The Rain, tome 1

18 avr. 2019

Une pluie mortelle s’abat sur la Terre : l’humanité est menacée de disparition. Ruby, 15 ans, part à la recherche de son père.

Je m’appelle Ruby Morris, et voici mon histoire. Si vous la lisez, vous avez énormément de chance d’être  encore en vie. Question : quand faut-il abandonner tout espoir ?

a) Maintenant. Immédiatement. On est foutus.
b) Dans deux semaines, environ.
c) Jamais.
d) J’imagine qu’il pourrait y avoir un d), mais s’il existe, je ne l’ai pas encore trouvé...

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The Rain, tome 1 de Virginia Bergin
Titre original : The Rain Traduit par Sidonie Van den Dries 
Éditions Le Livre de Poche, 2019 - 384 pages - 6,90
Fait partie de la saga The Rain



: /

 : Un mélange d'horreur, de légèreté, d'humour un brin désespéré.
Une héroïne qui essaie de survivre comme elle le peut.
Un très bon page-turner. Un bon univers.


Merci aux Éditions Hachette et Le Livre de Poche pour cet envoi. The Rain fait partie des sagas, parues ces dernières années, me tentant le plus. Ce genre d'univers post-apocalyptique me plaît beaucoup et j'avais lu beaucoup de bien sur ce premier tome. A savoir que ledit premier tome et sa suite sont disponibles aux Éditions Bayard, en grand format.

Étonnamment drôle et très prenant, ce premier tome m'a plu et donné envie de découvrir la suite ! La légèreté de Ruby, qui souhaite rejoindre ses ami.e.s et appeler son copain, fait vite face à l'horrible réalité et à la perte des gens qu'elle aime. L'équilibre de l'histoire se joue entre ces deux "états d'esprit" durant tout le roman. Je dis que c'est étonnamment drôle, car je ne m'attendais pas à sourire autant au vu de l'univers clairement apocalyptique. Ruby a donc de l'humour. Un humour qui frise la panique, parfois. Le fait que l'autrice nous serve un univers difficile et une héroïne qui apporte un peu de légèreté, tout en essayant de survivre, donne une touche d'originalité à ce début de saga.
"État d'urgence national. L'État recommande aux habitants de rester chez eux. N'appelez pas les secours. Aucun traitement n'est disponible pour le moment. Les scientifiques affirment que les bactéries contenues dans la pluie sont en cause. Les symptômes de la maladie sont des saignements, des douleurs aiguës et des nausées."
Enfermés dans la maison, les réserves, de boissons surtout, se tarissent rapidement. Ruby et son beau-père s'aventurent dehors et découvrent le chaos, les pillages. Les pluies mortelles ne sont pas le seul danger. Le facteur humain est également mit dans la balance. La réaction des gens face aux drames. Déjà, à ce moment-là, la peur s'immisçait entre les gens. La première question qu'on se posait en croisant quelqu'un, c'était « ne va-t-il pas me faire de mal ? ». 


En quelques mots...
Dartbridge | Londres | Pluies | Épidémie | Adolescente | Survivre | Famille

Agnès Grey

16 avr. 2019








Élevée au sein d'une famille unie mais pauvre - qui n'est pas sans rappeler la fratrie Brontë -, Agnès Grey, 18 ans, fille d'un pasteur d'un village du Nord de l'Angleterre, décide de tenter sa chance dans le monde en devenant gouvernante.


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Agnès Grey d'Anne Brontë
Titre original : Agnès Grey - Traduit par Ch. Romey, A. Rolet
Revue et préfacée par Isabelle Viéville Degeorges
Editions Archi Poche (Collector), 2018 - 276 pages - 7,80



: La lecture est parfois très monotone.

: Un bon classique.
L'époque. Agnès et le regard qu'elle porte sur les autres.
La courte biographie de l'autrice, dans le prologue.


Quand il s'agit de lire des classiques, Jane Austen et les sœurs Brontë ont toute ma confiance. Après avoir lu Emily et Charlotte, il me restait à découvrir Anne. Le prologue permet de mieux cerner l'autrice, sa vie et le lien entre ce qu'elle a vécu et son personnage Agnès Grey. Une courte biographie qui fut la bienvenue avant de commencer le roman.

Voulant aider sa famille, Agnès est décidée à se trouver une place de gouvernante. Quel délicieux état que celui de gouvernante ! Entrer dans le monde ; commencer une nouvelle vie ; agir pour moi-même ; exercer mes facultés jusque-là sans emploi ; essayer mes forces inconnues ; gagner ma vie et même quelque chose de plus pour aider mon père, ma mère et ma sœur, en les exonérant de ma nourriture et de mon entretien ; montrer à papa ce que sa petite Agnès pouvait faire ; convaincre maman et Mary que je n'étais pas tout à fait l'être impuissant et insouciant qu'elles croyaient. En outre, quel charme de se voir chargée du soin et de l'éducation de jeunes enfants !

Rien de comparable avec les romans ayant rendu ses sœurs célèbres, Agnès Grey n'en fut pas moins une bonne lecture. Un classique plaisant à lire. Certes, le tout reste très terre à terre, sans grande passion, mais l'autrice y a mis de sa vie personnelle, de ses sentiments. Agnès Grey, confiante et prête à l'aventure, fait face aux désillusions de sa première place de gouvernante où elle doit gérer des enfants plus prompts à faire ce que bon leur semble qu'à lui obéir.

Si sa première expérience chez la famille Bloomfield ne se passe pas très bien, Agnès n'en est pas pour autant découragée et repart quelque temps après travailler chez une autre famille ; les Murray. Je ne connais pas de situation comparable à celle de la pauvre gouvernante qui, désireuse de réussir, voit tous ses efforts réduits à néant par ceux qui sont au-dessous d'elle et injustement censurés par ceux qui sont au-dessus. Là encore, tout ne se passe pas aussi bien qu'elle pourrait le souhaiter, mais Agnès passe quelques années auprès de deux jeunes filles de son âge.

Le manque d’emphase, de passion, dans l'écriture rend parfois la lecture monotone. Il est tout de même intéressant, pour les descriptions que l'autrice fait de l'époque, des différences de rang, de la religion. Après tout cela, je garde une préférence pour Les Hauts de Hurlevent d'abord, puis pour Jane Eyre et, la curiosité de lire leurs autres romans.


En quelques mots...
Classique | Brontë | Presbytère | Gouvernante | Enfants | Éducation

L'Estrange malaventure de Mirella

14 avr. 2019



Moyen-Âge. Les rats ont envahi la paisible bourgade d’Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire ? Vous savez qu’un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d’Hamelin ? Oubliez ces sornettes. La véritable histoire est bien pire, et c’est grâce à Mirella, une jeune fille de quinze ans, qu’on l’a enfin compris. Cette crève la-faim a un don ignoré de tous : elle voit ce que personne d’autre ne voit. Par exemple, elle a repéré cet homme en noir qui murmure à l’oreille de ceux qui vont mourir de la peste… Et ça lui donne une sacrée longueur d’avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.



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L'Estrange malaventure de Mirella de Flore Vesco
Éditions l'école des loisirs, 2019 - 220 pages - 15,50



: /

 : Le côté réécriture de conte.
Suivre Mirella dans les rues d'Hamelin. La voir évoluer.
L'écriture de l'autrice et son humour.


Merci à l'école des loisirs pour cet envoi. Voilà le dernier roman présent dans la box hivernale, reçue il y a plusieurs mois. Après les bonnes découvertes que furent Dix battements de cœur de N.M Zimmermann et Home Sweet Home de Alice Zeniter & Antoine Philias, j'étais pressée de commencer L'Estrange malaventure de Mirella de Flore Vesco.

Bien que le Moyen-Âge ne soit pas forcément la période historique sur laquelle je préfère lire, les réécritures de contes ont tendance à beaucoup me plaire. Alors, j'avais hâte de découvrir ce que Flore Vesco allait faire de ce conte. Dans un tout autre genre que la précédente réécriture que j'ai eu l'occasion de lire de cette histoire (le sombre Le Joueur de flûte de Hamelin de Sylvain Johnson), L'Estrange malaventure de Mirella est accessible à un public un peu plus jeune.

Le vocabulaire désuet et les tournures de phrases peuvent surprendre, au début. Tout comme l'humour décalé de l'autrice - qui n'hésite pas à tourner en ridicule et à l'absurde le bourgmestre et bien d'autres, par exemple. Au final, cela contribue au charme de ce roman atypique et prenant. Le lecteur se laisse emporter dans les rues d'Hamelin, auprès de Mirella, jeune fille méfiante au grand cœur. Un personnage que nous voyons évoluer d'un bout à l'autre de l'histoire.

À Hamelin, Mirella est loin derrière les seigneurs, le bourgmestre & co sur la grande échelle du monde. Porteuse d'eau, elle sillonne les rues pour apporter le breuvage à ceux qui le demandent. Avançant tête basse, elle essaie tant bien que mal de sauver sa vertu et sa peau. Certains se méfient et la croient sorcière ! Lorsque les rats débarquent et que la peste emporte les habitants en nombre, la jeune fille fait son possible pour survivre et comprendre ce qui se passe.

Je ne sais pas si l'univers et l'écriture plairont à tout le monde (c'est assez particulier, de prime abord), mais l'originalité est là et mérite le coup d’œil. J'espère que vous serez plus d'un.e à laisser votre curiosité l'emporter. Mirella est un personnage que j'ai aimé voir évoluer au fil des épreuves, des rencontres et des découvertes. Une lecture plaisante et prenante, qui donne envie de découvrir les autres romans de Flore Vesco (De cape et de mots, par exemple).


En quelques mots...
Hamelin | Moyen-Âge | Porteuse d'eau | Rats | Peste

En librairie le 17 avril !

La Mystérieuse Affaire de Styles & Les Quatre

12 avr. 2019


"Un cri étranglé montant du lit me fit sursauter. Une nouvelle crise terrassait la pauvre femme. Ses spasmes étaient d'une violence insoutenable. Un vent de panique souffla sur la pièce. Nous entourâmes la malheureuse, mais nous étions dans l'incapacité totale de l'aider ou même d'atténuer ses souffrances. Une ultime convulsion arqua son corps, avec une brutalité telle qu'elle parut ne plus reposer que sur la nuque et les talons. En vain John et Mary essayèrent-ils de lui faire avaler un peu de cognac. Après quelques secondes de répit, le corps se souleva de la même façon."


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La Mystérieuse Affaire de Styles & Les Quatre de Agatha Christie
Titres originaux : The Mysterious Affair at Styles & The big Four
Traduit par Thierry Arson & Gérard de Chergé
Editions France Loisirs, 2000 - 507 pages



: Avoir regroupé les tomes 1 et 5 de la saga sur Hercule Poirot.
Certaines affaires sont un brin rapides, dans Les Quatre.

 : Les échanges entre Hastings et Poirot.
Avoir lu le tout premier tome les mettant en scène ; La Mystérieuse Affaire de Style.
Des enquêtes intéressantes. L'écriture et l'humour de l'autrice.


Parmi tous les livres d'Agatha Christie qui attendent dans ma PAL, j'ai sorti celui-ci pour lire La Mystérieuse Affaire de Styles qui est le premier roman où apparaissent Hercule Poirot et le capitaine Hastings - et le tout premier roman publié de l'autrice, d'ailleurs. Les Quatre est le cinquième roman où apparaissent le détective belge et son acolyte.

La Mystérieuse Affaire de Styles - Une femme meurt et tout désigne le nouveau mari comme coupable. Une dispute a eu lieu entre lui et la victime, il était étrangement absent au moment de la mort et il pourrait y avoir une histoire d'héritage derrière cela. Mais, au grand désarroi d'Hastings, Hercule Poirot semble pencher pour une autre hypothèse.

Hastings est le narrateur et enquête auprès de son cher ami, le détective belge, Hercule Poirot. Outre l'enquête, leurs échanges sont au cœur du roman. Poirot s'amuse à perturber l'assurance d'Hastings et ce dernier remet parfois en doute les capacités du détective sans oser lui dire. Preuve qu'Agatha Christie n'a jamais manqué d'humour, dès le début.

La courte postface nous en apprend un peu plus sur ce premier roman et la création de ce personnage qui deviendra aussi célèbre que sa créatrice ; Hercule Poirot. C'est toujours sympa d'en savoir plus quand on apprécie un personnage.

Les Quatre - Un inconnu débarque dans la chambre d'Hercule Poirot, à moitié évanoui et répétant l'adresse du détective en boucle. Le temps de quelques heures d'absence et, au retour de Poirot et d'Hastings, l'homme est mort et la pendule étrangement arrêtée sur quatre heures. Ce chiffre qui revient de plus en plus et intrigue le détective belge...
"- C'est un duel à la mort, mon ami. Vous et moi d'un côté, les Quatre de l'autre. Ils ont gagné la première partie, mais ils ont échoué dans leur plan pour m'éloigner. Désormais, ils auront affaire à Hercule Poirot !"
Les Quatre nous présente différentes petites affaires (pas sous forme de nouvelles, simplement en chapitres), toutes liées aux Quatre Grands. Des ennemis qui laissent Poirot en déroute durant plusieurs mois, n'hésitant pas à s'en prendre à lui et à Hastings. Je pus constater que la vanité de Poirot, en béton armé, pouvait résister à toutes les attaques. C'est à la fois sympa et un peu long. Les différentes petites affaires sont peu développées, ce qui est quand même dommage. Par contre, il n'est pas mal de voir Hercule Poirot en difficulté, de temps en temps ! Même si, bien sûr, il ne perd jamais confiance en ces petites cellules grises. Comme toujours, un bon moment de lecture.


En quelques mots...
Styles Court | Hastings | Hercule Poirot | Mort | Enquête
Londres | Paris | Belgique | Italie | Quatre | Organisation criminelle

Celle du milieu

9 avr. 2019




« Le courage ce n’est pas l’absence de peur,
c’est savoir l’accepter et l’affronter. »

Maggie vit avec ses deux frères, dans une communauté coupée du monde. Elle, c’est celle du milieu, celle que personne n’écoute. Un jour Maggie rencontre Una, une fille de l’extérieur qui lui demande de l’aide. Maggie y voit la chance d’être enfin remarquée. Mais la loi est claire : il est interdit de s’aventurer au-delà des frontières...


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Celle du milieu de Kristy Applebaum
Titre original : The Middler - Traduit par Rose-Marie Vassallo
Editions Flammarion (Jeunesse), 2019 - 332 pages - 14



: Ne pas en savoir plus sur la Guerre sans bruit.

: Un vrai bon page-tuner !
Une très chouette dystopie jeunesse.
Un univers intéressant.


Merci aux Éditions Flammarion pour cet envoi. Peut-être bien, me suis-je laissé tenter par ce roman car l'histoire est liée à une jeune fille du milieu, tout comme moi. Chez nous, le premier-né, c'est Jed. Le petit dernier, c'est Trig - né quatre ans après. Et moi, Maggie, je suis entre les deux. Cadette, puînée, tout ce qu'on voudra. Enfant du milieu, la plus mauvaise place. Pas simple, en effet. De plus, la couverture me plaisait bien et l'univers avait l'air chouette.

Si vous cherchez une bonne dystopie jeunesse, ne cherchez plus, Celle du milieu est là. Milieu du vingt-et-unième siècle, des passages sombres, une jeune héroïne qui est poussée à remettre en question ce qu'on lui dit depuis des années et qui doit apprendre à réfléchir par elle-même, une intrigue prenante, de l'action.

Les vagabonds sont sales, dangereux, sournois comme des serpents. Ils le leur ont bien dit à l'école. Pourtant, lorsque Maggie, bientôt douze ans, rencontre Una, cette dernière semble surtout avoir besoin de manger et de soin pour son père. Maggie va devoir prendre une décision. Dénoncer Una et enfin être entendue ou l'aider ?
"Au camp d'entraînement, nos premiers-nés rejoignent les troupes de la Guerre sans bruit. Ils se sacrifient stoïquement. Ils se sacrifient en héros. Ils se sacrifient afin que nous tous, ici, puissions vivre en sécurité."
Maggie a du mal à trouver sa place, face à Jed qui semble si important et avantagé. Par les réactions des parents, le lecteur se pose de plus en plus de questions sur le pourquoi de ces camps, où les aînés sont amenés dès leurs quatorze ans. Maggie y viendra aussi. Mon seul regret vient du fait de ne pas avoir de réelles explications sur l'origine de cette Guerre sans bruit. Malgré tout le reste qui est très prenant, cela manque. Une très bonne découverte, tout de même.


En quelques mots...
Dystopie | Jeunesse | Premiers-nés | Guerre sans bruit | Vagabonds