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La Reine des Enfers de Bea Fitzgerald

3 août 2025

Les Dieux ont menti : Perséphone n’a jamais été kidnappée ni retenue aux Enfers par Hadès. Elle s’y est précipitée.

Vous pensez que Perséphone a été kidnappée par Hadès et retenue aux Enfers ? Détrompez-vous : elle s'y est précipitée. Hors de question pour la jeune déesse d'accepter le mariage arrangé auquel ses parents la destinent ! Maintenant, elle doit convaincre Hadès de l'aider. Ce n'est pas une mince affaire : le dieu des Enfers est à la fois arrogant, franchement hostile - et horriblement sexy. Mais pour gagner sa liberté et conquérir son pouvoir, Perséphone est prête à prendre tous les risques...

Titre : La Reine des Enfers - Autrice : Bea Fitzgerald
Titre VO : Girl, Goddess, Queen (2023)
Traductrice : Anne Guitton
Éditeur : Nathan - Date de sortie : mai 2024
Nombre de pages : 448 Prix : 18,95 €

#lareinedesenfers #mythologiegrecque #revisitedemythe
#beafitzgerald #nathan



Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
références à la culture du viol et aux agressions sexuelles, sans description explicite / guerre et troubles du stress post-traumatique / relations parentales abusives et manipulatrices, sans maltraitance physique / actes de violence, sans description explicite
avertissements cités au début du livre
Pour fuir un mariage arrangé par Déméter et Zeus, ses parents, Perséphone - encore connue et appelée Coré à ce moment-là - s'arrange pour qu'Hadès la garde caché aux Enfers. Une cohabitation forcée qui les déstabilise, surtout lorsqu'au-delà des pics qu'iels se lancent, chacun•e sent que ses sentiments évoluent. Présenté comme la parfaite romantasy enemies to lovers à découvrir dès 15 ans par la ME, La Reine des Enfers est un roman qui a attiré mon attention parce qu'il revisite l'histoire de Perséphone et Hadès, de la mythologie grecque. Enemies to lovers, cohabitation forcée, fake dating & co - des tropes à la pelle.

"- La mythique Coré que personne n'a vue depuis l'enfance, élevée sur une île secrète dans le but de préserver sa pureté... Tu es une légende vivante pour eux. Un trophée sans pareil." - Cyané

Une revisite avec du potentiel, mais qui a peiné à me convaincre.
Oui, j'ai aimé l'intention féministe de la revisite - et que cela parle de consentement aussi (aussi bien concernant le mariage que la sexualité). Ils ont fait de ton nom une insulte, une chose dont il faudrait avoir honte. Mais il n'y a rien de mal à être une petite fille, ma chérie. Les petites filles n'ont peur de rien. - Styx à Perséphone. Oui, j'ai apprécié l'inversement des rôles concernant certains aspects de la personnalité des personnages principaux. Soit c'est un manipulateur qui mérite de mourir noyé dans le Styx, soit sa naïveté est sincère et je vais devoir lui révéler comment le monde fonctionne. - Perséphone concernant Hadès. Et puis la motivation de Perséphone à faire changer les choses était intéressante ; Si je parviens à mes fins, mon au-delà modifiera en profondeur la morale humaine et le monde ne sera plus jamais le même. Sans parler des dieux.

MAIS. Usant de formule comme "au bout de quelques semaines" & co, l'autrice fait défiler le temps sans jamais nous proposer quelque chose de réellement construit et développée. J'aurais adoré passer du temps sur les projets de Perséphone aux Enfers, de voir les choses évoluer peu à peu - au lieu d'avoir l'impression que tout se met en place en un claquement de doigts. Une impression liée au fait que la romance prend trop le pas sur la fantasy (selon moi, of course). L'autrice nous rabâchent encore et encore que Perséphone est réellement amoureuse d'Hadès et qu'Hadès est réellement amoureux de Perséphone mais, bien sûr, les deux mettent un temps fou à s'avouer leurs sentiments. D'ailleurs, là encore, nous sommes souvent confronté•es à des phrases comme "nous passons la soirée à échanger des anecdotes", sans jamais réellement nous les faire partager, justement, ces conversations privées qui donneraient de l'intérêt et de la consistance à la relation qui est censée se construire sous nos yeux. Déjà que la romance n'est pas un genre que j'aime particulièrement, là ça m'a rapidement saoulé, je l'admets. Surtout que cela laisse malheureusement peu de place à une intrigue de qualité question fantasy. Résultat, il y a un manque flagrant d'intensité. Faire intervenir Zeus et Déméter (et Hécate aussi) plus souvent aurait réglé ce manque aisément - la preuve avec les dernières pages qui apportent enfin un peu de tension, avec une confrontation attendue et des révélations importantes.

Concernant les personnages, ce n'est pas ouf non plus. Les secondaires manquent de présence et de développement. Et si Perséphone a un semblant de personnalité et de répondant (j'aurais aimé être plus convaincue par sa soif de pouvoir), Hadès paraît simplement fade (malgré de bonnes idées). Un mec gentil et à l'écoute n'est pas obligé de paraître aussi barbant. De plus, les dialogues entre les deux sonnent creux. Bref, une petite déception - le worldbuilding, les personnages et la romance auraient mérité d'être plus développé•es et intenses. Malheureusement, dans l'ensemble, ça reste bien trop gentillet.

"J'étais sage. J'étais docile. J'étais parfaite, merde ! 
Alors quand j'ai fini par craquer, je ne l'ai pas fait à moitié. 
Quand j'ai fini par dire non, je l'ai hurlé depuis le sommet des montagnes. 
Ou, en l'occurrence, depuis le fond des Enfers." - Perséphone


Autre revisite de mythe.
En mai dernier, la ME a traduit une autre revisite de mythe de l'autrice ; La Malédiction de l'Oracle - présentée comme une romantasy F/F qui réinvente la guerre de Troie. Cela pourrait être intéressant, mais vu mon avis sur La Reine des Enfers, je vais sans doute passer mon chemin. N'hésitez pas à me dire si vous avez l'un ou l'autre de ces romans !

Lettres d'enchantement, tome 2 : Impitoyables Serments de Rebecca Ross

25 janv. 2025



Risque de spoiler si vous n'avez pas lu le tome précédent.

Séparés par la guerre, réunis par l'amour.

Deux semaines se sont écoulées depuis qu'Iris Winnow est rentrée du front, le cœur brisé. Mais la guerre est loin d'être terminée. Roman a disparu et la ville d'Oath vit toujours dans l'ignorance. Lorsqu'Iris a l'occasion de se rapprocher des combats, elle n'hésite pas une seconde malgré le danger. Depuis qu'il s'est réveillé dans le royaume d'en bas, Roman a perdu la mémoire. Espérant la retrouver, il se remet à écrire, mais pour le camp de Dacre. Quand une étrange lettre arrive sous la porte de sa garde-robe, il est intrigué. Commence alors une correspondance avec cette mystérieuse inconnue, qui lui semble étrangement familière... Alors que le dieu d'en bas gagne du terrain, Roman et Iris se rapprochent inévitablement... Et sont prêts à risquer leur amour et leur avenir pour changer le cours de la guerre.


Titre : Lettres d'enchantements, tome 2 : Impitoyables Serments - Autrice : Rebecca Ross
Titre VO : Letters of Enchantment, book 2: Ruthless Vows (2023) - Traducteur : Laurent Bury
Éditeur : De Saxus (reliée) - Date de sortie : novembre 2024
Nombre de pages : 528 - Prix : 26,90 €
Chronique du premier tome : ICI

#lettresdenchantement #impitoyablesserments #youngadult #romance #mythologie
#rebeccaross #desaxus #collector #relié


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
amnésie - arme à feu - attaque animale - décapitation - description de cadavre - description explicite de blessure - détresse psychologique - deuil - enlèvement - exécution - explosion - guerre - maladie - manipulation - mort - mort d'un proche - sang - sexe - torture - violence - vomissement
Les avertissements cités ci-dessus sont écrits au début du livre.


Lettres d'enchantement - une belle duologie à lire.
J'ai dévoré le premier tome de cette duologie en juin 2024. J'avais adoré les personnages, l'échange épistolaire, la magie et la mythologie... Regrettant tout de même que ce dernier point ne soit pas davantage développé. Le second tome est sorti en novembre, mais n'est arrivé dans ma pile à lire que début janvier (2025). Il n'y est pas resté bien longtemps !

Comme j'avais craqué pour la version collector pour le premier tome, j'ai pris la même version pour cette suite.
Ce sont de magnifiques livres et vu à quel point j'ai aimé cette saga, je ne regrette pas de ne pas avoir été raisonnable 😅


Une fin à la hauteur du début.
Nous retrouvons Iris deux semaines après la fin les événements du premier tome. Sans nouvelle de Kitt, la jeune femme écrit pour La Tribune de l'Encrier, Attie toujours à ses côtés. C'est avec elle qu'elle repart au front, pour parler de la réalité de la guerre sur le terrain. Kitt, désormais du côté de Dacre, est, quant à lui, plus perdu que jamais... Séparation, souvenir, loyauté, trahison, amour, amitié, famille, correspondance, guerre, dieux, mort, résistance, musique. Rebecca Ross nous fait ressentir l'urgence de la fin qui approche, nous brise le cœur et nous fait trembler pour les personnages. Il était difficile de reposer le livre tant j'avais envie de rester auprès d'Iris et Roman, de voir comment les choses allaient évoluer pour elleux et Oath.

L'histoire d'amour d'Iris et Kitt m'a, dans l'ensemble, beaucoup plu. J'aime la connexion qu'il y a entre elleux. Cette confiance en l'autre qui les guide pour faire les bons choix malgré les épreuves qu'iels doivent surmonter encore et encore. Leurs deux âmes n'étaient pas deux miroirs, mais se complétaient l'une l'autre, comme des constellations brillant côte à côte. 

Concernant la mythologie, l'autrice reste dans la lignée du premier tome, continuant à explorer l'histoire de Dacre et Enva, sans la développer outre mesure. Disons que de nouvelles informations importantes nous sont données, mais que cet univers magique reste en toile de fond davantage pour "comprendre" les noirs desseins de Dacre que pour que cela prenne le pas sur le reste. Même si j'aurais adoré que l'autrice nous donne bien plus de détails concernant la mythologie et la magie, ça n'a pas été un gros manque (alors que j'étais très en attente sur ce point) et je me suis satisfaite de ce qu'elle nous a donné. 

Vu le contexte (guerre & co), c'est assez étonnant à souligner, mais je trouve que cette saga a un côté cocooning - suis-je la seule à avoir ce ressenti ? Cela est sans doute dû aux personnages, principaux comme secondaires, qui sont très attachants, qui se soutiennent et restent fidèles à leurs convictions. Les mots de l'autrice (et la traduction) pour décrire ce qui se passe y est probablement pour quelque chose aussi. L'univers fantasy est là, la guerre fait rage, nous redoutons la colère de Dacre, oui. Mais l'autrice mise sur la détermination plus que sur l'agressivité - en tout cas concernant Iris, Roman, Attie & co - et j'ai beaucoup aimé cela. Iels vont tout faire pour s'opposer au dieu, en trouvant de la force dans leur humanité et leur amour. 


Si proche du coup de cœur...
En bref, je reste persuadée que si l'autrice avait développé davantage l'aspect "magie et mythologie" de son univers, cette duologie aurait été un gros coup de cœur. Cela n'a pas été le cas, mais j'ai tout de même adoré m'y plonger - j'ai adoré les échanges épistolaires et les personnages, j'ai adoré ressentir l'intensité des moments vécus (des joies et des peines).

"Parfois, commença Iris, nous découvrons de quoi nous sommes faits uniquement quand le pire se produit. Nous devons alors déterminer qui nous sommes réellement et ce qui compte le plus pour nous. Je crois que nous sommes souvent surpris par ce que nous devenons."

Lore d'Alexandra Bracken

14 janv. 2025

Parce qu’ils ont défié Zeus, les dieux de l’Olympe doivent se soumettre à l’Agôn : tous les sept ans, pendant sept jours, ils descendent sur Terre et perdent leur immortalité. Les descendants des lignées de héros peuvent alors les tuer, s’approprier leurs pouvoirs et devenir des dieux à leur tour… jusqu’au prochain Agôn.

New York, de nos jours. Lore, dernière survivante des Perséides après que son clan a été anéanti par une famille rivale, essaie d’oublier ces événements traumatiques. Mais un soir, elle trouve sur le pas de sa porte une femme ensanglantée qui prétend s’appeler Athéna... La chasse aux dieux est ouverte !

Titre : Lore - Autrice : Alexandra Bracken
Titre VO : Lore (2021) - Traducteur : Jean-Baptiste Bernet
Éditeur : J'ai Lu (Imaginaire) - Date de sortie : février 2023
Nombre de pages : 704 - Prix : 9,90 €

#lore #mythologiegrecque #newyork
#alexandrabracken #jailu


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
mort - violence - agression sexuelle - sang - arme blanche - maladie (leucémie)


Mythologie grecque.
Après avoir dévoré les nombreux tomes de la saga Percy Jackson de Rick Riordan (Albin Michel, 2006) l'année dernière, lire des romans qui mélangent notre époque à la mythologie grecque me plaît toujours autant et il me tardait de sortir Lore de ma PAL.


New York dans tous ses états.
Ayant provoqué la colère de Zeus, des dieux et déesses deviennent mortels•lles, tous les sept ans. Iels sont traqués pendant sept jours par des chasseurs•resses descendants•es de Persée, Achille, Cadmos & co prêts•es à tout pour prendre leur place.

En débarquant blessée chez Lore, de la maison de Persée, Athéna pousse la jeune femme dans ses derniers retranchements et la fait replonger dans un monde qu'elle avait enfin réussi à quitter depuis le dernier Agôn. Une alliance forcée (bancale et dangereuse), formée par une chasseresse (Lore) et une déesse (Athéna) n'est déjà pas banale, mais d'autres viennent s'ajouter à la team - dont une personne proche de Lore lorsqu'elle était enfant et qu'elle croyait décédée. Lore et ses allié•e•s vont devoir contrecarrer les plans du nouvel Arès, décidé à se débarrasser de tous•tes les autres pour mettre fin à sa manière à l'Agôn et asseoir ses pouvoirs. Un dieu qui a une dent particulière contre Lore, tout en ayant besoin d'elle...


Une lecture prenante, même si pas à la hauteur de mes attentes.
Vu les enjeux et les forces en présence, j'aurai clairement aimé quelque chose de plus impressionnant et (encore plus) intense - dans les batailles menées, mais aussi dans les relations entre les personnages et leurs émotions. Davantage de développement concernant le background des "maisons" m'aurait plu aussi...  Et, si j'ai adoré Miles et ai trouvé Van super intéressant dans les interactions qu'il a avec tous les autres, j'ai trouvé dommage que ces deux personnages (certes secondaires) soient finalement si peu présents par moments.

En revanche, j'ai beaucoup aimé découvrir l'évolution de Lore, le pourquoi de son éloignement, à travers plusieurs flash-backs nous la montrant plus jeune, avant qu'elle ne se retrouve orpheline. J'ai aussi aimé... les quelques messages féministes au fil du récit ; la balance permanente entre colère, vengeance, survie, trahison, manipulation, mensonge, culpabilité, amitié, courage, loyauté, remise en question, seconde chance ; et bouger dans New York m'a bien plu aussi. En bref, Lore est un roman (un beau petit pavé !) qui n'a pas été aussi épique et développé que je ne l'espérais, mais que j'ai trouvé tout de même prenant à lire. 

"La colère était une maladie de l'âme, et la violence son aspect le plus contagieux. Trouver le moyen d'éviter cette dernière permettait de rompre un cercle vicieux avant qu'il ne commence. Mais nous vivions dans un monde violent."

Là où réside l'hiver de Laetitia Arnould

20 déc. 2024

"Avez-vous déjà entendu le crépitement du givre et le sifflement du vent du nord ? C'est le rire de l'hiver qui s'éveille en décembre. Le rire de Jack Frost..."

À dix-sept ans, Edda Nightingale est une jeune fille solitaire et hypersensible. Orpheline, elle vit avec sa belle-mère et la fille de cette dernière. Même mise à l'écart, elle veille chaque jour sur le manoir de son enfance et les bois de Moonland. Garant des glaciers, Jack Frost est la quintessence de l'hiver. Pourtant, qui connaît encore son nom ? Invisible pour les hommes, délaissé des fantômes, Jack œuvre sans relâche : il roussit les feuilles, souffle le givre et fait danser les flocons... Est-ce le vent du nord, un étang gelé ou une aurore boréale qui va mettre Edda et Jack sur le même chemin ? Si la première découvrira un univers de conte, le second devra côtoyer les humains, ces Ephémères qui l'ont laissé pour compte. Quand les rêves de neige disparaissent et que la Terre surchauffe, Edda et Jack devront s'apprivoiser et s'allier aux Veilleurs de l'Hiver, pour que demeure l'équilibre des saisons...


Titre : Là où réside l'hiver - Autrice : Laetitia Arnould
Éditeur : Twinkle - Collection : Raven Star
Date de sortie : décembre 2021 - Nombre de pages : 448 - Prix : 29,90 €

#làoùrésidelhiver #folklore #jackfrost #youngadult #saison #écologie
#laetitiaarnould #twinkleeditions


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
mort - deuil - maltraitance (animale) - braconnage - arme à feu - incendie



Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge (Froid polaire - La magie de l'hiver)
et du challenge Il était douze fois Noël.


Laetitia Arnould.
Au début du mois de décembre, j'ai plongé avec plaisir dans la douce romance de l'autrice ; Et il a neigé sur le Fjord (Twinkle éditions, 2024). Avec Là où réside l'hiver, elle nous propose un récit bien différent, même si la romance y a aussi sa place. Un récit aux multiples facettes, entre revisite de contes/mythologies/folklores, quête initiatique et message écologique. Je crois bien que cette lecture frôle le coup de cœur et je prendrai un grand plaisir à en faire une relecture l'hiver prochain.


Cotswolds, Angleterre, à notre époque.
Lui a du mal à trouver sa place, ni mort ni vivant - un homme-enfant figé dans l'hiver du temps. Elle est orpheline et essaie de préserver l'héritage de ses parents (Nightingale Hall et les bois de Moonland) des noirs desseins de sa belle-mère. L'alternance des points de vue entre Jack et Edda nous fait avancer dans un hiver en danger. Les Veilleurs de l'Hiver - Décembre, Janvier, Février - et ceux des autres saisons vont devoir trouver une solution s'ils veulent garder un équilibre plus que jamais précaire.


Quête initiatique & message écologique.
J'avais beaucoup aimé le film d'animation Les Cinq Légendes de Peter Ramsey, sorti en 2012. Un film dans lequel Jack Frost est présent et où il est déjà question des croyances que nous avons dans ces mythes et légendes. Dans Là où réside l'hiver, l'autrice parle de cela aussi, en y ajoutant/liant un message écologique important. Le bouleversement climatique, est plus que jamais évoqué. Laetitia Arnould revisite des contes et mythes pour créer un univers fantastique, permettant de nous transmettre un message d'urgence et d'espoir, aussi, face à cela. J'ai tellement aimé rencontrer les Veilleurs de l'An et découvrir leur mission. J'ai aimé voir Jack Frost évoluer entre eux et les "Éphémères" (nous autres, humain•e•s). J'ai été touchée par la sensibilité d'Edda - une sensibilité qui a de l'importance dans l'intrigue. Et l'écriture de l'autrice m'a plu, en plus de ses bonnes idées d'intrigue et de personnages. Bref, je vous le répète, ça frôle le coup de cœur et c'est un roman que je vous conseille grandement !

De mon côté, de l'autrice, il me reste Un Noël à Bleakhill Castle (Twinkle éditions, 2023) dans ma pile à lire.

"Lentement, la neige étincelle sous les rayons de la lune, elle brille sur les toits, dans les jardins clôturés, sur les branches dénudées, les portails alambiqués, les chemins et les prés.
Qu'il est beau, le temps de l'hiver !"

La promesse d'Avalon, tome 1 : Une âme pour une âme de Lise Syven

25 oct. 2024


La promesse d'Avalon, tome 1 : Une âme pour une âme de Lise Syven
Éditions Flammarion, 2024 - 480 pages - 19,90 €

• service presse •


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
mort - violence

Gwen effleure la lame de la main, elle est désormais la gardienne de la légendaire Excalibur. En sa possession, elle devient invincible. Encore faut-il apprendre à maîtriser ses pouvoirs...

Alors que des forces maléfiques bouleversent son quotidien de lycéenne sans histoires, Gwen doit s’allier à Tristan, un démon aussi irrésistible qu’insupportable. Si elle a pour mission de protéger l’épée, le démon n’aspire qu’à retourner aux Enfers. Elle se passerait bien de lui s’il n’y avait ce pacte qui les dépasse. Un pacte qui unit leurs âmes pour toujours.


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Lyse Syven.
Si je découvre tout juste le travail de l'autrice avec ce premier tome de La promesse d'Avalon, c'est loin d'être sa première publication ! Elle est notamment connue pour la trilogie La balance brisée (Castelmore, 2014).


Plusieurs enjeux et une quête.
Gwen savait qu'elle était sorcière comme sa mère, mais c'est quand celle-ci se sacrifie pour elle qu'elle découvre réellement l'ampleur de leur histoire familiale. Un sacrifice qui lit désormais la jeune femme de dix-huit ans à un démon redoutable... Mais Gwen est déterminée à faire revenir sa mère, quitte à se mettre en danger et à repousser une quête importante. Différentes forces retorses semblent prêtes à la manipuler pour arriver à leur fin. Reste à savoir si elle sera de taille à les affronter. Le démon lui-même est déterminé à se venger de ses ennemis personnels et à reprendre sa place. Mais il devra faire avec ce lien qui l'attache à Gwen.

"Gwen venait de le découvrir, il y avait sous la douleur du deuil, une colère vibrante tricotée avec un sentiment d'injustice féroce qui réclamait une riposte. Le démon qui l'avait tuée - qui l'avait privée de sa mère ! - reviendrait finir le travail. Elle aurait l'occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce..."

Quand la légende arthurienne inspire...
Niveau fantasy et mythologie, l'univers arthurien n'est pas le seul évoqué, la mythologie grecque, ainsi que Lucifer & co le sont aussi. Un mélange d'univers, assumé, qui m'a semblé parfois too much. On ne va pas se mentir, en commençant cette saga, j'étais dans l'idée d'y trouver un univers ultra développé autour d'Excalibur, d'Avalon et Viviane. Alors peut-être que mon sentiment mitigé en refermant le livre vient en partie de là.

"[...] Tout ce que ce monde compte de légendes possède un fond de vérité. Les êtres célestes arborent différentes formes en fonction des époques et des religions. Appelle-les comme tu veux : des anges, des dieux, des démons, des djinns... Au final, les puissances demeurent et s'affrontent, créant le chaos et le renouveau. Le Mal est assigné aux profondeurs des Enfers et les autres, ma foi, se réservent l'Éther, le Paradis, l'Olympe... Peu importe le nom."

Mais il y a eu d'autres petits couacs qui a fait que le schmilblick n'a pas fonctionné avec moi. J'ai trouvé à ce début de saga une vibe à la Twilight (Stephanie Meyer) et aux Étoiles de Noss Head (Sophie Jomain). Mais au contraire de ces dernières, qui ancrent bien l'histoire dans une ville, un lieux, là j'ai eu l'impression d'être un peu partout et nulle part - entre l'école et la maison sans grande autre explication. De plus, je n'ai pas été spécialement sensible à l'attraction entre les personnages principaux - qui se tournent autour du début à la fin...

Je ne dis pas que je ne suis pas du tout curieuse de la suite, mais je ne sors pas pleinement convaincue de ce premier tome. Cela dit, j'ai tout de même bien apprécié la plume de l'autrice, alors pourquoi pas la lire dans un autre genre - sa romance de Noël YA paru chez Scrineo cette année me tente bien par exemple.

Roman graphique & bande dessinée pour faire descendre ma PAL !

22 oct. 2024

Toujours dans l'idée de faire baisser ma pile à lire, je me suis dit qu'il serait sympathique de mettre le nez dans les romans graphiques et BD qui y trainent... parfois depuis quelques mois, parfois depuis à peine quelques jours. Au bout du compte, de chouettes lectures, un coup de cœur et moins 5 livres dans ma PAL !

PS : toutes les photos de cet article ont été retouchées avec un filtre sur PhotoDirector.



Des Souris et des Hommes de John Steinbeck
Illustré par Rebecca Dautremer
Éditions Tishina, 2020 - 420 pages - 37 €

VO : Of Mice and Man (1937)
Traduit par Maurice-Edgar Coindreau



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propos raciste - arme à feu - violence - mort

États-Unis, 1937 : John Steinbeck publie un court roman qui deviendra un chef-d'œuvre de la littérature, mondiale. Des Souris et des Hommes, c’est l’histoire de George et Lennie, deux saisonniers qui voyagent à travers la Californie, rêvant d’une vie meilleure. Une histoire magnifique, qui nous raconte l’amitié, l’espoir mais aussi la cruauté des hommes, et qui a profondément ému des millions de lecteurs.

France, 2020 : Rébecca Dautremer adapte ce grand classique dans un incroyable roman graphique. Pour cette deuxième collaboration avec les éditions Tishina, après Soie il y a quelques années, elle renouvelle brillamment son univers et sa palette, et pousse plus loin que jamais son talent. Un dialogue intense entre le texte intégral de Steinbeck et l’univers artistique de la plus célèbre des illustratrices françaises.

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Lennie, présenté comme un "homme énorme, à visage informe" avance au côté de George, décrit comme "petit et vif", direction un ranch où ils vont travailler pour espérer mettre un peu d'argent de côté pour réaliser leur rêve ; s'installer dans une petite maison rien qu'à eux, y vivre entourés d'animaux, sans patron. Mais Lennie a tendance à faire des bêtises. Pas par méchanceté, ça tout le monde est prêt à l'admettre, mais des bêtises qui obligent George a resté vigilent, à lui répéter d'être prudent. Surtout que le fils du patron semble l'avoir pris en grippe et que sa femme ne cesse de rôder dans le baraquement...

Des Souris et des Hommes est, à ce jour, le seul roman de Steinbeck que j'ai lu - en 2017. Cette version illustrée par Rebecca Dautremer a été l'occasion de relire cette histoire si marquante. L'amitié à la fois bancale et solide de George et Lennie me touche toujours autant, jusqu'à cette fin qui m'a, une fois de plus, tristement brisé le cœur. En termes d'objet livre c'est une petite pépite, de sa mise en page aux illustrations et couleurs. 

Bon à savoir :
Karine Giebel propose une revisite moderne de ce classique avec son roman Glen Affric (Plon, 2021).

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge
Automne douceur de vivre - Je crois bien n'avoir songé qu'à vous seule
(orgueil - préjugé - amour - célibat - classique - sarcasme - verve - satire)


💙 💚 💛 💜



Colorado Train d'Alex W. Inker
Éditions Sarbacane, 2022 - 256 pages - 29 €

D'après le roman de Thibault Vermot


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
⇾ violence - grossophobie - cadavre - suicide - drogue & alcool - arme à feu - guerre

Milieu des années 1990, une ancienne ville minière écrasée de toutes parts par les montagnes rouges du Colorado. C'est dans cette Amérique " profonde ", oubliée dans une décennie de prospérité économique, que grandit Michael, un ado paumé style skateur cheveux mi-longs baggy hoody et converses. Il y a aussi Durham, le gamin SDF accro au crack ; le gros Don, qui s'efforce d'échapper aux brutes du collège ; et, bien sûr, Suzy, la rebelle androgyne, toujours un coquard au coin de l'oeil laissé par son shérif de père. Mais la vie est belle parfois, entre le skate l'école, buissonnière, les rêves, les premières fois, de l'amour aux bières, tout ça sous le soleil cuisant de juillet... Jusqu'au jour où un gosse de la ville qui avait disparu est retrouvé à moitié dévoré. Aussitôt, les quatre potes décident d'enquêter. Dans l'ombre, le tueur - la Chose ? - les regarde s'agiter. Et bientôt les prend en chasse.

• • • • • • • • • •


Alex W. Inker a adapté en BD le roman de Thibault Vermot, sorti en 2017 chez Sarbacane. Il a parfaitement su mettre en images ce roman dont on retrouve l'ambiance et l'esprit à chaque page, en noir et blanc. D'ailleurs, mention spéciale au résumé (trouvé sur le site de la ME) qui est absolument génial et représentatif. Petite ville, cave, voie ferrée et château d'eau, enfants et ados, amitié... Le roman développe davantage le tout, mais cette version BD - avec ces différences - m'a tout de même beaucoup plu aussi.

Rien de mieux qu'une bagarre avec la petite frappe de l'école et sa bande pour former de nouvelles amitiés... Mais quand ladite petite frappe disparaît et que son cadavre (ou ce qu'il en reste) est retrouvé, cela devient tendu. À cause de leur curiosité, la bande de Michaël va attirer l'attention... et quand l'un d'entre elleux disparaît à son tour, c'est tous•te les autres qui foncent bille en tête, quitte à frôler la mort de près. 

Bon à savoir :
• A la fin, un QR code mène à une playlist de l'auteur.
• On retrouve les personnages dans le roman Dark Glory, sorti cette année, toujours chez Sarbacane. 


💙 💚 💛 💜



Lore Olympus, tome 4 de Rachel Smythe
Éditions Hugo & Cie (BD), 2023 - 360 pages - 24,95 €

Traduit par Robyn Stella Bligh



Mise en garde de Rachel Smythe, au début du livre :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
⇾ Lore Olympus aborde régulièrement des thèmes de maltraitance physique
ou psychologique, de traumatisme sexuel et de relations toxiques.

Risque de spoiler si vous n'avez pas lu les tomes précédents.
L’HEURE DES CHOIX ET DES CONFRONTATIONS A SONNÉ !
L’Olympe est officiellement en train de perdre pied : Menthé est violente envers Hadès, Héra et Zeus ont des problèmes de couple qui impactent tous les dieux et Arès débarque et ne trouve rien de mieux à faire que d’aller réveiller la colère de Perséphone… Au milieu de ce chaos, Hadès et Perséphone réussissent tout de même à se retrouver pour faire le point sur leur relation. Vont-ils enfin s’avouer leurs sentiments ? Apollon de son côté harcèle Perséphone et arrive enfin à se retrouver seul à seul avec elle : un affrontement difficile va se jouer. Perséphone va-t-elle en sortir indemne ?
Ce quatrième volume met l’accent sur les confrontations nécessaires et délicates qui régissent les relations et permet de nous montrer que les bons choix sont souvent les plus difficiles à faire. Hadès et Perséphone sauront-ils trouver leur voie ? L’interprétation ingénieuse de ce conte intemporel est devenue un classique moderne !

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Alors que la sortie du septième volume est prévue pour novembre, j'ai mis le nez dans le quatrième. J'essaie de les trouver d'occasion, donc j'avance vraiment petit à petit, mais toujours avec plaisir, dans cette réécriture moderne et graphique de l'histoire d'Hadès et Perséphone. Les couleurs sont toujours très marquées ; rose, bleu, jaune, vert. Cela fait partie intégrante de ces livres.

Entre les problèmes de couple d'Héra et Zeus, ainsi que les sautes d'humeur et les tromperies de ce dernier, il y a de quoi faire ! Cela dit, ce n'est clairement pas ce que j'ai préféré dans ce tome. J'ai aimé que l'autrice approfondisse des sujets importants, tels que les retombées psychologiques de l'agression sexuelle qu'a vécue Perséphone par Apollon - qui continue d'ailleurs de la harceler. Il fallait parler de cela, davantage s'y attarder et c'est chose faite. La Déesse du printemps doit également gérer ses sentiments pour Hadès actuellement en couple avec Menthé... Là encore, j'ai aimé les choix de l'autrice quant à l'évolution de leur relation - ainsi que toutes les discussions qu'iels ont. Ladite relation est aussi malmenée par cette histoire de "déesse de la virginité éternelle". Forcément, Perséphone doute de pouvoir continuer longtemps dans cette voie, surtout que certains ont l'air d'en savoir plus long qu'elle sur sa véritable nature... J'espère trouver bien vite le tome 5 d'occasion !


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Les Petites Reines de Magali Le Huche
Éditions Sarbacane, 2023 - 160 pages - 25 € 

D'après le roman de Clémentine Beauvais



Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
⇾ grossophobie - harcèlement - guerre - évocation du cancer

À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals, au fil de leur odyssée. En vie, vraiment.

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Quel bonheur de retrouver Astrid, Hakima et Mireille ! Ma lecture du roman de Clémentine Beauvais remonte à sa sortie, en 2015, en faire une relecture grâce à cette adaptation en BD par Magali Le Huche fut un plaisir. C'est un bonbon, cette histoire et pourtant, on y parle de choses pas toujours très rigolotes...

Les trois adolescentes ont été nommées boudin d'or, de bronze et d'argent à un concours (ignoble) organisé par un mec (complètement c**) de leur école. Elles ne se connaissaient pas, mais il faut croire que ça force l'amitié, ce genre de gloire... Et pour souder cette nouvelle complicité, quoi de mieux qu'un périple à vélo de Bourg-en-Bresse (où elles habitent) à Paris (où elles veulent s'incruster à la Garden Party de l'Elysée) ! Toutes les trois ont des raisons différentes de vouloir s'y rendre, mais une même détermination farouche, et cela attise la curiosité des médias qui suivent leur avancée.

Aimant lire des road-trip, j'ai aimé (re)vivre toutes ces étapes à leur côté. J'ai aimé retrouver Mireille et sa répartie aussi drôle que cinglante pour réconforter, encourager ou moucher son interlocuteur•trice. Et j'ai aimé voir ses doutes, aussi. J'ai aimé que Kader les accompagne (le frère d'Hakima) et tous les sujets que cela amène sur le tapis - en particulier le handicap. J'ai aimé le coup de crayon coloré et frais de Magali Le Huche. J'ai aimé l'humour et les moments plus touchants. Une très sympathique lecture, que je vous recommande.


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Racines de Lou Lubie
Éditions Delcourt, 2024 - 216 pages - 25,50 €



Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
harcèlement (scolaire et de rue) - dysmorphophobie - sexisme - racisme

Rose est tiraillée entre deux cultures : celle à laquelle elle voudrait appartenir, et celle que ses cheveux crépus trahissent. De coiffure en coiffure, elle sera prête à tout pour se conformer à une société qui rejette la différence.

Au fil de sa quête d’identité, Rose va devoir se confronter aux discriminations sexistes et racistes, à l’Histoire qui lui a donné ses racines métissées, et, finalement, à elle-même.

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Sur le site de l'autrice/illustratrice, ce livre est présenté comme "Entre récit de vie et enquête, une BD sur l’acceptation de soi et de ses origines." Lou Lubie précise également que ce n'est pas une histoire autobiographique, mais que c'est un sujet qu'elle connaît et qui la concerne - elle a du faire du chemin pour accepter la nature de ses cheveux, comme Rose le personnage de la BD. Une jeune fille, créole à la peau blanche et aux cheveux crépus, qui grandit en associant la beauté aux cheveux lisses censés être la norme. C'est violent de se construire en se sentant obliger de renier une partie de soi. De l'Île de la Réunion à Paris (où elle va habiter pour ses études), nous suivons Rose et ses remises en question.

Question culture, ce fut une lecture intéressante et enrichissante. Ne partageant pas les mêmes origines que Rose, j'ai appris plein de choses - que ce soit sur la vie à l'Île de la Réunion, la culture & co ou l'Histoire avec un grand H, concernant l'histoire des cheveux. Lou Lubie documente très bien le récit. Elle y parle aussi de l'œil que porte la société sur ce sujet, un œil qui varie en fonction de l'apparence - cheveux frisés/crépus ou lisses, courts ou longs. De ce fait, elle évoque comment est perçu la féminité des femmes en fonction de ces critères.

Question cheveux texturés, je me suis reconnue dans quelques situations pas toujours plaisantes... La pluie et l'humidité qui ruinent des cheveux lissés pendant des heures, les passages désastreux chez le coiffeur, les remarques différentes de mes camarades de classe en fonction de ma coupe du jour (bouclée ou lissée)... C'est très libérateur d'apprendre à accepter sa nature de cheveux, d'apprendre à en prendre soin (en essayant de ne pas y passer une journée). Bref, mes boucles et moi avons eu un coup de cœur pour cette BD !

Pour les plus jeunes, la BD Frizzy de C. A. Ortega & R. Bousamra est une bonne première approche sur le sujet.

Le Soleil et l'Etoile - Une aventure de Nico Di Angelo de Rick Riordan & Mark Oshiro

30 juil. 2024



Les fils d'Hadès et Apollon au cœur des Enfers

Après des années d'apprentissage et de combat à la colonie des Sang-Mêlé, Nico et Will n'aspirent qu'à se reposer, profiter l'un de l'autre et s'amuser.
Cependant, Nico a conscience qu'il n'en a pas le droit. Pas encore. Car le soir, lorsqu'il s'endort, de terribles cauchemars le hantent. Mais ce n'est pas le pire. Le pire, c'est cette voix qui le supplie de lui venir en aide, du tréfonds des Enfers...


Le Soleil et l'Etoile - Une aventure de Nico Di Angelo de Rick Riordan & Mark Oshiro
Éditions Albin Michel (Wiz), 2023 - 608 pages - 19,90 €

VO : The Sun and the Star - A Nico Di Angelo Adventure (2023) - Traduit par Anne-Sylvie Homassel

• service presse •


Après avoir dévoré les tomes de la saga Percy Jackson, je pensais lire les tomes de Héros de l'Olympe (qui sont dans ma PAL) avant Le Soleil et l'Étoile, mais force est de constater que je n'arrive pas à me caler cette saga alors j'ai décidé de lire l'histoire de Nico, même si elle m'a fait faire un bond dans le temps. Quand Le Soleil et l'Étoile commence, cela fait près d'un an que Nico et Will sont ensemble.

"Pouvait-il espérer un autre destin ? Ou était-il condamné pour l'éternité à payer très chèrement la moindre minute de bonheur ?"

Le récit nous propose deux gros enjeux. Une belle quête initiatique.
• La quête "classique", liée à un personnage croisé/évoqué dans les sagas Héros de l'Olympe et Les travaux d'Apollon - l'auteur nous resitue suffisamment les faits, donc je ne me suis pas sentie complètement pommée, ça va. Nico doit se rendre dans le Tartare (ou il affrontera, entre autres, une redoutable ennemie) et Will l'accompagne en sachant que ce qu'il trouvera aux Enfers est à mille lieux de lui, sa personnalité, ses besoins.
• Une belle quête initiatique pour Nico et Will - si différents, si complémentaires. Les Enfers vont mettre ces deux-là à rudes épreuves. Doutes, colère, incompréhension. Force, amour et écoute. Les questionnements de Nico et Will, sur qui ils sont individuellement et qui ils sont en tant que couple m'ont beaucoup plu. Cela mène à des passages touchants, où les deux se remettent en question pour le bonheur de l'autre. Entre obscurité et lumière. La discussion qu'a Will avec Perséphone était intéressante...

En bref, ravie d'avoir fait ce bout de chemin avec Nico et Will, deux personnages très attachants. Malgré quelques longueurs, c'est un livre qui se dévore en une poignée d'heures. Et puis j'ai bien apprécié le glossaire à la fin, toujours utile, tout comme la carte pour suivre les déplacements des personnages !

Lettres d'enchantement, tome 1 : Divines rivalités de Rebecca Ross

14 juin 2024


Aucun dieu, aucune guerre ne pourra les séparer.

Après plusieurs siècles de sommeil, les dieux sont à nouveau en guerre. Alors que son frère est parti au front et que sa mère sombre dans l'alcool, la jeune journaliste Iris Winnow tente de maintenir sa vie à flot.

Elle ne trouve de réconfort que dans les lettres écrites à son frère, porté disparu, qu'elle glisse sous sa garde-robe et qui disparaissent mystérieusement. Lorsqu'elle reçoit des réponses anonymes, elle y répond, sans savoir que leur auteur n'est autre que son plus grand rival, Roman Kitt. Alors qu'un lien indéfectible se noue entre eux, Iris accepte une mission au front en tant que correspondante.

Dans un pays où les humains ne sont que les pions de puissances divines, Iris et Roman se font la promesse de continuer à s'écrire. Mais, confrontés aux horreurs de la guerre, leur avenir sera de plus en plus incertain...

Lettres d'enchantement, tome 1 : Divines rivalités de Rebecca Ross
Éditions De Saxus (reliée), 2024 - 425 pages - 26,90 €

VO : Letters of Enchantment, book 1: Divine Rivals (2023) - Traduit par Laurent Bury

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
alcoolodépendance - description explicite de blessure - description de cadavre - détresse psychologique - deuil - guerre - mort d'un proche - manipulation - sang - sexe - violence 
Les avertissements cités ci-dessus sont écrits au début du livre.


Le premier tome de cette duologie a attiré mon attention suite à la chronique de Lucie (Call me Luh) dessus. À ce moment-là, il n'avait pas encore été traduit en français. De Saxus s'en est chargé en le publiant début mai et l'avis de Stéphanie (Pikiti bouquine) a achevé de me convaincre. Je ne pouvais pas passer à côté d'un roman qu'elle rapproche du film Vous avez un message de Nora Ephron, avec Tom Hanks et Meg Ryans ! 

"Certains jours, j'ai peur, mais la plupart du temps, je veux simplement accomplir ces choses dont je rêve." - Iris

Ce début de saga ne se "contente" pas seulement de nous proposer une romance rivals to lovers et un échange épistolaire. L'autrice nous plonge dans un univers où les dieux, pourtant vaincus depuis des siècles, ont provoqué une nouvelle guerre et où les humains se voient obligés de combattre. Iris Winnow a dû dire au revoir à son frère et n'a plus de nouvelles de lui depuis plusieurs mois. Elle vivote et espère être embauchée comme chroniqueuse dans un journal, mais la concurrence est rude ! Roman Kitt convoite le même poste et il a une longueur d'avance sur elle... Il est le destinataire involontaire des lettres qu'elle écrit à son frère.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, parce qu'on prend le temps. Le temps de connaître la personnalité des personnages principaux et de s'y attacher, de se faire à leur rivalité et d'apprécier les échanges de plus en plus sincères qu'iels ont à travers les lettres (même si Iris ne connaît pas la réelle identité de son correspondant). J'ai aimé le début d'explication concernant la magie, les mythes, les dieux. Et puis j'ai aimé être embarquée vers d'autres horizons, même si cela signifie côtoyer les horreurs de la guerre. Parmi les autres choses que j'ai aimées, il y a l'absence de rivalité féminine inutile. Au contraire, nous avons de belles amitiés en toile de fond. Nous pouvons aussi nous réjouir qu'il ne semble pas y avoir de différence entre homme et femme (tous•tes peuvent s'engager et partir à la guerre, travailler en tant que journaliste ou correspondant de guerre, etc.) Cela dit, ça n'empêche pas le rang social de rester une notion importante, notamment pour la famille de Roman.

"Nous nous sommes réveillés ce matin dans un monde, et à présent, le soleil se couche sur un autre."

En bref, un premier tome très réussi pour cette duologie de fantasy YA qui mêle romance, guerre et mythologie. La dernière fois que j'ai autant apprécié un début de saga, la suite n'a pas été à la hauteur de mes attentes (Ce coeur empoisonné de Kalynn Bayron). J'espère que celle-ci le sera... Parmi mes attentes, j'espère que ce qui touche à la mythologie, parfois un peu trop délaissé au profit de la romance dans ce premier tome, reprendra une belle place dans la suite. Touchant, prenant et bien écrit, ce n'est pas passé loin du coup de cœur. 


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Lu dans le cadre du Ice Cream Summer Challenge 2024
Nuits enchantées d'été - Lueurs d'étincelles au feu de camp
(magie - légende - inconnue)