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Une bête au Paradis de Cécile Coulon

18 juil. 2026


La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d’un chemin sinueux. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s’appelle Alexandre.
Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance.

Une bête au Paradis est le roman d’une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté.


Une bête au Paradis de Cécile Coulon
L'Iconoclaste, 2019 • 345 pages • 18 €




Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
évocation d'accident de la route - mort violente

L'Iconoclaste & Cécile Coulon
Maison d'édition indépendante, L’Iconoclaste a été créée en 1998. Quelques mots trouvés sur leur site, qui résument bien ce qui m'attire dans leurs publications : « L’Iconoclaste défend des textes qui éclairent notre époque, bousculent nos évidences et nous rassemblent. Des livres capables de surprendre, de faire germer des idées ou de provoquer un élan. Des textes comme des allumettes. » L'autrice française Cécile Coulon a, à ce jour, sorti quatre de ses romans chez eux, dont Une bête au Paradis qui me permet de découvrir son travail. Il me tardait de le faire, suite aux retours de Mathilde Littéraire sur les romans de l'autrice.


Une bête au Paradis

"Il arrive, parfois, que les choses aillent à leur propre vitesse, sans se soucier de ceux qui sont blessés, ou de celles qui le seront bientôt."

Émilienne, Blanche, Gabriel, Louis, Alexandre. Une histoire de famille, de premier amour, de jalousie, de drame, de trahison, de campagne, de terre, d'appartenance, de transmission, de colère et de rage, de tristesse. L'écriture ciselée de l'autrice, les personnages imparfaits, le quotidien au Paradis, les émotions brutes. Les relations singulières entre les personnages. Et une mémorable scène finale... Les personnages ne sont pas attachants à proprement parler, mais ils nous bousculent. Blanche en premier. Un personnage complexe, farouche, malmené. La jeune fille / ado puis femme est élevée par sa grand-mère, avec son petit frère. Chacun avance à sa façon. Blanche réapprend à profiter dans les bras d'Alexandre. Mais celui-ci n'est pas aussi attaché qu'elle à la terre de leur enfance... J'ai aimé la vigilance d'Émilienne et voir Gabriel avancer en arrière-plan.

L'envie est bien là de découvrir d'autres romans de l'autrice.

"[...] chacun son poste, chacun sa mission, chacun ses animaux, chacun ses secrets. Chacun ses gestes. Et chacun sa peur de n'être que de passage, d'abîmer ce qui est déjà fragile, de gâcher la beauté. Chacun ses nuits de colère, chacun ses réveils à l'aube, et chacun pour soi, tous pour Émilienne, jusqu'à la fin."

La Tresse de Laetitia Colombani

15 juil. 2026



Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
 
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école. Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée. Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
 
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.


La Tresse de Laetitia Colombani • Grasset, 2017 • 224 pages • 20 €




Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
discrimination - évocation du viol - hôpital (coma) - maladie (cancer) - mort - violence

Grasset & Laetitia Colombani
Bolloré grignotant peu à peu le monde de l'édition et étant impliqué chez Grasset, je ne mettrai pas outre mesure la ME en avant. Je me dépatouille encore avec mes convictions personnelles et l'ampleur (l'emprise) du groupe Bolloré... Cela fait grand bruit depuis plusieurs mois et c'est important de ne pas passer ce sujet sous silence. Laetitia Colombani fait d'ailleurs partie des premiers•ères signataires de la lettre ouverte contre Bolloré suite au limogeage d'Olivier Nora - président-directeur général des éditions Grasset durant 26 ans. Ce qui signifie que, comme bien d'autres auteurices, elle refuse de continuer à être publiée chez Grasset dans ces conditions. Ceci étant dit, place à la mise en lumière de l'autrice et de ses œuvres !

La Tresse est le premier roman de l'autrice, réalisatrice et actrice française Laetitia Colombani, qui a depuis publié d'autres ouvrages comme Les Victorieuses (Grasset, 2019) et Le Cerf-volant (Grasset, 2021). Son dernier roman est, lui, paru aux Éditions de l'Iconoclaste (éditeur indépendant) ; Un jour sans femme (2026). La Tresse a été adapté pour le théâtre, pour le cinéma (avec l'implication de l'autrice) ainsi qu'en BD par Lylian & Algésiras (Soleil, 2022). Il existe également un album jeunesse se concentrant sur l'histoire de Lalita et Smita ; La Tresse ou le voyage de Lalita (Grasset, 2018), illustré par Clémence Pollet.


La Tresse
Devenu un incontournable à lire de ces dernières années, La Tresse m'attendait sagement en rayon à la bibliothèque de mon village. Un livre avec des héroïnes du quotidien, à différents endroits du monde. Et pourtant. Pourtant, un lien va bel et bien se créer entre elles. D'où la symbolique du titre.

De quoi explorer la condition des femmes à travers le monde - entre religions et (poids des) traditions. Fuite, trahison, secret, espoir, avenir, maladie, combat, famille. En Inde, Smita est prête à braver tous les dangers et à se battre bec et ongles pour que sa fille ait un avenir meilleur. Pendant ce temps-là, en Italie, Guilia passe de l'adolescence à l'âge adulte, avec l'entreprise familiale plus que jamais en péril. Quand Sarah, au Canada, garde pour elle sa maladie et fait face seule - pour préserver ses enfants autant que pour garder son emploi. Trois femmes impressionnantes de détermination face aux épreuves de la vie. 

J'ai aimé l'écriture de l'autrice, qui nous embarque avec force et simplicité dans la vie et les combats de Smita, Guilia et Sarah. Qui nous laisse entrevoir, parfois, au détour d'une phrase, ce qui va arriver dans les chapitres suivants. Ce fut une lecture à la hauteur des attentes que j'en avais, vu le succès que le roman connaît depuis sa sortie. Si vous ne l'avez pas encore lu, foncez !

"Elle se sent tiraillée entre des sentiments extrêmes, tour à tour abattue et exaltée. Tel un acrobate sur un fil, elle a l'impression d'osciller au gré du vent. C'est ainsi, se dit-elle, la vie rapproche parfois les moments les plus sombres et les plus lumineux. Elle prend et donne en même temps." (Guilia)

Heartstopper, tome 6 : Pour toujours d'Alice Oseman

12 juil. 2026



Risque de spoiler si vous n'avez pas lu les tomes précédents.

Leur amour de lycée survivra-t-il à l’entrée à l’université  ? Le grand final des aventures de Nick et Charlie.

Tout le monde au lycée connaît Nick et Charlie. Tout le monde sait qu'ils vont rester ensemble pour toujours. Mais Charlie est occupé à se présenter comme délégué de classe. Et tandis que Nick se prépare à partir pour l'université, il commence à se demander qui il sera... sans Charlie.

Heartstopper, tome 6 : Pour toujours d'Alice Oseman
Hachette romans graphiques, 2026 • 448 pages • 17 €
Heartstopper volume 6 (2026), traduit par Valérie Drouet




Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
discussions à propos de santé mentale et de troubles alimentaires, ainsi que des références sexuelles
avertissements notés en début de roman

Hachette romans graphiques & Alice Oseman
Hachette romans graphiques est présentée comme une collection de récits immersifs pour tous les âges, où chaque histoire offre une expérience de lecture visuelle unique. Nous y retrouvons, entre autres, certaines adaptations des romans parus chez Hachette, comme L'Effet Boule de Neige de Clara Héraut ou encore La Passeuse de Mots d'Alric & Jennifer Twice.

Les six tomes d'Heartstopper de l'autrice, illustratrice et scénariste britannique Alice Oseman sont désormais disponibles dans la collectionLes tomes existent aussi en version collector. Et il y a de quoi prolonger l'expérience sur Netflix avec les trois saisons de l'adaptation en série TV ainsi que le film à venir pour clôturer le tout le 17 juillet ; Heartstopper Forever.

Il existe aussi des novellas, publiées là encore chez Hachette ; Cet hiver & Nick et Charlie.
Les deux sont déjà disponibles en poche (Le Livre de Poche).


Heartstopper, tome 6 : Pour toujours
Un tome final à la hauteur des précédents. Alice Oseman a su se démarquer avec ces romans graphiques. Tellement juste, émotionnellement parlant. Touchant de vulnérabilité, engagé et inclusif. Bref, une pépite ♥ L'autrice-illustratrice a su allier texte et dessin pour nous faire ressentir et voir l'évolution (mentale et physique) des personnages - cette recherche de soi si fondamentale à l'adolescence, avec le passage à l'âge adulte qui se profile.

J'ai été ravie et touchée de passer cette dernière année avec Nick, Charlie et les personnages plus secondaires - qui viennent apporter nuances, soutiens et autres questionnements importants. J'ai adoré continuer à explorer la relation Nick-Charlie : qui ils sont ensemble et ce dont ils sont capables seuls. L'autrice met toujours en avant l'importance de la communication et cela les aide toujours à avancer. Gros ♥ sur les discussions entre Charlie et sa sœur Tori aussi ! J'ai apprécié, également, qu'Alice Oseman continue à prendre soin de ses personnages. Charlie continue de lutter contre ses TCA, bien qu'il ait pris pas mal d'assurance au fil des tomes et des combats qu'il mène. Passionné, il met tout son cœur dans sa campagne pour devenir délégué, ce qui lui prend beaucoup de temps. Cela ne l'empêche pas d'être attentif à Nick, qu'il sent dans le mal sans arriver à le faire parler... Comme toujours, c'est cute et touchant, avec une bonne partie de l'histoire qui serre le cœur.


"La guérison n'est pas une ligne droite."

Amour à la dérive de Beth O'Leary

30 juin 2026

Et si vous vous retrouviez perdue en mer… avec votre aventure d’un soir ?

Zeke n’est en ville que pour le week-end, le temps de racheter la péniche de son défunt père. Quant à Lexi, elle n’a pas une minute à consacrer aux rencontres car elle aide sa meilleure amie, Penny, à s’occuper de sa fille. Pourtant, quand leurs chemins se croisent, leur attraction réciproque est indéniable.

Lexi se laisse vite convaincre d’oublier les tracas du quotidien. Passer une nuit avec un inconnu à bord d’un bateau semble être la parenthèse dont elle a besoin. Et puis, Zeke est d’accord avec elle : aucun des deux ne compte se revoir. Mais un malentendu, et quelques verres de trop, viennent bouleverser leurs plans : personne n’a vérifié que le bateau était bien amarré. Au matin, Zeke et Lexi découvrent qu’il n’y a plus, autour d’eux, que des miles et des miles d’eau.

Avec pour seules ressources quelques provisions et un solide sens de l’improvisation, ils doivent trouver un moyen de rentrer. Mais survivre côte à côte, jour après jour, réserve bien de surprises : on a le temps d’apprendre à se connaître… et peut-être de tomber amoureux.


Amour à la dérive de Beth O'Leary • Hachette Fictions, 2026 • Lu en ebook • 14,99 €
Swept Away (2025), traduit par Françoise Bouillot
en librairie dès le 1 juillet
• service presse •

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
coupure - deuil - sang - stress post traumatique

Hachette Fictions & Beth O'Leary
Hachette Fictions a pour vocation de proposer des récits d'émancipation, romances et comédies, aventures en tout genre, d'après leur site. C'est chez eux que sort le nouveau roman de l'autrice anglaise Beth O'Leary. J'avais eu un coup de cœur, en 2020, pour À moi la nuit, toi le jour (Mazarine) alors je me faisais une joie de la retrouver avec deux nouveaux personnages.



Amour à la dérive
Pub, coup d'un soir, bateau et quiproquo. Lexi et Zeke n'avaient pas prévu de se revoir, seulement de passer la nuit ensemble. Mais difficile de partir chacun•e de son côté lorsqu'iels découvrent qu'iels ont dérivé en pleine mer du Nord ! Obligé•es de se débrouiller comme iels peuvent, ne sachant pas naviguer, Lexi et Zeke vont improviser en même temps qu'iels s'apprivoisent. Entre confidences intimes, crises de nerfs et faux espoirs, iels vont apprendre à connaître les fêlures, forces et rêves de l'autre.

"- C'est comme ça qu'on va l'appeler, maintenant ?
- Mais oui. Une aventure. Une quête. Une mission.
- Et pas deux idiots désemparés en train de dériver au hasard ?"

Le résumé était alléchant et j'étais contente de retrouver l'univers de Beth O'Leary... Alors pourquoi je ne ressors pas entièrement convaincue par cette lecture ? Premièrement, l'autrice nous propose une romance annoncée comme feel good avec le trope de la proximité forcée, en huis clos sur un bateau. Feel good, réellement ? Rien ne l'est vraiment, vu les emmerdes qui s'enchaînent pour Lexi et Zeke - et ça va très loin ! Je m'attendais clairement à quelque chose de plus léger, moins dramatique. Ensuite, la romance était assez mignonne et c'était chouette d'avoir des personnages avec une différence d'âge - d'autant qu'ici, c'est Lexi (31 ans) qui est plus âgée que Zeke (23 ans). Mais les fois où elle le voit comme un gamin/ado rendent finalement le tout un peu trop cringe. Enfin, la crise des 80% (le moment où tout part en vrille dans les romances, juste quand le couple est si bien ensemble et a de beaux projets) a été aussi prévisible que too much malheureusement. 

Malgré ces quelques bémols, ça a quand même été une lecture agréable, dans le sens où j'ai apprécié voir les personnages apprendre à se connaître et où j'ai parfois été touchée par leurs confidences. Zeke est surprenant, à l'écoute et attentionné. Lexi s'est forgée une carapace, farouchement indépendante et, en même temps, très dévouée à ses proches. Et les deux évoluent peu à peu au contact de l'autre. Tout ça en essayant de survivre sur un bateau, sans réseau et avec des provisions qui s'amenuisent à vue d'œil... Enfin, j'ai également aimé l'alternance des points de vue et le chapitre bonus à la fin.


"Si tu es trop longtemps le second rôle, tu oublies comment mener ta propre existence." - Zeke

Nous traverserons des orages d'Anne-Laure Bondoux

6 juin 2026



« Voici l'histoire que je dois te raconter, Saule. C'est l'histoire d'une famille, d'une maison et d'un pays. Elle commence à la veille d'une guerre planétaire, dans une ferme de hameau qu'on appelle les Chaumes. Elle s'achèvera un siècle plus tard, au même endroit. Entre ces deux époques, tu verras vivre ici quatre générations hantées par des secrets et des fantômes. »

Nous traverserons des orages • Gallimard Pôle Fiction, 2025
576 pages • 9,50 €



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⇾ alcoolisme - arme blanche et à feu - guerre - homophobie - mort - suicide - violence conjugale

Pôle fiction & Anne-Laure Bondoux
Pôle Fiction est une des collections poche de chez Gallimard, destinée aux ados et aux jeunes adultes. Si Nous traverserons des orages est sorti dans cette collection, le roman est aussi sorti dans la collection Folio - avec une couverture plus "adulte". L'aube sera grandiose, un autre roman d'Anne-Laure Bondoux, a également eu droit à cette double parution en poche. Quelque soit le format ou la collection, ce sont deux romans que je vous recommande chaudement, tout comme Tant que nous sommes vivants. De mon côté, je compte bien continuer ma découverte de la bibliographie de cette autrice française !
 

Nous traverserons des orages
Un roman, plusieurs fois récompensé, qu'il me tardait de lire suite aux nombreux bons retours dessus. Il fait d'ailleurs partir des incontournables de la litté jeunesse dans En Quête d'un Grand Peut-Être, tome 2 : A-t-on encore besoin de la littérature ado ? de Tom et Nathan Lévêque. Et il a été largement à la hauteur de mes attentes. J'ai adoré plonger dans ce récit terriblement humain. Cette histoire qui semble se répéter, entre pères et fils, entre guerres, drames et secrets, entre colère et violence. 

L'histoire des hommes de la famille Balaguère, comme une confession - une transmission - à Saule. L'autrice dépeint les années qui passent - le monde et la société qui évoluent, de 1914 à 2022. Chacun se construit à sa façon, avec ses manques, les secrets du passé et la violence du présent. Les histoires de cœur se mêlent aux mouvements sociaux, au monde qui tremble, à la musique. Avec ces guerres qui changent les hommes, les drames familiaux qui se succèdent, et les enfants confrontés aux choix et silences des parents.  J'ai eu le cœur serré, j'ai souri, j'ai espéré que les choses changent. Qu'enfin, un des hommes de la famille arrive à briser cette chaîne de malheur. Entre Paris et le Morvan, c'est un roman qui m'a complètement embarquée.

Bref, j'ai beaucoup aimé l'écriture de l'autrice et ses personnages imparfaits.

"- Les vieux mensonges tourmentent nos consciences, Aloès. Plus on s'évertue à enfouir la vérité, plus elle nous déborde."

Leçons de chimie de Bonnie Garmus

19 mai 2026



Faites la connaissance de l'anticonformiste et intransigeante Elizabeth Zott. Votre capacité à tout changer commence ici et maintenant.

Brillante ? Elizabeth Zott l'est. En tout. Mais dans l'Amérique patriarcale des années 1960, rares sont les hommes qui s'en aperçoivent. À l'Institut de chimie où elle travaille, les remarques sexistes fusent à son passage. Quand on ne lui vole pas ses recherches, tous la renvoient à cette cuisine dont elle n'aurait jamais dû sortir... Alors elle y reviendra. D'une manière tout à fait inattendue : elle devient la vedette de télévision d'une émission culinaire très populaire. Son anticonformisme étonne, détonne, secoue les ménagères... Reste trouver la délicate alchimie du bonheur...


Leçons de chimie de Bonnie Garmus • Pocket, 2023 • 544 pages • 9,90 €
Lessons in Chemistry (2022), traduit par Christel Gaillard-Paris




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agression sexuelle - évocation du suicide - mort - sexisme - viol - violence conjugale

Pocket & Bonnie Garmus
D'abord connue sous le nom "Presses Pocket", Pocket a été créée en 1962. À travers différentes collections, beaucoup de genres littéraires sont représentés ; de la romance, de l'imaginaire, des thrillers & co. C'est chez eux qu'est sorti le premier roman de l'américaine Bonnie GarmusLeçons de chimie, précédemment paru sous le titre de La Brillante Destinée d'Elizabeth Zott (Robert Laffont, 2022). Un roman déjà adapté en série TV avec Brie Larson dans le rôle principal.


Leçons de chimie
Comment allier lecture plaisir, lecture prenante et lecture intelligente ? En dévorant Leçons de chimie, pardi ! Un roman clairement à la hauteur de sa réputation. J'ai adoré partir à la découverte d'Elizabeth Zott - de ses travaux, pensées, combats.

Un personnage féminin et féministe à ne pas louper, une héroïne singulièrement attachante - pour son intelligence autant que pour sa naïveté, sa pugnacité et son naturel. Leçons de chimie, c'est aussi une histoire d'amour, mais c'est loin de se résumer à cela. C'est Elizabeth et Calvin, mais c'est surtout une jeune scientifique qui, malgré la misogynie ambiante des années 60, essaie de rester fidèle à ses valeurs et mène une bataille permanente pour s'accomplir par elle-même. Cela dit, on compte aussi quelques personnages secondaires auxquels on s'attache à mesure qu'Elizabeth noue des liens avec eux.

Certains revirements de situations sont jouissifs, quand d'autres nous donnent envie de nous taper la tête contre le mur... Il y a des passages désarmants d'émotions et d'autres, tout bonnement révoltants. Révoltants, mais peu surprenants vu l'époque et les milieux dans lesquels évolue Elizabeth. La scientifique se retrouve en cuisine et n'a pas dit son dernier mot, s'acharnant à faire les choses à sa façon et exhortant les femmes au foyer du pays à réfléchir à ce qu'elles veulent - à prendre confiance, si leur souhait est ailleurs ! Bref, j'ai dévoré ce roman, j'ai adoré Elizabeth et tous les messages passés par l'autrice.

"Les hommes et les femmes sont tous deux des êtres humains. Et en tant qu'êtres humains, nous sommes des sous-produits de notre éducation, des victimes de nos systèmes éducatifs médiocres, et nous choisissons nos comportements. En bref, la réduction des femmes à quelque chose de moins que les hommes, et l'élévation des hommes à quelque chose de plus que les femmes, n'est pas biologique : c'est culturel. Et ça commence avec deux mots : rose et bleu. À partir de là, tout part en vrille."

Virgules de Joanne Richoux

13 mai 2026



Chloé et Maxence se rencontrent au lycée. C’est le printemps, la fin des années 2000, il y a les après-midis étirées par la weed, ce corps de l’autre qu’on découvre. Les parents essaient, échouent, Maxence se débat avec les injonctions à devenir un homme, Chloé s’affame ou raconte dans ses carnets. Bientôt ils profiteront de leurs vingt ans, le chaos planétaire enflera cet été-là, certaines colères aussi – Internet aura rendu le monde assourdissant. Alors viendra la trentaine, ce sera l’automne, quelques rêves s’égratigneront au tranchant du réel. Déjà, on collectionnera les souvenirs.

En trois temps, trois virgules à la langue fiévreuse, Joanne Richoux dépeint une génération étourdie de bruits et d’images, qui veut croire encore aux histoires d’amour, à une petite musique ou à un parfum familier, pour se consoler du reste.

Virgules de Joanne Richoux • Actes Sud (Domaine français), 2026 • 240 pages • 21 €
• service presse / merci à l'autrice •



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anxiété - cancer - hôpital - mort - suicide - trouble du comportement alimentaire

Actes Sud & Joanne Richoux
Les éditions Actes Sud ont été créées en 1978. Le dernier roman de Joanne Richoux est publié dans leur collection Domaine français. Qu'elle s'essaie aux romans jeunesse (Cass crépuscule), qu'elle parle aux ados que nous étions et/ou aux adultes que nous sommes (La peau des filles, Sillage, Les collisions & co), qu'elle nous emporte dans un univers fantastique (Désaccordée et Orageuse, Virgile & Bloom) ou nous garde dans les affres du nôtre, c'est un grand OUI à chaque fois. De la même génération, enfants des années 90, je pense que ça explique en partie pourquoi ses mots résonnent autant en moi, roman après roman.


Virgules
2008, 2013 & 2023. Chloé et Maxence, de la fin de l'adolescence à l'âge adulte, oscillant entre évidence et doute, entre attirance et besoin de prendre le large. Le temps qui s'égrène, les ami•es, la famille, le mal-être, les études. Virgules, c'est une bouffée de nostalgie parce que les Vans aux pieds et BB Brunes dans les écouteurs. Parce que l'adolescence à la fin des années 2000. C'est retrouver le bruit ambiant du lycée, grouillant de notre urgence de vivre. Et comme c'est Joanne Richoux, ce sont les parfums, les odeurs, les ardeurs, la soif de ressentir, la santé mentale, la société. Ce sont des personnages à la vulnérabilité qui touche au cœur. Deux personnages en particulier, elle et lui, Chloé et Maxence, que nous voyons grandir, essayer d'avancer malgré tout.

Ça me fout toujours un peu en vrac quand je lis un roman de l'autrice, parce que ses mots, les doutes et questionnements de ses personnages sont loin de me laisser indifférente. Forcément, c'est ce genre de roman qui marque, qui reste en tête.

"Les adultes sont des hypocrites. Qu'ils bâtissent un monde meilleur pour leurs enfants, au lieu de feindre ces mines éplorées lorsque ceux-ci chutent. Sinon, qu'ils se taisent."

Faire fleurir la foudre d'Alexandre Chardin

11 mai 2026


Amitiés maladroites, amours fracassantes et pied de nez à la tragédie racontés avec une poésie fulgurante et une théâtralité novatrice !

Nina rêve de feu. D’un incendie qui emporte tout sur son passage... Les rumeurs, les menaces, la violence qui consume. Lorsque Marin regarde Nina, c’est lui qui prend feu. Le cœur comme un brasier. Un coup de foudre. Ils devront dépasser les rivalités de leurs bandes. Naviguer dans la tempête. Ce sera l’aube ou rien.


Titre : Faire fleurir la foudre -  Auteur : Alexandre Chardin
Éditeur : Sarbacane - Collection : Exprim'
Date de sortie : mai 2026 - Format : papier (134 pages) Prix : 13,90 €
• service presse •

#fairefleurirlafoudre #contemporain #youngadult
#alexandrechardin #editionssarbacane #collectionexprim


Avertissement (Trigger Warning) :
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arme à feu - évocation d'emprise et d'agression sexuelle sur mineure - harcèlement - violence
Sarbacane, collection Exprim' & Alexandre Chardin
Une collection que j'aurai adoré découvrir lorsque j'étais ado et que je prends plaisir à explorer depuis ma vingtaine (j'en ai 34 maintenant). Des romans souvent engagés, contemporain, fantastique, SF & co - destinés aux adolescents et aux adultes.

Alexandre Chardin, auteur français, a déjà fait sa place dans ma bibliothèque avec deux de ses précédentes parutions : Notre feu (Rageot, 2021) & Le cri du corps (Sarbacane, 2024). Ce dernier m'avait beaucoup plu et je ne pouvais pas passer à côté d'un nouveau roman de l'auteur dans la même collection !


Faire fleurir la foudre
"Acte I Scène 1 Le cœur
Je suis le cœur de Nina, bien enfermé dans le manteau long qu'elle porte, sous la colère qu'elle porte, les yeux noirs qu'elle tend comme des poignards affûtés par ses rages. Elle ne baisse jamais la garde, elle prévient, elle menace. Qu'on lui foute la paix, elle brûlera tout. Dans la cour du collège, ils l'observent, donnent des coups de menton, sourient, disent ce qu'elle est. Aiment à répéter le mot vulgaire de ce qu'elle est. Par petits groupes, ils tournent leur tête curieuse et elle le lit sur leurs lèvres, qu'elle voudrait brûler de sa foudre. Elle rêve de feu. L'incendie qui purifierait tout. S'y jeter elle aussi. Depuis le temps qu'elle chute !"

C'est avec les mots ci-dessus que commence Faire fleurir la foudre. Un roman YA poétiquement moderne et original - alliant le théâtre à un style plus contemporain pour nous conter l'histoire de Marin et Nina. Une histoire où l'espoir d'une fin heureuse à sa place. Un roman qui parle de cœur, d'amour, d'amitié, de seconde chance, d'adolescence.

Il y a le foyer des jeunes et le foyer des anciens, il y a le collège et la famille. Il y a celleux qui savent et ferment les yeux, celleux qui font semblant de ne pas comprendre, et celleux qui écoutent et aident. Beaucoup la jugent pour ce qu'elle fait. Marin, lui, tombe amoureux de Nina et la voit comme elle est. Une adolescente de quatorze ans à qui il faut tendre la main. Clara, du côté des anciens, entend et attend le bon moment. Le regard protecteur et patient de cette dernière m'a particulièrement marqué.

Une lecture qui m'a parfois fait penser à La petite ville des grands rêves de Fredrik Backman aka un de mes plus gros coups de cœur. J'y ai retrouvé une même profondeur dans le maelström d'émotions qui traverse les personnages, une même façon d'écrire en annonçant certaines choses à l'avance. Bref, j'ai dévoré et adoré ce court roman et serai au rendez-vous lorsque l'auteur publiera à nouveau dans cette collection !

"Je bats sur le seuil de la maison, j'hésite. Je suis tout ce qui reste à Nina. Elle ne sait pas d'où vient cet espoir aux crocs pointus. Elle le hait.
L'espoir dit « l'aube ». Il dit « après ». Il ose : « un jour ».
Il dit qu'elle dansera.
Car chaque enfant porte son phénix.
Mais elle chute.
Battre. Battre dans la chute. Je suis cœur et remue son sang jusqu'à ce qu'il s'éclaire.
Battre."

La Cabane dans les arbres de Vera Buck

9 mai 2026

C’est l’heure des vacances. Henrik et Nora ont décidé de partir en Suède avec Fynn, leur fils de cinq ans. Mais à peine arrivés dans leur jolie maison isolée au cœur de la forêt, une sensation d’oppression les étreint. Très vite, ce qui devait être un été idyllique se transforme en cauchemar : le squelette d’un enfant est déterré dans les environs et, peu après, Fynn disparaît. Alors que ses parents remuent ciel et terre pour le retrouver, Rosa, une troublante jeune femme passionnée de botanique, découvre un terrible secret dissimulé au fond des bois. Y a-t-il un lien entre la disparition de Fynn et le petit squelette ? Et qu’en est-il de la cabane perchée dans le vieux frêne, un endroit sinistre qui semble encore habité ?

Titre : La Cabane dans les arbres - Autrice : Vera Buck
Titre original : Das Baumhaus (2024) - Traducteur : Brice Germain
Éditeur : Gallmeister - Date de sortie : août 2025
Format : papier (464 pages) - Prix : 24,90 €

#lacabanedanslesarbres #thriller #verabuck #gallmeister


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
arme blanche et à feu - chasse - évocation de cruauté animale - feu - harcèlement - hôpital - kidnapping - mort - séquestration - traumatisme - violence

Gallmeister & Vera Buck
Les éditions Gallmeister ont été créées en 2006. Des classiques des sœurs Brontë à l'incontournable Betty de Tiffany McDaniel en passant par les romans à suspense de Peter Swanson, leur catalogue est riche en tentations ! La ME publie des auteurices du monde entier et j'apprécie de plus en plus explorer et découvrir ce qu'elle propose. Si l'autrice allemande Vera Buck a précédemment publié Les Enfants loups (2024), c'est avec La Cabane dans les arbres que j'ai découvert son travail.


La Cabane dans les arbres
Henrick, Nora et Fynn s'installent dans une maison de famille isolée, dans le Norrland, en Suède. Henrick et son imagination débordante, obnubilé par son nouveau roman... La prudente Nora, en peine avec une trahison passée... Les tensions éclatent autant que les vérités lorsque le drame arrive. Fynn joue avec son père Henrick, dans la forêt, lorsqu'il disparaît soudainement. Dans la même forêt où des ossements humains viennent tout juste d'être découverts par Rosa, une jeune femme que certain•es qualifieraient d'étrange. Dans la même forêt où une sinistre cabane dans les bois suinte le malheur.

"Les bois et le lac sombre devant notre maison sont un appel à écrire et à raconter des histoires. Une forêt et un lac, ce sont les meilleurs viviers pour les monstres et les angoisses de toutes sortes." - Henrick

Avant même sa sortie, ce roman me rendait curieuse, autant attirée par sa couverture que par son résumé. Et j'en ressors très satisfaite. Contente d'avoir lu un thriller aussi prenant qu'immersif, avec une intrigue riche et bien ficelée. Entre mensonge, famille, manipulation, traumatisme d'enfance, solitude, liberté, parano. Un thriller qui nous tient en haleine jusqu'aux derniers chapitres. Le ventre noué par l'angoisse et la peur, le cœur serré, nous plongeons dans l'horreur. Et nous doutons. Les chapitres alternent entre le point de vue de différents personnages et, en tant que lecteurices, nous ne savons pas si nous pouvons nous fier à 100% à certain. Un procédé qui contribue à en faire un véritable page turner. L'autrice mène très bien sa barque... Je ne vais pas dire le contraire étant donné mon incapacité à lâcher le livre avant d'avoir enfin eu le fin mot de l'histoire !

En plus de tout l'aspect thriller, j'ai apprécié que l'autrice parle de quelques légendes et termes spécifiques aux lieux. Ainsi, nous apprenons que "bullerbysyndromet" est le mot pour qualifier l'amour démesuré des Allemands pour le monde préservé et idyllique que serait la Suède. J'aurais adoré que cet aspect soit davantage développé, ça aurait été un plus intéressant. Maintenant cette chronique terminée, moi, je vous laisse, je vais essayer de mettre la main sur les romans d'Astrid Lindgren !

"Ce que nous ne sommes pas constitue une partie importante de nous-mêmes. Il vaut mieux le découvrir vite plutôt que toujours essayer de répondre à des exigences qui nous sont éloignées." - Nora

BD • Ne m'oublie pas, Les fiancés de l'hiver & Bordeterre

23 avr. 2026


La grand-mère de Clémence souffre de la maladie d'Alzheimer. Face à son désespoir, elle prend la décision de l'enlever de la maison de retraite et de prendre la route en quête de l'hypothétique maison d'enfance de sa mamie.

Une fuite, une quête, un égarement, l'occasion de se retrouver ? À moins que ce ne soit plutôt des adieux…


Titre : Ne m'oublie pas - Scénariste et dessinatrice : Alix Garin
Éditeur : Le Lombard - Date de sortie : janvier 2021 - Nombre de pages : 224 - Prix : 24,95 €

#nemoubliepas #bandedessinee #contemporain #alixgarin #editionslelombard

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accident voiture - homophobie - maladie - violence


Scénariste et dessinatrice belge, Alix Garin a marqué le milieu dès sa première publication. Ne m'oublie pas, publié en 2021 chez Le Lombard, a gagné pas moins de cinq prix, dont le prix BD Babelio. Une BD qui aborde la maladie avec une tendresse teintée d'humour. Ça commence avec un sms ; Mamy a fugué. Rejoins-moi à la maison de retraite. Ce n'est pas la première fois que Marie-Louise, 85 ans, s'échappe, essaie de retrouver une certaine liberté, guidée par le souvenir de ses parents. Pour Clémence, sa petite-fille, il est compliqué de la voir comme cela. Sur un coup de tête, elles partent vivre une folle escapade, ensemble. 

Ne m'oublie pas, c'est apprendre à dire doucement au revoir et savoir accompagner même quand cela devient difficile. Entre souvenirs et moments présents partagés. C'est l'oubli qui engloutit tout, qui désarme. Et l'inversion des rôles. Ce sont des touches d'humour qui rendent le tout encore plus touchant. Ce sont de belles planches, qui laissent transparaître beaucoup d'émotions, grâce aux expressions sur le visage des personnages. C'est une quête d'identité et un questionnement sur les relations entre les générations, aussi. Ainsi que sur le temps qui passe, forcément. C'est une fin tellement émouvante.

Et c'est Franklin à la TV quoi 🫶

Empruntée à la bibliothèque municipale, c'est une BD que j'aimerais acheter pour pouvoir la relire à l'envie.


"J'oublie. Je pense que je perds la tête... Mais le pire, c'est quand ça me revient."

- Marie-Louise -



Lorsque sa famille la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons, Ophélie doit tout quitter pour le suivre jusqu'à la Citacielle. À la cour du seigneur Farouk, les apparences sont trompeuses et les intrigues parfois mortelles...


Titre : La Passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l'hiver - Illustratrice : Vanyda
D'après l'œuvre de Christelle Dabos - Éditeur : Gallimard - Collection : Fétiche
Date de sortie : janvier 2026 - Nombre de pages : 280 - Prix : 28 €

#lapassemiroir #lesfiancesdelhiver #bandedessinee #fantasy #vanyda #christelledabos #gallimard

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⇾ empoisonnement - mort - violence


La maladroite Ophélie se voit obligée de quitter Anima et sa famille pour se marier avec un sombre, taciturne et bourru inconnu venu du Pôle ; Thorn. Les Doyennes en ont décidé ainsi, peu importe l'avis d'Ophélie. Mais la jeune femme va vite se poser des questions sur le pourquoi de ce mariage... Qu'est-il vraiment attendu d'elle et à qui va t'elle bien pouvoir se fier ?

C'est assez impressionnant de voir cet univers si travaillé, si imaginé dans notre tête lors de la lecture des romans écrits par Christelle Dabos, être si bien illustré. Une saga phénomène qui a marqué bon nombre de lecteurices et une adaptation du premier tome réussie grâce au travail de Vanyda. C'était intéressant de voir aussi sa vision sur les pouvoirs d'Animistes, des Dragons & co - sa manière de les mettre en images. Les couleurs sombres des planches sont peut-être le seul bémol que j'aurais à soulever, j'aurais aimé quelque chose de plus lumineux et froid, pour coller à l'univers et aux caractères des personnages desquels Ophélie doit se méfier... aka pratiquement tout le monde.

Retrouver les personnages, dont une Ophélie qui sait se montrer têtue et avoir du répondant, m'a beaucoup plu. Accompagnée par sa tante Roseline, sous la protection de la redoutable Berenilde (tante de Thorn), la jeune femme va devoir contrer les dangers de Clairdelune. Il faut dire que son futur mariage avec Thorn n'enchante pas grand monde... J'ai aimé que les relations entre les personnages évoluent doucement, que le temps a été pris pour cela même dans la version BD. J'ai aimé retrouver, peu à peu, les personnages secondaires importants aussi - qui vont faire un plus ou moins long chemin au côté d'Ophélie. 

"- Qu'est-ce qui pourrait me mettre à ce point en danger ? Je n'ai pas tant d'importance... Ou vous me taisez l'essentiel !
- Vøus n'êtes pas forgée pour ce qui vous attend.
- Vous ne me connaissez pas, monsieur."

- échange entre Ophélie et Thorn -



Inès est le genre à castagner ceux qui cherchent des embrouilles à son frère, Tristan, autiste. Tristan lui, est plutôt du genre à regarder des deux côtés avant de traverser. Mais ce jour-là, il ne parvient pas à retenir sa soeur qui, courant après son chien... bascule dans un univers parallèle. Bordeterre. C’est le nom de cette ville, perchée sur une faille entre deux plans de réalité. On y croise des gamins qui chantent pour faire tourner un moulin, des châtelains qui pêchent des cailloux... et des créatures étranges. Inès, par nature, est ravie. Elle explore, sent le derrière de Bordeterre avec une joie souveraine, comme le chien qu’elle a suivi. Tristan est plus inquiet : il y a quelque chose de pourri dans cette ville...

Titre : Bordeterre, tome 1 : Les âmes débordées - Scénariste  et dessinateur : Timothée Leman
D'après l'œuvre de Julia Thévenot - Éditeur : Sarbacane
Date de sortie : avril 2024 - Nombre de pages : 96 - Prix : 22 €

#bordeterre #lesamesdebordees #bandedessinee #fantastique #timotheeleman #juliathevenot #sarbacane

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violence


Le roman de Julia Thévenot, lu à sa sortie en 2020, s'est conclu sur un coup de cœur. Lire cette adaptation BD me rendait forcément curieuse - voir ce que ça pouvait donner dans ce nouveau format, d'après Timothée Leman.

La mise en route m'a paru un brin rapide. Dans le roman, on ne voit pas beaucoup plus le frère et la sœur dans notre monde avant qu'iels basculent à Bordeterre, mais suffisamment pour mieux appréhender leur relation. Et c'est important que cela soit bien ancré pour mettre en "opposition" la suite des événements. 

Autrement, ce n'est pas forcément mon style de dessin, mais les illustrations collent bien à l'univers du roman finalement. Elles ont quelques choses d'unique, qui marquent l'œil et j'ai fini par beaucoup aimer cela - surtout la représentation des différents personnages. De plus, la richesse de l'univers, qu'on commence à découvrir dans ce premier volume, est un gros plus. L'intrépide Inès se retrouve embarquée par Philadelphe Saint-Esprit qui la prend pour un jeune garçon et est intéressé par ses capacités. Quant à Tristan, c'est Alma qui lui tend la main et lui explique l'histoire de Bordeterre - et pourquoi elle est en colère. Vu ce qui arrive dans la suite du roman, je lirai la suite de l'adaptation avec plaisir et intérêt lorsqu'elle sortira !

"- Qu'est-ce qui s'est p-passé, alors ? 
- Il s'est passé que les débordés en ont eu assez d'être des esclaves et qu'ils se sont rebellés. C'était il y a une quinzaine d'années. On a appelé cette révolution le « grand débordement ». Mais elle a échoué. [...]" 
- Tristan et Alma -