude, espoir, joie.

« ー L'infini n'existe pas mais l'infini est partout. Tu peux rester toute ta vie le nez dans une flaque sans jamais faire le tour de ce qui s'y cache comme tu peux parcourir le monde et ne jamais trouver ce que tu cherches. »

Pumpkin Autumn Challenge - La mélodie des mots

23 août 2026

Si le challenge fête ses dix ans cette année, j'y participe, pour ma part, depuis cinq ans. Chaque année, c'est un plaisir de découvrir ce que Guimause nous réserve. Et j'aime énormément partager autour des lectures & co sur le Discord du challenge. On s'y retrouve ?

Le challenge se déroule du 1er septembre au 30 novembre 2026 et voici le programme que je me suis concocté :


Pour voir l'article de présentation, avec toutes les explications, c'est par ICI
#PumpkinAutumnChallenge  #PALduPAC

Son Lac de Marine Carteron

21 août 2026

service presse (en librairie le 26 août)

« Ils sont toujours tellement sûrs d'eux que ça la fait presque rire. Presque. On aurait pu croire que les siècles leur auraient appris la prudence mais c'est le contraire : jamais il n'a été aussi facile de les convaincre de la suivre... »

Son histoire se confond avec celle du monde. Elle est une rescapée des temps obscurs et les millénaires se sont enchaînés sans qu'Elle vieillisse. Dernière représentante de son espèce, Elle est prête à tout pour tromper sa solitude. Puis, un jour, Elle l'a trouvé. Lui. Et tout a changé. Dans sa demeure, son Lac, Elle ne sera plus jamais seule.

Son Lac de Marine Carteron - Rouergue (Epik), 2026 - 416 pages - 19 € *

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
arme blanche - cadavre - coma - hôpital - maltraitance - mort - mutilation - sang - violence

Son Lac fait partie de la rentrée littéraire 2026 et est l'occasion pour la collection Epik de mettre en avant son nouveau logo. J'ai adoré ce roman qui tient ses promesses, présenté comme une « réécriture gothique et féministe de la légende de la dame du Lac ». Marine Carteron prouve une nouvelle fois son talent pour nous proposer des récits aussi prenants que différents. 

De nos jours, Léo a disparu, laissant ses ami•es, Clara et Zian, et son frère, Mo, en plein désarroi. Les mois passent et toujours aucune nouvelle de l'adolescent. Comment la mystérieuse et inquiétante dame du Lac entre en collision avec elleux, comment son histoire entre-t-elle en résonance avec la leur ? Il va falloir démêler ce qui est vrai parmi toutes les légendes la concernant, pour le comprendre ! L'autrice nous amène doucement vers la fin, implacable... De quoi trembler pour les personnages !

Une « vibe » Blackwater (Michael McDowell, Monsieur Toussaint Louverture) façon Marine Carteron, voilà comment le mieux expliquer mon ressenti tout au long de la lecture. L'autrice n'a cessé de me surprendre avec ce récit prenant à souhait. J'ai adoré passer d'une époque à l'autre pour découvrir les légendes liées à la dame du Lac (2027, XIIIe siècle et fin du XIXe siècle). Il y a un bel équilibre entre les personnages qui font l'intrigue au fil des époques. Trahison et vengeance, fascination et crainte, trouble et désir, traitement du mythe, personnage féminin et pouvoir. Le lac est craint, dit habité par le Malin au XIIIe siècle, tandis qu'à notre époque, on se méfie de la vieille conteuse qui en sait long. Un livre de la rentrée littéraire à ne pas louper !

Celleux qui connaissent bien Angon et le lac d'Annecy pourront encore mieux s'imprégner du récit.

« Ça fait longtemps que la déesse est devenue démone, sorcière, vermine à exterminer, l'obligeant à vivre dans l'ombre, à attendre. »


* Une version collector (couverture cartonnée & jaspage), au tirage limité, est également disponible, au prix de 22 €.

Tokyo Survivors, tome 1 & tome 2 d'Edogawa Edogawa

16 août 2026

 

« Mais bon sang, disparaissez tous ! »
Suspicion, distance sociale, contrôle des masques, l'entreprise de son père en crise financière... Makoto Hamada, lycéen, en a assez de ce monde où les liens sociaux se délitent. Un jour, son professeur principal lui demande de rester dans la salle de classe avec trois de ses camarades : Teruo Yasui, Yasushi Tabata et Ayaka Matsuoka. Mais quand ils sortent, c'est la stupeur ! Ils sont seuls à Tokyo... et doivent survivre !*

*résumé du premier tome

Tokyo Survivors, tome 1 & tome 2 d'Edogawa Edogawa
Omaké Books, 2024 - 176 et 160 pages - 7,90 €
Ningen Shôshitsu, book 1 & book 2 (2022), traduit par Guillaume Mistrot

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
arme blanche - misogynie - violence

N'étant pas très calée en mangas, je ne connaissais pas le travail d'Edogawa Edogawa. J'ai simplement trouvé les deux premiers volumes chez Noz et ai été attirée par le côté survivaliste de l'histoire. Mais le tout n'a pas été à la hauteur de mes attentes. En toute honnêteté, c'est un manga qui souffre de la comparaison avec la série à laquelle il m'a tout de suite fait penser : Alice in Borderland. Des lycéens en mode survie dans une ville soudainement déserte... Autant les enjeux sont grands dans la série Netflix (je n'ai pas lu le manga éponyme), autant il ne se passe quasiment rien dans le premier tome de Tokyo Survivors. Un premier tome est censé être suffisamment accrocheur pour donner envie de lire la suite, non ?

De plus, les personnages manquent cruellement de charisme. Sans compter que le seul perso féminin est sexualisé par un de ses camarades gros pervers caractériel au possible. Obsédé, imbuvable, misogyne, autant vous dire que je n'ai pas spécialement apprécié Teruo... Le problème étant, aussi, que les autres restent bien trop passifs face à lui. Ayaka, quant à elle, lui répond tant bien que mal pour se défendre. Et il faut attendre la fin du tome 2 pour avoir un peu d'action et une tension tout juste palpable durant quelques pages... Bref, c'est une histoire complète en 5 volumes, alors il n'est pas impossible que je lise quand même les suivants pour en connaître le fin mot. D'après les avis, j'ai l'impression que le troisième tome est plus intense. À voir...

Les Victorieuses de Laetitia Colombani

9 août 2026

Brillante avocate, Solène tente de se reconstruire après un burn out. Acceptant une mission bénévole d'écrivain public, elle est envoyée au Palais de la Femme, vaste foyer au cœur de Paris. Les résidentes s'appellent Binta, Sumeya, Cvetana, Salma ou la Renée et viennent du monde entier. Lorsqu'elles voient arriver Solène, elles se montrent méfiantes. Solène vacille mais s'acharne, bien décidée à trouver sa place auprès de ces femmes aux destins tourmentés...

Un siècle plus tôt, Blanche Peyron œuvre en faveur des démunis. Elle a voué sa vie à l'Armée du Salut et rêve d'offrir un refuge à toutes les exclues de la société. Le chemin est ardu, mais Blanche ne renonce jamais.

Laetitia Colombani donnent vie à ces Victorieuses anonymes, à Blanche l'oubliée, à toutes celles qui refusent de se résigner. Un hymne à la solidarité prodigieusement romanesque.

Les Victorieuses de Laetitia Colombani
Grasset, 2019 - 224 pages - 18 €



Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
évocation de dépression, de mutilation, de viol, de violence conjugale, de féminicide - mort - suicide

Les Victorieuses, ou comment Laetitia Colombani confirme sa force pour nous conter des récits profondément humains, avec une mise en avant des combats menés par des femmes du monde entier.

Ayant lu et énormément aimé La Tresse, premier roman de l'autrice, le mois dernier, j'ai poursuivi ma découverte de sa bibliographie avec son deuxième roman, Les Victorieuses. Un roman qui mêle présent et passé, histoires et Histoire. À notre époque, Solène, avocate, a du mal à reprendre le cours de son existence suite à la mort brutale d'un de ses clients. Le choc a provoqué une déflagration dans sa vie. Au début du XXe siècle, Blanche Peyron — et son mari Albin — se démène pour pallier la pauvreté et la précarité. Deux femmes, deux destins lié•es par un endroit : le Palais de la Femme*. Bien plus que deux femmes et deux histoires, en fait. Solène va en prendre conscience à mesure qu'elle passe du temps avec celles qui croisent son chemin au Palais. Sa mission en tant que bénévole au foyer ? Écrivain public.

« Quel est le sens de tout cela ? Solène l'ignore. Quelque chose lui échappe de cet endroit, de ces femmes qu'elle côtoie sans vraiment les rencontrer. Elle n'a pas le code pour déchiffrer les âmes et les comportements, pas le mode d'emploi, pourtant elle le sent, elle est en train de gagner sa place ici, lentement. »

Un récit important, d'actualité, qui nous ouvre encore un peu plus les yeux sur l'état du monde. Pauvreté et précarité, misère, combat, sororité. Culpabilité, doute, tristesse, indignation, espoir et entraide. Sans grandiloquence. Avec sincérité.

Destinée aux plus jeunes, une adaptation en album est sortie ; Les Victorieuses ou le Palais de Blanche de Laetitia Colombani et Clémence Pollet, se concentrant sur l'histoire de Sumeya (jeune personnage secondaire du roman) et Blanche.

*Le Palais de la Femme est un lieu d'accueil pour personnes en difficulté, inauguré en 1926 (100 ans cette année !) par le couple Peyron et l'Armée du Salut.