
Brillante avocate, Solène tente de se reconstruire après un burn out. Acceptant une mission bénévole d'écrivain public, elle est envoyée au Palais de la Femme, vaste foyer au cœur de Paris. Les résidentes s'appellent Binta, Sumeya, Cvetana, Salma ou la Renée et viennent du monde entier. Lorsqu'elles voient arriver Solène, elles se montrent méfiantes. Solène vacille mais s'acharne, bien décidée à trouver sa place auprès de ces femmes aux destins tourmentés...
Un siècle plus tôt, Blanche Peyron œuvre en faveur des démunis. Elle a voué sa vie à l'Armée du Salut et rêve d'offrir un refuge à toutes les exclues de la société. Le chemin est ardu, mais Blanche ne renonce jamais.
Laetitia Colombani donnent vie à ces Victorieuses anonymes, à Blanche l'oubliée, à toutes celles qui refusent de se résigner. Un hymne à la solidarité prodigieusement romanesque.
Les Victorieuses de Laetitia Colombani
Grasset, 2019 - 224 pages - 18 €
Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
⇾ évocation de dépression, de mutilation, de viol, de violence conjugale, de féminicide - mort - suicide

Les Victorieuses, ou comment Laetitia Colombani confirme sa force pour nous conter des récits profondément humains, avec une mise en avant des combats menés par des femmes du monde entier.
Ayant lu et énormément aimé La Tresse, premier roman de l'autrice, le mois dernier, j'ai poursuivi ma découverte de sa bibliographie avec son deuxième roman, Les Victorieuses. Un roman qui mêle présent et passé, histoires et Histoire. À notre époque, Solène, avocate, a du mal à reprendre le cours de son existence suite à la mort brutale d'un de ses clients. Le choc a provoqué une déflagration dans sa vie. Au début du XXe siècle, Blanche Peyron — et son mari Albin — se démène pour pallier la pauvreté et la précarité. Deux femmes, deux destins lié•es par un endroit : le Palais de la Femme*. Bien plus que deux femmes et deux histoires, en fait. Solène va en prendre conscience à mesure qu'elle passe du temps avec celles qui croisent son chemin au Palais. Sa mission en tant que bénévole au foyer ? Écrivain public.
« Quel est le sens de tout cela ? Solène l'ignore. Quelque chose lui échappe de cet endroit, de ces femmes qu'elle côtoie sans vraiment les rencontrer. Elle n'a pas le code pour déchiffrer les âmes et les comportements, pas le mode d'emploi, pourtant elle le sent, elle est en train de gagner sa place ici, lentement. »
Un récit important, d'actualité, qui nous ouvre encore un peu plus les yeux sur l'état du monde. Pauvreté et précarité, misère, combat, sororité. Culpabilité, doute, tristesse, indignation, espoir et entraide. Sans grandiloquence. Avec sincérité.
Destinée aux plus jeunes, une adaptation en album est sortie ; Les Victorieuses ou le Palais de Blanche de Laetitia Colombani et Clémence Pollet, se concentrant sur l'histoire de Sumeya (jeune personnage secondaire du roman) et Blanche.
*Le Palais de la Femme est un lieu d'accueil pour personnes en difficulté, inauguré en 1926 (100 ans cette année !) par le couple Peyron et l'Armée du Salut.







