Hollywood Zero

18 oct. 2021







Poursuivi par des créanciers, Dominique se réfugie à Los Angeles et s’associe à un producteur véreux d’Hollywood dont la spécialité est de monter des projets de films bidons pour arnaquer des financiers trop crédules. Mais l’usine à rêves est aussi une fabrique de cauchemars.




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Hollywood Zéro de Dominique Forma
Éditions Rivages (noir), 2014 - 254 pages - 8,15€



: Moins amusant que je ne l'escomptai.

 : De Paris à Los Angeles. 
Une ambiance à la Pulp Fiction


Passer de l'Irlande (avec ma précédente lecture ; Ce que murmure le vent) au Los Angeles qu'arpente Dominique est plutôt brutal... Mais j'aime me plonger dans des genres différents et Hollywood Zéro m'a rendu curieuse, car présenté comme un "roman féroce et décalé" sur sa quatrième de couverture.
"Les films à succès ne racontent pas Hollywood, mais une illusion. 
La vérité de cette ville se terre entre l'ombre et l'oubli."
Après une méchante bagarre et fuyant ses créanciers, Dominique prend la direction d'Hollywood où il va aider une de ses vieilles connaissances pour une arnaque dans le milieu du cinéma. Un divertissement à la Tarantino - avec une surenchère d'emmerdes, de bagarres, d'arnaques et de sexe. L'ambiance et les personnages m'ont fait penser au film Pulp Fiction. On aime ou on n'aime pas... Disons que, personnellement, je m'attendais à ce que ce soit un peu plus amusant. Une lecture qui ne restera pas inoubliable, mais qui a fait le job.


En quelques mots...
Paris | Los Angeles | Voleur | Arnaque | Cinéma | Argent


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez.
Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
violence physique et morale - drogue et alcool - abus sexuel -maltraitance animale

Ce que murmure le vent

16 oct. 2021

 

New York, 2001.
Pour respecter les dernières volontés de son grand-père adoré, Anne Gallagher fait le voyage de Brooklyn jusqu’à Dromahair, un petit village du nord de l’Irlande, afin de disperser les cendres de son aïeul sur sa terre natale. Avalée par le brouillard au milieu du lac où elle lui fait ses derniers adieux, elle est victime d’une mystérieuse attaque...

Quand Anne se réveille, elle est en 1921, dans le domaine de ses ancêtres où tous semblent penser qu’elle est son arrière-grand-mère disparue lors de la sanglante Insurrection de 1915. Perdue au cœur des heures les plus sombres de l’histoire irlandaise, alors que grondent déjà la guerre civile et le chaos, la jeune femme du xxie siècle doit tout réapprendre.

Déchirée entre son désir de retrouver la vie qui était la sienne et la folle liberté que lui offre ce nouveau départ, Anne réussira-t-elle à trouver sa place ?

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Ce que murmure le vent d'Amy Harmon
Traduit par Laurent Bury - Titre original : What the Wind Knows
Éditions Charleston, 2021 - 480 pages - 22,50€

Autres romans de l'autrice, sur le blog :

: Il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour vraiment adorer le roman.

 : Un récit mêlant fantastique, Histoire et romance.
Le côté Historique m'a beaucoup plu - instructif, sans être barbant.
La note de l'autrice, à la fin, qui lie l'histoire du roman, sa propre famille et l'Histoire.


J'aime beaucoup les romances d'Amy Harmon. J'ai du mal à me décider pour dire le livre qui me plaît le plus... Si Nos faces cachées a une place particulière, car c'est celui qui m'a fait découvrir l'autrice, L'infini + un est sans doute celui qui m'a le plus marqué, avec le recul des années. Ce qui est certain, c'est que j'avais hâte qu'un nouveau roman à elle soit traduit et qu'après lecture du résumé, j'étais très curieuse de plonger dans Ce que murmure le vent, qui nous emporte dans une histoire bien différente des précédentes.
"[...] c'est à travers les contes et les légendes que nous maintenons en vie nos ancêtres, notre culture et notre passé. Nous transformons les souvenirs en récits sans quoi nous les perdons. Quand les histoires s'en vont, les gens disparaissent aussi."
Anne a été élevée par son grand-père Eoin, qui souhaite qu'elle disperse ses cendres en Irlande, lorsqu'il meurt. Elle part alors sur les traces de leurs ancêtres... Victime d'un étrange phénomène, Anne se retrouve dans le passé, auprès de personnes qu'elle reconnaît pour les avoir vues en photos - des gens qui vivaient au temps de l'enfance d'Eoin. Thomas, Brigid, Eoin - ces gens-là n'existaient pas. N'existaient plus. Pourtant ils étaient là, aussi vivants que moi, en chair, en os et en sentiments, ils vivaient des jours déjà passés. Loin de son époque, Anne doit s'adapter à la vie en 1921 - quelques années après l'Insurrection de Pâques, alors que les Irlandais continuent de se battre pour leur indépendance. Le trouble sur sa propre identité pourrait bien vite la mettre en danger... 

Le côté Historique, sur cette époque marquante pour l'Irlande, est instructif et m'a plu. Je n'y connaissais franchement pas grand chose... De plus, les questionnements sur l'existence, le temps qui passent et les souvenirs font partie intégrante de l'intrigue et donnent une atmosphère particulière au récit. Avais-je changé le cours de l'histoire, ou en avais-je toujours fait partie ? Le genre d'histoire à lire calmement, lentement, pour s'imprégner de l'époque, du décor. Parfait pour la saison automnale. Malgré cela, il m'a manqué un je-ne-sais-quoi - peut-être des étincelles concernant la romance -, pour que ce ne soit davantage qu'une bonne lecture... 


En quelques mots...
Irlande | 1921 | Insurrection de Pâques | IRA | Famille | Existence | W. B. Yeats

Le Château des étoiles, Vol. 6 : L'exposition interplanétaire de 1875

14 oct. 2021

Risque de spoiler, si vous n'avez pas lu les tomes précédents.


Après avoir visité la Lune et Mars, Les Chevaliers de l’Ether semblent tristement cloués au sol depuis l’échec de leur tentative visant à convaincre l’Empereur Napoléon III de secourir les Martiaux. Le jeune Séraphin a été jeté en prison, et la Princesse de Mars est détenue pour être exhibée lors de l’Exposition Interplanétaire qui doit s’ouvrir à Paris, le 25 avril 1875 en présence de leurs Majestés les Empereurs de France et d’Allemagne.

Afin de pousser les dirigeants du monde à dénoncer les crimes commis par la Prusse sur Mars, nos héros vont donc devoir libérer la princesse, ou tout au moins ses fabuleux pouvoirs mentaux. Et ainsi, au nom de la concorde entre les peuples, Hans, Sophie et Séraphin, aidés de Loïc, du capitaine Schneidig et de la journaliste Jocaste Daumier n’ont plus le choix : ils doivent braquer l’Exposition ! Mais à quel prix ?

Le Château des étoiles, Vol. 6 : L'exposition interplanétaire de 1875 d'Alex Alice
Éditions Rue de Sèvres, 2021 - 64 pages - 14,50€
Fait partie de la saga Le Château des étoiles :

Dans le même univers, d'Alain Ayroles & Étienne Jung :



: Moins d'émotions que dans les premiers volumes.

 : Les enjeux défendus par les Chevaliers de l'éther.
Les quelques touches d'humour - on peut toujours compter sur Hans.
Parcourir l'exposition interplanétaire de Paris à travers les illustrations.


Merci aux Éditions Rue de Sèvres pour cet envoi. L'exposition interplanétaire de 1875 conclut le troisième cycle du Château des étoiles. Comme d'habitude, c'est un plaisir de retrouver les personnages et l'univers.

Que dire de cette nouvelle aventure... Le groupe formé par les personnages est intéressant à suivre, chacun.e apporte quelques choses avec sa personnalité. L'entente est toujours compliquée entre Sophie, Séraphin et Loïc, mais tou.te.s ont un même but. Les enjeux importants rendent l'histoire prenante. Il leur faut trouver un moyen de montrer aux puissants dirigeants du monde, ce qui se passe réellement sur Mars et donc, libérer la princesse, durant l'exposition interplanétaire de Paris ! J'aime beaucoup cette intrigue tournant autour du sort des Martiaux. Cela en dit long sur chacun.e, en fonction de leurs réactions. Et puis, le décor (l'expo interplanétaire) est vraiment cool, on ne va pas se mentir. Les illustrations n'en sont qu'encore plus belles, inventives. 

Sans surprise, j'ai déjà hâte que la suite sorte pour vivre de nouvelles aventures en compagnie des Chevaliers de l'éther !


En quelques mots...
Steampunk | XIXe siècle | Aventure
Mars | Vénus | Chevaliers de l'éther

Vieux, râleur et suicidaire - La vie selon Ove

12 oct. 2021

 

Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Enfermé dans sa routine maniaque, à cheval sur ses principes, il se méfie de tout et de tous. Depuis la mort de sa femme et son licenciement, tous les matins, il inspecte le quartier, peste contre les automobilistes, et cherche le meilleur moyen de se suicider. Le problème : un chat pelé et une tripotée de nouveaux voisins semblent bien décidés à ne pas le laisser mourir en paix...

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Vieux, râleur et suicidaire - La vie selon Ove de Fredrik Backman
Traduit par Laurence Mennerich - Titre original : En man som heter Ove
Éditions Pocket, 2015 - 384 pages - 7,60€


: Quelques longueurs, ressenties au début.

 : Ove, qui passe sa vie à rouspéter contre tout le monde.
La plupart des personnages secondaires.
L'écriture et l'humour de l'auteur.


Au mois d'avril dernier, j'ai eu un très gros coup de cœur pour La petite ville des grands rêves de l'auteur - qui restera probablement ma meilleure lecture de l'année 2021. En attendant que la suite soit traduite, j'ai décidé de lire les autres romans de Fredrick Backman déjà dispo en français. Et quoi de mieux pour cela que son premier roman publié ; Vieux, râleur et suicidaire - La vie selon Ove.
"Ove ne sait pas exactement quand il est devenu si taciturne. Peut-être avait-il commencé à parler de plus en plus souvent dans sa tête. Peut-être était-il en train de devenir fou. Il s'interrogeait parfois. C'était comme s'il ne voulait pas qu'on lui parle, de peur que le bruit n'étouffe le souvenir d'une autre voix."
Ove voit sa patience (qu'il n'a pas en grande quantité) mise à rude épreuve par ses voisin.e.s. À chaque fois qu'il est prêt à passer à l'acte, à se suicider pour de bon, l'un.e ou l'autre l'en empêche en n'étant pas foutu de se débrouiller seul.e pour accomplir toutes sortes de tâches ordinaires. Pire ! Parvaneh, son mari et leurs filles, qui viennent d'emménager dans le quartier, semblent sans cesse dans ses jambes ! La jeune femme n'hésite pas à lui tenir gentiment, mais fermement, tête et arrive, au grand désarroi d'Ove, toujours à ses fins.

Vieux, râleur et suicidaire... sans oublier têtu, avec un caractère de cochon, droit, avec des principes, drôle bien malgré lui et, surtout, attendrissant. Tous les hommes sont confrontés à un moment où ils décident quel genre de personne ils veulent être. Et quand on ne connaît pas l'histoire, on ne connaît pas l'homme. Les chapitres alternent entre présent et passé pour que nous découvrions succinctement son enfance, sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme, etc. Entre ses éclats de colère et les épreuves qu'il a traversées, Ove est un personnage très attachant. Et les moments qu'il partage avec Parvaneh sont les plus drôles et touchants du roman. - Tu sais, Ove, parfois on croirait presque que tu as du cœur ! / Ove n'aime pas du tout le ton de sa voix.

Le début m'a fait quelques frayeurs. Il m'a paru long et répétitif, j'ai eu peur de passer complètement à côté de cette lecture. Et pourtant, j'en ai tourné les dernières pages en pleurant avec le sourire aux lèvres. Ne jamais douter de Fredrik Backman, son écriture, son humour et ses personnages ! De toutes les choses qu'il s'attendait à regretter, c'est ce petit geste qu'il souhaiterait ardemment refaire. Tenir sa main dans la sienne. Elle avait l'habitude de recroqueviller l'index dans la paume d'Ove, comme pour le cacher. Alors, il avait toujours le sentiment que plus rien au monde n'était impossible. De toutes les choses qu'il regrette, c'est ce petit rien qui lui manque le plus. Ce roman est une belle lecture, qui nous parle d'une histoire d'amour, d'une vie passée ensemble et du deuil. Il parle aussi de chat, d'amitié, de voiture et de vélo à réparer ! Bref, j'ai beaucoup aimé.

Le roman a été adapté en film, réalisé par Hannes Holm, avec pour titre français Mr. Ove.


En quelques mots...
Suède | Deuil | Saab | Chat | Voisin.e.s | Amitié | Passé-Présent


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez.
Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
tentative de suicide - perte d'un enfant

Les gens heureux lisent et boivent du café & La vie est facile, ne t'inquiète pas

9 oct. 2021


« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.

Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper...

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Les gens heureux lisent et boivent du café de Agnès Martin-Lugand
Éditions Pocket, 2019 - 192 pages - 6,50€



 : Triangle amoureux.
Un roman court, des passages rapides.

 : L'ambiance due au décor. Le climat irlandais, le cottage à Mulranny.
Quelques bons personnages secondaires, attachants.
Le cheminement du deuil, pour Diane.


Agnès Martin-Lugand est une autrice que j'avais très envie de lire depuis un bout de temps. C'est finalement ma grand-mère qui a acheté ces deux romans (suite aux recommandations des petites-filles d'une de ses amies - une belle chaîne de lecture, non ?) et me les a donnés pour que je puisse les lire à mon tour.
"Aujourd'hui, comme depuis un an, le silence régnait en maître dans notre appartement. Plus de musique, plus de rires, plus de conversations sans fin."
Diane n'arrive pas à faire le deuil de son mari et de leur petite fille. Pour esquiver l'attention permanente de son meilleur ami Félix, elle décide de partir en Irlande - n'en déplaise à ses parents qui ne la pensent pas capable de se débrouiller. Elle y rencontre Edward, qui semble souhaiter encore plus de tranquillité qu'elle. 

Finalement, je ne ressors pas entièrement convaincue par cette lecture, même si j'en ai aimé certaines choses. Le roman est court (moins de 200 pages), mais l'histoire se déroule sur plusieurs mois - il y a de nombreux.ses passages et étapes que j'aurais aimé voir moins rapidement survolé.e.s. Et puis, les triangles amoureux ont toujours du mal à me convaincre... Ce fut malheureusement le cas ici. Une ficelle trop facile pour mettre à l'épreuve les personnages. Cependant, les premiers chapitres sont très touchants, le fait que l'histoire se passe en Irlande m'a plu, il y a de bons personnages secondaires et j'ai apprécié la conclusion du roman.

Lecture, photographie, café, Guinness et cigarette sont au programme. Tout comme le sont quelques joutes verbales et confrontations douloureuses. Diane va essayer de se poser pour comprendre où elle en est, comment pouvoir continuer sans Colin et Clara. Se reconstruire petit à petit, malgré la colère et le chagrin. 


En quelques mots...



Irlande | Deuil | Cottage | Reconstruction | Vie




Risque de spoiler, si vous n'avez pas lu le tome précédent.

Rentrée d’Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son ami Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux « Gens heureux lisent et boivent du café », son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille.

Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.

Aura-t-elle le courage d’accepter un autre chemin ?

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La vie est facile, ne t'inquiète pas de Agnès Martin-Lugand
Éditions Pocket, 2019 - 256 pages - 6,70€



 : Assez prévisible.

 : Des passages émouvants et touchants.
Une histoire entre Paris et Mulranny.


J'ai enchaîné avec le deuxième tome, qui m'a davantage plu. L'impression que l'autrice a pris le temps de raconter, de moins précipiter le récit avec les mois qui passent. D'une manière générale, et malgré les passages émouvants et difficiles, il y a une belle sérénité qui nous est transmise, à travers les personnages. Et, s'il y a encore eu un triangle amoureux, la dynamique n'est pas la même que dans le premier et ça m'a moins gêné.

Aujourd'hui, Les Gens étaient mon équilibre. Ils m'avaient permis de sortir la tête de l'eau, de réinstaller ma vie à Paris, de réaliser à quel point le travail m'était bénéfique, de me prouver à moi-même [...] que j'étais capable de faire quelque chose. Diane a réussi à avancer, peu à peu - faire le deuil de son mari et rencontrer un nouveau compagnon, même si laisser partir sa fille lui est toujours impossible. Bien sûr, Félix est toujours à ses côtés. Mais de tristes circonstances ramènent Diane en Irlande... Et les doutes l'assaillent à nouveau. 

Les citations sur le deuil, aussi bien au début de ce livre-ci qu'au début du premier - respectivement de Sigmund Freud et de Monique Bydlowski - sont touchantes et accompagnent très bien le parcours de Diane.


En quelques mots...
Paris | Mulranny | Deuil | Guérison | Amour | Famille