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Journal d'Anne Frank (BD) • 1984 (BD)

21 juin 2026


L'adaptation fidèle du journal intime d'Anne Frank, un best-seller mondial. Un roman graphique tout en émotion. Le jour de ses 13 ans, Anne reçoit en cadeau un cahier dont elle fait aussitôt son journal intime. Jeune juive allemande exilée au Pays-Bas, la jeune fille va raconter son quotidien, ses émois d'adolescente, la fuite, la cache, la peur... Publié par son père Otto deux ans après la fin de la guerre, Le Journal d'Anne Frank sera traduit en plus de 70 langues et vendu à plus de 30 millions d'exemplaires.


Journal d'Anne Frank : L'Annexe : Notes du journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944
Antoine Ozanam & Nadji • Soleil, 2016 • 144 pages • 18,50 €  


Qui ne connaît pas ce témoignage, devenu un incontournable lorsqu'on évoque la Seconde Guerre mondiale ? Pour ma part, ma lecture du témoignage d'Anne, dans sa version classique, remonte à 2013. Et je n'ai pas résisté à emprunter cette adaptation en BD, en la trouvant à la bibliothèque, pour m'y replonger. Antoine Ozanam au scénario, Nadji aux dessins et couleurs, et une volonté de respecter le vécu d'Anne - Entre l'insouciance de l'adolescence et la terreur quotidienne de ceux qui se cachent. Entre la joie et l'indicible dixit Ozanam. Elle qui a connu l'antisémitisme, la clandestinité et la déportation.

Ses questionnements, les rares nouvelles qui leur viennent du dehors, l'ennui, les discordes, la peur... Anne écrit tout dans son journal qu'elle nomme Kitty. Une jeune adolescente pleine de caractère, obligée de se cacher avec sa famille et des proches pour espérer échapper à l'horreur. L'histoire a beau être connue, les dernières pages m'ont donné des frissons. C'est un témoignage important, chargé d'histoires (avec un grand H aussi, forcément) et d'émotions. Le duo Ozanam & Nadji a très bien retransmis cela. C'est une adaptation qui vaut le coup d'œil, avec une palette de couleurs assez intéressante - comme vous pouvez vous en rendre compte à la lecture de l'extrait ICI. Bref, une BD et un témoignage à lire au moins une fois dans sa vie.



Londres, 1984. Smith est un employé du Parti chargé de réviser l'Histoire. Dans un monde où toute sentimentalité est interdite, il est attiré par Julia, une femme peut-être dangereuse pour lui. Ensemble, ils vont tenter d'échapper à l'emprise du gouvernement et de Big Brother, le chef omnipotent du gouvernement. Mais est-ce possible dans un monde où tout fait et geste est surveillé et enregistré ?


1984 de Rémi Torregrossa & Jean-Christophe Derrien
Soleil, 2021 • 120 pages • 18,50 € 

Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
guerre - scènes de sexe - torture - violence

C'est totalement fortuit, mais les deux BD que je vous présente ici ont finalement de nombreux points communs. Publiées chez Soleil, les deux parlent de guerre, de résistance, de personnages tenant un journal. La différence étant qu'Anne Frank, bien sûr, a réellement existé et qu'elle nous livre son témoignage, alors que 1984 est de la science-fiction (ô combien réaliste par les temps qui courent, cela dit). Paru en 1949, le classique de George Orwell est lui aussi un incontournable. Ma lecture du roman remonte à 2021 et j'étais curieuse de découvrir les différentes adaptations en BD qui existent. Celle-ci étant disponible à la bibliothèque, je n'ai pas hésité, mais il me tarde aussi de voir ce que donne celle publiée chez Sarbacane, par Xavier Coste.

Big Brother is watching you. Jean-Christophe Derrien au scénario et Rémi Torregrossa aux dessins et couleurs nous livrent une adaptation très efficace de ce classique. Avec des dessins, la majeure partie du temps, en noir et blanc, nous découvrons Océania, un univers où Big Brother est partout, où la police de la pensée menace et sévit. Un endoctrinement contre lequel Winston Smith résiste, d'abord, discrètement, en tenant un journal. Mais même cet acte, qui pourrait paraître anodin, pourrait lui coûter cher. Travaillant au ministère de la vérité, il connaît plus que jamais les risques et la manière de faire. Un jour, il le sait, il pourrait tout simplement se faire effacer, comme s'il n'avait jamais existé. Lorsqu'il rencontre Julia, il se méfie. Peuvent-iels réellement résister ensemble et y survivre ? Peuvent-iels réellement envisager avoir un avenir ensemble ?

Alors oui, nous sommes face à une dystopie, mais un peu comme pour La Servante écarlate de Margaret Atwood, certaines choses dans le récit font encore plus froid dans le dos lorsqu'on voit où nous en sommes en 2026... C'est un classique que je trouve important à lire, même si certaines planches sont difficiles et que la fin est d'une tristesse sans nom.

Petit conseil : musophobes, certaines planches risquent de ne pas vous plaire.

[Livre audio] Les nuits que l'on choisit : Chroniques judiciaires en France d'Elise Costa

14 août 2025


Élise Costa, chroniqueuse judiciaire, dévoile comment elle s’est prise de passion pour les procès et son intérêt croissant pour les victimes et leurs proches, ce chemin l’a menée à renouveler le genre de la chronique judiciaire. Un témoignage sincère sur les coulisses des audiences et de l’écriture.


Titre : Les nuits que l'on choisit : Chroniques judiciaires en France - Autrice : Elise Costa
Lu par Elise Costa - Durée : 5 h 34 min
Éditeur : Audiolib - Date de sortie : février 2024

#lesnuitsquelonchoisit #chroniquesjudiciairesenfrance #essai
#elisecosta #audiolib #livreaudio #nextory


Avertissement (Trigger Warning) :
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez. Cela peut divulguer une partie de l'intrigue.
alcool - arme à feu - drogue - mort - suicide - viol - violence conjugale
Chroniqueuse judiciaire.
Je dois aux chroniques de Caroline et d'Anaïs mon envie de découvrir cet essai et j'ai opté pour le format audio, lu par l'autrice elle-même. La subjectivité d'écrire, son éthique et ses valeurs, Elise Costa, qui a notamment écrit pour le magazine Slate et a qui nous devons le podcast Fenêtre sur course livre sur son métier et apporte sa propre vérité sur les affaires qu'elle évoque. Comme elle l'explique, ce livre est là pour explorer l'humanité en chacun de nous davantage que le crime en lui-même.

"Observer, archiver, trier les informations. Chaque reportage est une réponse à l'énigme ; un arbre fait-il du bruit quand il tombe si personne n'est là pour l'entendre. [...] Je suis là pour raconter le bruit des autres."

L'affaire Eva Bourseau, tuée en 2015, a une grande place tout au long du livre, comme un fil rouge. Elise Costa s'intéresse aux proches de la jeune femme, a un entretien avec son père et nous parle du procès. La chroniqueuse judiciaire met aussi en avant l'affaire Patricia Bouchon, "la joggeuse de Bouloc" tuée en 2011. Parmi toutes les autres affaires évoquées, j'ai, pour ma part, été particulièrement touchée par celle concernant Carmen Bois. Une jeune femme coupable d'avoir tué son père violent (et prêt à tuer les membres de sa famille). Une jeune femme condamnée à huit ans de prison et qui s'est suicidée dans sa cellule.

C'était intéressant de (re)découvrir ces affaires au-delà des gros titres de la presse et des journaux télévisés.  Drame, violence, vengeance... Il est parfois très compliqué de trouver de l'humanité dans l'horreur, mais j'ai aimé écouter la vision d'Elise Costa sur les personnes impliquées dans les différentes affaires - les proches des victimes comme les suspect•es et coupables. Voir aussi comment son travail impact son quotidien, son rapport aux autres et écouter ses quelques confessions personnelles.

"Le temps de l'instruction ne m'intéresse pas. Je ne cours jamais après des bribes d'information. Je veux des affaires où rien n'est ce qu'il paraît. Je veux comprendre comment les gens comme lui et moi peuvent basculer. Je veux savoir de quel bois nous sommes faits."

Autres formats disponibles :
Grand format chez Marchialy (2023)
Poche chez Folio (2023)

[Livre audio] Un soir d'été de Philippe Besson

27 juin 2025



"Nous étions six – cinq garçons et une fille – insouciants, frivoles, joyeux, dans un été de tous les possibles. Pourquoi a-t-il fallu que l'un d'entre nous disparaisse ?"

S'inspirant d'une histoire vécue, Philippe Besson retrace un drame de sa jeunesse, survenu dans l'île de Ré, un soir de juillet, au milieu des années 80.

Titre : Un soir d'été - Auteur : Philippe Besson
Lu par Julien de Saint Jean - Durée : 4 h 12 min
Éditeur : Lizzie - Date de sortie : mars 2024

#unsoirdete #autofiction #drame #contemporain
#philippebesson #juliendesaintjean
#lizzie #livreaudio #nextory


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évocation du harcèlement scolaire, du mal-être, du suicide et de violence domestique

Philippe Besson et Julien de Saint Jean.
C'est avec Vous parler de mon fils de Philippe Besson que j'ai commencé à écouter des livres audio. Un récit poignant, à lire / écouter absolument. Forcément, j'étais curieuse de découvrir ses autres livres et mon choix s'est porté sur Un soir d'été - parce que la saison correspond au moment de l'écoute et que Caroline m'avait bien tenté avec ce roman l'année dernière.

Une autofiction lue par Julien de Saint Jean - jeune acteur qui a joué dans Le Compte de Monte-Cristo (Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, 2024). Avant cela, il a été remarqué dans Arrête avec tes mensonges (Olivier Peyon, 2022), adaptation d'un roman de Philippe Besson himself ! Je trouve l'anecdote sympathique. À l'écoute, sa jeunesse se sent bien dans sa voix et correspond tout à fait au personnage. Cela dit, j'ai eu un peu de mal, au début, avec son débit de parole assez lent.

"Je reste décidément émerveillé par ces connivences que l'été favorise. On ignorait tout de l'autre désormais, il occupe notre temps et notre esprit. On ne se connaissait pas et soudain, on devient inséparables."

L'été 1985.
Philippe, narrateur de l'histoire, revient sur l'été de ses dix-huit ans. Un été passé chez des ami•es de ses parents. Le jeune homme y a ses habitudes, ses amitiés. François et Christophe, notamment. Viennent, cet été-là, s'ajouter Nicolas, installé sur l'île il y a peu, et Marc et Alice, frère et sœur parisien•nes, là le temps des vacances. 

Entre amitié, désir, chaleur, rivalité... Et puis l'inquiétude, l'incertitude. Et si... La fin de leur innocence, comme le dit Philippe. J'ai bien apprécié l'épilogue, qui nous permet de voir ce que chacun•e est devenu•e. Et, d'une manière générale, j'aime la manière de raconter les relations, les émotions, l'époque, de Philippe Besson. Bref, je relirai l'auteur !

"[...] je songe à ce que parfois les gens nous disent entre les mots et que l'on ne relève pas. À ce qu'ils nous montrent d'eux et qu'on ne regarde pas, parce qu'on est affairé ailleurs ou simplement distrait, parce que la vie d'autrui, au fond, nous intéresse pas tant que ça, ou parce qu'on ne sait pas que celui qui de loin semble nager peut, en réalité, être en train de se noyer. Je songe à nos indifférences, nos désinvoltures qui, la plupart du temps, sont sans conséquence et qui, quelques fois, s'avèrent coupables. Je songe à ceux que nous laissons partir sans comprendre qu'ils nous suppliaient en silence de les retenir."

Par-delà la magie : Confessions d'un sorcier de Tom Felton

11 nov. 2024


Par-delà la magie - Confessions d'un sorcier de Tom Felton
Éditions HarperCollins Poche, 2024 - 352 pages - 9,90 €

VO : Beyond the Wand (2022) - Traduit par Benjamin Peylet

• service presse •



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santé mentale - addiction

« On a fait une pause et Gambon a sorti une cigarette de sa barbe comme par magie. On nous voyait souvent lui et moi devant le studio où se trouvait la tour d’astronomie, à prendre une “bouffée d’air frais”, comme on disait. Là, au milieu des peintres, des plâtriers, des charpentiers et des étincelles, Dumbledore et moi, en train de fumer une clope en douce. »

Avec sincérité et humour, Tom Felton nous raconte ses dix années passées dans l’univers magique d’Harry Potter à incarner l’emblématique Drago Malfoy : des coulisses de tournages aux amitiés tissées en chemin, en passant par les doutes et les moments difficiles, il partage tout.

Préparez-vous à rencontrer un véritable sorcier !


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Harry Potter.
Comme beaucoup de ma génération, la saga Harry Potter a une place importante dans mon cœur - les livres et les films. Si son autrice n'est clairement pas une personne que je soutiens, j'estime que le phénomène Harry Potter la dépasse et est loin de ne se définir qu'à travers elle et c'est tant mieux. Aparté terminé sur ce sujet ! 

Je lis peu de (auto)biographie, mais celle de Tom Felton était dans ma wish list depuis sa sortie, Le journal d'Alan Rickman est dans ma PAL depuis plusieurs mois et si Emma Watson en sort une, il est certain que je la lirai également. En attendant, c'est elle qui a préfacé Par-delà la magie !


Nous connaissons Drago, il est temps de rencontrer Tom.
Entre souvenirs d'enfance, anecdotes de tournages et confidences plus intimes, Tom Felton nous parle de sa vie de famille, de son travail en tant qu'acteur et de santé mentale.


"C'est facile de se dorer au soleil, moins de profiter de la pluie. Pourtant, l'un ne va pas sans l'autre."


Il y a une belle place à toute son expérience vécue en tournant dans les films Harry Potter, bien sûr, vu le titre de son autobiographie. Il fait certains parallèles entre le personnage qui l'a rendu mondialement célèbre, Drago Malefoy, et lui. Et il met souvent en avant les qualités, de jeux et de cœur, de celles et ceux qu'il a côtoyé, ce qui est chouette. En revanche il se déprécie de manière récurrente, certes avec humour, mais c'est dommage et un peu lassant à lire. Tout l'univers n'est pas plus méritant que lui - malgré toutes les bêtises qu'il a pu faire en tournage ! Cela dit, je n'ai pas ressenti cela comme de la fausse modestie. Outre l'expérience Harry Potter, il nous parle aussi de l'avant et de l'après - ses premiers tournages de pubs et ses castings post Drago.

Il se livre aussi sur des pans plus privé de sa vie, se confiant beaucoup sur la place qu'a eue sa famille auprès de lui - le soutien de sa mère, la présence de ses grands frères. Comme il l'explique, lui n'a pas vécu l'aventure Harry Potter comme Daniel Radcliffe, Rupert Grint et Emma Watson. Lui a pu concilier célébrité et adolescence "normale" - avec école, copains & co. Et puis, il va encore un peu plus loin, en nous parlant de sa santé mentale et de ses addictions, nous expliquant aussi pourquoi il trouve important d'en parler. Bref, c'était intéressant à lire.

"J'aurai été quelqu'un de très différent si je n'avais pas vécu les hauts et les bas d'une existence normale à côté de la folie Harry Potter. En tant que tel, j'ai bénéficié du meilleur des deux mondes."

Je ne sais pas ce que donne le broché (Leduc S., 2023), mais la version poche est très jolie, avec un jaspage aux couleurs de la couverture. Nous y trouvons aussi des photos de l'acteur - personnelles et de tournages.

La Fille aux cheveux turquoise d'Elena Triolo

7 oct. 2024


La Fille aux cheveux turquoise d'Elena Triolo
Éditions Anspach, 2024 - 176 pages - 24 €

VO : Turchina (2023) - Traduit par Philippe Nihoul

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mort - guerre

Les fées existent vraiment ! Avec La Fille aux cheveux turquoise, Elena Triolo retrace, avec talent et délicatesse, la véritable histoire de la fée bleue de Pinocchio et, en filigrane, celle de l'Italie moderne. Tantôt drôle, tantôt triste, mais toujours tendre et émouvante, cette vie de femme du peuple est racontée avec une telle grâce qu'elle envoûtera le cœur de tous ceux qui la liront. La Fille aux cheveux turquoise est une bande dessinée rare et précieuse, d'ores et déjà considérée comme un chef-d'œuvre en Italie.


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Coup de cœur pour cette BD, telle une biographie romancée de celle qui a inspiré la Fée bleue.
Les louanges de la quatrième de couverture sont amplement méritées. J'ai beau avoir lu plusieurs fois Les aventures de Pinocchio de Carlo Collodi, je ne savais pas d'où était venu l'inspiration de l'auteur. Ici, nous découvrons celle qui est à l'origine du personnage de la Fée bleue. Un très bel album, joliment illustré, qui nous présente Giovanna Ragionieri. De sa première rencontre avec Carlo en 1872 à sa mort (à elle) en 1962.

La manière de conter est originale. Nous suivons Giovanna et Carlo durant plusieurs années, celles qui ont forgé leur belle amitié - malgré leur différence d'âge. Se superpose à cela des extraits du conte tel que nous le connaissons, ainsi que quelques interventions de la jeune fille et de l'écrivain lorsqu'iels veulent ajouter une précision - comme s'iels commentaient elleux-mêmes leur histoire commune après leur mort.

Nous y découvrons celle qui a inspiré le personnage de la Fée bleue, enfant, puis jeune femme - se construire sa vie de famille et continuer à garder Carlo et son amitié dans le cœur bien après sa mort (à lui) en 1890, contribuer à faire connaître et vivre Pinocchio. Vu les dernières pages, la boucle est bouclée avec l'autrice / illustratrice et l'histoire de Giovanna ne se perdra plus jamais, espérons le.

"[...] j'étais une enfant qui ne croyait pas aux fées, maintenant je suis une femme qui y croit fermement." 
- Elena Triolo


En photo avec La Fille aux cheveux turquoise, les albums Pinocchio, illustré par Jérémie Almanza (éditions Soleil, 2015) et Les aventures
de Pinnochio
, illustré par Justine Brax (éditions Albin Michel, 2018), ainsi qu'une carte du jeu Similo Contes (Gigamic)

Le dernier sur la piste de Raphaël Zaoui

3 sept. 2024


« Dix ans que je me persuade que c’est ça la belle vie : la liberté sauvage plutôt que la sécurité sage. J’ai bien essayé d’en vivre une autre, je n’ai pas réussi. Le constat est le même qu’avant : si je ne suis pas foutu de faire autre chose, il va bien falloir que je sois un artiste. »

Raphaël s’est donné deux ans pour réussir dans la musique et, après des mois de galère, le succès rapplique enfin. Les scènes parisiennes mythiques, les plus grands festivals, les disques d’or et de platine : l’ascension est fulgurante.
Mais le succès a cela de particulier qu’il rend aveugle aux fêlures. Et lorsque le groupe se sépare vient le temps de la remise en question. Comment envisager la suite de sa carrière artistique quand on est désormais seul maître à bord ? Comment affronter le deuil, les amours mouvementés et la paternité quand on a perdu tous ses repères ?

Le Dernier sur la piste est le récit intime et sans faux-semblants d’une vie en accéléré. Celle d’un artiste qui raconte, avec fureur, nostalgie et sensualité, une génération qui fait et fuit tout à l’excès.


Le dernier sur la piste de Raphaël Zaoui
Éditions HarperCollins (Traversée), 2024 - 208 pages - 20 €

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crise d'angoisse - dépression - alcool et drogue - maladie - mort - deuil


Je lis peu d'autobiographies, mais j'étais finalement assez curieuse d'en savoir plus sur Raphaël Zoui, dont j'écoute aussi bien les chansons du temps de son groupe, que les chansons plus récentes qu'il a sorti en solo.

"L'esprit devient poétique pour échapper à une réalité anxiogène et éprouvante. Il faut trouver un sens plus grand à l'existence. Que les démons sortent de leur cage et qu'ils soient transformés par l'art. Qu'ils deviennent par là même des objets de plaisir et de fascination. La conscience s'élève le temps d'une chanson, d'un tableau, d'une danse. On perçoit l'effleurement d'une existence plus large. On se sent sauvé pour quelques heures ou quelques jours de l'absurdité de la condition humaine."

Ses amitiés, ses relations amoureuses et sa vision de l'amour, la paternité, sa carrière (succès, séparation, doute, solo) et ses excès. Un artiste, un écorché vif, qui se livre entre douceur et pudeur - avec certains passages telle une déclaration d'amour à sa mère et à son fils. Probablement les mots qui m'ont le plus touché...

Je parle de douceur et de pudeur, car malgré la tristesse de certaines situations, ce n'est pas larmoyant, et il ne cite quasiment aucun nom (à peine une ou deux fois celui du groupe qui l'a fait connaître). Un petit côté égocentré qui m'a, en fait, paru assez normal et respectueux. Il parle ici de son vécu, de sa manière à lui de voir ce qui s'est passé. Les moments forts et les moments difficiles, de sa vie personnelle et professionnelle. Après cette lecture, ces confidences, je serai probablement encore plus attentive aux paroles de ses chansons.

"Tout ce qui a du charme a été abîmé un jour. Et ce qui nous rend beau, c'est comment on se répare."

Les Olympes de Maïa Brami, Valentine Goby, Mathieu Palain, Sylvain Pattieu, Jennifer Richard, Caroline Solé, Carole Trébor & Jo Witek

28 mars 2024



Huit portraits vibrants de sportives qui se sont battues contre les préjugés et les interdits.

Des femmes fortes, des athlètes qui ont lutté pour pouvoir pratiquer leur sport au même titre que les hommes. Avec courage, le feu dans les yeux et la rage au ventre, elles ont osé. Dire non, briser les tabous. Revendiquer leur place à l’entraînement, en compétition. Reprendre le contrôle de leur corps. À la poursuite des sommets, les Olympes se sont battues, guerrières invincibles, et ont ouvert la voie du sport à toutes les autres femmes.

Par huit voix de la littérature contemporaine : Maïa Brami, Valentine Goby, Mathieu Palain, Sylvain Pattieu, Jennifer Richard, Caroline Solé, Carole Trébor, Jo Witek.

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Les Olympes de Maïa Brami, Valentine Goby, Mathieu Palain,
Sylvain Pattieu, Jennifer Richard, Caroline Solé, Carole Trébor & Jo Witek
Éditions Albin Michel (Litt'), 2024 - 264 pages - 15,90 €

• service presse •

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Litt' - "Une collection qui rend hommage à des personnalités au destin exceptionnel".
Toutes les femmes présentées dans ce recueil ont clairement leur place dans cette collection de chez Albin Michel. Nous retrouvons Carole Trébor en tant que directrice d'ouvrage - autrice connue pour d'autres biographies romancées publiées dans la même collection.

"Ce recueil de récits biographiques est là pour affirmer qu'il est toujours possible et important de faire bouger les lignes comme l'ont fait nos huit Olympes à différentes époques, dans des disciplines et des pays variés." - Carole Trébor

Huit récits biographiques, par huit auteurices...
C'est l'occasion de découvrir des bouts de vie qui ont changé beaucoup de choses pour les femmes. Des actions, des luttes. De la déterminée Gertrude Ederle qui en 1926 réussit la traversée de la Manche à seulement vingt ans aux joueuses norvégiennes de beach handball qui prennent le risque d'être disqualifiées en 2021, parce qu'elles veulent porter quelque chose de plus couvrant et confortable qu'un bikini, en passant par la judokate Rena Kanokogi, la marathonienne Kathrine Switzer, la joueuse de tennis Serena Williams, la navigatrice Florence Arthaud, l'artiste Kiran Gandhi et la footballeuse Megan Rapinoe.

Parce qu'elles voulaient défendre leurs convictions (féministes, politiques & co), réaliser leurs rêves et relever des défis, elles ont subi des réflexions misogynes (et racistes), ont parfois été agressées... Mais elles ont aussi reçu du soutien et les choses ont certaines fois évolué pour le meilleur. Pour que d'autres femmes puissent pratiquer le sport qu'elles souhaitent sans se faire passer pour un homme, se vêtir comme elles le veulent sans se sentir rabaissées/jugées/sexualisées... Du chemin reste cependant à parcourir - preuve en est des dernières lignes du récit de Valentine Goby concernant la tenue des joueuses de beach handball...

Huit auteurices qui parlent avec passion, mettant des sports en avant, mais surtout des femmes. J'ai plus accroché au style de certain•e•s qu'à d'autres, trouvant le récit sur Florence Arthaud un brin longuet par exemple (peut-être parce que la navigation me passionne peu ?), mais absolument tous les récits étaient intéressants et enrichissants à lire, pour (re)découvrir "un moment phare du destin d'athlètes exceptionnelles".

Vénère de Taous Merakchi

25 avr. 2023



« Parce que je suis une femme, j’ai peur de sortir seule la nuit, de porter des vêtements qui me plaisent, d’exprimer mon opinion ou mes émotions. Ces peurs sont à l’origine d’une immense colère que j’essaie de contenir tant bien que mal. Cette colère, ça fait désormais trente-quatre ans que je vis avec et qu’elle me ronge les tripes, au point de se retourner régulièrement contre moi. Lassée d’être seule à en subir les conséquences, j’ai donc cherché à comprendre quels en étaient les origines et les éléments déclencheurs, afin de l’assainir et de la diriger non plus contre moi-même, mais contre ceux qui la méritent. »


Vénère de Taous Merakchi
Éditions HarperCollins (Poche), 2023 - 216 pages - 7,90 €

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Avertissement (Trigger Warning):
Je vous laisse surligner ci-dessous, si vous le voulez.
anxiété sociale - dépression - violence - Cancer


Merci aux Éditions HarperCollins pour cette lecture.

"Ma fierté me hurle qu'en pensant encore si régulièrement à tous ces événements, en berçant ma rancune chaque soir dans le noir, je les fais gagner. Parce qu'ils s'en sont lavé les mains et que moi je ressasse encore, ils ont triomphé et prouvé ma faiblesse, prouvé qu'ils avaient tapé juste. Mais même mon ego ne suffit pas à calmer ma fureur. Ma colère est titanesque, mais elle est surtout adolescente - et c'est ce que je lui reproche, plus que tout. Parce que ma colère n'est pas littéraire, poétique, politique et bien formulée. Elle est immature, illustrée par des clichés terribles, elle suinte la fin de l'enfance et les blockbusters. J'aurais rêvé qu'elle soit de celles qui reçoivent des prix, qui galvanisent, qui élèvent l'émotion au rang divin - mais non, moi j'aimerais être un loup-garou et dévorer mes ennemis, j'aimerais cracher du feu ou du venin, j'aimerais chauffer si fort que je finirais par imploser et tout ravager sur mon passage. Et ça, ça n'aide pas à rapporter le Goncourt à la maison." 


Taous Merakchi.
L'autrice, aussi connue sous le pseudo Jack Parker, nous prévient dès les premières pages, elle est une "femme cisgenre hétérosexuelle" et c'est son ressenti en tant que telle qu'elle nous partage à travers cet essai/ce témoignage. Un texte intime, mais qui parlera forcément à d'autres. J'en fais partie. Ayant même eu les larmes aux yeux - de colère, oui -, face à certaines situations racontées. Les citations auraient pu être bien plus nombreuses, tant les mots qu'elle a posé ont fait écho en moi, mes questionnements, mon cheminement. 

"[...] Alors j'y vais à mon rythme, et chaque jour je lutte pour ne pas culpabiliser, pour ne pas me juger, pour ne pas me mépriser, et je me nourris des autres plutôt que de me comparer à eux, et un jour, peut-être, viendra l'équilibre. Et ma colère trouvera mieux à faire ailleurs, je l'espère."

Essai féministe.
C'est souvent un sujet touchy, qui a toujours ses détracteurs•rices... Pour ma part, j'ai dévoré cet essai que j'ai trouvé extrêmement accessible et "facile" à lire. Taous Merakchi nous parle du sexisme et du patriarcat, de la misogynie et de la misandrie, dans le quotidien et dans la société. Elle y jette sur le papier ; ses pensées, sa colère, ses incertitudes, ses expériences. Il y a un côté spontané qui transmet très bien la sincérité de la démarche - grinçant par moment, juste ce qu'il faut pour faire passer son point de vue. Elle y explore le pourquoi de cette colère ressentie et comment essayer de vivre avec, elle y évoque son adolescence, sa famille, sa féminité, la maternité, etc. Et son rapport aux hommes, en tant que groupe et individu, bien sûr. Le sous-titre "être une femme en colère dans un monde d'hommes" n'est pas là pour rien. Un exutoire nécessaire.

"[...] Il faut tout reprendre, tout analyser, tout trier, c'est un travail sans fin, parce que même ce que j'avais mis dans la case « non problématique » il y a cinq ans, le devient aujourd'hui, alors que les consciences s'éveillent et que d'autres voix trouvent enfin le moyen de s'exprimer et de donner leur point de vue. Alors oui, ça force l'humilité. Je n'ai pas la science infuse, je ne suis pas née déconstruite, je n'aurai sans doute jamais fini ce boulot, alors j'essaye de ne pas trop me positionner en porte-parole de qui ou de quoi que ce soit, parce que je ne suis personne, je suis tout le monde, et je suis encore en travaux. Mon chantier est juste plus public que d'autres, et il est donc plus facile d'en apercevoir les ratés et les évolutions"

En quelques mots...
Essai | Féminisme | Émotions | Quotidien | Société

Pop Icons - Stephen King de Justine Niogret

27 nov. 2022




Stephen King est précieux. Ses romans sont précieux.

Ce qui est touchant, aussi, chez King, c'est qu'il ne se présente pas en professeur. On a l'impression qu'on pourrait aller pique-niquer avec lui, lui raconter nos soucis, jouer au base-ball, promener son chien. King n'a jamais de grands airs. King est humble.

King, c'est le grand frère qu'on n'a pas eu, qui vous raconte des histoires horribles, les soirs d'été, cachés sous les couvertures. Il a ce goût-là. Les soirs d'été d'enfance, quand le monde vous fait si peur mais qu'il vous appartient encore, parce qu'on n'a pas encore faire de choix. Et puis, la vie vous pousse à en faire, et de plus en plus, et on se retrouve adulte.




Pop Icons - Stephen King de Justine Niogret
L'écran fantastique (Pop Icons), 296 pages - 29,90 €

Illustré par Dav Guedin, Pixel Vengeur, Etienne Le roux, Janis Do, Aline Zalko, Pierre Place, Julien Loïs, Josep Rural, Fred Beltran, Thomas Campi, Marie Meier, Sylvain Repos, Ainoa Regadera, Krent Able, Christopher, Johann Corgié, Lilian Coquillaud, Sae Youn Koh, Will Argunas, Elisabeth Holleville, Stéphhane Hirlemann, Hugo Michalet, Antoine Maillard, Aseyn, Ben Lamare, Guibz, Alexis Horellou & Nikopek

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Je n'ai pas pu résister à ce projet de "mook" (entre magazine et livre) sur Stephen King, en crowdfunding !

Stephen King est un auteur que je lis beaucoup, depuis plus de dix ans. Blaze a été le premier roman que j'ai lu de lui. Mais La ligne verte m'avait déjà embarqué dans son univers, via des extraits du film, quelques années avant. Et puis je suis une grande fan du film Les évadés, tout autant que du roman court dont il est tiré. Même chose pour Misery.... King a bon nombre d'autres romans marquants dans sa bibliographie d'ailleurs ! 

Cet ouvrage-ci est très complet et explore la vie de Stephen King depuis sa plus tendre enfance jusqu'à de nos jours, 2022. Ce n'est pas le premier livre que je lis sur lui ou ses adaptations, mais je n'ai pas eu l'impression d'un rabâchage en règle, ce qui est bon signe. Et puis l'écriture de Justine Niogret m'a vraiment plu. Elle nous transmet sa passion pour l'auteur, et elle a un humour auquel je n'ai pas eu de mal à accrocher. 

King est conscient du monde actuel, de l'époque à laquelle nous vivons, et cela se ressent dans ses récits et les personnages qu'il crée, quand bien même le fantastique vient y prendre part. Cette rétrospective sur sa vie et son œuvre met très bien cela en avant. Tout comme elle mêle habilement les infos sur la vie "privée" de l'auteur (femme, enfants, premiers écrits/refus/contrats, etc.) et ses nombreuses publications au fil des ans - ce qui démontre comment tout ce qu'il a vécu et vit influence ses écrits. Point non négligeable, cela permet aussi de faire le point sur son multivers. Vu l'ampleur de la tâche, le travail fait est plus qu'appréciable.

"Qu'on ne s'y trompe pas : King ne radote pas, il ne radote jamais. Chaque fois qu'il traite un de ses thèmes favoris, il y apporte quelque chose de nouveau, il le creuse, il le nourrit de tout ce qu'il a déjà écrit sur le sujet. Son œuvre est une toile d'araignée : quel que soit le fil qu'on suive, on arrive toujours quelque part. Parfois, le lieu est déjà connu, mais la promenade sur la soie glissante a apporté un nouvel éclairage."

Bref, un tour d'horizon de ce que sont la vie, le caractère et les influences de Stephen King. La mise en page est plaisante et rend la lecture agréable ; différentes typographies et couleurs, et, bien sûr, de nombreuses illustrations. L'impressionnante et terrifiante représentation de Grippe-Sou, par Krent Able, est à noter !

📚 Le premier numéro de Pop Icons était sur Elvis et le suivant sera sur Quentin Tarantino (mai 2023).

En quelques mots...
Pop culture | Biographie | Vie de famille | Ecrire | Addiction | Publication

Dans les pas de Jane

30 juil. 2022


Une invitation au voyage
dans l’univers ultra british des romans de Jane Austen !

Demeures seigneuriales, paysages luxuriants, jardins à l’anglaise... Partez sur les traces de Jane Austen en visitant l’école qu’elle fréquentait au cœur de l’ancienne abbaye de Reading, la maison où elle a passé les huit dernières années de sa vie, ou allez lui rendre hommage dans sa dernière demeure, la cathédrale de Winchester.

Mais si ce petit guide fait la part belle aux décors et lieux qui ont marqué la vie et les romans de Jane, il ne s’arrête pas là. Des animaux domestiques aux fleurs, des moyens de transport aux tenues, des héros et héroïnes de ses livres en passant par les codes de bienséance de l’époque georgienne : tout tout tout, vous saurez tout sur celle qui fait aujourd’hui l’objet d’un véritable culte.


Dans les pas de Jane - Promenades dans l'Angleterre de Jane Austen
de Devynn Dayton & Nicole Jacobsen - Illustrations de Lexi-K. Nilson
Titre original : Jane Was Here: An Illustrated Guide to Jane Austen's - Traduit par Faustina Fiore
Éditions Les Presses de la Cité, 2021 - 128 pages - 21 €

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En attendant de mettre la main sur Le musée imaginaire de Jane Austen de Nathalie Novi, j'ai craqué pour Dans les pas de Jane (repéré dans un TTT chez Audrey - Light and Smell, que je remercie pour la découverte).

"Jane Austen - morte célibataire et encore jeune à une époque où les femmes étaient très peu représentées - serait sans doute stupéfaite de constater combien d'admirateurs ont rendu hommage à sa vivacité d'esprit, son intelligence et son humour."

Une tasse de thé à portée de main, me voilà prête pour ce "pèlerinage austenien" - qui nous mène à Londres, Bath, Chawton & co. La passion des autrices et de l'illustratrice, pour le travail et la personnalité de Jane Austen, est communicative. De belles illustrations colorées, dont le style colle joliment à l'époque et l'univers de Jane, accompagnent le texte. C'est une lecture vraiment charmante, avec un beau coup de cœur pour la couverture.

À l'heure où l'adaptation Netflix de Persuasion déchaîne les passions contraires, je me rends compte qu'il faudrait que je me plonge davantage dans les différentes adaptations, des romans de Jane Austen, sorties depuis des années - pour y retrouver les lieux évoqués dans ce livre. En revanche, pour découvrir toutes les bonnes adresses qui nous sont conseillées pour savoir où manger, il va falloir prévoir un voyage en Angleterre ! 

"Dans les pas de Jane est une lettre d'amour à Jane Austen, à l'Angleterre, et à ces histoires qui n'en finissent pas de nous séduire, sur le papier ou à l'écran."



Est-ce que je recommande ?
Oui. Pour tous•tes les fans de Jane Austen ! Biographics Austen de Sophie Collins (chez Armand Colin) est très sympa aussi, pour faire un tour d'horizon rapide de la biographie et bibliographie de l'autrice. Et, bien sûr, les romans illustrés par Margaux Motin chez Tibert Éditions sont un must have à avoir dans sa bibliothèque.


En quelques mots...
Jane Austen | Angleterre | Pèlerinage | Lieux | Livres et adaptations

Le dernier témoin d'Oradour-sur-Glane

28 juin 2022

Le 10 juin 1944, lorsqu’une unité de la Waffen SS investit Oradour-sur-Glane, Robert Hébras a l’insouciance d’un jeune homme loin de la guerre, tout à son match de foot du lendemain. L’histoire en décidera autrement. En ce sombre samedi, dans le paisible village de Haute-Vienne, les soldats allemands vont commettre le plus grand massacre de civils de la Seconde Guerre mondiale : 643 morts dont plus de 450 femmes et enfants. Seule une poignée de personnes réchapperont de cet enfer, dont Robert Hébras.

Près de 80 ans après les faits, le drame résonne toujours en lui. Dans les ruines du village, il emmène Agathe, sa petite-fille, dès son plus jeune âge, et lui raconte Oradour. Sa jeunesse, sa mère et ses sœurs perdues dans l’église, et cette journée tragique dans chaque détail mais dont le récit est nécessaire à la sauvegarde de la mémoire.

Agathe s’imprègne de chaque mot, de chaque anecdote. Sous l’œil bienveillant de Robert naît peu à peu en elle une évidence, comme un besoin : devenir la gardienne de l’histoire de son grand-père et de celle du village martyr. Pour transmettre, inlassablement, ce témoignage aux générations futures, et ne jamais oublier.

Le dernier témoin d'Oradour-sur-Glane de Mélissa Boufigi, Robert Hébras & Agathe Hébras
Éditions HarperCollins, 2022 - 174 pages - 18€

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Merci aux Éditions HarperCollins pour cette lecture.

"Le vieil homme guide Agathe dans chaque recoin de son enfance, même ceux qui paraissent les plus insignifiants. La jeune femme l'écoute avec attention, le relance sans cesse, l'amenant à plonger toujours plus avant dans ses souvenirs, suscitant de nombreuses réminiscences. 
Malgré la foule, face à la maison dans laquelle Robert a grandi, Agathe et lui sont seuls au monde. Un grand-père et sa petite-fille, qui partagent un pan de la grande Histoire et, en même temps, un pan de leur propre histoire familiale."

Un récit chargé en émotions. Un témoignage, une biographie à la troisième personne, pour nous raconter ce que Robert Hébras a vécu. Les frissons nous quittent rarement durant cette lecture. Principalement dans le passé, via les souvenirs de Robert, il y a aussi quelques passages en 2021, des moments entre lui et sa petite-fille Agathe. 

"A bientôt 96 ans, et bien qu'il n'ait jamais cessé de raconter son histoire, Robert cherche toujours à comprendre comment il a pu survivre à cet enfer."

Des souvenirs joyeux de son enfance à Oradour-sur-Glane, durant l'entre-deux-guerres, entouré de sa famille et de ses amis... La guerre qui éclate, alors qu'il n'a pas encore quinze ans... La vie sous l'Occupation. Les SS et le massacre. L'horreur... L'après-guerre et la reconstruction. Pas celle d'Oradour-sur-Glane, désormais lieu de mémoire, mais celle de Robert et des quelques survivant•e•s du village. Lui qui a échappé de très peu à la mort, mais a dû faire face à celle de bon nombre de gens qu'il a connus, avec qui il a grandi. Des procès ont suivi, puis le devoir de mémoire s'est fait sentir. Une transmission importante, pour essayer de trouver la paix, sans jamais oublier.

"Le 10 juin 1944, les SS ont massacré 643 personnes à Oradour-sur-Glane. Des femmes, des enfants, des vieillards et des hommes. La liste des drames intimes qui en découlent est interminable. Des familles entières sont décimées et, dans certains hameaux, on n'entendra plus avant longtemps résonner le rire d'un enfant."

À l'image de la transmission de Robert à Agathe, il est important de continuer à mettre en avant ces témoignages et ce genre d'ouvrage. J'ai beau avoir lu plus d'une fois sur cette période de l'Histoire, je n'ai pas souvenir d'en avoir appris autant sur ce jour-là, ce 10 juin. Alors, à mon échelle, je suis contente de pouvoir faire connaître ce livre.


En quelques mots...
Témoignage | 10 juin 1944 | Massacre d'Oradour-sur-Glane | Devoir de mémoire

Avertissement (Trigger Warning) :
au vu de la période historique :
guerre et crime de guerre - arme à feu - exécution

❤ 💔
Est-ce que je recommande ?
Bien sûr. Un "récit de vie" touchant, une transmission importante.
"Pour que le souvenir personnel des survivants se mue en mémoire universelle."

Qui a trahi Anne Frank ?

17 févr. 2022

 


Qui a trahi Anne Frank ? de Rosemary Sullivan
Titre original : The Betrayal of Anne Frank - Traduction de Samuel Todd et Carole Delporte
Éditions HarperCollins, 2022 - 448 pages - 19€


Plus de trente millions de personnes ont lu le Journal d’Anne Frank, cette jeune fille de treize ans qui se cacha avec sa famille à Amsterdam durant la Seconde guerre mondiale avant d’être dénoncée et déportée dans les camps de la mort.

Les hypothèses sur l’identité de l’informateur ou de l’informatrice qui révéla sa cachette aux SS ont été aussi nombreuses que peu concluantes – y compris celles émises par les deux enquêtes policières consacrées à l’affaire, en 1947 puis en 1963. Soixante-dix ans après les faits, une équipe internationale s’est donné pour mission de découvrir la vérité. Scientifiques, historiens, policiers ont reconstitué, minute par minute, les semaines précédant l’arrestation des Frank, à l’aide de milliers de pages d’archives, de l’intelligence artificielle, de tests ADN et d’interviews de témoins directs ou indirects. D’une trentaine de scénarios possibles, ils n’en retiendront finalement qu’un seul, sans précédent.

Au-delà de la restitution d’un travail analytique et historique titanesque, Rosemary Sullivan brosse le portrait saisissant d’un Amsterdam au cœur de l’Occupation.


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Merci aux Éditions HarperCollins pour cette lecture. 


Comme beaucoup, j'ai lu et été marqué par le Journal d'Anne Frank, que son père, Otto, a fait publier après la fin de la guerre. Après plus de deux ans dans l'Annexe, Anne Frank, sa famille et celleux qui se cachaient avec elleux, sont dénoncé.e.s. Elle fut déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen. Seul Otto s'en sortit vivant...

"Otto voulait faire comprendre à tous que le fascisme procède d'une lente construction et qu'un jour il se dresse devant vous telle une monstrueuse muraille, impossible à contourner. Il voulait rappeler au monde que tout peut basculer du jour au lendemain."

La construction du livre remet d'abord l'histoire dans son contexte historique, puis nous entraîne dans l'enquête menée par l'équipe (ancien agent du FBI, criminologue, historien.ne, chercheur.se, etc.). Ils.elles ont œuvré durant plus de cinq ans pour essayer de trouver une réponse. Des recherches poussées, basées sur des faits et des témoignages, explorant différentes théories. Parfois des fausses pistes. Une enquête chargée en émotion, nous plongeant auprès des survivant.e.s dans le chaos et le traumatisme de l'après-guerre, avec des questions en suspens - remuant le passé de bon nombre de gens, parfois même de leurs descendant.e.s.

"« L'équipe » [...] voulait comprendre le sort d'une population tombée sous le joug ennemi, et dont le quotidien était rythmé par la peur."

Qui a trahi Anne Frank ? ne se résume pas à ladite trahison, c'est aussi l'histoire de toute une époque.
Le résumé d'une longue enquête où Histoire, recherches et émotions se mêlent.


En quelques mots...
Seconde Guerre mondiale | Amsterdam | Juif-Juive | Trahison | Rafle | Enquête


Avertissement (Trigger Warning) :
Au vu des sujets évoqués et de la période historique, la violence et la mort sont souvent présentes.

❤ 💔
Est-ce que je recommande ?
Absolument ! Un livre passionnant pour qui aime lire sur cette période historique.